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Réflexions sur l'actualité en tous genres.

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Les débuts du christianisme

   Le temps n'est plus où la Bible était ...mise à l'Index par l'Eglise catholique soucieuse de contrôler le respect de ses dogmes... Depuis le Concile Vatican II (1962-1965), un vent de liberté a soufflé, et les exégètes sont remontés aux sources afin de retrouver les origines mêmes de la foi ..."chrétienne"...Et, dans cette recherche, une grande place est accordée actuellement aux débuts du christianisme, autrement dit à ce qu'ont été réellement les "premiers chrétiens" (*)...

   Pour évoquer ces premiers chrétiens, il faut évidemment se dégager du contexte actuel du christianisme, qui est devenu avec "l'Eglise" une religion autonome et élaborée, avec ses institutions et sa liturgie, ...mais aussi avec ses divisions ayant donné lieu à des cultes variés : orthodoxie, protestantisme, évangélisme... Tel n'était pas le "christianisme primitif" qui, au cours des deux premiers siècles - avant que l'Eglise ne se mette vraiment en place - restait encore très "parcellaire", avec des Communautés séparées et autonomes, même si elles avaient le fondement commun de l'enseignement de Jésus-Christ...

   D'abord, est-il besoin de rappeler que la fixation du calendrier actuel, à partir de la naissance supposée de Jésus-Christ, ne signifie en aucune façon que celle-ci marque le début du christianisme... Lors de cette naissance, Jésus n'était que "le fils premier-né" d'un modeste couple juif du village de Nazareth, totalement ignoré en Palestine et à fortiori dans l'Empire romain... Le calendrier en usage étant alors le calendrier "julien" (du nom de son réformateur Jules César), les exégètes ont calculé que Jésus serait né en 754 de ce calendrier - c'est-à-dire le temps passé depuis la fondation supposée de Rome - Et ce calendrier resta en usage jusqu'à son année 1286 qui devint 532 après Jésus-Christ, date à laquelle l'Eglise décida de compter les années à partir de la naissance de celui-ci... Mais il y eut ensuite des ajustements, ayant pour effet que Jésus-Christ serait finalement né en 4 après ...lui-même, sans que cela soit un miracle !...

   Quoi qu'il en soit, il peut alors être concevable de fixer le début du christianisme à partir de sa prédication, c'est-à-dire à partir de l'année 30 ...et pas avant, car on ne sait pas grand-chose de son enfance et de sa jeunesse (présentation au Temple, fuite en Egypte, séjour à Nazareth où il restera connu comme "le fils du charpentier")... Mais une telle "fixation" n'a pas de raison d'être, car ce serait oublier que Jésus est né juif, et qu'il n'a jamais renié son origine juive, s'étant au contraire appliqué à respecter la "Loi" - y compris dans ses rites - tout en voulant la rénover suivant le principe affirmé auprès de ses apôtres : "Le Sabbat est fait pour l'homme, et non l'homme pour le Sabbat"... A aucun moment, il n'a donc voulu fonder une nouvelle "religion"... D'ailleurs, à son époque, il n'a pas été le seul à vouloir réformer le judaïsme, qui n'avait pas alors la forme actuelle monolithique et intangible mais était traversé de nombreux courants à la fois "messianiques" et "nationalistes", notamment par réaction contre l'occupation romaine et la "collaboration" des prêtres sadducéens : pharisiens, zélotes, baptistes, esséniens et...à part, aux confins du désert, les ermites de Qumran, adeptes d'un judaïsme épuré, reconnaissant un "maître de justice" parfois assimilé par des historiens à un autre "Messie"...

   A défaut de choisir la prédication de Jésus, il serait également possible de considérer que le christianisme a commencé en 33, c'est-à-dire après la mort et la résurrection supposée de Jésus-Christ... Mais, à en juger par les Evangiles, son message est contradictoire : dans celui de Matthieu (15/24) il déclare :"N'allez pas vers les autres nations...Ce n'est que vers les brebis égarées d'Israël que j'ai été envoyé"...Or, dans celui de Marc (16/15), il proclame : "Allez...et annoncez la Parole à toutes les nations"... De toutes façons, il est certain qu'après une période de désarroi et d'attente - car Jésus avait parlé de l'arrivée du Royaume de Dieu et son propre retour (la Parousie...) est attendu - les apôtres et autres disciples se dispersent, non seulement en Palestine, mais dans le monde romain , voire au-delà (Thomas dans l'Inde ?) ... Mais ils n'annoncent pas pour autant une nouvelle religion, car ils se répandent d'abord dans les villes où ...les juifs se sont regroupés, à l'occasion de leur "diaspora" : Antioche, Alexandrie, Ephèse, Corinthe,... et bien sûr Rome, où d'ailleurs d'autres courants co-existent...

