Réflexions sur l'actualité en tous genres.
En cette période électorale, il est évidemment utile de faire le point, c'est-à-dire de bien situer les enjeux susceptibles d'infléchir les résultats des élections, qu'il s'agisse - dans la mesure où elles seront nécessairement liées - des élections présidentielles ou des élections législatives :
Comme il n'est pas possible de prévoir l'avenir, on peut déjà recenser comme enjeux les problèmes apparus et restés plus ou moins en suspens depuis les 5 dernières années :
- D'abord, en raison de l'échec récent du référendum, le problème de l'Europe, certainement le plus important parce qu'il met en cause la place de la France dans le monde : faut-il abandonner toute idée de Traité et s'en tenir à une simple collaboration des Etats, compte tenu d'un élargissement rendant impraticable toute Union ?... Faut-il au contraire relancer l'union européenne et, dans ce cas, sur quelles bases pouvant satisfaire à la fois les pays qui l'ont refusée (France, Pays-Bas) et les pays qui, en majorité, l'ont acceptée ?... - Ensuite, à cause de la persistance du chômage et nonobstant l'échec du CPE (Contrat de Première Embauche), quelle solution trouver au problème de l'emploi, notamment celui des jeunes, et plus largement au problème de la pauvreté, puisque l'INSEE révèle que celle-ci affecte "officiellement" 7,2 % de la population : faut-il à ce titre, en raison de l'urgence et au moins à titre transitoire, rétablir "davantage d'Etat" et le charger de créer des emplois plus ou moins aidés, des structures de secours renforcées et des mesures contraignantes vis-à-vis des entreprises qui licencient du personnel et "délocalisent" en vue d'élargir leurs profits ?... Ou faut-il au contraire susciter "davantage de libéralisme" en réduisant les contraintes imposées aux entreprises, en particulier les charges sociales pour les PME et PMI, dans l'espoir de leur permettre un développement générateur d'emplois ?... - De même, en réponse au drame judiciaire d'Outreau qui a révélé les failles d'une administration enfermée dans son "corporatisme", faut-il entreprendre une réforme générale des services publics permettant de mieux répondre aux besoins renouvelés de la société ?... Ou faut-il s'en tenir à des structures qui ont fait leurs preuves - souvent de façon séculaire - afin de ne pas "faire de vagues" dans un pays resté foncièrement conservateur et attaché à ses "privilèges" ?... - Enfin, suite aux manifestations des banlieues, révélatrices d'un malaise social affectant notamment les jeunes issus de l'immigration, faut-il revoir complètement les conditions d'accueil en vue d'une meilleure intégration ?... Ou faut-il purement et simplement arrêter l'immigration, ou du moins la "sélectionner", à l'instar de la plupart des pays occidentaux ?... Cette liste des enjeux n'est certes pas exhaustive, et de toutes façons elle ne pourra qu'être complétée - chemin faisant - par d'autres problèmes survenant dans l'actualité... Certains reviennent d'ailleurs de manière récurrente, parce qu'ils sont "mouvants" par nature, comme la réforme de l'école, la sécurité, la retraite, ...la durée du travail..., le système fiscal... Dans ce domaine, il serait d'ailleurs bon de mettre en place une structure"prospective" efficace, évitant qu'en France on ne cherche à résoudre les problèmes que lorsqu'ils éclatent... En tout état de cause, des réponses, même partielles, des candidats à ces enjeux vaudront mieux que les batailles médiocres de "petites phrases" agressives ou vengeresses ou les polémiques stériles dont les médias nous abreuvent... Il faudra ensuite savoir comment les Français répondront "majoritairement"... et quelle "voie" aura leur préférence : celle d'une plus grande autorité (Sarkozy...), celle d'une participation élargie (Royal...), celle d'une union alternative (Bayrou...) ?... La réponse est d'autant plus difficile à prévoir que les Français sont capables de donner des "majorités" différentes aux deux élections (présidentielles et législatives), histoire de "ne pas mettre tous leurs oeufs dans le même panier".... On ne cesse de le répéter : la France est un modèle de démocratie, mais les Français sont ingouvernables...