Une 1ère remarque en forme de clin d'oeil : à en juger par les débats de la soirée électorale, il y a un accord général des représentants des divers partis ...Personne n'a gagné ...et personne n'a perdu ...C'est à se demander si les électeurs ayant voté ont eu raison de se déplacer !...
Une 2ème remarque : ...justement, une majorité des électeurs ne s'est pas déplacée, puisque l'abstention a atteint le taux record de 53 % ...Bien entendu des commentateurs ont affirmé que les Français ont ainsi manifesté leur mécontentement, voire leur dégoût de la vie politique ne prenant pas suffisamment en compte leurs préoccupations actuellement aggravée par les conséquences de la crise économique ...Mais l'argument est sujet à caution, car il n'a pas joué pour les élections présidentielles et législatives de 2007 alors que cette crise s'était déjà développée ...En fait l'abstentionnisme est surtout lié à la nature du scrutin : il a toujours été plus important pour les élections régionales comme pour les élections européennes depuis leur mise en place , dans la mesure où ces élections ont lieu sous la forme d'un scrutin de liste avec représentation proportionnelle, ce qui signifie ...d'une part que les candidats sont "loin" des électeurs, et même souvent inconnus d'eux, ...et d'autre part que les têtes de liste des principaux partis sont "sûres d'être élues ", quel que soit le pourcentage des votants ...Système assurément peu mobilisateur, à la différence des élections législatives où, à la faveur d'un scrutin uninominal majoritaire à 2 tours dans des circonscriptions "locales", les candidats sont connus par les électeurs, alors que ceux-ci, suivant un récent sondage, ne connaissent souvent même pas le nom du Président de leur Région...
Une 3ème remarque : il y a eu incontestablement un mouvement du balancier électoral en faveur de la "Gauche", qui dépasse légèrement les 50 % des votants, si du moins on ajoute aux 30 % du PS les écologistes et l'extrême gauche, ce qui est contestable ...En contrepartie l'UMP est en baisse sensible avec 28 % environ - soit 8 % de moins qu'en 2004 - en raison essentiellement de la remontée du FN ...Mais, si on ajoute à l'UMP le MODEM ...et le FN, ce qui est également contestable ...mais symétrique de l'addition PS-extrême-gauche, la "Droite" n'est pas loin de 48 % ...Marée basse pour la "Droite" ...et marée haute, ...sans être un raz-de-marée, pour la "Gauche" ...Et ce mouvement de balancier n'est pas un fait nouveau, ...il est même habituel dans les élections "intermédiaires" entre les élections législatives au dépens des majorités en place : cela avait été le cas pour les élections régionales de 1986 perdues par le PS qui avait été victorieux aux élections législatives de 1981...
Une dernière remarque ...qui rejoint la 1ère : ni la "Gauche" ...ni la "Droite" ne sont assurées de gagner ...ou de perdre ... au terme du second tour ...La "dynamique du succès" peut jouer pour la "Gauche" si elle n'a pas épuisé au premier tour l'atout d'un vote "contestataire" de la politique "nationale" de l'actuelle majorité ...et de son chef, le Président Sarkozy ...Mais la "Droite" peut se redresser si elle arrive à mobiliser les abstentionnistes qui l'ont boudée au premier tour en raison d'une "ouverture" mal comprise vers la "Gauche" ...et qui peuvent s'alarmer des risques encourus en cas de victoire de celle-ci aux élections régionales, notamment l'augmentation des impôts locaux ...Il y a déjà eu dans le passé des élections où les vainqueurs du premier tour étaient finalement vaincus au terme du second tour ...Dans un pays comme la France, pratiquant le "fifty-fifty" électoral, ...tout est possible !...