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Réflexions sur l'actualité en tous genres.

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L'euthanasie, problème insoluble...

   Quelle qu'en soit l'explication, l'euthanasie reste un acte consistant à "donner la mort" et cet acte pose fondamentalement un problème de conscience entre la personne qui est censée "désirer la mort" et la personne qui est dans la situation de la "décider" :

   - La personne qui désire la mort peut avoir des raisons éminemment respectables qui tournent le plus souvent autour de la "souffrance" : soit une souffrance physique intolérable, qu'on peut comprendre en pensant à l'impatience que chacun peut ressentir seulement pour une migraine ou une rage de dents, ...soit une souffrance morale beaucoup plus difficile à appréhender mais non moins grave, car elle peut conduire à la folie, notamment dans le cas de la maladie d'Alzheimer privant progressivement l'individu de toutes ses facultés mentales... Car il y a aussi des cas où la personne n'est plus en mesure d'exprimer sa volonté, et on ne peut alors que formuler des "hypothèses" sur la "nécessité" de la mort...

   - La personne en situation de décider de la mort peut avoir aussi des raisons respectables qui tournent alors généralement autour de la "compassion" : on éprouve naturellement de la pitié pour l'individu qui souffre, à fortiori s'il s'agit d'un être cher... et on trouve éventuellement une justification dans le souci de respecter la volonté du malade... Mais comment être sûr qu'il n'y ait pas alors de "dérives" en raison de motivations - parfois inconscientes - qui peuvent pousser des membres de la famille à souhaiter cette mort, par exemple s'il y a des soins très pénibles ...ou encore des problèmes de "coût" , voire ...d'héritage...

   Mais l'euthanasie n'est pas seulement un problème de conscience personnelle... Elle relève aussi de la "conscience collective", en raison des problèmes qui se posent aux hommes :

   - Un problème de "compétence" : un médecin a des moyens d'appréciation du cas d'un malade, mais il est tenu par le serment d'Hippocrate qui lui prescrit de "tout faire pour préserver la vie"... Et si la médecin peut donc légitimement avoir des doutes sur l'opportunité de l'euthanasie, comment un simple particulier pourrait-il ne pas en avoir ?...

   - Un problème de "science" : il y a des cas d'acharnement thérapeutique où il paraît évident que les soins sont devenus inutiles ...mais il y a aussi des exemples surprenants - certains diront "miraculeux" - de rémission...et on peut parfois espérer que des progrès de la recherche vont permettre une guérison jugée jusqu'alors impossible... Les médecins eux-mêmes signalent que des demandes d'euthanasie ont pu (rarement) être retirées...

   - Un problème de "métaphysique" : même si on la juge nécessaire, que sait-on - au juste - de la mort ?... Administrer ce qu'on ne connaît pas, c'est aller dans un inconnu irrémédiable... Le Néant ?... L'Au-Delà ?...Et si ce dernier existe et s'avère meilleur, peut-il constituer un prétexte ?...

   Dans ces conditions, il est insensé de faire de l'euthanasie l'objet de débats publics, comme c'est malheureusement le cas dans des "affaires" qui reviennent de façon récurrente dans l'actualité où les opposants et les partisans sont rarement traités de façon équitable... Car on oppose le plus souvent la "compassion pour la douleur" au "respect de la vie"... et, à ce titre, l'opinion poussée par des médias généralement partiaux accepte qu'une mère puisse donner la mort à son fils ...parce qu'elle lui a donné la vie, ou encore se réjouit de la libération d'une infirmière ...en oubliant la personne qu'elle a fait mourir...

