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Réflexions sur l'actualité en tous genres.

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Toujours ...moins ! ?

   Ce titre a la prétention de prendre le contre-pied du titre donné par François de Closets à son livre publié en 1982 : " Toujours plus ! "...Et cette prétention est d'autant plus grande que ce journaliste vient de faire paraître en 2007 une mise à jour intitulée : "Plus encore"... Alors, qui a raison ?...

   Dans son livre "Toujours plus", François de Closets avait voulu stigmatiser le fait qu'en France - en dépit de la devise nationale "Liberté, Egalité, Fraternité" remontant à ...1848 - pratiquement tous les habitants se croient défavorisés - au moins par rapport à d'autres - et réclament encore et toujours plus d'argent, plus d'avantages, plus de droits, plus de garanties, plus de loisirs, etc ...ce qui aboutit , dans le domaine public comme dans le domaine privé, à autant de "privilèges", de "féodalités", et donc autant de contraintes, d'inégalités et d'égoïsmes...

   Un bon exemple est donné par les grèves suscitées en novembre 2007 par la suppression des "régimes spéciaux" de retraite, notamment par la grève, particulièrement longue et vigoureuse, des cheminots... Si cette grève avait été justifiée par des conditions de travail notoirement difficiles, l'opinion, traditionnellement portée à soutenir les faibles, l'aurait certainement approuvée, comme elle l'avait fait pour les mineurs après la 2ème Guerre mondiale... De même, elle aurait été solidaire s'il avait été question
 de défendre le pouvoir d'achat qui préoccupe actuellement la majorité des Français... Mais cela n'a pas été le cas ...Car il s'agissait essentiellement pour les cheminots de défendre leurs intérêts "corporatifs", au mépris même du public ...Or il faut bien convenir que le métier de cheminot, tout en méritant le respect, n'a tout de même pas des "servitudes" - quel métier n'en a pas ? - en faisant un objet de scandale ... En fait, il suffit de lire le livre "SNCF, la machine infernale" (1) pour constater que les cheminots forment un "monde à part" et que leur corps constitue une sorte de "vache sacrée" avec laquelle la classe politique - de droite comme de gauche - a toujours eu le souci de "ne pas faire de vagues"   ...et ceci alors qu'il y a "des sur-effectifs flagrants, des syndicats divisés, des filiales en folie et un frêt sinistré", ce qui oblige l'Etat - et donc les contribuables - à combler régulièrement les déficits... Quant au statut des cheminots, il a été établi lors de la création de la SNCF le 1er janvier 1938 sur la base de dispositions remontant à 1909-1920 - du temps des 5 anciennes Compagnies - , c'est-à-dire à une époque où le travail (surtout des conducteurs de locomotives à charbon) était beaucoup plus pénible qu'aujourd'hui..., ce qui explique l'octroi de la retraite à 55 ans, auquel il faut associer un certain nombre d'avantages (indemnités spécifiques, gratuité des transports pour la famille, maisons de repos ou colonies de vacances...) acquis avec le temps et non négligeables... Bien sûr, les cheminots ne sont pas les seuls à bénéficier d'un tel régime, et on peut citer d'autres métiers comme ceux d'EDF et GDF, ou des banques ...ainsi que des fonctions "à risque" comme celles des parlementaires, ayant dans tous les cas des indemnités, des exonérations ou des "niches fiscales"...

   Mais le livre "Toujours plus" de François de Closets date de 1982, et on peut se demander si en 2007 - soit un quart de siècle après - la situation est encore la même, voire si elle s'est encore aggravée, comme peut le laisser croire le titre de son nouveau livre " Plus encore "... A priori, il semble que non, car les statistiques de l'INSEE (2) montrent non seulement que la pauvreté s'est accrue en France (7.136.000 en 2006 au lieu de 6.867.000 en 2004) mais que les classes moyennes sont affectées par une diminution de leur pouvoir d'achat en raison de la hausse des dépenses de consommation courante (essence, produits alimentaires, loyer, etc...). Il est vrai que, parallèlement, ces statistiques révèlent que le taux de croissance économique continue à s'élever, tout en ralentissant, et que le niveau moyen des salaires est en hausse continue, étant passé de l'indice 100 en 1982 à l'indice 112 en 2005... Alors, "Toujours plus" ...ou  ..."Toujours moins" ?...

