Réflexions sur l'actualité en tous genres.
Extraits d'un éditorial paru le 28 juin 2007 :
" Vais-je surprendre ? Pour moi, dans le marathon nocturne de Nicolas Sarkozy qui s'est terminé à Bruxelles par un accord sur l'Europe, mini-traité ou pas, il y a eu comme un parfum mendésien. Après une terrible parenthèse et un vide humiliant, la France est, contre toute attente et en dépit de tous les défaitismes, à nouveau présente en Europe. L'esprit du pari et du défi qui stimulait jusqu'à l'excitation les négociations sur la paix en Indochine à Genève en 1954, n'était pas absent samedi dernier à Bruxelles.
" Nous avions promis de tourner le dos au manichéisme et à l'esprit partisan. C'est le moment de le faire. Non pas seulement par disposition d'esprit mais parce que l'état de la gauche ne lui permet pas, donc nous interdit, de faire la fine bouche devant certains aspects positifs de la politique française... Il faut bien voir que les choses ont changé avec, au gouvernement, la presque parité entre hommes et femmes, l'ouverture à six ministres du centre ou de l'opposition et la forte présence de personnalités, au surplus féminines, issues de l'immigration. La tenue à Paris d'une conférence sur le Darfour, qui fait se déplacer Condolezza Rice, est loin d'être indifférente. Et je saluerai pour ma part la récente présence à l'Elysée d'un savant, Arnold Munnich, qui avait commencé à interpeller vigoureusement le gouvernementsur l'état alarmant de la recherche scientifique en France...
..." Mais, puisque j'ai osé avancer le nom de Mendès-France et que cela pourrait laisser croire à une étrange et soudaine illumination, je veux m'expliquer. J'ai noté depuis le début de la campagne électorale qu'il y avait une innovation mendèsienne dans la démarche des deux candidats. Nicolas Sarkozy comme Ségolène Royal se sont tous deux engagés à rendre régulièrement des comptes à la nation sur la fidèlité qu'ils manifesteraient à leurs promesses. L'une a parlé de "pacte présidentiel", l'autre d' "engagement personnel". Ces deux démarches relèvent de la même idée selon laquelle c'est la nation tout entière, et pas seulement la majorité parlementaire, qui doit être constamment en mesure de vérifier que le candidat, une fois élu, tient bien les promesses qui ont assuré son élection. Cela est d'autant plus important aujourd'hui que le chef de l'Etat dispose d'une majorité absolue..."
Ce texte a le mérite de souligner avec objectivité que la frontière entre ce qu'il est convenu d'appeler la "droite" et la "gauche" est devenue incertaine, et que le nouveau Président Nicolas Sarkozy est parvenu en ce début de mandat à "faire bouger les lignes"... Car il ne s'agit pas d'un texte émanant d'un de ses partisans, mais d'extraits de l'éditorial de ... Jean Daniel dans le Nouvel Observateur, qui n'a vraiment pas la réputation d'être une revue de "droite"... D'ailleurs la suite du texte le montre bien, car l'auteur pratique une sorte de compensation en se livrant à une charge en règle contre la dénomination de "Ministère de l'Identité Nationale et de l'immigration"..."amalgame qui a provoqué la pétition indignée de centaines d'universitaires français et étrangers" ... qui oublient en la circonstance que, dans ce domaine aussi, "les lignes ont bougé" puisque des électeurs égarés dans l'extême-droite sont réintégrés dans la "droite classique", parallèlement aux appuis que celle-ci peut trouver dans la "gauche classique"... Mais on ne peut pas demander d'aller "au-delà des lignes"...C'est déjà bien de les faire bouger !... Et Jean Daniel en convient certainement par le titre donné à son éditorial : " Un point marqué "...
NB : Sur le même sujet, voir lien Initiative Européenne - http://initiativeeuropeenneetsociale.over-blog.com/article-11152499.html