Réflexions sur l'actualité en tous genres.
Cette fois, il ne peut plus être question de laisser aux socialistes le temps de "prendre leurs marques" ...Au terme de 5 mois d'un pouvoir prédominant, ils ont usé l'argument trop facile de l'héritage lamentable du "sarkozysme" et l'opinion est en droit de les juger sur leurs actes...
Or, pour juger ces actes, l'opinion a besoin d'y voir clair dans leur politique, afin de pouvoir définir son attitude - positive ou négative - en connaissance de cause ...Et cela lui est actuellement encore impossible, car elle ne trouve que le "sable mouvant" de l'incohérence la plus grande...
Le dernier avatar de cette incohérence - en attendant la suite - est cette histoire de "dépénalisation du canabis" ...Sur le fond, le souci de réflexion sur le danger de l'utilisation de cette plante est légitime, dans le cadre de la lutte contre toute drogue partagée dans l'ensemble du monde où des filières sont régulièrement démantelées ...Encore faut-il que cette action soit coordonnée et continue, ce qui n'est manifestement pas le cas dans le gouvernement français...
Le 1er Ministre Jean-Marc Ayrault avait eu le mérite, lors de son intronisation, d'écarter cette"dépénalisation du cannabis", mais il apparaît qu'il ne parvient pas à maintenir la solidarité gouvernementale sur ce sujet ...Les socialistes connaissent pourtant la nécessité d'une telle solidarité, pour laquelle il suffit de rappeler la formule de Jean-Pierre Chevènement au temps de la Présidence de François Mitterrand : "un Ministre, ça ferme sa gueule, ou ça démissionne !" ...Or les Ministres du gouvernement actuel ne cessent de se contredire...
C'est d'abord Vincent Peillon - le Ministre n° 2 dans l'ordre protocolaire - qui s'est exprimé, non pas comme Ministre de la Santé - dont on aurait pu comprendre à la rigueur une "clause de conscience" - mais comme Ministre de l'Education, c'est-à-dire le responsable d'un poste où il faudrait réfléchir avant de formuler la tolérance d'une drogue dont l'effet peut être ravageur dans la jeunesse, une drogue dite "douce" pouvant en entraîner d'autres plus dangereuses ...Certes, vertement rappelé à l'ordre par le 1er Ministre, il s'est rétracté, c'est-à-dire contredit lui-même, ...mais sans démissionner, mettant ainsi en doute non seulement sa propre crédibilité mais celle du gouvernement...
Et ce n'est malheureusement pas le seul "couac" dans ce gouvernement qui ne parvient décidément pas à afficher des positions communes sur de nombreux sujets : c'est le cas pour la "filière nucléaire" où le Ministre du "Redressement industriel" Arnaud Montebourg est contredit par "l'écologiste" Cécile Duflot, Ministre ...du Logement ...C'est le cas encore de la Ministre de la Justice Christine Taubira dont la volonté de vider les prisons s'oppose à celle du Ministre de l'Inrérieur Manuel Valls soucieux d'assurer la sécurité en raison de la montée récurrente de la criminalité, en particulier à Marseille et en Corse ...De même, l'objectif de réduire le déficit à 3 % en 2013 divise cette fois le gouvernement au plus haut niveau, puisque le 1er Ministre juge impossible, pour des raisons budgétaires, d'alléger les charges des entreprises, alors que le Président de la République proclame que la nécessaire compétitivité oblige à baisser le coût du travail...
Evidemment, l'opposition - qu'il s'agisse de l'UMP ou, dans une certaine mesure les "centristes" - a beau jeu d'ironiser ...et de demander, à l'occasion d'une séance publique de l'Assemblée, "s'il y a encore un pilote dans l'avion"...Et la réponse du 1er Ministre est un peu courte, quand il affirme dans sa réponse "qu'il n'est pas le 1er Ministre par hasard" ...propos ambigu, dont on sait pas trop s'il signifie une mise au pas de sa majorité ou un refus de débat avec l'opposition, dans le genre inspiré par la morale de la fable de La Fontaine du Loup et l'Agneau : "la raison du plus fort est toujours la meilleure" ...Les Français sont-ils donc des moutons ?...