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Réflexions sur l'actualité en tous genres.

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La dépendance

   S'il est un problème qui n'intéresse pas l'opinion en France, c'est bien - ou plutôt mal - celui de la Retraite, et notamment le sort des personnes âgées dépendantes... On en a actuellement une illustration choquante avec cette polémique du Lundi de Pentecôte, qui se renouvelle encore cette année, alors que la situation de cette journée de solidarité en leur faveur au beau milieu d'une période électorale aurait dû susciter un regain d'intérêt, sinon de compassion.

   Il faut rappeler que cette journée de solidarité a été instituée par le gouvernement Raffarin en 2004 à la suite de la canicule de l'été 2003 qui avait entraîné un accroissement d'environ 10.000 morts parmi les personnes âgées. Cette journée avait d'abord été fixée au Lundi de Pentecôte , qui perdait ainsi son statut de "jour férié" et devait être "travaillé sans rémunération", l'équivalent de cette rémunération devant être versé par les employeurs sous la forme d'une contribution (CSA), égale à 0,3 % de la masse salariale, auprès d'une Caisse Nationale de Solidarité pour l'Autonomie (CNSA)... En 2007, ce versement devrait atteindre plus de 2 milliards d'euros, dont 1,2 pour les personnes âgées dépendantes et 0,8 pour les handicapés... Or ces mesures ont suscité un tollé, non pas pour des raisons "religieuses", comme on aurait pu l'imaginer - l'Eglise ayant pris soin de rappeler que seul le "Dimanche" de Pentecôte est une fête liturgique - mais pour des raisons seulement matérielles touchant surtout aux "loisirs"... Les syndicats ont "biaisé" en obtenant le libre choix de la journée dans l'année, mais beaucoup de salariés ont de toutes façons choisi de prendre alors une journée de congé ou de "RTT"... A leur décharge, il convient de préciser que la mesure n'est pas équitable, puisque les professions libérales et indépendants en sont exemptées... Le résultat est qu'on ne sait plus vraiment où on en est, un sondage de la SOFRES révélant néanmoins qu'en 2006 environ  60 % des salariés n'ont pas travaillé le lundi de Pentecôte : c'est la victoire de l'égoïsme et de l'incivisme au pays de la liberté, de l'égalité et de la ...fraternité !

   Evidemment, il est tentant de s'en prendre à "l'Etat"... Celui-ci n'est pas exempt de responsabilité dans la mesure où aucune disposition globale n'a été prise en temps utile - que les gouvernements soient de "gauche" ou de "droite" - alors que le "papy-boom" était prévisible 60 ans après le "baby-boom" de 1945-1950... Au contraire, on a abaissé l'âge de la retraite - ce qui ne pouvait qu'accentuer le poids du 3ème âge - et on a également abaissé l'horaire hebdomadaire de travail (les 35 heures...), ce qui privait l'économie française d'une partie des moyens nécessaires pour faire face à ce poids... Néanmoins, des efforts incontestables ont été faits ces dernières années - un peu tard, comme toujours en France, où on attend de buter sur une difficulté pour tenter de la résoudre : non seulement la journée de solidarité, mais des mesures d'aides diverses : aide sociale, aide personnalisée au logement, allocation personnalisée d'autonomie... Malheureusement, cela ne suffit pas, comme le ressentent les Français dont le sondage de la SOFRES montre que 68 % estiment - non sans contradiction avec leur comportement - que la prise en charge des personnes âgées n'est pas suffisante...

   En fait, les Français doivent effectivement s'en prendre aussi à eux-mêmes . Chacun sait en effet que le problème des "vieux" n'intéresse pas ou concerne peu les "jeunes" qui, avec une certaine insouciance, considèrent la vieillesse comme une échéance lointaine... Certains ont d'ailleurs l'excuse d'avoir d'abord à trouver un emploi avant de songer à leur "avenir après 60 ans", qui dépend de cet emploi... Mais les personnes "d'âge mûr" aussi ne s'en préoccupent pas vraiment, sauf à l'approche du départ à la retraite que beaucoup d'ailleurs ne "préparent" pas suffisamment... Finalement, c'est surtout à l'âge de la retraite que les Français s'en inquiètent, car les 1ères difficultés de santé (rhumatismes, pertes de mémoire, etc...) les obligent à s'interroger sur leur situation s'ils devaient devenir "dépendants" sur le plan physique ou mental... Les sociétés d'assurances le savent bien, qui se font concurrence pour proposer des contrats ou souscriptions "de longue vie" ou même des conventions..."obsèques" !

   En effet les dispositions relatives à la dépendance sont loin de correspondre aux voeux exprimés par les personnes âgées :

   - D'abord, ils sont plus de 80 %, selon le sondage SOFRES, à souhaiter de rester à leur domicile. Ce n'est pas un fait nouveau, puisque naguère les "vieux" appréhendaient déjà d'aller - comme on disait alors - à "l'hospice" ou à "l'asile"... Et c'est même un souhait naturel et légitime de vouloir conserver son "cadre de vie" (maubles, jardin, voisinage...). Malheureusement le maintien à domicile est souvent difficile, en raison de l'absence d'enfants, ou de leur carence... et aussi faute de moyens en personnels infimiers et visiteurs, ainsi qu'en équipement (appareils techniques, liaisons radio...)