   Alors, il convient de ne pas considérer la situation de façon "globale", car une "moyenne" ne rend pas compte des distorsions pouvant exister entre les catégories sociales...Or ces distorsions tendent à s'aggraver : il est évident que, pour des chômeurs, des RMistes, des "petits retraités", des "laissés-pour-compte" de toutes sortes - soit près de 10.000.000 de personnes - c'est désormais le "toujours moins" ...et on ne s'étonne même plus de voir maintenant des gens fouiller dans les containers à la sortie des supermarchés... Et pour des familles modestes, vivant encore "correctement", il y a aussi une baisse du "niveau de vie" : alors que celui-ci s'était fortement accru pendant les "30 Glorieuses" (1955-1985) - automobile, téléviseur, téléphone, ordinateur et loisirs... "toujours plus " - désormais il stagne ou il recule : elles ont ..."au moins" perdu leur "plus" et glissent vers le "toujours moins"... Et comme les catégories moyennes forment la majorité de la population et contribuent donc largement à "l'opinion générale", il ne faut pas s'étonner que celle-ci supporte de "moins en moins" que les catégories "supérieures" (?) continuent à s'enrichir de "plus en plus", à l'image des PDG de grosses entreprises aux "salaires mirobolants" (3) complétés par des "stocks-options" échappant à l'imposition... Le problème n'est pas nouveau, puisque Jacques Chirac avait fait de la "fracture sociale" le thème de sa dernière campagne présidentielle , mais avait ensuite éludé toute réforme importante après la vague de grèves initiée - déjà...- par les cheminots en 1995...

   Il est donc plus que jamais urgent de réduire cette "fracture sociale" par une double action  :                                                                                           - d'abord en plafonnant les revenus les plus élevés - conformément à la recommandation de la Présidente du MEDEF, qui a parlé de salaires "raisonnables" - et en créant une taxe sur les stocks-options, ne serait-ce que pour alimenter les fonds nécessaires à l'aide des catégories défavorisées... 
- d'autre part en pratiquant une politique favorable au pouvoir d'achat , qu'il s'agisse de la "défiscalisation des heures supplémentaires", de la diminution du nombre des fonctionnaires (le plus élevé de l'Europe) dans les secteurs où il est pléthorique, du déblocage des fonds de participation des entreprises, et, comme il faut trouver des ressources supplémentaires - ce qui est difficile, compte tenu de l'endettement de la France - de la création d'une TVA ou d'une taxe équivalente sur les produits importés qui représentent actuellement 40 % de la consommation des Français ...Peut-être ainsi , à défaut de retrouver un "toujours plus" contestable, évitera-t-on le "toujours moins" pour trouver un meilleur équilibre social...

(1) "SNCF-La machine infernale"  de Nicolas Beau (Canard enchaîné), Laurence Dupuis (Revue Marianne) et Marc Fressoz (Revue La Vie du Rail) - Edition du Cherche-Midi 2004.

(2) Voir les réserves de Jacques Heurtault dans son commentaire de mon dernier article du 20 novembre 2007 sur "La Pauvreté" (catégorie Economie et Société).

(3) Voir mon article du 14 mai 2006 sur "Les revenus mirobolants" (catégorie Economie et Société).
                                                                                            
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J
Il faut préciser que François de Closet emploie cette expression pour la tourner en dérision et non pour le défendre! C'est la même chose avec son "Plus encore ...".Je renvoie les lecteurs de votre article à tout ce que j'ai pu écrire sur le nécessaire développement d'un syndicalisme responsable ...en lui coupant les vivres institutionnels qui permettent à un "gugusse", dans une entreprise de quelques dizaines de salariés de se faire désigner délégué syndical sans avoir à justifier de sa représentativité réelle.
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N
Que les revendications de certains travailleurs soient fondées pour justifier un droit de grève...pourquoi pas.Mais ce qui m'insupporte, c'est que ce sont toujours les mêmes catégories socio-professionnelles qui se mettent en grève - on en avait pris l'habitude -  mais leurs syndicats ne dédommagent pas les personnels d'autres entreprises, voire celles concernnés par la grève, des pénalités qui les affecteront s'ils n'ont pu se rendre sur leur lieu de travail, ou pire, empêcher de s'y rendre.Ca c'est proprement inadmissible !Si lesdits syndicats étaient courageux, ils orchestreraient une autre stratégie quant au choix des lieux de blocage.Et le travailleur lambda ne trouverait certainement rien ou pas grand chose à y redire.Que les syndicats aillent donc perturber là où se trouve l'origine des maux, mais arrêtent de tenir la population en otage.Ils en ressortiraient presque crédibles. 
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