Réflexions sur l'actualité en tous genres.
L'agitation des banlieues à l'automne 2005 pose à nouveau, dans le domaine de l'information, le problème de savoir si, suivant le dicton populaire, "toute vérité est bonne à dire"...
- Sur le plan du principe, il ne semble pas y avoir de discussion possible : la "vérité" est, sur le plan de la "morale" - entendue au sens des règles de la vie en société - un droit imprescriptible, et les médias ne manquent pas de le rappeler pour justifier leurs textes et leurs images, criant à la "censure" dans le cas contraire...
- Mais sur le plan de la pratique, on peut néanmoins concevoir des réserves : il peut en effet y avoir quelque chose de malsain à montrer n'importe quoi sans précaution, qu'il s'agisse d'une insistance complaisante sur le chagrin des gens ou, pire encore, de mettre en valeur des images d'incendies ou des déclarations de voyous, qui ne font qu'entraîner une surenchère... et apparaissent alors comme un manquement grave à un devoir élémentaire...
Existe-t-il donc un moyen, pour l'information, de concilier le droit et le devoir ? Dans un tel domaine, il paraît difficile de "légiférer" car toute limite - même prise au nom du bien public par une Assemblée démocratiquement élue - serait ressentie comme une atteinte à la liberté de la presse... Par contre, il est tout à fait admissible que les "professionnels de l'information" élaborent d'eux-mêmes un Code sous l'égide d'un "Ordre des journalistes", à l'instar de la déontologie des médecins... Un tel code leur permettrait d'ailleurs d'éviter les débordements et excès divers, voire les publications scandaleuses, qui déshonorent parfois la profession. Et il serait d'autant plus facile à accepter que des règles de conduite sont déjà appliquées par une majorité de journalistes sérieux...