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Réflexions sur l'actualité en tous genres.

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Réalisme et idéalisme

   La visite du Dictateur lybien Khadafi en France relance le débat récurrent entre le "réalisme" et "l'idéalisme" en politique, autrement dit entre ce qu'il est convenu d'appeler ...à l'allemande la "Realpolitik" ...et à la française les "Droits de l'Homme".

   En effet, le débat n'est pas nouveau, et l'histoire du monde est même jalonnée par l'alternance de ces deux moyens d'action, dont la distinction n'est d'ailleurs pas toujours évidente... Ainsi, c'est au nom de "l'intérêt" que les guerres ont été le plus souvent déclarées, qu'il s'agisse de la conquête de territoires ou de la défense de privilèges économiques ...Et, inversement, c'est au nom d'une certaine "morale" qu'on a signé des traités ayant  pour vocation d'arrêter les destructions et les massacres, ...et allant parfois jusqu'à la volonté d'instaurer une "Paix perpétuelle"... Or chacun sait ce qu'il en est de telles promesses qui, dans certains cas, "ne durent même pas ce que durent les roses, l'espace d'un matin", car elles sont "mort-nées"...Certes, on peut citer quelques exemples de promesses tenues, comme l'Entente Cordiale
 conclue le 8 avril 1904 entre la France et l'Angleterre, mettant fin à des siècles de guerre, et respectée depuis plus d'un siècle malgré la persistance de rivalités économiques ...Mais, en contrepartie, on peut citer aussi la Société des Nations organisée en 1919 après la 1ère Guerre mondiale, avec le souci majeur de mettre la guerre "hors-la-loi", ce qui n'empêcha pas 20 ans après une 2ème Guerre mondiale encore plus destructrice... Tout se passe jusqu'au 20ème siècle comme s'il y avait en permanence les temps de guerre et les temps de paix...

   On peut évidemment objecter que ces temps sont terminés, et que, désormais, même si des conflits "locaux" persistent encore, il n'y a plus de "guerre généralisée"... Mais nul n'ignore qu'une telle "absence" est due non pas à un triomphe final de la "morale", mais au rôle de la "dissuasion nucléaire" qui pousse les Etats les plus importants à règler les problèmes ...autrement, c'est-à-dire par les voies diplomatiques... La question est alors de savoir ...comment :

   - Est-il possible d'agir au nom d'une "morale internationale", telle qu'elle a été définie par la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme adoptée le 10 décembre 1948 ?... En fait, une telle action implique "l'ingérence", c'est-à-dire l'intervention dans les affaires intérieures d'un pays...Or celle-ci, quand elle a été pratiquée, est loin d'avoir toujours résolu les problèmes, notamment quand elle a été utilisée par les Etats-Unis, se comportant en "gendarmes du monde", à en juger par leurs échecs successifs au Vietnam, en Somalie, et actuellement en Irak... A la rigueur, on peut donner l'exemple contraire de la Yougoslavie, mais en dépit des efforts de la Communauté Européenne, et notamment du Français Bernard Kouchner, "apôtre de l'ingérence" au titre humanitaire, la paix obtenue est fragile... D'autre part, sur quels principes fonder l'ingérence ?... Mettre fin à un régime sanguinaire ? Le Vietnam l'a fait naguère en chassant le régime des Khmers rouges de son voisin cambodgien... ce que n'avaient pas fait avant 1939 les "Occidentaux" avec le régime d'Hitler en Allemagne... Mais en dehors des cas les plus graves, où se situe la limite pour une intervention ?... Doit-on agir contre les pays pratiquant encore la torture (comme la Lybie...), ou utilisant la peine de mort "à grande échelle" (comme la Chine...) , ou écrasant des révoltes populaires (comme la Russie en Tchetchénie...), ou pratiquant encore l'esclavage (comme certains pays d'Afrique ou d'Asie...) ?