   - D'autre part, les maisons de retraite ont mauvaise réputation pour 49 % des Français en 2007 (15 de plus qu'en 2005) selon le sondage SOFRES, avec 2 reproches essentiels : elles sont trop chères (majorité entre 1500 et ...4000 euros par mois) et donc souvent inaccessibles aux plus démunis, même avec les aides - et elles manquent de places (seulement 610.000 pensionnaires en 2007 avec une prévision de 1.200.000 en 2020....) . De surcroît, les conditions d'accueil y sont très inégales : si certaines - notamment des maisons religieuses et municipales - sont remarquables, d'autres laissent à désirer, des cas de maltraitance étant régulièrement signalés (brutalité, gavage, punition, tutoiement, etc...). On frémit d'ailleurs d'apprendre que les placements financiers dans des maisons de retraite sont actuellement parmi les plus rentables...

   Il est donc urgent de prendre des mesures pour remédier à une telle situation, et en l'occurrence non pas de simples aménagements mais des réformes radicales : "L'Etat" actuellement s'y emploie avec le "Plan Solidarité Grand Age" (2006) et le Président Sarkozy lui-même a fait des promesses pour un "Plan Alzheimer" en faveur des personnes atteintes de dégénérescence cérébrale (600.000 en 2007), ainsi que pour une multiplication des centres de soins palliatifs pour les personnes "en fin de vie"... Mais il faut aller plus loin encore, en faisant appel à la solidarité des Français par des "campagnes" appropriées, des exemples divers ayant déjà montré qu'ils peuvent y être sensibles (Téléthon, Tsunami de l'Océan indien...). On peut  également prendre des mesures "structurelles", comme un élargissement de la CSG qui concerne tous les revenus, ou la création d'une 5ème branche - "dépendance" -de la Sécurité Sociale, s'ajoutant à celles de la maladie, de la famille, des accidents, et de la ...vieillesse. Cela vaudrait mieux que de demander - à nouveau aux seuls salariés - une ...2ème journée de solidarité, à Pâques ou à la Trinité... Par contre, on pourrait prévoir une contribution - éventuellement progressive - pour les dirigeants d'entreprises, au delà de revenus supérieurs à un niveau de 10.000 euros par mois ou de pensions de retraite de même importance, à fortiori s'ils ont des "parachutes dorés"...

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J
J'apporte donc "mon grain de sel" (à moins que ce ne soit un grain de ... poil à gratter).Dans mon administration, l'Anpe, la Direction a décidé de fermer les agences Anpe le Lundi de Pentecôte et d'imputer cette journée sur le quota de "RTT". A mon corps défendant, je n'ai donc pas pu travailler ce jour-là, alors que j'aurai souhaité le faire!Elle aurait tout aussi bien pu décider que ce jour là serait un jour travaillé comme les autres ... Ordre aurait été donné aux directeurs d'agences locales de maintenir ouvertes les agences et de faire en sorte que les personnels soient effectivement occupés. Rien de plus simple : il suffit de lancer, très opportunément un programme de convocation des demandeurs d'emploi. On a toujours du retard sur ce chapitre!Au niveau du gouvernement, il eut été tout aussi facile de décider que les écoles et tous les services des ministères devaient obligatoirement rester ouverts au public, comme un lundi ordinaire ... Il n'a pas eu ce courage!Plus généralement, il faut, pour l'avenir, en Juin 2008 notamment, prendre ces mesures afin que l'Etat DONNE L'EXEMPLE ... Moyennant quoi, il n'en est que plus fort pour imposer sa volonté ... la France, ce n'est pas l'anarchie!En 2009, il deviendra alors possible de supprimer le caractère férié du Jeudi de l'Ascension et de faire travailler une journée de plus tous les Français en prenant la précaution de faire payer toutes les entreprises, y compris les professions libérales. On le voit bien : c'est l'octroi de dérogations diverses qui provoquent la zizanie! Immanquablement, les gens concernés disent : "Pourquoi eux et pouquoi pas moi?". Il faut en finir de toutes ces exceptions, de toutes ces "niches" fiscales  et autres avantages en tous genres ... On est solidaire oui ou non? 
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A
Sur ce sujet, une discussion a été amorcée sur le blog de Jacques Heurtault, les intervenants ayant laissé un message considérant que le lundi de Pentecôte, non férié, pose un problème d'autant plus important que la fonction publique ne respecte pas la décision de gouvernement Raffarin. Certes, créer une seconde journée de ce type n'a aucun sens tant que le problème de ce lundi n'est pas réglé... je souscris totalement à votre analyse: le financement de la dépendance doit faire l'objet d'une réflexion plus poussée, la contribution de chaque Français, y compris les grands patrons, semblant tout à fait justifiée !!<br /> L'ambition d'un plan Alzheimer est, elle aussi, tout à fait justifiée: la France doit enfin consacrer d'importants moyens financiers à la recherche sur ces maladies, qui risquent de concerner de très nombreux Français. Le relatif désintérêt des jeunes, que vous signalez au début de l'article, me semble en revanche moins flagrant: les jeunes ont conscience qu'il leur faudra préparer leur retraite tout comme ils savent que ces plans les concernent directement, même si l'échéance semble loin pour eux !! <br /> En tout cas, si ce désintérêt est plus marqué que je ne le pense, il est du devoir des hommes politiques de l'enrayer, en faisant comprendre aux jeunes que ces dossiers les concernent directement. D'où l'importance du plan Alzheimer. D'où la nécessité de mettre en oeuvre un financement plus clair de la dépendance des personnes âgées, afin que chacun sache qu'il y contribue.
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