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Dans le fracas incessant des troubles du Moyen-Orient, est passée complètement inaperçue la parution d'un livre qui - il est vrai - semble une affaire de spécialistes : " Le secret des découvertes" de Christiane Desroches-Noblecourt (Editions Télémaque), livre qui avait été précédé par "Le fabuleux héritage de l'Egypte"... Il s'agit, bien sûr, de l'Egypte ancienne, mais pour autant l'étude faite par l'auteur, dans un style alerte et souvent plein d'humour, n'a rien d'innocent, car elle remet en cause - tout simplement - les fondements des grandes religions monothéistes nées dans le Moyen-Orient : judaïsme et christianisme...
Il faut d'abord rappeler que Christiane Desroches-Noblecourt est une "égyptologue" émérite, dans la lignée de Champollion, de Mariette et de l'Abbé Drioton, ce dernier ayant d'ailleurs été son maître et tuteur en Egypte... Agée maintenant de 92 ans, elle a multiplié les découvertes - dont la tête sculptée en albâtre de Thouy, la mère de Ramsès II, ornant la couverture de son dernier livre - , sauvé 24 temples en Nubie, et laissé une oeuvre écrite considérable, sans se départir d'un grand courage et de son franc-parler à travers maintes vicissitudes...
Il n'est pas possible de relater toutes les "révélations" que ses découvertes ont inspiré à Christiane Desroches-Noblecourt, mais on peut en citer quelques-unes : qu'il s'agisse du calendrier, de la ...brique, du jeu de l'oie, ... du test de grossesse, des châteaux-forts, du traitement de la cataracte, ou des textes à l'origine des fables d'Esope et de ... La Fontaine, toutes ces "pratiques" ont leur origine dans l'Egypte ancienne... Et cela n'est rien à côté du fait que ce pays est le creuset des religions orientales et de leurs principaux mythes fondateurs, en particulier ceux de la Bible : ainsi l'histoire d'Adam et Eve et des 7 jours de la création sont inspirés du mythe égyptien de Gheb et Nout... De même l'histoire de Joseph et de ses frères - fils de Jacob - fourmillent de détails empruntés à la civilisation égyptienne, notamment l'interprétation des rêves - alors couramment pratiquée par les prêtres égyptiens - et la fable des 7 vaches grasses et 7 vaches maigres, qui était un vieux "classique" égyptien concernant les crues du Nil... Quant à l'histoire de Moïse - dont le nom est reconnu par les exégètes comme égyptien (Cf le pharaon Thoutmosis) - elle apparaît comme un épisode réel ou symbolique de ces migrations de peuples sémites venus du désert voisin et attirés par l'Egypte ou en ressortant, au gré du climat ou des besoins du Pharaon... Car l'Egypte était alors la puissance dominante -"l'Eldorado" de l'époque - à l'image des Etats-Unis pour les immigrants européens aux 19ème et 20ème siècles... Et si les Egyptiens n'ont pas alors gardé de traces du passage des Hébreux, c'est banalement parce que les mouvements de ce petit peuple n'avaient pas retenu leur attention et que les pharaons n'avaient pas jugé nécessaire d'en laisser un témoignage dans les inscriptions de leurs monuments...
Mais les "révélations" vont plus loin... Car on y apprend que les Egyptiens croyaient à la "résurrection" ... sinon les pharaons n'auraient pas construit des pyramides, des tombeaux et des mausolées avec des meubles, objets et offrandes pour la vie de "l'au-delà"... Et ceci alors que la notion même de "résurrection" est restée longtemps étrangère aux Hébreux, pour qui les morts étaient voués pour l'éternité à l'oubli du "shéol", et qu'elle n'y apparaît tardivement qu'avec les pharisiens, dont Jésus reprendra la croyance... alors que les sadducéens, prêtres du Temple, la rejetaient... De même, on a fait des Hébreux les créateurs du Dieu unique... Et certes ils croyaient à "un" Dieu - Yaveh - qui était leur Dieu "national", comme Baal l'était pour les Phéniciens, mais ils reconnaissaient l'existence d'autres Dieux, même s'ils les jugeaient inférieurs, comme l'illustre le Psaume 97 :
"Toi, Yaveh, très haut sur toute la terre
"Tu t'élèves bien au-dessus des autres dieux...
Et en cela, ils avaient la même attitude que les Egyptiens, lesquels, bien avant eux , croyaient à un Dieu supérieur, représentant la seule chose qui comptait , - le Maat , dont la Balance symbolisait la justice - avec Amon-Râ dominant de multiples divinités, comme l'explique Christiane Desroches-Noblecourt :
"Les Egyptiens étaient des gens qui vivaient en "Dieu", imprégnés par le divin. On parle de la multitude des dieux égyptiens, mais c'est faux : qu'ils l'appellent Amon le caché quand il est tapi au fond des eaux, ou Aton quand il irradie le soleil, c'est bien de la même force initiale que les Egyptiens parlent, de la même puissance divine. Ils ont toujours eu une sorte de monothéisme, et seront les premiers dans l'Antiquité à affirmer l'existence d'un au-delà"...
Cette conversion à un monothéisme "universel", les Hébreux devenus les Juifs n'y viendront qu'au retour de leur "Exil de Babylone" (5ème av.JC)... Quant aux chrétiens, ils trouveront en Egypte un terrain de prédilection... car il y a une certaine similitude entre le polythéisme égyptien à "base" monothéiste et le monothéisme chrétien à "apparence" polythéiste : la Trinité, la Vierge (rappelant Isis...), les Saints... Ce n'est par hasard que le christianisme, avec les Coptes, a résisté en Egypte devant la vague musulmane à partir du 7ème siècle...
Et si vous lisez ses livres , Christiane Desroches-Noblecourt vous racontera d'autres histoires : celles de la grenouille, du poisson, de la pupille de l'oeil, etc... arrivant à convaincre que notre civilisation soi-disant "judéo-chrétienne" est en réalité une civilisation ""égypto-chrétienne" !...