   Pour la même raiuson, il est inacceptable que l'autorité publique puisse "légiférer" sur l'euthanasie, comme si une loi pouvait intégrer tous les cas de conscience  ... Car une loi, même si elle est votée démocratiquement par une Assemblée représentative, est faite pour organiser la vie en société, et non pour donner des leçons de "morale", comme c'est déjà le cas vis-à-vis de l'Histoire... Précisément, c'est l'Histoire qui montre que, partout où elle a été légalisée, l'euthanasie s'étend sans pouvoir être "maîtrisée"... En Suisse et en Belgique, par exemple, elle ne concerne plus seulement des "malades en fin de vie", mais aussi des personnes dépressives ou schizophrènes... Aux Pays-Bas, réputés pour leur "libéralisme", il est devenu possible de remettre à des enfants de 12 ans gravement malades de quoi mettre fin à leur vie... "Si la France légalisait l'euthanasie, pourquoi éviterait-elle ce que ces pays ne sont pas parvenus à contrôler ?...", s'interroge une Commission mixte de médecins et de députés de toutes origines qui vient d'être réunie (*)... Et comment comprendre qu'une société n'hésitant pas à abolir la peine de mort pour des criminels, par "humanité" et au nom du "respect de la vie", puisse accepter que la mort soit donnée aussi par "humanité" à des innocents sous le seul prétexte de la "compassion" ?...

   Pour autant, l'euthanasie doit-elle être totalement proscrite ?...Certainement pas, car il y a des "cas-limites", des situations "singulières", "extrêmes", "exceptionnelles"... où il est inévitable de donner la mort... Sans se livrer à un macabre inventaire, on peut citer le cas où, lors d'un accouchement, il faut choisir dramatiquement entre la vie de l'enfant et la vie de la mère... Mais alors la responsabilité ne doit pas être celle d'une seule personne, mais d'un "Conseil" regroupant si possible divers médecins ou psychologues ainsi que des membres ou des amis de la famille, et recueillant tous renseignements utiles... Et, néanmoins, de tels cas ne pourront pas servir d'alibis pour une légalisation de l'euthanasie...

   Car, même si l'euthanasie devient "légale", elle ne deviendra pas de ce fait "légitime"... Comme le souligne encore la Commission déjà citée :  "Donner la mort n'est pas la bonne réponse à la souffrance de la fin de vie... Croire que l'euthanasie légalisée règlera la question de la souffrance et de la mort relève de l'illusion... Comment vivrons-nous dans un monde de chacun pour soi, un monde où la solidarité et la compassion se résumeront à donner la mort"... Ces remarques pèsent d'autant plus que la médecine réalise actuellement de gros progrès dans l'allègement de la douleur...

   Non, vraiment, il n'y a pas, et il ne saurait y avoir,  de solution globale au problème de l'euthanasie...

(*) Membres cités :

  - Louis Puybasset, responsable Neuro-réanimation Hôpital Pitié-Salpêtrière

  - Claude Evin, député Parti socialiste, ancien Ministre

  - Jean Léonetti, député UMP, psychanalyste

  - Marie de Hennezel, ancienne Présidente de la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs

  

