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Réflexions sur l'actualité en tous genres.

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Le Modèle social français

   Les Français sont impayables... A en croire le sondage réalisé pour le Figaro-Magazine du 15 octobre 2006, ils sont 75 % à penser qu'en matière d'acquis sociaux ils sont plus avancés que leurs voisins européens... mais ils sont aussi 54 % à considérer que leur modèle social fonctionne mal... Comme, de toute évidence, le modèle social des autres pays d'Europe, notamment en Allemagne et dans les pays scandinaves, n'a rien de désastreux, on peut se demander si les Français, déjà ignorants de la géographie, ne le sont pas encore plus en "économie politique"...

   Le constat est pourtant cinglant en France : la dette extérieure dépasse le produit annuel de l'impôt sur le revenu, la Sécurité sociale connaît un déficit abyssal, le chômage affecte encore près de 10 % de la population dite "active", et les retraites ne pourront plus être assurées dans 20 ans au rythme actuel de leur progression... Même si le Président de la République veut les rassurer en proclamant devant le Conseil Economique et Social la qualité du modèle social de la France "qui est un élément de notre identité", les Français sont manifestement sceptiques, puisqu'ils sont 23 % seulement à rêver "de consolider, voire d'accroître les acquis sociaux", mais 45 % estiment "qu'il faut adapter le modèle social aux difficultés qu'il traverse aujourd'hui"... Il est vrai que leurs réponses réservent des surprises :

   - Ils sont opposés à 86 % à la baisse des retraites, 84 % à la réduction des congés payés, 75  % à la limitation du remboursement des frais médicaux... Sans commentaires...

   - Mais ils sont 83 % à se déclarer favorables à l'assouplissement du Code du Travail pour plus de flexibilité (88 % à droite, 77 % à gauche...)... et ils sont aussi 57 % à être prêts à une augmentation de la durée hebdomadaire du temps de travail... Quid des 35 heures ?...

   En fait, il apparaît que ces chiffres traduisent une réelle inquiétude, voire une véritable "peur de l'avenir"... La suite du sondage le révèle, puisqu'ils sont 92 % à estimer que le modèle social français est menacé, et 73 % à penser que la France va socialement régresser...

   Dans un tel contexte, il est intéressant d'étudier le compte-rendu - joint au sondage - d'une rencontre entre Laurence Parisot, Présidente du MEDEF, et François Chérèque, Secrétaire Général de la CFDT, qui ont tous deux une réputation de "modération" :

   - Les deux représentants campent évidemment sur leurs positions traditionnelles : l'une estime que l'emploi passe par davantage de flexibilité, l'autre insiste sur la sécurisation des parcours professionnels.

   - Mais les deux représentants sont d'accord pour admettre qu'il est nécessaire, avant toute "redistribution" de "créer d'abord des richesses", et qu'un modèle social ne peut fonctionner que dans le cadre d'une économie performante.

   - Les interlocuteurs font aussi des propositions pour parvenir à une réforme sociale : La patronne du MEDEF propose aux syndicats de débattre dans le cadre d"une "délibération sociale", en particulier pour l'assurance-chômage, le contrat de travail, et la sécurisation des parcours professionnels, et il lui paraît vital "d'accroître la fluidité du marché du travail et de lever les freins à l'embauche"... Le responsable de la CFDT objecte que la flexibilité est déjà importante puisque 70 % des embauches des jeunes se font à contrat à durée déterminée... et il souligne la nécessité de substituer à la désorganisation actuelle un système permettant d'offrir aux jeunes - "qui ont besoin de se projeter dans la vie" - une carrière professionnelle "linéaire"...

   - Les interlocuteurs sont à nouveau d'accord pour réclamer que toute évolution du droit social passe par une négociation entre les partenaires sociaux - avalisée ensuite par l'Etat - et que, par conséquent, les réformes ne soient pas imposées "d'en-haut" par l'Etat : la crise du CPE au printemps 2006 a d'ailleurs montré à quel point une décision unilatérale et trop rapide du Gouvernement peut provoquer une crise profonde...

   Il y a donc de quoi réfléchir au terme de ce sondage et d'une telle discussion... Et on aimerait que ce débat, en raison de son importance,  soit à la base des prochaines élections présidentielles, au delà des querelles superficielles de personnes...

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J
Nous sommes parfaitement d'accord sur la formule "Etat Garant"
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D
   Personnellement, je pense qu'effectivement "l'Etat" ne doit pas "légiférer" en la matière, mais en France, après 2 siècles de centralisme jacobin et de souci de protection, on se tourne encore et toujours vers l'Etat, et dans tous les domaines... Par contre, à la place de "l'Etat Protecteur", je me satisferai de "l'Etat Garant" du respect des "principes" que l'Assemblée Nationale aura démocratiquement établis...
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J
Je suis très hostile à toute idée d'obtention d'un aval préalable des partenaires sociaux pour modifier le code du travail. Il y a trop, beaucoup trop de textes en vigueur dans ce pays ... La loi ne doit intervenir que pour fixer les grandes règles, les principes, le cadre général. Le reste doit être l'affaire des partenaires sociaux , lesquels, en veru de l'article 1134 du code civil ne contractent que pour eux-mêmes et ceux qu'ils représentent par délégation.  Donc arrêt et même abrogation de tous les arrétés d'extension.Les Français ont du mal à se mettre dans la tête que leur modèle social n'est pas aussi vertueux et aussi performant qu'ils le croient! La Sécurité Sociale , ce n'est pas la CGT, ni le CNPF (devenu MEDEF) ni même de Gaulle qui l'a inventée ... C'est Bismarck. Ce n'étatait pas un "progressiste" ni un militant de "gauche"! ... Il faut arréter de véhiculer, nous tous ou presque, que nous sommes le nombril du monde ... Le monde n'en a rien à faire de nous! Nous ne pesons que 1% de la population mondiale ... Nous n'avons aucun droit à vouloir régenter la planète. Cette arrogance que nous mettons à vouloir donner des leçons à tout le monde va finir par nous coûter cher. C'est d'ailleurs déjà commencé!
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