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Réflexions sur l'actualité en tous genres.

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Dieu et la politique

   Dieu a toujours été présent dans la politique... Sous quelque forme que ce soit (animisme, polythéisme, monothéisme), une "puissance supérieure" a de tous temps été invoquée par les hommes : dans l'Antiquité, Hammourabi consacre son Code à Mardouk, Ramsès II dédie ses temples à Amon, les Hébreux sont le peuple de Yaveh, les Grecs invoquent Zeus assimilé ensuite à Jupiter par les Romains, et au 16ème siècle les Grandes Découvertes font connaître le culte des Aztèques à Quetzalcoat... La France est elle-même un bon exemple des rapports - favorables ou hostiles - entretenus avec Dieu, puisqu'elle a connu successivement la "monarchie de droit divin"...et son abolition par la Révolution, puis "l'union du trône et de l'autel" avant que la lutte entre la laïcité et le cléricalisme aboutisse à la "séparation de l'Eglise et de l'Etat"...

   Néanmoins il ne faut pas confondre la "monarchie" avec la "politique" dans la notion de "droit divin", car cette notion a une histoire complexe , à en juger par le témoignage - même en partie légendaire - de la Bible... En effet, au début de leur histoire, les Hébreux ont eu des ancêtres ou des prophètes tutélaires (Abraham, Isaac, Jacob, Moïse, Isaïe...), mais n'avaient pas de "rois"... Et même, les textes les plus anciens les mettent en garde contre l'institution royale, car leur Dieu Yaveh est jaloux et un "monarque" peut leur faire oublier que leur seul roi légitime est Dieu, comme le souligne le prophète Samuel (1 S 8-18) : "Ce jour-là, vous crierez à cause de ce roi que vous vous serez choisi, mais ce jour-là le Seigneur ne vous répondra point"... A la faveur de l'affaiblissement des "grandes puissances de l'époque" (Egypte, Mésopotamie), la monarchie est cependant créée chez les Hébreux, comme elle l'est d'ailleurs dans d'autres peuples du couloir syro-palestinien (Aram, Moab, Ammon, Edom...) : c'est l'histoire de Saül, David et Salomon (début 1er millénaire av.JC) que Yaveh protège seulement s'ils respectent sa Loi, c'est-à-dire s'ils remplissent leur mission d'assurer un "ordre juste"...

   De fait, cette "royauté" ne dure pas, en raison de l'occupation successive des Assyriens, des Babyloniens, des Perses, des Grecs et des Romains, ...ce que traduisent les Hébreux désormais dénommés Juifs comme une punition de Dieu pour leurs péchés : de là découle leur espoir d'un "Roi-Messie" qui les sauvera en leur rendant leur "Terre Promise"... Arrive Jésus, qui ne se préoccupe ni de l'occupation romaine ( " Rendez à Dieu ce qui est à Dieu et à César ce qui est à César"...), ni de la restauration d'un royaume terrestre ( "Mon Royaume n'est pas de ce monde"...), et qui n'est donc pas reconnu comme le "Messie" par les Juifs qui le livrent aux Romains pour son exécution... Et ensuite les chrétiens sont persécutés dans le monde romain parce qu'ils ne reconnaissent pas le "culte impérial" où l'Empereur s'assimile à un dieu... jusqu'à ce que, finalement, le christianisme soit adopté par Constantin (Edit de Milan 313)...

   Commence alors une collaboration entre le "pouvoir temporel" des responsables politiques - Empereurs, rois ou princes... - et le "pouvoir spirituel" représenté par le Pape et les évêques... Ceux-ci apportent "l'onction" par le "sacre", à l'instar de Clovis par l'évêque Rémi à Reims ou de Charlemagne par le Pape Léon III à Rome... Mais cette collaboration est souvent conflictuelle, en raison de la volonté de domination soit du Pape (ex: Innocent III et le "césaropapisme"...) soit des empereurs ou des rois (Querelles avec le Saint-Empire Romain Germanique, gallicanisme en France, anglicanisme en Grande-Bretagne )... En France, Napoléon 1er mettra fin à un conflit prolongé par le Concordat (1801), encore en usage en Alsace-Moselle, avant que soit instaurée la Loi de Séparation de l'Eglise et de l'Etat (1905)...

   Evidemment, un siècle après, la tentation est grande de savoir où en est "Dieu" dans la "politique" actuelle, du moins en France... Bien entendu, la laïcité continue à être respectée puisqu'elle est garantie par la Constitution, ce qui signifie la tolérance envers toutes les religions sans n'en privilégier aucune... La même indépendance est d'ailleurs pratiquée aussi au niveau de l'Europe puisque le Traité Constitutionnel ...et le Mini-Traité écartent toute référence chrétienne, au grand mécontentement de la Papauté... Mais il n'en reste pas moins vrai que les responsables politiques sont encore imprégnés de principes religieux, ce qui réserve des surprises :

   - François Bayrou, qui reste un héritier de la "Démocratie chrétienne" s'inspire du Chapitre 16 du Lévitique quand il condamne la politique du "bouc émissaire" notamment à propos des enseignants : "vous vous souvenez ce qu'était aux temps bibliques le bouc émissaire. Quand le peuple allait mal, quand il se sentait oppressé par ses fautes, on allait chercher un bouc, on le chargeait de tous les péchés du monde... et on allait le perdre dans le désert"... Et il se souvient de Jésus quand il prône l'amour du prochain :"Ce peuple, il faut non pas le suivre, mais le comprendre, le respecter, il faut l'aimer"...

   - Nicolas Sarkozy, quand il écrit : "De Gaulle n'a pas dit à la jeunesse allemande : vous êtes coupables des crimes de vos pères" se souvient manifestement d'Ezéchiel (18-20) qui avait affirmé :"Un fils ne portera pas la faute de son père, ni un père la faute de son fils: au juste sera imputée sa justice, et au méchant sa méchanceté"...

   - Mais c'est surtout ... Ségolène Royal qui multiplie les références religieuses :

      * " N'ayons pas peur" : injonction fréquente dans la Bible, reprise souvent par le Pape Jean-Paul II...

      * "Aidez-moi à tracer ce chemin" : voir Isaïe (57-14) - "Frayez un chemin, ôtez l'obstacle du chemin de mon peuple"...

      * " Nous allons gravir la montagne jusqu'à la victoire" - voir l'Exode, où Moïse monte au Sinaï pour rencontrer Dieu...

      * " Il y aura des chutes, mais nous nous relèverons" - On pense au Chemin de Croix, où Jésus tombe trois fois...

      * Et comment ne pas constater que sa proclamation - affichée - de "l'ordre juste" était le décalque de la mission des rois d'Israël, rappelée par le prophète Samuel (2 -8-15) "David règna sur tout Israël, faisant droit et justice à tout son peuple"...

   Ainsi on ne se sépare pas si facilement de "Dieu" dans la "politique"... A "droite", on peut le comprendre, car ce côté a toujours été considéré comme le côté favorable ("Etre assis à la droite de Dieu"...)., mais à "gauche", qui a été dans l'histoire religieuse le côté méprisable , voire satanique (celui de "l'Enfer"...), c'est vraiment un comble...

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J
Tout simplement bravo pour ce texte magnifique!  Merci d'éclairer ainsi vos lecteurs ... Mais je n'irai pas jusqu'à faire brûler un cierge car je sais bien que vous ne l'accepteriez pas!
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