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Réflexions sur l'actualité en tous genres.

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Religion et Sexualité

   L'association des deux mots dans le titre même de cet article peut surprendre, car ils évoquent des réalités traditionnellement considérées comme antinomiques... Mais c'est justement là que se trouve le problème, dans la mesure où il s'en faut de beaucoup que la sexualité et la religion aient toujours été opposées...

   En effet, dès les temps préhistoriques, les hommes ont laissé des traces - et notamment des gravures rupestres - attestant sans la moindre ambiguïté que la sexualité avait une place naturelle dans les préoccupations sociales et qu'elle était associée aux cultes primitifs... Et il en est de même dans les premières "civilisations" (Mésopotamie, Egypte, Grèce, Rome...) où les écrits comme les arts ne traduisent pas la moindre gêne vis-à-vis du sexe... D'où vient donc cette "diabolisation" de la sexualité dans la religion ?...

   La réponse semble évidente : il s'agit d'un effet de la "civilisation judéo-chrétienne", où le judaïsme et le christianisme se sont relayés pour marginaliser cet "élément de la nature humaine"... Mais, en fait, ce n'est pas le cas, car la Bible et les traditions qui y sont rattachées montrent ...le contraire :

   - Les organes génitaux sont considérés comme ...fondamentaux dans les textes les plus anciens. Qu'on se le dise !

     Deutéronome 23-1 : "L'homme aux testicules écrasés ou à la verge coupée ne sera pas admis à l'Assemblée de l'Eternel"...

   - Le Dieu des Juifs fait de la circoncision (c'est-à-dire de l'ablation du prépuce) la base de son alliance :

     Genèse 17-9/14 : "A l'âge de huit jours, tout mâle parmi vous sera circoncis, et ce sera un signe d'alliance entre moi et vous... Un mâle incirconcis sera exterminé du milieu de son peuple : il aura violé mon alliance"...

   - Les hommes ont l'obligation de procréer, et la non-procréation est une faute :

     Genèse 1-28 : "Homme et femme, Dieu les créa, les bénit et dit : croissez et multipliez ! "...

   - L'amour sexuel n'est pas considéré comme un péché dans le judaïsme, et même il est glorifié :

     Cantique des Cantiques 1-1/5 et 4-1/13 : "Qu'il me baise des baisers de sa bouche, car ton amour vaut mieux que le vin"... "Tes deux seins sont comme des faons... Qu'ils paissent au milieu des lis" ... "Tes jets forment un jardin, où sont des grenadiers"

   - Les ...poils ont une importance particulière, comme marque de virilité et de fait les prophètes et à leur suite les rabbins portent la barbe ... Il en est de même pour Jésus et les Apôtres... Et plus tard, les musulmans, héritiers des juifs, préciseront qu'elle ne doit pas dépasser la largeur d'une main à partir du menton, et que la taille fait partie des 5 ablations traditionnelles avec les ongles, les poils du pubis et des aisselles et la circoncision...

   Et on pourrait citer encore d'autres textes... Alors ?

   Alors, il faut d'abord convenir que la Bible, sans proscrire le sexualité, en condamnait les excès et les déviances :

     Deutéronome 22-23/24 : "Si une jeune fille vierge est fiancée, et qu'un homme la rencontre dans la ville et couche avec elle, vous les amènerez tous deux à la porte de la ville et vous les lapiderez, et ils mourront, la jeune fille pour n'avoir pas crié dans la ville (!!), l'homme pour avoir déshonoré la femme de son prochain"...

     Par ailleurs, Dieu fait mourir Onan et réprime les viols (Samuel 1-3 et Genèse 34-2)... La "morale" n'est donc pas absente de l'Ancien Testament, et elle le sera de moins en moins avec les chrétiens dans le Nouveau Testament : dans les Evangiles, Jésus prône l'amour du prochain et ne formule aucun interdit, le texte montrant d'ailleurs qu'il est entouré de femmes jusqu'à sa mort... Mais avec Saint Paul et les Pères de l'Eglise - Jérôme, Augustin, Ambroise, Athanase - la notion de péché est de plus en plus liée aux pratiques du sexe... Le mariage lui-même est méprisé :

   Saint Paul : "Le célibat est un état plus chrétien puisqu'il n'impose aucune obligation terrestre susceptible d'entraver le dévouement au Seigneur"...

   Et la place de la femme, importante dans les 1ères communautés chrétiennes, recule au point de faire d'elle "la mère de tous les vices" :

   Tertullien (155-225) affirme qu'elle a perdu le genre humain : "Tu es la porte de l'enfer ! C'est à cause de toi que le Fils de Dieu a dû mourir"... Car le corps féminin représente un obstacle permanent au salut ..."la chair humaine qui naît de la concupiscence est une chair de péché... L'union des sexes transmet le péché originel à l'enfant"... Fermez le ban !!!

   Ce n'est donc pas un hasard si le célibat des prêtres est instauré par l'Eglise catholique vers l'an 1000 (la peur de la fin du monde jouant aussi un rôle...), alors qu'il n'est pas prévu dans les Evangiles et ne sera d'ailleurs jamais demandé dans l'Eglise orthodoxe... Ce n'est pas davantage un hasard si le mariage ne devient un "sacrement" qu'à partir du 13ème siècle, il est vrai "aux seules fins de la procréation"... Et de toutes façons il n'est jamais question de "plaisir", et tous les comportements sexuels "illégitimes" et "contre-nature" sont sévèrement condamnés, avec ...toute une échelle de sanctions (prière, pénitence, jeûne...)... Même le "coïtus interruptus" (sic) est réprimé !...

   Certaine "esprits forts" de notre époque, se voulant affranchis de l'influence religieuse, pensent qu'après tout "cela n'est plus qu'une affaire de curés" et en profitent pour mettre le "Christianisme en accusation"... Mais ils se trompent, car la morale "rigoriste" avait depuis longtemps dépassé le cadre de la religion chrétienne, et imprégnait profondément toute la société... René Rémond, dans un livre consacré à ce sujet, rappelle que "l'Eglise avait hérité de tout un passé rigoriste et janséniste qui perdura jusqu'à l'après-guerre et le Concile Vatican II... Mais elle n'était pas la seule ! Longtemps la morale laïque, celle des instituteurs de la 3ème République comme des savants, ne présentait guère de différences avec la morale catholique et n'était guère moins rigoureuse... Ainsi les divorces étaient peu nombreux et pesait sur eux une sorte d'opprobre qui n'était pas liée aux seules considérations d'ordre religieux. Quant à l'homosexualité, il n'en était tout simplement pas question. Aussi la dureté du langage de l'Eglise ne choquait pas"... On peut d'ailleurs ajouter que la place inférieure de la femme, héritée de l'Eglise, n'est toujours pas conjurée, et que "l'égalité des sexes" n'est toujours pas réalisée, notamment en France - la patrie des droits de ..."l'homme" - où il a fallu attendre 1945 pour reconnaître des droits civiques à la femme...

   Et il faut attendre effectivement le Concile Vatican II en 1963 et les événements de Mai 1968 qui s'engouffrent dans la brèche pour que cette "morale" rigoriste et machiste soit ébranlée : "Il est interdit d'interdire..." On connaît la suite !... Mais on peut penser aussi, à la lumière d'une histoire millénaire, que les "libérateurs" (?!) n'ont rien inventé, et qu'ils ont encore du travail, à commencer par ...l'Eglise !...

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J
Voilà un article particulièrement décapant ... Je m'autorise d'office à en faire la publicité sur mon propre blog.Il ya matière à pas mal de remise en questions et pas seulement pour l'Eglise!
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