Réflexions sur l'actualité en tous genres.
Depuis le retour du régime républicain en 1871, la France est régulièrement secouée par des affaires "politiques" : affaire de Panama, affaire Stavisky, affaire des fuites, affaire Urba, affaire Clerstream, sans compter d'autres affaires moins importantes et tombées dans l'oubli... Et tout aussi régulièrement, il en résulte des vagues "d'anti-parlementarisme", alimentant des courants extrêmes au nom d'une formule simpliste : "Tous des pourris" !...
C'est pourquoi les développements actuels de la campagne présidentielle ne manquent pas d'intérêt, à en juger - avec les réserves habituelles - par les sondages qui révèlent une attention renouvelée des Français pour la "politique"... et ceci n'a d'ailleurs rien de bien ...nouveau : naguère il y a eu les "sursauts" du Front Républicain" avec Mendès-France en 1954 ou encore la "vague gaulliste" en juin 1968...
Cette fois le sursaut qui s'annonce est manifestement lié à une attente... Après 12 ans de présidence de Chirac - où les promesses concernant la "fracture sociale" se sont diluées en raison d'échecs répétés (dissolution, CPE, Traité européen...) dans un immobilisme prudent - les Français souhaitent un "renouveau", même s'ils en ont une conception très diverse.. Et il faut reconnaître, sans le moindre...parti-pris, qu'effectivement le paysage politique est dans une phase de renouvellement, qui se développe d'ailleurs curieusement à "fronts renversés" entre ladite "gauche" et ladite "droite" :
- A "gauche", le parti socialiste - et accessoirement les autres petits partis (communiste, trotskyste...) en sont encore à la vieille tradition du "programme", ...même si tous les programmes antérieurs, à l'image du fameux "programme commun" de 1972, n'ont jamais été réellement appliqués... Mais, alors qu'il y avait jusqu'à présent un candidat "naturel" et indiscutable (Mitterrand, Jospin...), le parti socialiste est cette fois confronté à la nécessité d'une "élection primaire" où les tenants du "programme" (Fabius, Strauss-Kahn) sont dépassés par une candidate jouant sur un "contact direct" avec les Français (Ségolène Royal)...
- A "droite", l'UMP - qui est un "rassemblement" (gaullistes et modérés) - rompt avec la vieille habitude de la division pratiquée après De Gaulle (Poher contre Pompidou, Giscard contre Chaban, Barre contre Chirac...) en réalisant une unité assez large au tour d'un chef reconnu (Sarkozy), les autres prétendants possibles (Villepin, Alliot-Marie, ...et Bayrou) étant - semble-t-il - déjà "marginalisés"... Mais inversement, un "programme" - qui n'était pas jusqu'à présent une pratique prioritaire de la "droite" - est proposé par son candidat potentiel, qui substitue la notion de "rupture" à celle de 'fracture" et propose un équilibre - difficile - entre le libéralisme et l'interventionnisme...
Cette opposition politique "à fronts renversés" est d'autant plus intéressante qu'elle se double d'une opposition entre deux personnalités au "profil" diamétralement différent :
- D'un côté, Sarkozy est ... un homme, et cela peut compter auprès des personnes - même des femmes - habituées à confier les responsabilités au sexe "fort"... D'autre part, il a une "carrure" politique incontestable, en raison de son expérience supérieure, et il symbolise déjà - sans même avoir été 1er Ministre - "l'autorité de l'Etat"... C'est un homme "d'action"...
- De l'autre côté, Ségolène Royal est ...une femme, ce qui compte aussi - y compris auprès des hommes - dans un contexte où, en France comme à l'étranger (ex: en Allemagne), les responsabilités sont désormais confiées de plus en plus souvent à des femmes... D'autre part, elle manifeste des qualités "personnelles" importantes, comme l'écoute et la concertation... Elle n'apparaît peut-être pas comme une ..."femme d'Etat", mais elle "parle au peuple"... C'est une femme de "relation"...
Alors, qui sait ce qui peut se passer ?... surtout dans un pays comme la France, où l'opinion a toujours été très versatile...et les camps opposés souvent proches du 50/50, comme l'ont prouvé les récentes "alternances"... L'incertitude est d'autant plus grande qu'il ne s'agit plus d'un choix "classique" entre un soi-disant "progrès" et un réputé "conservatisme", mais d'un choix entre deux types de "renouvellement"... Le "suspense" est entier...