Réflexions sur l'actualité en tous genres.
Le jeu de mots ...ou de maux ...est peut-être mauvais, mais il n'est vraiment pas possible d'exprimer une opinion favorable sur la grève pratiquée actuellement par certaines catégories sociales - notamment les cheminots - alors que tant de gens dans la société française sont, parfois depuis longtemps, ...sur la grève !
Le problème n'est pas de discuter de la "légalité" de la grève, dont l'affirmation est devenue une litanie ...Il est de réfléchir à sa "légitimité", et sur celle-ci il y a beaucoup à dire :
- D'abord, la grève ne doit pas être invoquée "à tout propos et hors de propos". La définition normalement retenue est qu'elle est "un arrêt collectif et concerté du travail" pour les salariés, qu'il s'agisse du domaine public ou du domaine privé... Il est donc regrettable, et même irritant pour les salariés, que le terme soit galvaudé pour des étudiants ou des lycéens qui non seulement n'ont pas de "salaire" mais sont à la charge des familles et des collectivités, c'est-à-dire globalement des contribuables...
- Ensuite, la grève n'est pas une "fin en soi" et doit donc n'être que le "dernier recours", quand une concertation préalable entre toutes les parties concernées n'a pa permis de trouver les solutions nécessaires...
- Par ailleurs une grève doit être "juste", c'est-à-dire correspondre à des problèmes concernant tous les citoyens, comme par exemple la baisse du pouvoir d'achat engendrée par la hausse du coût de la vie (essence, loyers, produits alimentaires, etc) ...Ce n'est pas le cas quand il s'agit de défendre des intérêts corporatifs et catégoriels, et à fortiori des privilèges particuliers qui n'ont plus de raison d'être comme les "régimes spéciaux" (exemple à la SNCF où la conduite des trains n'a plus rien à voir avec la "bête humaine")...
- De même, la grève doit être "égalitaire", au sens qu'elle ne doit pas être l'apanage réservé de certains métiers ayant un pouvoir de "blocage social" (comme les transports, l'électricité ou le gaz) et l'exerçant alors sur le reste de la population, à défaut de pouvoir s'en prendre directement aux responsables... Cette attitude est d'autant plus mauvaise qu'elle s'exerce souvent aux dépens des catégories sociales en difficulté ...
En effet, il faut rappeler que la pauvreté est loin d'être endiguée dans un pays comme la France, pourtant classée dans les pays les plus "riches" du monde. Si on prend comme référence le "seuil de pauvreté" fixé par l'INSEE à 817 E par mois, il y aurait 7.136.000 pauvres en 2006, en hausse par rapport aux 6.867.000 de 2004... Et on peut utiliser d'autres références, comme le nombre des chômeurs atteignant officiellement 2.500.000 en 2006 mais montant en réalité à environ 5.800.000, en raison de divers dispositifs (exemple : travail intérimaire) permettant des radiations... ou comme le nombre de "bénéficiaires" du Revenu minimum d'insertion (RMI ... entre 300 et 400 E par mois) s'élevant à 1.119.000...
Or, quand on arrête les trains, c'est d'abord cette population en difficulté que l'on gêne, en l'obligeant à perdre son temps sur les quais de gare ou de métro... ce qui peut signifier perdre des heures de travail, quand ce n'est pas perdre de l'argent aussitôt en utilisant des transports de remplacement... Le comble est alors que certains grévistes osent réclamer le paiement de leurs journées de grève... Certes, certaines personnes se montrent "compréhensives" en affirmant que les grévistes ont raison de défendre leurs conditions de travail et que, n'est-ce pas, "on ne fait pas d'omelette sans casser d'oeufs" ...mais la véritable solidarité est une solidarité "voulue" et non une solidarité "imposée"...
Il est évident qu'une telle situation, où la grève ne sert qu'à défendre des intérêts particuliers contre l'avis d'une majorité de la population, comme c'est le cas avec la défense des régimes spéciaux contraire à "l'égalité", comporte un risque grave pour l'équilibre social en France et peut même conduire à des "explosions de mécontentement" ou des "conflits", et ceci d'autant plus que les syndicats sont divisés et parfois "dépassés" par leur base... C'est pourquoi, puisqu'il est question d'organiser à partir du 23 novembre 2007 un "Grenelle de l'insertion", il serait utile de l'élargir à un "Grenelle social" où seraient revues et définies dans une concertation générale les relations sociales- et notamment l'usage du droit de grève - ainsi que les moyens de lutter contre la pauvreté...