Réflexions sur l'actualité en tous genres.
Même s'il reste encore dans le monde quelques émules attardés des régimes totalitaires du 20ème siècle - nationaux-socialistes, communistes, ...ou intégristes religieux - il n'ya plus de "pensée unique" et la notion de débat s'est imposée dans un nombre croissant de pays en ce début du 21ème siècle...
C'est au titre d'un débat nécessaire pour la libre expression des opinions que sont apparus les partis politiques, c'est-à-dire des groupements de citoyens s'unissant pour obtenir des électeurs le droit de les gouverner ...Mais les partis politiques n'ont pas toujours trouvé les institutions propices à l'ordonnancement d'un tel débat. C'est l'Angleterre qui donne le bon exemple par l'instauration du "bi-parties-systèm", de façon paradoxale puisqu'elle n'a pas de texte consitutionnel et connaît même encore une monarchie ...Ce système a ensuite été appliqué aux Etats-Unis, comme l'atteste la prochaine échéance électorale du 6 novembre 2012 ...En France, il a fallu attendre la Constitution de 1958, révisée en 1962, pour qu'un tel système se mette pratiquement en place, symbolisé par les débats célèbres ...Giscard-Mitterrand ...Chirac- Jospin ...Sarkozy-Ségolène Royal ...et en mai 2012 Hollande-Sarkozy ..., les débats étant encore compliqués quand il il y avait "co-habitation", c'est-à-dire une opposition entre la majorité présidentielle et la majorité législative...
Ces débats ont souvent été retenus en France comme l'opposition entre la "gauche" et la "droite" ...Mais cette terminologie n'a pas de grande signification : d'abord elle n'est définie que par la position des députés dans l'hémicycle du Palais-Bourbon et des sénateurs au Palais du Luxembourg à partir de la tribune, et elle aurait pu être inversée si on avait pris l'habitude de considérer cette position en regardant la tribune ...Par ailleurs, si on fait l'histoire des notions de "droite" et de "gauche", on constate que la "droite" a toujours été évoquée comme "valorisante" (les élus à la droite de Dieu !), tandis que la "gauche" était assimilée à la "maladresse" ...Et de toutes façons, ces notions n'ont aucune signification dans les nombreux pays n'ayant pas d'hémicycle ...
En fait, ce qui compte dans tous les pays - dont la France - c'est la différence entre deux conceptions de gouvernement : celle du "libéralisme" faisant prévaloir la liberté individuelle - la liberté des uns ne trouvant sa limite que dans celle des autres - et celle du "socialisme", entendu au sens de la "sociale-démocratie", plus coercitive et accordant la priorité à l'intérêt collectif ... C'est entre ces deux conceptions que balance le corps électoral, ce balancement pouvant avoir des raisons diverses, parfois concomitantes, comme "l'usure du pouvoir" entraînant une volonté de "changement" (mot souvent utilisé d'un bord comme de l'autre) ...ou contexte extérieur comme la crise économique sévissant depuis 2007...
Mais, pour autant, le débat doit rester clair, ce qui n'est pas le cas actuellement en France, quand les participants changent d'avis : c'est le cas quand le Président François Hollande se rallie à la diminution du coût du travail qu'il avait condamné dans ses engagements pour faciliter la diminution du chômage ...ou quand le 1er Ministre Jean-Marc Ayrault déclare ce jour 30 octobre 2012 que "la semaine de 35 heures n'est pas un tabou", alors qu'il s'agit d'une "vache sacrée" héritée de sa collègue et éventuelle remplaçante Martine Aubry ...Inversement, le Secrétaire de l'UMP Jean-François Copé brouille les cartes quand il évoque la possibilité "d'appeler à manifester contre les projets du gouvernement", c'est-à-dire à utiliser le "folklore" des socialistes depuis un siècle (Front Populaire 1936, défilé contre la réforme ...Fillon 2003, ...contre le CPE 2006, ...Woerth 2006) ...Pourquoi pas, pendant qu'on y est, "le droit à l'insurrection" , comme le prévoyait la Constitution de 1793, il est vrai jamais appliquée ...Le parti supposé "de l'ordre" appelant au "désordre" ! ...Mais où va la France ?...Le débat est ouvert...