   Mais cette co-existence entre les premiers fidèles de Jésus, dits "nazaréens", et les juifs, surtout orthodoxes, ne dure pas, ...d'autant moins que se développe rapidement un courant spirituel très hostile aux prêtres sadducéens - les "hellénistes" : non seulement ceux-ci, généralement lettrés,  s'ouvrent aux non-juifs - "Goïs" ou "Gentils" - en raison de l'influence de la pensée grecque, mais ils participent à l'émergence de la notion de "divinité" de Jésus, - ce qui est un impensable blasphème pour les juifs orthodoxes considèrant que Dieu, étant immanent, ne peut même pas être nommé (Yaveh signifiant seulement "celui qui est") et qu'un homme, fut-il un "Messie", ne peut pas prétendre à être Dieu... Le chef des Hellénistes, Etienne, est donc exécuté (36) ...et peu après Jacques le Majeur, frére du futur évangéliste, est décapité (40), tandis que Pierre, premier responsable de la Communauté de Jérusalem, s'enfuit... Beaucoup de sympathisants se retrouvent alors à Antioche - dans la Syrie au nord de la Palestine - où apparaît la dénomination de "chrétiens" (Actes des Apôtres 11/20)... C'est alors qu'arrive Paul, à la fois juif et citoyen romain, ancien persécuteur, qui se convertit après sa vision supposée sur "le Chemin de Damas"... Avec la fougue d'un converti, il se fait le propagateur inspiré et actif du "christianisme naissant",  notamment auprès des païens, à la faveur de nombreux voyages et séjours, donnant lieu à des interventions multiples et à des lettres (Epîtres aux Corinthiens, aux Ephésiens, aux Galates, aux Thessaloniciens...) qui sont d'ailleurs chronologiquement les 1ers textes du futur Nouveau Testament... Deux courants chrétiens se dessinent donc : l'un restant "juif", malgré l'opposition des juifs orthodoxes, et dit "judéo-chrétien", d'abord regroupé autour de Jacques le Mineur, le "frère de Jésus", successeur de Pierre à la tête de la Communauté de Jérusalem... et l'autre, formé de païens convertis ou "pagano-chrétiens", étant "baptisés" mais ne pratiquant pas les rites juifs (circoncision, sabbat...), et devenant rapidement les plus nombreux... Dès lors, on peut parler d'un "christianisme" séparé du judaïsme, , car la "nouvelle foi", tout en reprenant à son compte les textes de l'Ancien Testament des juifs, ne respecte plus la "Loi"...

    La rupture est consommée quand les juifs, poussés par les courants extrêmistes (Zélotes), se dressent contre les Romains : la 1ère révolte aboutit à la destruction du Temple de Jérusalem par Titus (70), ce qui est une catastrophe pour les juifs, dont le Temple est le centre du culte, avec des pélerinages obligatoires... La 2ème révolte est menée par Bar Kochba, reconnu lui aussi comme un "Messie" par certains juifs, mais elle est écrasée par l'Empereur Hadrien (132-135) qui chasse les juifs de Jérusalem rebaptisée Aelia Capitolina... Or les "chrétiens" ont fui, mais n'ont manifesté aucune solidarité pour les juifs... Ceux-ci se regroupent alors autour de leurs "synagogues", où les rabbins codifient l'enseignement du judaïsme pour conjurer les "dérives" et notamment "l'hérésie chrétienne"...tandis que, parallèlement, les Communautés chrétiennes "mettent par écrit" (entre 70 et 100 environ) dans des Evangiles (dont 4 seront reconnus "canoniques": Marc, Matthieu, Luc et Jean) l'enseignement de Jésus jusqu'alors transmis oralement...

   Alors seulement la séparation est totale entre christianisme et judaïsme, au point que l'histoire montrera que les juifs ne seront pas exempts de reproches dans la persécution des chrétiens jusqu'au 4ème siècle (où le christianisme devient la "religion officielle" de l'Empire romain) ...et inversement que les chrétiens auront ensuite une lourde part de responsabilité dans la persécution des juifs et le développement de l'antisémitisme... Et ceci alors que Jésus-Christ avait seulement voulu "accomplir" la Loi, et non l'abolir...

(*) Bibliographie :
      - Alain Corbin "Histoire du Christianisme" Ed.du Seuil 2007
      - James Tabor "La véritable Histoire de Jésus" Ed. Robert Laffont 2007
      - Le Monde de la Bible "Premiers chrétiens : d'où viennent-ils ?"Automne 2007
      - Le Monde des Religions "Les premiers chrétiens -1°et 2° siècles " Nov. 2007

  

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N
Je ne suis pas croyante et reste toujours stupéfaite des massacres et autres horreurs qui ont été perpétrés au Saint nom de Dieu" ou autre, quelle que soit la religion. Pourtant, je n'ai jamais lu que le "Tout Puissant" avait  suggéré à ses fidèles de se prêter à de telles abominations.Mais alors qui est Dieu ? Sans vouloir offenser les lecteurs de ce blog cette question m'occupe souvent et je me demande si l'Homme ne se prendrait pas pour Dieu....
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D
 C'est plus compliqué que cela... Avant Paul, il y a déjà un courant faisant de Jésus un "Fils de Dieu", ce qui vaut à Etienne d'être lapidé vers 32 par les juifs orthodoxes qui ne peuvent pas supporter un tel "sacrilège" (il est possible que Paul - alors sous le nom de Saul - soit parmi les persécuteurs...) ... Ensuite, après sa "révélation" sur le Chemin de Damas, il devient le "propagateur" mais non "l'inventeur" de cette "nouvelle " croyance, appelée d'abord "nazaréenne", puis "chrétienne" à l'initiative de la Communauté d'Antioche qui fut ainsi le 1er centre du "christianisme" à l'origine de la future "Eglise"...
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J
Il semble que le "fondateur" de la religion chrétienne est tout simplement Paul, lequel n'a pas connu Jésus ... "Jésus, fils de Dieu" est une idée de Paul ... pas de Jésus lui-même. 
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