Réflexions sur l'actualité en tous genres.
Il est certes utile de tirer la "sonnette d'alarme", comme l'a fait la Conférence de Kyoto en 1997, en demandant notamment aux pays industrialisés de réduire l'émission de gaz dits "à effet de serre" de 7 à 8 % par an... et on peut légitimement s'inquiéter de ce que des pays "évolués" comme les Etats-Unis - principaux responsables - ou "émergents" comme la Chine et l'Inde, n'aient pas encore pris les mesures nécessaires à l'image de l'Europe responsable de seulement 14 % de cette émission... Néanmoins il ne faut pas exagérer : d'abord les énergies fossiles ne sont pas en passe d'être épuisées, même si elles ne sont pas inépuisables... Des études ont montré que les potentialités des derniers gisements de pétrole découverts (Sibérie et Off-shore) dépassent actuellement le rythme de la consommation... D'autre part, à l'image de la France, l'énergie nucléaire peut encore être largement développée et elle pourra être relayée par la combustion de l'hydogène et complétée par les énergies dites "nouvelles" (géothermie, éoliennes)... Quant au réchauffement climatique, même s'il est incontestable depuis une trentaine d'années, nul ne peut prédire s'il s'agit d'une évolution à court terme ou à long terme : une étude des climats en Europe du 13ème au 18ème siècles (1) révéle en effet qu'il y a eu en Europe une succession de périodes "chaudes" et de périodes "froides" suscitant alternativement des bonnes récoltes et des famines... Et les personnes actuellement âgées se souviennent qu'il y a eu des hivers très froids pendant la Guerre 1939-45... Dans ces conditions, qu'en sera-t-il vers 2020-2050 ?...
Comme "on ne sait jamais", on a inventé opportunément en France le "principe de précaution", et à ce titre on peut donc se laisser tenter par "l'écologie", dans la mesure où celle-ci défend le "milieu naturel" où l'homme a vécu depuis des siècles... Mais le problème se pose alors de savoir comment cette défense doit être assurée :
- Il y a l'attitude de la "contrainte" consistant à pratiquer "l'interdiction", qu'il s'agisse des problèmes collectifs de production et communication ou des problèmes individuels de comportement et de consommation... C'est l'attitude "donneuse de leçons" adoptée par des mouvements plus ou moins "intégristes" qui confondent d'ailleurs souvent la condamnation d'une économie "productiviste" avec celle du "capitalisme", renouvelant ainsi la vieille nostalgie d'un âge pré-industriel et communautaire...
- Mais il y a aussi l'attitude de la "raison", celle qui prend acte des dangers réels des activités humaines, si elles sont incontrôlées, et recherchent par la négociation les moyens de parvenir à une "gestion concertée" de la planète... Et, à ce titre, il faut reconnaître que l'Europe, en dépit de ses insuffisances, montre le bon chemin par une politique associant l'information et l'incitation fiscale aux économies d'énergie...
Finalement, dans ce domaine comme dans d'autres, on peut se souvenir de l'adage de l'écrivain romain Horace au 1er siècle av JC : "Est modus in rebus"... De la mesure en toutes choses...
(1) E. Le Roy - Ladurie Histoire du Climat - Canicules et Glaciers 13°-18° siècles - Editions Fayard