Réflexions sur l'actualité en tous genres.
Les Français n'ont jamais été des champions dans le domaine des activités boursières ...et, même si le "change" a fait ses débuts dans les "foires de Champagne " au Moyen-Age, ils n'ont pas particulièrement brillé dans les affaires financières ...Ils ont donné au contraire le mauvais exemple, comme par exemple la banqueroute de Law en 1720, le scandale de Panama en 1891, la déconfiture des emprunts russes en 1918, ... leur participation à la crise de 1929, et ensuite les dévaluations successives du "franc" dans la 3ème moitié du 20 ème siècle, alors que leur monnaie avait été auparavant une référence de la richesse de la France, du "franc germinal" au "franc Poincaré"...
Et ce n'est certainement pas la crise financière née en 2006 de la spéculation hasardeuse des "subprimes" aux Etats-Unis et ayant ensuite suscité une crise économique dans l'ensemble du monde ...qui a pu encourager les Français à sortir l'argent de leur "bas-de-laine" - qui est pourtant estimé à 23 milliards d'euros, soit environ 150 milliards de francs - pour des placements en Bourse, comme les y encouragent régulièrement les gouvernements, soucieux de trouver des ressources pour le développement et la modernisation de l'économie ...Avertis par l'expérience, ils continuent à préférer des placements de "pères de famille" à long terme, même si l'intérêt en est limité, comme la Caisse d'Epargne, l'Assurance-vie, les fonds de retraite, ...à une spéculation toujours hasardeuse, pouvant certes apporter un maximum de "profits" dans un minimum de temps, ...mais pouvant aussi aboutir à une chute catastrophique des cours, comme cela s'est produit à partir de 2006 quand la "bulle" gonflée artificiellement par les "traders" sans correspondance réelle à une expansion économique ...s'est mise à éclater...
Les Français sont d'autant moins enclins à participer massivement à une telle spéculation qu'ils sont conscients - toujours en raison de leur expérience - que l'Etat, en cas de crise, n'aura pas d'autre solution que d'apporter son aide aux secteurs en difficulté ...en puisant sur son budget ou ses fonds de réserve, autrement dit de leur faire payer la note, ou du moins de la faire payer aux contribuables, c'est-à-dire à la minorité d'entre eux (environ 40 %...) qui sont assujettis à l'impôt sur le revenu ...Et cette aide est inévitable, sous peine de voir les "marchés financiers" imposer en France leur propre loi - comme cela a pu se faire ou a risqué de se faire dans un pays comme la Grèce... C'est ce qui se passe actuellement où la "finance internationale" accroît ses assauts contre la monnaie unique de l'Euro qui fait rempart contre les dérives boursières ...Ce n'est pas par hasard ou par fantaisie personnelle que la Chancelière allemande Angéla Merkel, malgré ses atermoiements, a pu déclarer que c'est désormais "un combat des politiques contre les marchés"...Or, qui doit faire la loi ?...Les marchés financiers au profit de spéculateurs jamais rassasiés ...ou les Etats responsables des conditions d'existence de leurs citoyens ?... La Bourse ou la vie ?...
En fait, il n'y a pas d'alternative possible ...Il est évident que le dernier mot doit rester aux "Etats" dont le fonctionnement est démocratique ...et non à des "Marchés" à visée ploutocratique ...Et, à ce titre, on ne peut que se réjouir du comportement des 16 Etats européens qui, dans le cadre d'une réunion de "l'Eurogroupe", viennent de prendre des décisions communes, d'autant plus importantes que le Président américain Barack Obama, conscient du risque encouru par les Etats-Unis vivant sur le crédit avec une dette abyssale, a manifesté l'intention de s'y associer : création d'un fonds de soutien et, surtout, régulation des marchés ...Car le "libéralisme" a ses limites et un "gendarme" est nécessaire en cas de "dérive" nuisible à la communauté mondiale ...
Mais pour autant les Etats - même regroupés et nonobstant l'appoint du Fonds Monétaire International - ne peuvent agir sur les marchés que s'ils disposent des ressources nécessaires ...Or ils sont pratiquement tous endettés, et leurs dettes se sont déjà aggravées depuis deux ans avec l'aide apportée aux banques ...Et ils n'ont donc pas d'autre solution, s'ils ne veulent pas aggraver le poids de la fiscalité de façon insupportable, ...que de "faire des économies" dans leur gestion ...C'est la solution déjà imposée de façon drastique en Grèce, compte tenu de l'urgence et des conditions exigées par la Banque européenne ...C'est aussi la solution envisagée en France, mais de façon plus mesurée et progressive, car le gouvernement de François Fillon, avec l'accord du Président Nicolas Sarkozy, se défend d'appliquer une "politique de rigueur" : gel des dépenses de l'Etat sur 3 ans, baisse de 10 % des dépenses de fonctionnement (environ 1 milliard d'euros), économies sur les "niches fiscales" concernant beaucoup de Français (environ 5 milliards d'euros), ...sans compter le "non-remplacement" d'un fonctionnaire sur deux (vieille antienne, ...chaque catégorie considérant que ce sont aux autres d'en faire les frais...), ...l'objectif étant de ramener le déficit de 8 % du PIB en 2010, à 6 % en 2011, à 4,6 % en 2012, et 3 % en 2013, soit 95 milliards d'euros d'économies en 3 ans ...Et il est difficile d'imaginer que les Français n'en feront pas finalement les frais, au dépens de leur ..."bas-de-laine"...