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Réflexions sur l'actualité en tous genres.

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Démocratie "manifestative"

   Ainsi donc, Nicolas Hulot a rassemblé ce jour avec un certain succès une "manifestation" destinée à défendre son "Pacte écologique" notamment auprès des candidats aux prochaines élections présidentielles... L'objet de cette manifestation est légitime, puisqu'il s'agit, bien au-delà d'un scrutin de la France, de défendre la planète contre les dangers que les hommes lui font courir... Il n'en est pas moins vrai que la "stratégie" utilisée par Nicolas Hulot traduit une conception particulière de la démocratie qui, si elle devenait une règle ou du moins une pratique courante, mettrait en cause l'exercice même des pouvoirs publics.

   En effet Nicolas Hulot, lors de la publication récente de son "Pacte écologique", avait la possibilité de susciter un mouvement "politique" en étant candidat aux élections présidentielles ...et les sondages lui avaient alors promis environ 10 % d'intentions de vote, ce qui n'était pas négligeable au début d'une campagne électorale... Mais il a préféré y renoncer, estimant - sur le conseil de diverses personnalités pas toujours désintéressées - qu'il ne devait pas enfermer son action dans une "minorité de voix" et qu'il valait mieux conserver une totale indépendance... C'est à ce titre qu'il a fait signer son "Pacte" aux candidats déclarés et qu'il a pu appeler à "manifester" pour le respect de cette signature, bénéficiant à la fois d'un assentiment populaire ...et de la neutralité bienveillante du gouvernement, peu soucieux de heurter l'opinion sur un point "sensible"...

   Bien sûr, la "manifestation" en elle-même n'est pas une pratique nouvelle... Sans remonter très loin dans l'histoire, on peut rappeler que "le droit de pétition"et "d'insurrection" (vocabulaire de l'époque...) avait été reconnu par la Constitution de l'An I (1793)... Il est vrai que cette Constitution  n'a jamais été appliquée, puisque la Convention avait alors proclamé que "le gouvernement serait révolutionnaire jusqu'à la paix"... et que, sans attendre la paix, après l'élimination des Montagnards, elle avait proclamé la Constitution de l'An III (1795) oubliant ce "droit"...Depuis lors, à travers une succession de "régimes", la pratique de la "manifestation", sans être reconnue en "droit" n'en est pas moins devenue courante : le plus souvent,  d'ailleurs, elle a été le moyen de montrer son hostilité au pouvoir en place, aboutissant même à des "révolutions" effectives (1830 - 1848) ou avortées (1871 - 1968)... Néanmoins, la "démocratie représentative" a toujours repris le dessus, avec l'élection de députés chargés de faire évoluer les structures mises en cause : au 20ème siècle, il y a eu le Front Populaire de Léon Blum, le Front Républicain de Mendès-France, le Rassemblement du Peuple Français du Général De Gaulle, le Rassemblement pour la République de Jacques Chirac...

   Or l'initiative de Nicolas Hulot traduit ...manifestement... une méfiance vis-à-vis de la "démocratie représentative", et notamment de l'institution de la "Présidence de la République", dont les candidats sont  en quelque sorte "mis en demeure" de respecter un "Pacte" certes estimable, mais n'étant que'une "initiative privée" sans existence légale... Or cette marque de méfiance n'est pas la seule à apparaître dans le contexte des élections présidentielles... La candidate du parti "socialiste" en ...manifeste aussi une autre en évoquant la nécessité d'un "démocratie participative", dont elle veut donner l'exemple dans sa campagne, et qu'elle veut inscrire dans  les institutions avec sa proposition de "jurys citoyens"... Mais en fait Nicolas Hulot va plus loin, car son  initiative peut donner l'exemple d'une "démocratie... manifestative" dont le moins qu'on puisse dire est qu'elle ne sera pas nécessairement toujours contrôlable : elle signifiera en effet qu'à tout propos ...et même hors de propos elle pourra être considérée comme "le seul moyen de se faire entendre"... au mépris des représentants "régulièrement élus"...

   La "manifestation écologique" de Nicolas Hulot doit donc servir d'avertissement pour les pouvoirs publics, notamment pour la représentation nationale qui ne doit pas considérer qu'une fois élue elle a une "rente de situation" et qui a donc le devoir de se remettre toujours en cause en prenant le pouls de l'opinion par une relation constante avec les électeurs des circonscriptions, dont l'avis a plus d'importance qu'une manifestation dans une démocratie digne de ce nom...

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D
  Le référendum est effectivement un bon moyen de prendre l'avis de l'opinion sur certains problèmes. Mais il faut l'encadrer par des règles précises sauvegardant l'utilité de la démcratie "représentative" :<br />    - Le référendum doit faire l'objet d'un accord préalable entre le Gouvernement et le Parlement : côté gouvernement, il ne doit pas apparaître comme une recherche de "plébiscite" (réf: les précédents sous Napoléon 1er et Napoléo,n III, les "chantages au départ" de De Gaulle) ; côté Parlement, il doit recueillir l'avis identique des 2 Chambres... et  pour chacune d'elle pas nécessairement à la majorité absolue: on peut imaginer un pourcentage minimal (à déterminer) afin de sauvegarder un droit d'intervention de l'opposition (ce qui vaut certainement mieux que le risque de dérapage d'un référendum "d'initiative populaire"...<br />    - Le référendum doit porter sur des sujets importants, ce que permet le filtre de l'accord préalable, et le nombre doit en être limité au cours d'une législature (sauf cas d'urgence)...  Car leur répétition ferait perdre de la crédibilité au Gouvernement at au Parlement...et fatiguerait de surcroît l'électorat dont l'abstention rendrait le référendum peu significatif...<br />    - Le référendum ne doit pas entraîner une obligation pour le Gouvernement et le Parlement. Mais il va de soi qu'en cas de vote massif dans un sens ...ou dans l'autre, ceux-ci pourront difficilement ne pas en tenir compte
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C
La question de l'opposition du pouvoir législatif au pouvoir de la rue a été illustrée de façon paroxystique avec le CPE. La  question sous jacente est double : 1 une assemblée élue sur le modèle du scrutin uninominal à deux tours est-elle représentative du pays réel ?2 la rue dont la versatilité n'est plus à démontrer  est-elle mieux à même d'exprimer l'opinion citoyenne. ?Non, bien entendu aux deux questions. Une solution partielle pour les sujets de société dont la compréhension est générale passe surement par le réferendum .Un referendum débarassé de son coté plebiscite dont l'issue n'engage pas le gouvernement . Quant à Nicolas Hulot ça démarche est d'un ordre différent : il fait du business avec l'écologie. C'est un fonds de commerce qu'il exploite éhontement  en laissant croire que sur ce thème le bon peuple a des moyens de prévention. Escroquerie intellectuelle que nous sommes de plus en plus nombreux à dénoncer ...merci Claude Allègre !
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