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Monsieur Carrez, Député-Maire du Perreux-sur-Marne et Rapporteur général de la Commission Budgétaire de l'Assemblée Nationale, a présenté dans le Figaro du 31 juillet 2006 un Plan pour sauver les finances publiques de la France. Ce Plan peut être résumé en 3 éléments :
- 1. Un constat : les finances publiques restent bloquées dans un étau difficile à desserrer, à en juger par la hausse des principaux "indicateurs" entre 2002 et 2005 :
- Dépense publique rapportée au PIB : 51,7 à 53,9 % (+ 2,2 %)
- Prélèvements obligatoires : 43,8 à 44 % (+ 0,2 %)
- Dette de la France : 56,3 à 66,6 % du PIB (+10,3 %)
Cette évolution est d'autant plus inquiétante que d'autres pays européens comme la Suède ou le Danemark ont réussi à réduire de 10 points en 10 ans le poids des dépenses publiques dans leur économie... 2 - 2. Un rejet : la politique actuelle de la France reste fondée sur une "accoutumance à la dépense" faisant que les dépenses publiques sont chaque année supérieures de 16 % aux ressources, et ceci quelle que soit l'orientation des gouvernements :
- Pour la "Gauche", augmentation des dépenses pour stimuler la croissance qui devrait ainsi en compenser l'effet...
- Pour la "Droite", diminution des impôts devant relancer aussi la croissance qui financerait ainsi le manque à gagner...
Malheureusement, dans les 2 cas, l'espoir est déçu car la dette augmente, pour atteindre 1.150 milliards d'Euros, au point que les dépenses nécessaires d'investissement ne peuvent être réalisées que par un large recours aux privatisations, celui-ci ne pouvant être prolongé à l'infini.
3. Un projet : il faut assurer le redressement des finances publiques en stabilisant d'abord la dette, dont les intérêts "asphyxient" le budget, - et ensuite en assurant la diminution de celle-ci par une politique plus énergique que les efforts entrepris depuis 2003 :
- maintien du niveau des recettes par un redéploiement des réformes fiscales
- diminution des dépenses en "valeur", en profitant des départs massifs de fonctionnaires pour la retraite, en remettant en cause certains programmes coûteux et non prioritaires, et en corrigeant les effets néfastes des 35 heures.
- dégagement d'un surplus de recettes devant être utilisé à la réduction de l'endettement
Il est difficile de contester un tel Plan, à la fois objectif et rigoureux, d'autant plus qu'il s'inscrit dans un contexte où le taux de chômage reste élevé et le pouvoir d'achat stagnant malgré des signes d'amélioration... Néanmoins, pour être réellement appliqué de façon durable, ce Plan doit recueillir l'assentiment populaire sous peine d'échouer... Et cet accord ne pourra pas être obtenu sans mesures significatives permettant un accroissement du pouvoir d'achat : "coup de pouce" important pour le SMIC, dégrèvement de charges pour les retraités dont les pensions baissent en "euros constants", et amélioration échelonnée des ressources de la "classe moyenne" qui doit cesser de faire les frais de toutes les mesures d'économie, décourageant ainsi l'esprit d'initiative... Evidemment, de telles mesures iraient dans le sens de la thèse de Keynes, à savoir l'enchaînement "amélioration du pouvoir d'achat-progrès de la consommation- hausse de la production", et par conséquent diminution du chômage... Or Monsieur Carrez condamne, chemin faisant, la "vision keynesienne" qui lui paraît de mauvais aloi en raison du risque d'inflation... Certes ce risque existe si les mesures sont prises sans précaution... Mais les économistes sont désormais suffisamment avertis pour agir avec prudence... et d'autre part la situation est actuellement favorable : l'indice de croissance est passé à + de 2 % au 2ème trimestre 2006... et les derniers bilans des Sociétés montrent que les entreprises majeures figurant au CAC 40 ont réalisé des bénéfices records, notamment les Sociétés pétrolières, ce qui permet au passage à l'Etat d'augmenter le produit des taxes et donc d'accélérer le remboursemennt de la Dette...
Monsieur Carrez conclut son propos en affirmant que ce sujet est digne de figurer au coeur des débats électoraux qui s'engagent... Assurément, mais alors il faut songer qu'à défaut de "jeter un peu de lest" , c'est la majorité actuelle qui risque d'être perdue, et avec elle le Plan de Monsieur Carrez...