Réflexions sur l'actualité en tous genres.
S'il est un problème qui revient de façon "récurrente" à l'occasion de chaque Rentrée, c'est bien celui de la "Carte scolaire", c'est-à-dire de la répartition des élèves dans les établissements, notamment au niveau de la 6ème de Collège et de la 2nde de Lycée...
A l'origine, c'est-à-dire en 1963, elle avait été conçue comme une "sectorisation" obligeant les parents à inscrire leurs enfants dans le secteur préalablement défini de leur domicile. Et elle avait le but avoué de favoriser la "mixité sociale", à savoir de faire en sorte que les enfants de diverses origines d'un secteur puissent "se mélanger"...
On peut d'abord s'interroger "à postériori" sur le principe même de la "mixité sociale"... Car il ne suffit pas de mettre ensemble des enfants de diverses origines pour qu'ils se mélangent facilement... Les enfants sont ce qu'ils sont, de jeunes êtres pas toujours formés aux "nuances sociales" et reflétant souvent l'attitude même de leurs parents... Naguère, les "boursiers" étaient l'objet d'une certaine discrimination, et maintenant encore les "différences sociales" peuvent nuire à l'homogénéité des classes : ou bien, dans un secteur "bourgeois", les enfants de milieu dit "modeste" peuvent être mal à l'aise, et inversement des enfants de "bourgeois" dans un secteur "populaire"...
De toutes façons, même en admettant le bien-fondé de la "mixité sociale" et en lui reconnaissant la qualité d'une "bonne intention", il faut constater ...qu"elle n'est pratiquement jamais réalisée : il est avéré que 30 % des parents contournent la Carte scolaire, la proportion atteignant 40 % pour l'entrée en 6ème des élèves parisiens... Et ceci pour toutes sortes de raisons bien connues des "spécialistes" et apparemment plausibles : section rare déclenchant de "soudaines vocations", adresse de grands-parents, rapprochement du lieu de travail, etc... A noter d'ailleurs que les enseignants - évidemment bien informés - y contribuent puisque 30 % des élèves inscrits "hors secteur" sont ...leurs enfants, alors que leurs principaux syndicats défendent pourtant "mordicus" la Carte scolaire... Quant aux parents des milieux "aisés", s'ils n'obtiennent pas satisfaction, ils se tournant vers l'enseignement privé, qui regorge actuellement de demandes, ce qui est la preuve irréfutable de l'inanité du système...
Il est donc plus que temps de mettre fin à ce système de Carte scolaire qui est inopérant et aboutit même à une situation "d'inégalité" notoire contraire au principe d'égalité initialement recherché... Mais pour autant il est nécessaire de ne pas laisser s'installer une "concurrence sauvage" entre les établissements, certains pouvant alors devenir des "établissements d'élite" dans des secteurs favorisés, tandis que d'autres seraient des "établissements-repoussoirs" : la 1ère condition est de mettre fin au principe du "Collège Unique" (en fait ...Collège inique ! ) en favorisant dans tous les établissements l'existence parallèle de "classe d'excellence" pour les élèves les plus "méritants" - et de "classes de "rattrapage" avec moyens renforcés pour les élèves en difficulté, et ceci quels que soient les secteurs et quelle que soit l'origine sociale des élèves... La 2ème condition est d'encourager l'autonomie des établissements en y permettant la réalisation de "contrats d'objectifs" précis, ayant fait l'objet d'une concertation initiale dans les conseils d'administration, ainsi que d'une autorisation préalable et d'un contrôle "à postériori" de l'administration de tutelle pour veiller à la conformité avec les programmes nationaux...Ce qui suppose de "faire confiance à la base" et de ne pas toujours vouloir "diriger d'en-haut", comme c'est encore trop souvent le cas...