Réflexions sur l'actualité en tous genres.
Pour le commun des "mortels", il n'y a pas de religion sans Dieu, ... et Dieu est synonyme d'une puissance universelle dépassant l'entendement... Pourtant, la notion de "Dieu", même si celui-ci est parfois qualifié de "Père Eternel", n'a pas existé ...de toute éternité.
Pour "exister", la notion de Dieu a d'abord eu besoin de l'esprit humain capable de la concevoir... Autrement dit, même si on admet sur le plan de la Foi que "Dieu a créé l'homme", il faut reconnaître sur le plan de l'évolution spirituelle que "l'homme a créé Dieu"... Et cette création a été progressive au cours des milliers d'années des temps préhistoriques : on peut imaginer une "intuition" beaucoup plus collective qu'individuelle attribuant une puissance "surnaturelle" aux éléments de la "nature" : le Soleil, la Lune, le Feu, l'Eau, les Animaux... Le tailleur de silex apprend progressivement à tailler la pierre, à dessiner et sculpter.. et à représenter ainsi ces "entités" pour en obtenir la protection... L'historien parle de "polythéisme", mais le terme n'est pas vraiment approprié, car il pouvait y avoir le sentiment confus d'une puissance supérieure, à l'instar du "Maat" de l'Egypte antique, dont les représentations matérielles - Osiris, Isis, Hathor, Anubis...- n'étaient que les "épigones" permettant aux hommes - et notamment aux Pharaons, considérés comme intercesseurs, de les approcher... Et les tribus ou peuplades, qui étaient alors en contact avec l'Egypte alors maîtresse du monde connu, n'auraient fait que s'inspirer de ce culte "fondamental" : les Phéniciens avec Baal, les Hébreux avec Yaveh, l'originalité de ces derniers étant de ne pas le "représenter"... Car chaque peuple avait alors son "Dieu" suprême, dont il était l'élu privilégié...Ainsi est-on passé à une notion "humanisée" de Dieu, qui a progressivement évolué de la monolâtrie "nationale" à un "monothéisme "global", au sens de "l'universel"...
Mais pour autant, dans l'histoire religieuse, la recherche de "l'absolu" ne s'est pas arrêtée à la seule notion de "Dieu"... On peut évidemment citer des religions sans Dieu, comme le bouddhisme qui conduit à la Délivrance du "Nirvana" au terme de renaissances successives... On peut évoquer aussi la spiritualité philosophique, qui connaît d'ailleurs actuellement, comme le bouddhisme, un grand regain d'intérêt... Bruno Etienne, un maître du Grand Orient réputé pour son "rationalisme" écrit même dans son livre "Pour retrouver la parole.. " (Ed. La Table Ronde 2006) : "Face au déchaînement du matérialisme, je souhaite l'avènement d'un 21ème siècle spirituel, c'est-à-dire dominé par l'esprit..." Il ne s'agit plus, il est vrai, de "mouvement collectif", mais de "recherche de soi" dans un processus devenu "individualiste" : Comment vivre ?... Comment être heureux ?... Et Luc Ferry, philosophe et ancien Ministre..., précise dans son ouvrage "L'Homme-Dieu ou le sens de la vie" : "L'idée d'une spiritualité laïque nous aurait sans doute fait rire il y a 25 ans, alors qu'aujourd'hui l'expression nous convient parfaitement pour désigner une sphère plus haute que celle de la morale : l'aspiration au sacré..."
Ainsi donc, à partir d'un "Absolu" confus ressenti collectivement, les hommes ont cheminé, à travers la notion de "Dieu", vers un "Absolu" métaphysique recherché par chaque individu...