Réflexions sur l'actualité en tous genres.
Le Figaro-Magazine du 5 mai 2006 a établi un palmarès particulièrement édifiant des revenus annuels des "stars" du milieu sportif : 70 millions d'euros pour le golfeur Tiger Woods, 65 millions pour le coureur automobile Michael Schumacher, 37 millions pour le tennisman André Agassi... De quoi rêver !... Il est vrai que le footballeur français Zinedine Zidane "ne gagne que" 15 millions d'euros devant le basketteur franco-américain Tony Parker 10 millions 500 : on a presque envie de pleurer pour eux, car l'esprit cocardier en prend pour son grade... Par comparaison, les revenus de Bernard Arnault, PDG de LVMH, traînent à 4 millions, et ceux de Maurice Lévy, PDG de Publicis, plafonnent à 3 millions ... de vrais salaires de misère: c'est certainement la raison pour laquelle les PDG des grandes entreprises, qui réalisent actuellement des profits colossaux, n'ont rien de plus pressé que d'augmenter leurs salaires à la faveur des regroupements ou des "progrès de productivité"... en clair des licenciements de cadres et d'employés, engendrant ainsi la misère des autres... Ainsi va le monde !
Il est évidemment inutile de se livrer à des réflexions "moralisantes" sur ce sujet... Et ceci d'autant moins que les vedettes du sport sont aimés du public, qui est toujours prêt à leur pardonner beaucoup de choses et estime même souvent que leurs revenus sont légitimes, car ces vedettes "mouillent leur maillot", ce qui n'est pas le cas des organisateurs des compétitions... L'ennui est néanmoins que ces "grands arbres" cachent la forêt, et que, derrière eux, il y a une foule d'athlètes et d'associations sportives souvent à court de ressources... Sans compter que leur réussite "exceptionnelle" entretient des rêves illusoires chez une majorité de jeunes jouant dans des terrains vagues...
C'est pourquoi - qu'il s'agisse de sport ou de tout autre activité - il serait souhaitable de fixer des limites "raisonnables" aux revenus individuels, de préférence par la concertation, car l'utilisation de la contrainte - notamment par l'impôt - peut susciter des pratiques frauduleuses... Mais il resterait alors à définir ce qui est raisonnable, ce qui n'est pas une mince affaire, le bon sens n'étant pas - contrairement à l'adage - la chose au monde la mieux partagée... Pourtant, il est désormais de plus en plus dangereux de laisser s'agrandir le fossé entre les "riches" - de plus en plus riches - et les "pauvres" - de plus en plus pauvres - dans un monde qui n'obéirait plus qu'à la recherche insatiable d'un profit toujours plus grand...