Réflexions sur l'actualité en tous genres.
La France a toujours eu une place majeure dans l'histoire de l'Europe et, sans remonter à Charlemagne, Louis XIV ou Napoléon 1er, il suffit d'évoquer le rôle de Robert Schuman ou Jean Monnet au 20ème siècle dans la construction d'une Europe enfin unie après un millénaire de conflits... Même le Général De Gaulle, en dépit de son identification personnelle à la "France éternelle", y a contribué à sa façon en resserrant les liens avec "l'ennemie héréditaire" : l'Allemagne...
Le problème est que les Français n'en ont pas tous conscience et que certains d'entre eux - appelés bizarrement "souverainistes" - imaginent même que la France doit "sortir de l'Europe"... Oubliant les avantages acquis grâce à la Communauté Européenne ( notamment dans le domaine agricole), et ne retenant que les difficultés (comme celles de l'intégration accélérée de nombreux pays, surtout de "l'Est"...), une majorité de Français a pu ainsi rejeter le Traité Européen proposé en mai 2005 malgré les améliorations notables apportées à l'organisation de l'Europe... Assurément, c'était leur droit et leur refus a eu un caractère indiscutablement démocratique... Mais ce refus n'en a moins été le produit d'un débat typiquement "franco-français" où les considérations intérieures relevant d'une "fronde anti-gouvernementale" ont joué un rôle important... Et les autres pays de l'Europe, en particulier les 18 pays ayant déjà approuvé le Traité, peuvent ressentir à juste titre une grande amertume devant un blocage de l'évolution de l'Europe où ils n'ont aucune responsabilité... A ce titre, plutôt que de "débattre entre Français", il est intéressant de citer des propos tenus par des diplomates "étrangers" (1) :
- L'Italien Stefano Silvestri, Président de l'Institut des Relations Internationales, s'exprime : "Nous, Européens, nous sommes tous en train de payer la crise, apparemment profonde, de la France. Ce pays est sur le retrait et non sur l'avancée. Cela pèse lourdement sur l'Europe. Nous avons besoin d'une France active, engagée, et nous ne l'avons pas !..."
- Un diplomate allemand (2) poursuit : "Les Français ont tendance à se réfugier derrière une ligne Maginot où ils restent entre eux. Les autres ne sont pas intéressants à leurs yeux. Restons chez nous, voilà leur mot d'ordre. Pourtant, il faut que la France reprenne son rythme, qu'elle se débarasse de son hexagone mental, qu'elle reprenne sa place dans le monde et pas seulement avec des paroles..."
Il est évident que les Français - qu'ils le veuillent ou non - ne peuvent rester indifférents aux critiques... mais aussi aux espérances dont ils font l'objet... Si encore ils présentaient aux autres pays de l'Europe une "alternative " claire - ou du moins des "aménagements" acceptables au Traité - mais ce n'est pas le cas... Et la France, qui avait largement contribué à l'élaboration du Traité, avec la contribution méritoire de son ancien Président Giscard d'Estaing, est maintenant le pays qui en bloque l'application sans contrepartie, obligeant les autres pays... et elle-même à s'accommoder d'institutions anciennes considérées comme insuffisantes par tous...
Il faut être enfin "réaliste"... La France, naguère, a pesé dans le monde... Mais, désormais, même avec 67 millions d'habitants, un siège permanent au Conseil de Sécurité de l'ONU... et sa "réputation internationale" (Les Droits de l'Homme, Versailles... Zidane ! ), elle "ne fait plus le poids"... et un "isolationnisme" éventuel ne pourrait que l'affaiblir gravement, tout en affaiblissant l'Europe qui est certes une "grande puissance économique" mais aussi un..."nain politique"... Au contraire, si elle se "réconcilie" avec l'Europe, elle peut y reprendre un rôle majeur... et ne pas l'abandonner à la seule Allemagne, et trouver ainsi le moyen d'être à nouveau largement écoutée dans le monde... Or, avec les prochaines échéances électorales, la France est à un carrefour des chemins : il faut souhaiter que les Français permettent à leur pays de préparer son retour sur la scène européenne et ne se laissent pas aller à leur "esprit cocardier" dans un dérisoire et fatal "Cocorico"...
(1) Voir article du journaliste François-Régis Hutin 20 janvier 2007
(2) Non identifié dans l'article