Réflexions sur l'actualité en tous genres.
En cette époque actuelle qui se mêle de tout réformer, il est fortement question de remettre en chantier la Loi de Bio-éthique formulée en 1994 et déjà révisée en 2004 : l'Assemblée Nationale vient même d'organiser avec l'Agence de la Bio-Médecine une journée de débats sur les "nouvelles questions éthiques", en vue d'élaborer une nouvelle Loi au plus tard en 2009...
Sur le principe, il n'y a pas matière à critique, car la législation actuelle, comme toute oeuvre humaine, n'a pas un caractère sacré, et il peut toujours être utile d'y réfléchir... Mais, en pratique, il y a néanmoins un sujet d'inquiétude : il ne s'agit pas en effet d'approfondir des modalités d'application des "valeurs fondamentales" de cette législation, mais inversement de remettre en cause ces valeurs en fonction de "demandes nouvelles" qui ne font pas l'unanimité et peuvent donc être contestables...
A l'origine, la Loi de Bio-éthique ne prenait en considération que deux problèmes majeurs : la recherche sur l'embryon - autorisée en 2004 "à titre dérogatoire... pour une durée de 5 ans" - et l'Assistance Médicale à la Procréation (AMP) - permettant la fécondation "in vitro" aux "seuls couples hétérosexuels et stables formés d'un homme et d'une femme vivants"...Or il est maintenant question d'élargir l'application :
- Pour l'AMP, il s'agit de permettre aux femmes seules ou stériles et aux homosexuels d'y recourir... et par conséquent de faire appel ... à des "mères porteuses"... Bien entendu, le problème n'est pas de mettre en cause la monoparentalité et l'homosexualité, mais de s'interroger sur les conséquences de cet "appel" : d'abord, s'il y a "location d'utérus", se pose la nécessité du "paiement" (déjà aux Etats-Unis, un tiers des mères porteuses sont des femmes noires défavorisées...) ; et ensuite il y a la question du "lien à l'enfant", car les "facilités" accordées à l'adulte ne se traduiront pas nécessairement par "l'intérêt" de l'enfant... qui a besoin à la fois d'un "père" et d'une "mère", ce qui est une loi naturelle avant d'être une loi humaine...
- Pour la recherche sur l'embryon, comme la Loi de 2004 n'autorise l'utilisation de l'embryon que pour 5 ans ..."dans l'attente toujours possible d'une méthode alternative d'efficacité comparable"... il va bien falloir décider ou non de son maintien : or une réponse négative mettrait en cause la poursuite de la recherche... et inversement une réponse positive devra trouver une justification qui ne pourra pas être, comme certains le déclarent déjà, de considérer que "l'embryon n'est pas un être humain" - au mépris de la réalité "naturelle" de la fécondation créant la vie -, ...et qu'il est donc possible de l'utiliser et même... d'en faire commerce , comme pour le vaccin et le sang...
De surcroît, le problème de la révision de la Loi de Bio-éthique se complique également du fait que la législation est souvent beaucoup plus large dans d'autres pays (ex: Etats-Unis, Espagne, Belgique...). Il en résulte qu'en France les avis sont partagés et inconciliables, certains estimant que la France doit s'aligner sur d'autres pays, et d'autres affirmant au contraire qu'elle doit conserver ses propres valeurs, "chaque pays ayant sa culture propre"...
On en revient ainsi à la question des "valeurs fondamentales"... Même si on admet la nécessité d'un élargissement de la Loi, il faudra admettre aussi la substitution d'un système fondé sur la "facilité personnelle" et "l'argent" au système actuel où il y a, en matière d'adoption, la "gratuité" et "l'anonymat"...