Dès ses débuts, l'Histoire met en scène à la fois des individus et des collectivités... On retient par exemple les noms d'Hammourabi, de Ramsès II, de Salomon, de Périclès, de Jules César, ...ou encore de Charlemagne, de Louis XIV, de Napoléon 1er ...ou De Gaulle, ...mais il est évident que ces "personnalités" n'ont existé qu'à partir des "communautés " - Villes, Etats, Empires - où elles ont exercé leurs activités : la Mésopotamie, l'Egypte, la Grèce, l'Italie, l'Europe, la France...
Cette appartenance des individus à des collectivités a conduit certains penseurs à considérer que "l'essentiel" de l'Histoire est dans l'évolution politique, économique et sociale ...et que les individus n'y sont que des instruments "circonstanciels" ...Cette conception a même donné lieu à des théories "socialistes" dont la plus célèbre est la doctrine de Marx - le "matérialisme historique" - ayant inspiré le "communisme", dont l'URSS a été l'illustration ou, du moins, en a donné l'apparence...
Car la réalité de l'Histoire montre qu'en fait les organismes qui se définissent comme "collectivistes" ne naissent pas par leur propre nature - comme le monde des fourmis ou des abeilles - mais ont toujours été créés par des "individus" : ainsi l'URSS a été fondée par Lénine, qui a même laissé son nom à son mode de gouvernement, le "marxisme-léninisme", rapidement dévoyé par le pouvoir "personnel" de Staline... L'individu est manifestement comme le "naturel" : si on le chasse, il revient au galop ...
Il est vrai qu'inversement l'excès de pouvoir d'un individu peut engendrer la "dictature", écrasant alors la collectivité... L'Histoire est malheureusement jalonnée de périodes de terreur suscitées par des "tyrans", comme le règne de Néron dans l'Antiquité ou, au 20ème siècle, ou le "nazisme" imposé par Hitler à l'Allemagne, puis à une grande partie de l'Europe, au prix de 50 millions de morts de la 2ème Guerre Mondiale...
Mais ces "exceptions" tragiques ne doivent pas entraîner la condamnation systématique de tout pouvoir d'un individu, si ce pouvoir est exercé de façon "démocratique" au nom de la collectivité, c'est-à-dire sous le contrôle d'élections libres permettant à celle-ci de s'exprimer... Et ce n'est pas nécessairement une question "d'institutions" -c'est-à-dire de règles collectives - car c'est aussi une question de "personnalités" : ainsi, dans un régime "d'assemblée" comme celui de la 3ème, puis de la 4ème République, des "chefs" ont pu "émergé" comme Clémenceau en 1917 ou Mendès-France en 1954 ...et, inversement, dans un régime "présidentiel" comme celui de la 5ème République, il n'y a pas de commune mesure entre l'autocratie d'un De Gaulle, la bonhomie d'un Pompidou, le dilettantisme d'un Giscard, l'immobilisme d'un Chirac ...et l'hyper-présidence d'un Sarkozy...Dans tous les cas, il faut trouver un équilibre entre le pouvoir et les contre-pouvoirs, mais les cas de figure sont différents...
Ainsi va l'Histoire ...sans oublier qu'elle peut échapper aux hommes en cas de catastrophes naturelles (le tsunami de 2004...) ou d'épidémie (la Grippe "A" en 2009...), ...certains invoquant même des interventions "surnaturelles" ...Mais alors, c'est une ...autre Histoire !