Réflexions sur l'actualité en tous genres.
Tout être vivant sur la Terre a un début - la naissance - et une fin - la mort ...La mortalité est donc une échéance inéluctable dans la vie de l'homme ...Mais l'homme fait exception parmi les êtres vivants, en ayant conscience de sa vie, sans appréhender pour autant la place de celle-ci dans la continuité du monde, c'est-à-dire dans l'espace et le temps ...et cela le conduit à s'interroger sur la mort, dont personne n'est jamais revenu ...Il est donc naturel qu'en fonction de ses convictions - personnelles ou collectives, philosophiques ou religieuses - l'homme ait pu "imaginer" des réponses diverses : pour les uns, c'est l'anéantissement, la "fin de tout", ...pour d'autres, ce n'est qu'un passage vers un "au-delà", la mortalité n'étant alors que la porte de l'immortalité...
Mais l'immortalité elle-même donne lieu à toutes sortes d'interprétations :
- La plus logique - mais y-a-t-il une logique ? - est de considérer que l'immortalité qui a un début mais pas de fin, à la différence de l'éternité qui n'a ni début, ni fin, reste de toutes façons comme elle un mystère ...C'est pourquoi l'homme qui veut comprendre a depuis longtemps - mais pas depuis toujours - voulu limiter l'immortalité à un "très long temps" : il donne par exemple le nom "d'immortelles" à des fleurs très "vivaces" qui se dessèchent sans disparaître ...ou plus curieusement - en France, "toujours" originale - celui "d'immortels" à des vieillards chenus trônant dans l'Académie...
- Plus complexe est le contenu donné à l'immortalité, car celui-ci a varié au cours des temps, notamment quand est apparue la différenciation entre le "corps" et "l'âme", qui n'a pas toujours existé ...Suivant cette différenciation, il y a le "corps" qui, manifestement, se détruit après la mort ..."Tu es poussière ...et tu retourneras à la poussière" ...Mais il y aurait aussi "l'âme", qui survivrait au "corps" et serait ..."immortelle" ..."l'âme monte au Ciel" ...D'où la question : qu'est-ce que l'âme ?...Ce n'est pas "l'esprit", lequel se développe avec les neurones du cerveau, en conjugaison avec les cinq sens ...Et ce n'est pas une "immanence", même si le poète Lamartine s'interroge à ce propos : "Objets inanimés, avez-vous donc une âme" ?... Car l'âme est conçue comme individuelle ...on a "l'âme en peine" ...on "aime de toute son âme", c'est-à-dire de tout son coeur, mais ce n'est qu'une image, cette âme fugace n'étant évidemment pas dans le coeur ...De toute façons, les hommes n'ont jamais été d'accord sur le sort respectif de corps et de l'âme : certains ne croient qu'à l'immortalité de l'âme, comme les juifs de l'Ancien Testament, alors que les chrétiens du Nouveau Testament croient à la Résurrection totale, leur "credo" évoquant clairement (?) la "Résurrection de la chair" ...Il s'agit d'ailleurs d'une croyance très ancienne puisque, ne faisant pas alors de distinction entre le corps et l'âme, les Egyptiens de l'Antiquité et avant eux les hommes préhistoriques enterraient leurs morts avec de la nourriture et des objets familiers pour leur vie au delà ...de la mort. Tant il est vrai que les hommes ont toujours eu soif d'immortalité...
Mais l'immortalité n'est pas seulement une question de "croyance", car les hommes ont développé leur "science", et celle-ci pose aussi des problèmes ...D'abord, il apparaît que certains êtres vivants unicellulaires ont une durée d'existence incommensurable ...Il y a aussi des méduses pluricellulaires ayant un cycle de vie réversible ...Certains arbres ont une espérance de vie de plusieurs millénaires et ne cèdent que devant l'hostilité ou la modification de l'environnement ...Certains reptiles peuvent vivre peuvent vivre au moins 200 ans ...Quant à l'homme, si on laisse de côté la légende des 969 ans de Mathusalem, on a l'exemple réel des 122 ans de Jeanne Calment, prouvant la possibilité de la longévité humaine sans intervention particulière ...Mais ...justement, on vient d'apprendre que des savants avaient réussi à re-programmer "in vitro" des cellules âgées pour en faire des "cellules-souches pluri-potentes" (sic), ce qui signifie que l'homme pourrait vivre, si la science dépasse le stade du laboratoire, beaucoup plus longtemps ...en ne connaissant plus ..."des ans, l'irréparable outrage", avec l'espoir -qui sait ? - de vivre une immortelle jeunesse ...A priori, chaque "individu" ne pourrait alors que s'en réjouir, à moins que ses conditions de vie ne l'amène à provoquer librement sa propre mort ...Mais, sur le plan "collectif", comment la planète pourrait-elle alors supporter l'accumulation d'individus, dont la durée de vie s'allongerait "ad vitam aeternam ?...Déjà la durée moyenne de la vie en France est passée de 48 ans en 1900 à 79 ans en 2000 (plus pour les femmes, moins pour les hommes), et on se pose des questions sur les "vieux", qu'il s'agisse entre autres de leur accueil et du paiement de leur retraite ...mais cela n'est rien, si on considère le problème de l'évolution de la population mondiale, qui augmente déjà de façon exponentielle, c'est-à-dire de plus en plus rapidement, passant de 1 milliard en 1800, à 2 milliards en 1930, 3 milliards en 1960, 5 milliards en 1975, 6 milliards en 1999, et 7 milliards en 2011, avec une prévision de 8 milliards en 2027, de 9 milliards en 2050 ...et 15 milliards en 2100 !... Non seulement se posera le problème de l'alimentation et de l'énergie (sauf ressources nucléaires...), mais il y aura celui de l'occupation du sol ...Et si les "vieux" gardent leurs facultés ou ...s'il n'y a plus que des "jeunes", comment se répartira le travail ?... Faudra-t-il inventer une alternance du travail et des loisirs ?... Cela fait penser aux ...Champs-Elysées de Paris, où, à l'instar de ceux de la mythologie grecque, les consommateurs goûtent le repos sur les terrasses en regardant passer les travailleurs qui, un plus tard,pourraient échanger leur rôle avec eux ...
Alors que faire ?... Faudra-t-il limiter les naissances, à l'exemple actuel de la Chine ?...Et sera-t-il seulement possible de l'imposer sans en venir à un régime de contrainte totalitaire qui pourrait réserver la "reproduction " à une catégorie d'individus sélectionnés pour "l'amélioration de la race humaine" ?...Sous peine de s'étouffer sous son propre poids démographique, l'homme peut-il prendre la responsabilité de ralentir, voire d'interrompre la continuité de la vie ?... Où devra-t-il, grâce au progrès de sa technique, aller s'installer sur d'autres planètes (on n'arrête pas actuellement d'en découvrir...), et s'il ne peut pas y aller à la vitesse de la lumière (300.000 km/seconde tout de même...) créer d'immenses satellites artificiels ?