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Réflexions sur l'actualité en tous genres.

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Retour en Acadie

   Le "Grand Dérangement", par lequel se termine "Acadie, terre promise", ne fut pas un convoi des Acadiens sous la "bonne garde" des Anglais... Elle fut une "déportation" à l'allure de ce qu'on appelle maintenant "l'épuration ethnique", voire le "génocide"... Sur 18.000 colons en 1755, on dénombre au Traité de Paris en 1763... 6000 à 8000 morts, soit à la suite de massacres, soit en raison d'un transport à fond de cale dans des bateaux, où les pauvres Acadiens sont décimés par un manque épouvantable d'hygiène, la dysenterie et diverses épidémies, car les colons anglais refusent le plus souvent leur débarquement dans les escales de la Nouvelle-Angleterre... Ceux qui échappent aux rafles des Anglais se réfugient dans des îles voisines ou sont recueillis par leurs amis indiens, eux-mêmes voués à un anéantissement proche... Les apôtres actuels de la "repentance" seraient bien avisés de s'en souvenir, notamment en Angleterre et aux Etats-Unis...

 

   "Le retour en Acadie" - roman d'Alain Dubos de 731 pages faisant suite à "Acadie, terre promise" - est d'une lecture plus difficile, car il est fragmenté, à l'image de la déportation des Acadiens, en chapitres correspondant à leurs diverses destinations . Il y a d'abord "le peuple des bateaux", c'est-à-dire des déportés embarqués de force : certains sont pris comme domestiques ou simples manoeuvres dans les colonies du nord de la Nouvelle-Angleterre, où ils mènent une vie de forçats relégués dans des faubourgs misérables... D'autres deviennent des esclaves dans les colonies du Sud comme la Caroline ou la Virginie, à l'instar des Noirs... Souvent les famillkes - hommes, femmes ou enfants - sont séparées sans pitié...

 

   Il y a donc aussi des Acadiens qui ont échappé aux Anglais : chassés des îles où ils avaient trouvé un premier refuge, et ne pouvant rester dans les forêts où les Indiens les avaient d'abord hébergés, ils parviennent, au prix de mille difficultés, malgré le froid et la faim,  à rejoindre à l'ouest les rives du Saint-Laurent autour de Québec et Montréal, où ils fondent une "Petite Acadie"... Mais la Belle Province" est conquise à son tour par les Anglais en 1760... Quant aux Acadiens transférés en Angleterre dans des conditions atroces, faute d'un accueil dans les colonies anglaises, les membres de leurs familles restées en Amérique n'en ont pas de nouvelles...

 

   Le Traité de Paris, qui consacre en 1763 la perte définitive de l'Acadie et de la Province de Québec, entraîne paradoxalement une fin relative des tourments pour les Acadiens... Les prisonniers sont libérés... Certains rejoignent la lointaine Louisiane, au sud des vastes plaines à l'ouest des Appalaches... D'autres, peu nombreux, reviennent dans ce qui n'est plus que la Nouvelle-Ecosse, où il leur est néanmoins interdit de cultiver la terre comme autrefois, leur présence étant seulement tolérée pour une activité de pêche sur les côtes... Le roi de France Louis XVI, apitoyé par le triste sort des Acadiens d'Angleterre, les installe à Belle-Isle et dans le Poitou, une de leurs provinces d'origine deux siècles auparavant...mais on les a oubliés, et ils sont plutôt mal accueillis...

 

   Finalement les Anglais trouveront le moyen, par des taxes et privilèges excessifs, de dresser contre eux une majorité de leurs anciens colons (Indépendance des Etats-Unis 1774)... et, alors que Louis XIV et Louis XV avaient délaissé le Canada français, leur successeur Louis XVI apporta son aide aus insurgés des colonies anglaises avec Rochambeau et La Fayette... Et on assista même à l'épisode étrange - véritable retour de l'histoire - d'anciens Acadiens s'engageant auprès des insurgés, dont certains avaient naguère occupé leur pays... Il est vrai que ce fut surtout une solidarité au niveau "populaire"... Quant aux réfugiés en Louisiane, chacun sait que cette immense colonie dans les grandes plaines de l'Ouest fut vendue par Napoléon en 1803, le souvenir des Acadiens ou des colons français ayant longtemps persisté à la Nouvelle-Orléans...

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E
invitation à visiter mon blog, EL DIABLO
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