Réflexions sur l'actualité en tous genres.
L'histoire de la France est malheureusement jalonnée, comme celle du reste du monde, par des crimes et des massacres : entre autres, la "Saint-Barthélémy" du 25 août 1572, les "Dragonnades" sous le règne de Louis XIV entre 1685 et 1715, la "Terreur" révolutionnaire entre 1792 et 1795, l'exécution des Communards au "Mur des fédérés" en 1871 ...Mais le comble de la honte a été atteint le 16 juillet 1942 quand 13.152 juifs étrangers - dont 3118 hommes, 5919 femmes et 4115 enfants - ont été dénoncés auprès des nazis allemands par des Français, enfermés dans des conditions infâmes dans l'ancien Vélodrome d'Hiver (le Vel' d'Hiv) et envoyés en déportation, dont une centaine seulement survécut...
Hélas, comma l'a souligné Jacques Chirac, alors Président RPR de la République, le 16 juillet 1995, "la folie criminelle de l'occupant a effectivement été secondée en France par des Français", et il a alors ajouté : "la France, patrie des Lumières et des droits de l'homme, terre d'accueil et d'asile, la France, ce jour-là, accomplissait l'irréparable. Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux"...Par cette déclaration, il rompait d'ailleurs avec l'attitude de son prédécesseur socialiste François Mitterrand qui, à l'occasion du 50ème anniversaire de la "rafle du Vel' d'Hiv", avait établi une distinction : "Ne demandez pas des comptes à la République ...Elle a fait ce qu'elle devait ...L'Etat français, ce n'était pas la République" ...
Ce désaccord des deux Présidents posait en fait le problème de ces célébrations "mémorielles", où le rappel légitime des faits "historiques" est accompagné de jugements "moraux" nécessairement déphasés par rapport au contexte des évènements, la condamnation de l'esclavage par la Ministre socialiste Christiane Taubira étant un autre exemple de ce genre d'anachronisme ...
C'est pourquoi la phrase lapidaire du Président socialiste François Hollande dans son discours inaugural de l'Exposition sur la "Rafle du Vel' d'Hiv" le 16 juillet 2012 pour le 70ème anniversaire, est difficile à accepter, car il a affirmé, sans ambages : "Ce crime fut commis en France, par la France" ...De quel droit, et par quel abus "moral", peut-on attribuer ainsi un crime à toute une Nation, et non plus seulement à certains Français ou à un "Etat" qui prétendait parler au nom de la France ?... Car il y avait alors des Français qui résistaient à la barbarie et sauvaient l'honneur de la France comme Jean Moulin, Honoré d'Estienne d'Orves, beaucoup d'autres connus ou inconnus ...et bien entendu Charles De Gaulle ...Et il y avait aussi de nombreux Français qui, à leurs risques et périls, ont permis à au moins trois-quarts des juifs Français d'échapper à la déportation en les hébergant sous des noms d'emprunt ou en facilitant leur passage vers l'Angleterre ou l'Afrique, ce que les intéressés ont reconnu plus tard en les qualifiant de "justes" ...La police elle-même, qui avait une obligation d'obéissance à un "Etat" détenant la réalité du pouvoir sur le territoire métropolitain, avait marqué alors ses réticences, au moins au niveau de la "base" ...Les documents retrouvés après la Guerre dans les commissariats révèlent que l'opération avait été ralentie "parce que beaucoup d'hommes juifs avaient quitté leur domicile la veille" , ...comme le prouve d'ailleurs le nombre largement supérieur de femmes et d'enfants déportés, dont la police n'imaginait pas qu'ils puissent être inquiétés...
Alors, après les écarts de langage de Christiane Taubira et ceux de Arnaud Montebourg, le Président François Hollande serait bien avisé aussi de mieux contrôler ses propos, s'il ne veut pas que sa popularité continue à baisser, notamment auprès des personnes âgées ayant gardé le souvenir de l'occupation allemande entre 1940 et 1945...