Réflexions sur l'actualité en tous genres.
Une enquête du magazine L'Express, relayée par une grande partie de la presse nationale, stigmatise actuellement les profits indécents d'un certain Zacharias, qui vient d'être démis de ses fonctions de Président du Groupe Vinci.
Le Figaro du 3 juin (rubrique Economie p.24)parle de "rémunération qui donne le vertige"... Qu'on en juge :
- Patrimoine au titre d'actions Vinci : 167 millions d'Euros
- Divers 2005 (salaire,primes,stock-options) : 30 millions d'euros
- Retraite prévue : entre 1,4 et 2 millions d'Euros par an
Et le journal ajoute que le conflit à la tête du Groupe Vinci a éclaté à propos de 8 millions d'Euros réclamés par "l'intéressé" (à tous les sens du terme) au titre de la réussite du rachat d'ASF... Un administrateur précise : "Il n'avait plus la notion de l'argent"...Evidemment, à ce niveau !... Mais le Président "déchu" avait tout de même eu l'audace d'affirmer à propos de la rémunération des patrons du CAC 40 (car il n'était pas le seul...) : "N'oubliez pas... que ces sommes sont avant impôt et que nous en versons la moitié au fisc !"... Peut-être espérait-il que l'opinion dise : "les...pauvres!...", alors qu'elle serait plutôt portée vraisemblablement à s'exclamer: "seulement !"...
Bruno Frappat, dans son éditorial de la Croix du 2 juin intitulé "Culture Fric", parle "d'extravagance stratosphérique" des rémunérations attribuées à l'ex-Président de Vinci, et il en tire des conclusions : " Est-ce faire preuve de démagogie et de populisme que de s'indigner face à de telles situations ? Est-ce naïveté congénitale que de se taper la tête contre les murs (d'argent...) lorsqu'on contemple la liste des revenus des patrons du CAC 40 ( à quelques remarquables exceptions près) qui se comptent en millions d'Euros annuels ? Non, car si le fameux "populisme" monte dans ce pays, au point de déstabiliser la démocratie et de déliter le sentiment républicain, cela ne provient pas de ceux qui observent les anomalies, mais de ceux qui les concoctent. S'il devient de plus en plus difficile de faire comprendre à une partie de la jeunesse qu'il y a des règles de vie en société qui s'appellent le respect, la modération, la civilité, le travail, le désintéressement, l'altruisme, le goût du sacrifice, on ne saurait dire que "le haut du panier" ait, en ce sens, un rôle pédagogique"...
Ceci dit, il faut reconnaître que le cas de ce Zacharias ne fait pas l'unanimité parmi les "patrons"... Certains le défendent en soulignant qu'il s'agit d'un personnage "charismatique" ayant construit un géant mondial de haute capacité et qu'il mérite la reconnaissance de la France...On croit rêver: il n'est tout de même pas une "gloire de la patrie" et un "bienfaiteur de l'humanité", alors qu'une partie de son succès est lié à des licenciements de personnels à la "faveur" de regroupements... La France a connu de véritables bienfaiteurs, mais comme par hasard, ils ne roulaient pas sur l'or, au contraire : Pasteur, Marie Curie... De Gaulle... et encore maintenant l'Abbé Pierre... D'autres patrons reconnaissent néanmoins la nécessité de corriger de tels excès, et notamment la Présidente du MEDEF Laurence Parisot a déclaré que "la décision du Conseil d'administration de Vinci a été formidable"...
Elle a raison... Car il ne s'agit pas effectivement de faire de la "morale" plus ou moins "populiste"...Il s'agit d'établir enfin un "code de bonne conduite salariale" pour les responsables d'entreprises... à défaut duquel l'opinion populaire ne pourra que se détourner du "libéralisme", voire se retourner contre lui... Actuellement, les divers partis dits "de gauche" fourbissent leurs armes en exploitant à tort ou à raison diverses affaires : il ne suffit pas d'ironiser à propos de leurs programmes, en dénonçant des "recettes d'un autre temps"... il faut que le "libéralisme" balaie devant sa porte, sous peine que les prochaines élections n'amènent un retour du balancier politique - avec les conséquences pouvant en résulter - moins par "goût du socialisme" que par "dégoût du libéralisme"....