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E
<br /> OUI à l'aide au suicide, mais NON à l'euthanasie ! Au sujet de la différence entre l'euthanasie et l'aide au suicide, il faut distinguer entre les arguments juridiques, éthiques et religieux. On ne<br /> peut pas simplement affirmer sans nuance qu'il n'existe pas de différence entre les deux : dans un cas c'est le patient lui-même qui s'enlève la vie (aide au suicide) alors que dans l'autre c'est<br /> le médecin qui la retire. Il faut d'abord préciser sur quel terrain (juridique, éthique ou religieux) on tire notre argumentation. Si l'on se situe sur le terrain de l'éthique, on peut<br /> raisonnablement soutenir qu'il n'existe pas de différence. Cependant, si l'on se situe sur le terrain juridique, il existe toute une différence entre l'euthanasie (qualifié de meurtre au premier<br /> degré dont la peine minimale est l'emprisonnement à perpétuité) et l'aide au suicide (qui ne constitue pas un meurtre, ni un homicide et dont la peine maximale est de 14 ans d'emprisonnement). Dans<br /> le cas de l'aide au suicide, la cause de la mort est le suicide du patient et l'aide au suicide constitue d'une certaine manière une forme de complicité. Mais comme la tentative de suicide a été<br /> décriminalisée au Canada en 1972, cette complicité ne fait aucun sens, car il ne peut exister qu'une complicité que s'il existe une infraction principale. Or le suicide (ou tentative de suicide)<br /> n'est plus une infraction depuis 1972. Donc il ne peut logiquement y avoir de complicité au suicide. Cette infraction de l'aide au suicide est donc un non-sens. En revanche, l'euthanasie volontaire<br /> est présentement considérée comme un meurtre au premier degré. Le médecin tue son patient (à sa demande) par compassion afin de soulager ses douleurs et souffrances. Il y a ici une transgression à<br /> l'un des principes éthiques et juridiques des plus fondamentaux à savoir l'interdiction de tuer ou de porter atteinte à la vie d'autrui. Nos sociétés démocratiques reposent sur le principe que nul<br /> ne peut retirer la vie à autrui. Le contrat social « a pour fin la conservation des contractants » et la protection de la vie a toujours fondé le tissu social. On a d'ailleurs aboli la peine de<br /> mort en 1976 ! Si l'euthanasie volontaire (à la demande du patient souffrant) peut, dans certaines circonstances, se justifier éthiquement, on ne peut, par raccourcit de l'esprit, conclure que<br /> l'euthanasie doit être légalisée ou décriminalisée. La légalisation ou la décriminalisation d'un acte exige la prise en compte des conséquences sociales que cette légalisation ou cette<br /> décriminalisation peut engendrer. Les indéniables risques d'abus (surtout pour les personnes faibles et vulnérables qui ne sont pas en mesure d'exprimer leur volonté) et les risques d'érosion de<br /> l'ethos social par la reconnaissance de cette pratique sont des facteurs qui doivent être pris en compte. Les risques de pente glissante de l'euthanasie volontaire (à la demande du patient apte) à<br /> l'euthanasie non volontaire (sans le consentement du patient inapte) ou involontaire (sans égard ou à l'encontre du consentement du patient apte) sont bien réels comme le confirme la Commission de<br /> réforme du droit au Canada qui affirme : « Il existe, tout d'abord, un danger réel que la procédure mise au point pour permettre de tuer ceux qui se sentent un fardeau pour eux-mêmes, ne soit<br /> détournée progressivement de son but premier, et ne serve aussi éventuellement à éliminer ceux qui sont un fardeau pour les autres ou pour la société. C'est là l'argument dit du doigt dans<br /> l'engrenage qui, pour être connu, n'en est pas moins réel. Il existe aussi le danger que, dans bien des cas, le consentement à l'euthanasie ne soit pas vraiment un acte parfaitement libre et<br /> volontaire ». Eric Folot<br /> <br /> <br />
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D
Le problème est que tout se mélange; Le suicide assisté pour ceux qui souffrent psychologiquement mais pas physiquement d\\\'une maladie et, la souffrance physique au seuil de la mort. Il est clair, qu\\\'aucune loi ne pourra résoudre des cas aussi différents et de plus en plus nombreux. Il est évident également, qu\\\'une loi entraînerait des abus. Mais pourquoi la souffrance ne pourrait-elle pas se maîtriser par l\\\'esprit. Pourquoi, ne pas apprendre à se dire que, si il y a souffrance, c\\\'est que le mal s\\\'en va. Qu\\\'au lieu de se concentrer sur celle-ci, se dire: La souffrance est salvatrice, libératrice elle évacue le mal, les maux. Je vous assure, cela marche, même pour des douleurs physiques intenables. Pourquoi en Inde des yogis transcent-ils la douleur? Pourquoi, certains, arrivent-ils à un rapprochement avec l\\\'esprit en franchissant les barrières métaphysiques? Je crois que chacun m\\\'emprunte pas la même route.
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O
Comme d'habitude, bonne synthèse.Je dirais que l'euthanasie ne devra jamais être "un droit opposable" du malade, mais devra être un droit du médecin, en son âme et conscience et après avis de la famille et de l'équipe soignante.bonne soirée.Olivier.
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