Réflexions sur l'actualité en tous genres.
Jacques Chirac avait à peine annoncé qu'il ne solliciterait pas un nouveau mandat de Président de la République que les "médias" - il est vrai, à l'affût - se sont déchaînés pour dresser en toute hâte le bilan de ses "12 années de règne"...
Un bilan ?... Quel bilan ?... Par définition, un Président de la République n'est pas un homme "seul", même s'il ne "partage" pas sa fonction... Il est l'élu du peuple, qui le choisit au suffrage "universel"... et en l'occurrence, Jacques Chirac a été élu au 2ème tour par environ 53 % des voix en 1988 ...et environ 82 % en 1995...
Evidemment les "amateurs de bilan" peuvent s'interroger sur ce qu'il a fait de son élection... Mais une 1ère question se pose : de quel droit et au nom de quelles compétences certains veulent dresser un bilan ?... Comme dit le dicton : "La critique est aisée, mais l'art est difficile"... Et précisément il se trouve que la France a la réputation d'être "ingouvernable", avec ses partis acharnés à se combattre, ses divisions sociales parfois aigües.. et ses contradictions souvent insolubles... comme son accord global sur l'Europe... suivi du refus d'un Traité qui en améliorait le fonctionnement...
En fait, comme le disait Joseph de Maistre en 1811, "Une nation a le gouvernement qu'elle mérite"...et, à l'occasion du départ de Jacques Chirac, on peut tout au plus se demander ce qu'a été sa "rencontre avec la nation", autrement dit le rapport de l'homme et de la France :
- L'homme n'a certainement pas été parfait (qui l'est ?...), mais il est estimable... Rares sont ceux - y compris en dehors de ses proches - qui ne lui ont pas reconnu beaucoup de grandeur d'âme... Même s'il a toujours été très pudique sur sa vie privée, on ne peut ignorer son chagrin pour sa fille Laurence, dont la maladie a été "le drame de sa vie"... De même, il n'a pas fait de bruit en "adoptant" une petite vietnamienne, Anh Dao Traxel, sa "fille de coeur"... L'homme "politique" a certainement été beaucoup plus dur ...et assez rancunier, à en juger par son attitude envers Balladur et Sarkozy, mais le goût du pouvoir a ses "exigences", et dans ce domaine, il n'a pas été le seul...
- Ses rapports avec le pays ont été pour le moins ambigüs... D'abord, à l'instar du Général De Gaulle, "il a aimé la France", suivant ses propres propos... mais il avait une opinion beaucoup plus nuancée des Français, souvent légers et versatiles... Ceux-ci lui ont pourtant renouvelé leur confiance, à tous les niveaux de sa "carrière politique" (conseiller général, député, maire de Paris, Présidence de la République...)...peut-être parce qu'il leur ressemblait : ni vraiment de droite, ni vraiment de gauche,... ni autoritaire, ni libéral, ... ni condervateur, ni socialiste,... en fait un "héritier du radicalisme", dont sa terre de Corrèze avait été un fief...
Finalement, seul l'avenir dira ce qu'il faut retenir de Jacques Chirac... Comme dit un autre dicton : "L'Histoire jugera"... Déjà, lors du départ définitif du Général De Gaulle en 1969, les opinions avaient été partagées... et désormais tout le monde s'accorde à faire de lui une "référence", et à juger "sa" Constitution de 1958" comme un modèle de souplesse... En ce qui concerne Jacques Chirac, c'est dans l'mmédiat moins son "oeuvre" que ses "messages" qu'il faut considérer : rejet de l'extrêmisme, réformes, respect envers les cultures, économie mondiale plus juste, ...et révolution écologique... Manifestement, cet "homme d'une profonde culture" était plus doué pour "ressentir" et "penser" que pour "agir" ... Et, même si son "art" a été imparfait, il mérite un coup de chapeau : "Salut l'artiste !"...