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Réflexions sur l'actualité en tous genres.

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Un Pacte Social ?

   Mobilisés au début de novembre 2006 par un fait divers - il est vrai lamentable - les "médias" n'ont manifesté en France aucun intérêt pour un événement pourtant appelé à devenir au cours du 21ème siècle aussi important dans le domaine "sociétal" qu'avait pu être - 100 ans exactement auparavant - la Séparation de l'Eglise et de l'Etat pour le 20ème siècle... Une simple évocation dans les journaux télévisés et la presse écrite... Aucune tribune, aucune discussion... Il s'agit en fait de la décision des principales organisations syndicales du monde entier de se réunir dans une Confédération Syndicale Internationale lors d'un Congrès à Vienne (Autriche)... Cela signifie qu'en France des "Centrales" syndicales comme la CGT, la CFDT, la CFTC et Force Ouvrière vont être amenés à réfléchir et à agir ensemble...

   Pour comprendre l'importance de cet événement, il faut rappeler - brièvement - l'histoire du syndicalisme dans le monde, et notamment en France : alors qu'au 18ème siècle la "Philosophie des Lumières" avait rêvé d'une harmonisation des intérêts dans une Société Idéale - à l'instar du Contrat Social de Jean-Jacques Rousseau - la Révolution Industrielle avait engendré au 19ème siècle une opposition brutale entre les "riches" et les "pauvres"... Et même s'il faut nuancer le tableau, car il y avait aussi un "paternalisme" allant - par exemple en Lorraine - jusqu'à construire des écoles et des églises, la "lutte des classes" n'était pas une vaine expression et elle avait pu expliquer le développement des manifestations et des grèves et le succès du "marxisme" opposant le "Capital" et le "Travail"... Les syndicats y avaient trouvé une raison d'être...

   Néanmoins, en France, les syndicats - au moins dans le secteur privé - n'ont jamais été ni majoritaires, ni unis... Leur représentativité n'a pas dépassé 30 à 40 % des salariés, et ils se sont répartis entre syndicats dits "révolutionnaires" comme la CGT liée au Parti Communiste, et des syndicats dits ééformistes" comme la CFTC d'obédience chrétienne, les deux autres, issus de la scission des précédents - Force Ouvrière et CFDT - évoluant plus ou moins entre l'action directe et la concertation... Et finalement les principales "conquêtes sociales" - comme le droit de grève, la réglementation du travail, le dialogue avec le patronat - ont été l'affaire au moins autant du "réformisme de l'Etat" que de l'action des syndicats...

   Cela est si vrai que le syndicalisme est en perte de vitesse... Il représente désormais tout au plus 15 % des salariés. Cette baisse est d'abord liée à "l'évaporation" de la classe ouvrière passée de 30 % de la population active vers 1970 à environ 20 % aujourd'hui... Mais elle s'explique aussi par l'apparition de mouvements "spontanés" où des "coordinations" - faisant fi des syndicats - agissent directement et parfois brutalement... Manifestement les "données sociales" ont changé, et le "syndicalisme de Papa" a vécu... Dans un "monde" où la chute du communisme en Europe orientale a effacé la notion de "Grand Soir", où se développe non pas..."l'Internationale", mais..."l'internationalisation", avec l'Organisation Mondiale du Commerce, le Fonds Monétaire International, la Banque Mondiale - ceci en liaison avec l'essor des firmes multinationales - les batailles de "clochers" au niveau national ne sont plus de mise, ou le sont beaucoup moins... D'ailleurs les conflits naissent désormais moins des intérêts divergents des "patrons" et des "salariés" que de la concurrence entre pays "développés" (Occident-Japon) et pays "émergents" (Inde-Chine-Brésil)...

   Comme l'écrit Jean Boissonnat dans un éditorial d'Ouest-France, "nous assistons à une redistribution des cartes de la vie économique et sociale" ... et il faudra du temps pour mettre en place au niveau mondial les règles sociales capables de réguler cette nouvelle donne et de corriger des effets néfastes comme les "délocalisations"... Devenus plus puissants en s'unissant non seulement en France, mais surtout dans le cadre d'une Confédération Internationale, les syndicats auront l'opportunité d'être non plus des "opposants" parfois inefficaces mais des "partenaires" respectés... comme le sont déjà les syndicats allemands... Tout bien pesé, la "mondialisation" ainsi équilibrée n'est plus une menace, si elle peut déboucher sur un "Pacte Social" à l'échelle planétaire...

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J
Le taux de syndicalisation est hélas! plus faible encore ...J'en suis, moi, à 3% de syndiqués dans le privé (moins de 1% dans les PME c'est à dire 500 salariés et moins), et 8% dans le secteur public. Quel est le taux de syndicalisation (payante, la seule qui compte!) à EDF? C'est probablement assez révélateur de reste ... puisque c'est, dit-on, un "bastion". Ne pas confondre avec les voix obtenues aux élections professionnelles!
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D
Je confirme vos remarques sur les 3 points :<br />    - Vérification faite, il m'est apparu effectivement que le chiffre de 15 % ne concerne que le domaine public. Pour le secteur privé, ce chiffre était vrai (plus ou moins...) vers 1980... Il a diminué de moitié jusqu'à moins de 8 %, mais (paraît-il...) il remonte actuellement un peu...<br />    - Le dialogue socia se porterait effectivement mieux si l'Etat s'en mêlait un peu moins... et gardait seulement une position d'arbitre, en veillant seulement au respect des conventions<br />    - La "professionnalisation" des représentants syndicaux est un mal permanent. Comme pour les mandats politiques, la représentation syndicale devrait être limitée dans sa durée, et n'être renoiuvelable au mieux (ou au pire...) qu'une fois. Néanmoins, il faut reconnaître que les mandataires ne sont pas les seuls responsables... Je sais, par expérience personnelle (pour avoir été moi-même un représentant syndical au plus haut niveau : bureau national et fréquentation des ministères...) que les mandants, soucieux de se débarrasser des tracas- ont tendance à renouveler continuellement leurs mandataires, s'ils estiment "qu'ils font bien leur travail"...
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V
Vous êtes optimiste en paralent de 15% de syndiqués. On serait plutôt à 8% avec des chiffres encore plus bas dans le privéParmi les multiples raisons:    l'intervention permanente du politique dans le social d'entreprise court circuitant systèmatiquement les partenaires sociaux. En Suède il n'y a pas de SMIC mais des minimums de branche négociés entre patrons et syndicat. Au Royaume Uni, le SMIC est augmenté après avis d'une commission mixte patron syndicats    le système des heures de délégation qui a rendu plus professionnels les syndicalistes mais les a souvent coupés de leur base
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