   - N'est-il pas plus simple de s'en tenir au "réalisme" dans les relations internationales ?... De Gaulle avait fait un principe de considérer les "Etats", quels que soient leurs régimes... Et les Etats-Unis, en dépit de leurs "interventions dans le monde", font pratiquement de même : ainsi, en Lybie, malgré leur dénonciation "d'Etat terroriste", ils ne sont pas les derniers à avoir des relations commerciales avec ce pays bénéficiant de grandes ressources pétrolières... Alors si le Président Sarkozy obtient de gros achats de matériel permettant de favoriser la production et l'emploi en France, en échange d'une centrale nucléaire "à des fins civiles", faut-il vraiment s'indigner... à fortiori si le Dictateur lybien Khadafi est ainsi encouragé à "s'assagir"...et à respecter, même tardivement, les "Droits de l'Homme ?... S'il en est ainsi, le "réalisme" conduirait-il à un minimum "d'idéalisme" ?...
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N
Si ce ne sont pas les Français qui vendent aux Lybiens, ce seront des Américains, des Russes, des Chinois... et pas besoin d'être énarque pour comprendre ce B à Ba de ce qu'il convient d'appeler impunément  et pudiquement "COMMERCE".Pour n'apprécier que le profil des affaires, Mr Sarkozy fait également  fonctionner de grandes entreprises françaises, mais surtout fait rentrer dans les caisses de l'Etat, de l'argent dont on a bien besoin.On ne va pas faire la fine bouche non plus et les états d'âmes n'ont pas leur place dans ce cadre là..Que les détracteurs aillent donc proposer d'autres solutions, mais surtout fassent aussi bien, sinon mieux en matière de finances.Je m'amuse (oui je dis bien que je m'amuse) de voir la présumée indignation affichée par certains, qui préfèrent  faire fi des fonctionnements  complexes et compliqués des mécanismes de l'Etat, pour savourer leur petit plaisir nombriliste.Sauf que ce n'est pas ainsi qu'on fait fonctionner un Etat.Mr Sarkozy répond très certainement à des urgences d'une  dimension autre que celle de satisfaire son plaisir personnel.La France en a bien besoin et n'est sûrement pas en position d'aller donner des leçons au monde entier. 
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D
   Je vous remercie de votre contribution... Je suis d'accord avec vos remarques, car il va de soi que les échanges "culturels" doivent avoir la priorité sue les "marchés"... Toutefois, il n'est pas évident que ce chemin "idéal" soit le meilleur pour parvenir à une "moralisation" des relations internationales (voir à ce titre l'opinion de Simone Veil, que je cite dans l'article que je lui ai consacré)... D'où ma conclusion, où je laisse entendre que le chemin du "réalisme" est peut-être le meilleur, en ce sens qu'il faut prendre au départ les gens et les Etats tels qu'ils sont, et non vouloir leur donner des leçons...NB . J'ai voulu ajouter votre site à mes liens, mais depuis la "nouvelle administration" du Blog , je ne sais comment faire ..L'idéaliste est confronté à une dure réalité !
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P
S'il ne fallait inviter en France que des dirigeants démocratiques, Paris aurait bien peu de visites. En particulier s'agissant de dirigeants africains ou arabes, Mouammar Kadhafi n'est qu'un parmi d'autres. Les relations d'Etat à Etat ne sont pas forcément de visites de sympathisants politiques, mais trouvent leur origine dans la nécessité de se parler entre mondes diférents pour éviter de se faire la guerre : François 1er et Soliman en sont le meilleur exemple.En revanche, je ne suis pas persuadé que la tendance actuelle à lier les relations d'Etat à la conclusion de marchés soit la meilleure. On finit par lier la crédibilité de notre pays au montant des contrats signés, avec une hypothèque sur cette crédibilité liée au paiement efectif de ces contrats - je parle de cette dernière visite...Il est exact que les Etats-Unis le font, et que leur président est devenu le premier VRP de l'industrie américaine. Cela ne contribue pas à la lisibilité de la diplomatie des Etats-Unis. J'ajouterais que cette façon de mettre en avant le volet industriel, pour la visite de Kadhafi comme pour la visite en Chine, aboutit également à mettre de côté les relations plus traditionnelles, notamment la coopération culturelle : cela non plus n'est pas bon pour notre rayonnement.
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