Réflexions sur l'actualité en tous genres.
L'Histoire a toujours été - et de loin - l'activité intellectuelle la plus prisée des hommes, ...avant la géographieapparue tardivement avec la lente progression de la représentation de la Terre, ..mais aussi avant la poésie, le théâtre et le roman longtemps réservés à une élite capable de comprendre, de lire et d'écrire...
En fait, l'Histoire commence avec l'apparition de l'écriture, qu'il s'agisse des hiéroglyphes en Egypte, des inscriptions cunéiformes en Mésopotamie ou des idéogrammes de la Chine au 1er millénaire avant JC , ...du moins une Histoire des faits et gestes des hommes, car il est possible de considérer que les gravures pariétales de la "Pré"-Histoire sont déjà une manière, à cette époque beaucoup plus longue de plus d'un million d'années, de transmettre des témoignages, à caractère magique, d'activités dominées par les rapports avec les animaux...
Si l'on s'en tient à "l'Histoire", il faut d'abord constater que celle-ci n'est parvenue jusqu'à l'époque contemporaine que de façon fragmentaire, ...soit parce que les ancêtres n'ont pas éprouvé le besoin de raconter tout ce qu'ils faisaient - à l'image des Gaulois pratiquant la transmission orale et n'utilisant l'écriture que pour des motifs religieux - ...soit parce que de nombreux textes ou inscriptions ont été perdus ou détruits, comme, par exemple, les souvenirs laissés par le pharaon réformiste Akhénaton, et martelés par ses successeurs, au 14ème siècle avant JC...
Ensuite, il paraît évident que les auteurs des textes conservés n'ont as eu, jusqu'à la période contemporaine, le souci de "l'exactitude" ...Le plus souvent, leurs textes sont "partiaux", en ce sens qu'ils veulent le plus souvent laisser un témoignage "édifiant" : c'est le cas de la Bible, première "somme" ayant pour but non pas de raconter l'histoire des hommes depuis la création légendaire d'Adam, mais de justifier la puissance de Dieu , ...ou encore des Vies des Saints au Moyen-Age, qui sont des "hagiographies" embellissant volontairement ces personnages pour qu'ils servent d'exemples...
Cette déformation de l'Histoire est également flagrante quand elle cherche à justifier "après coup" la formation de "nations" en Europe ...C'est le cas de la France où, sous l'influence de Jules Michelet au 19ème siècle, l'Histoire devient une évocation d' évènements et de personnages hors de proportion ave'c leur importance effective : Vercingétorix sorti des oubliettes pour préfigurer une "unité" qui n'existait pas au temps de la conquête de la Gaule par Jules César ...Jeanne d'Arc qui a certes symbolisé une résistance à l'envahisseur anglais mais n'a même pas été soutenue par le Roi de France et rachetée par lui après sa capture ...Napoléon 1er, qui a assurément mis fin aux désordres de la Révolution et créé des institutions comme le Lycée, la Légion d'honneur, le Code Civil , mais n'en a pas moins exercé un pouvoir dictatorial ayant peu à envier à certains régimes du 20ème siècle et a été responsable de la mort d'au moins un million d'hommes, ce qui permet de rester rêveur devant le transfert de sa dépouille aux Invalides ...De même il y aurait beaucoup à nuancer sur la commémoration du 14 juillet, le drapeau tricolore, la Marseillaise, la "drôle de guerre" en 1940 ...Bien entendu, il n'est pas question de nier tous ces faits, mais il conviendrait de les remettre à leur vraie place...
Pour autant, il ne faut pas prétendre faire de l'Histoire une science exacte ...D'une part, l'Histoire ne peut évidemment pas relater tout le passé, et les historiens doivent donc faire un choix ...et ce choix peut sans cesse être remis en cause, ne serait-ce qu'à la suite de la découverte de documents jusqu'alors inconnus ...D'autre part, la logique éventuelle des évènements reste une construction ayant le plus souvent échappé à ceux qui y ont participé : ainsi en est-il de la Révolution dont il a fallu plus d'un siècle pour en déterminer les causes : mouvement philosophique ayant sapé l'Ancien Régime, mauvaises récoltes provoquant des émeutes de la faim ("du pain et des armes"!) ...Louis XVI écrit dans son agenda, le 14 juillet 1789 : "Rien" ...
Car il y a largement une part de hasard dans le déroulement de l'Histoire, et celle-ci aurait pu se dérouler tout autrement si ...si ...Comme l'a dit Pascal, "si le nez de Cléopâtre avait été plus long", qu'aurait fait Antoine, et comment aurait alors évolué l'Empire Romain ?...Pour revenir à Louis XVI, sait-on seulement qu'il n'a été exécuté qu'à la suite ...d'une erreur de calcul ?...Le 17 janvier 1793, la Convention vote sa mort immédiate par 366 voix, soit 6 voix (seulement) de majorité, le bannissement ne recueillant que 319 voix ...Le vote étant contesté, la Convention fait un nouveau décompte le 18 janvier ...et il n'y a plus que 361 voix, soit un voix de majorité : le pauvre roi est donc exécuté ...Mais plus tard on découvrira qu'un vote a été inversé par erreur et qu'un député "régicide" n'ayant pas la nationalité française n'aurait pas dû voter ... Ainsi, à une voix près, Louis XVI aurait dû avoir la vie sauve ...et ...qui sait ..., dans le calme revenu, il aurait peut-être pu devenir un monarque constitutionnel à l'anglaise, qui règne et ne gouverne pas ...et il n'y aurait pas eu alors en France 10 régimes successifs ...si ...si ..."on mettait Paris en bouteille"...
Ceci dit, ...si ...l'enseignement de l'Histoire est ainsi renouvelé, ce ne sera pas une raison pour l'entraîner dans les errements actuels, où on prétend donner une "formation thématique" ...Plus de chronologie (Ah... le crime d'imposer de retenir 1515 Marignan !), et les élèves sont incapables de metrre Vercingétorix, Charlemagne, François 1er, Louis XIV, Napoléon et De Gaulle dans le bon ordre...Et une réflexion sur des évènements mal connus, assortie de condamnation officielle de certains faits par des lois dites "mémorielles" (l'esclavage, la guerre, le capitalisme, etc, etc...) ...Mais c'est une autre ...histoire !