Réflexions sur l'actualité en tous genres.
L'homme a toujours vécu entre deux mythes, celui du "péché originel" - suivant lequel il est "faillible" dans une société irresponsable - et celui de l'être naturellement "bon" qui est corrompu par la société, comme l'affirmait le philosophe français Jean-Jacques Rousseau...
En fait, il n'est pas besoin de mythes pour constater la réalité de cette alternative ...Car il y a effectivement des individus qui nuisent plus ou moins gravement à la société, mais il y en a aussi qui subissent l'empreinte d'un milieu misérable, voire subversif...
Dans ces conditions, l'exercice de la justice est difficile ...En effet, elle a pour fonction d'infliger une sanction pour toute faute au titre de la protection de la société, mais cette sanction doit être appropriée au cas de chaque individu fautif ...Et, en l'occurrence, il faut admettre que la justice ne donne pas satisfaction en France, quand on relève que 60 % des personnes entrant en prison en sortent avant ...6 mois, et que 60 % des anciens détenus retournent sous les verrous dans un délai de ...5 ans après leur libération, ce qu'on appelle la récidive... L'identité des pourcentages est saisissante, et elle justifie donc la décision du gouvernement de réunir une "conférence du consensus" pour réformer la justice...
Les recommandations de cette "conférence" sont d'autant plus intéressantes que ses membres sont des personnalités de la "société civile" ayant toute liberté d'appréciation et de proposition, aussi bien vis-à-vis du gouvernement que des professionnels de la justice ...Ces recommandations partiraient de la constatation que le nombre des détenus a augmenté de 34 % depuis 10 ans, et que cette augmentation serait surtout due à un nombre croissant de "délits" dits "mineurs" (comme le contentieux ou l'usage de stupéfiants) alors que le nombre de "crimes" (homicide, viol, vol à main armée) serait relativement stationnaire ...Et elles proposeraient la création de trois niveaux de sanctions :
1. Les "sanctions" dites "patrimoniales" consistant à imposeer des "jours-amendes", c'est-à-dire des amendes qui ne seraient transformées en jours de prison que si les condamnés ne les paient pas, ou encore et si possible la confiscation des biens.
2. Les "peines exécutées dans la communauté", c'est-à-dire en dehors de la prison, et appelées peines de "probation", donnant lieu à des contraintes comme le port d'un bracelet électronique, un contrôle régulier du juge d'application des peines, l'obligation de faire des travaux d'intérêt général, et éventuellement la néccessité de soins et l'interdiction de certains lieux.
3."L'incarcération" - autrement dit la "prison", limitée aux "crimes" ayant entraîné la mort ou des conséquences graves pour les victimes.
Mais la "conférence" recommanderait aussi des mesures plus "libérales" : d'une part, la "déjudiciarisation" de nombreux délits dont la sanction ne donnerait pas lieu à un jugement, ceci à la fois pour décongestionner les tribunaux en nombre insuffisant et accablés par les dossiers - le retard pouvant entraîner une condamnation d'individus en pleine ré-insertion - et pour décongestionner les prisons où les condamnés s'entassent dans des conditions de promiscuité et d'hygiène favorisant les récidives et les entraînements, alors qu'il conviendrait , conformément à un engagement pris auprès de l'Europe, de parvenir à un "encellulement individuel" ...D'autre part, "l'automaticité de la réduction des peines" rendant caduques les décisions parfois longuement mesurées et réfléchies des tribunaux et de leur jurys, et accordant ainsi une sollicitude prioritaire envers les condamnés, sans la moindre considération de leurs victimes ou, en cas de mort, de leurs "ayant-droit"...
On aurait donc pu attendre que la Ministre de la Justice, Christiane Taubira, d'origine modeste en Guyane, mais ayant acquis non sans mérite un haut niveau universitaire, tout en élevant seule, suite à un divorce, 4 enfants, fasse preuve de mesure pour la solution des problèmes ...Malheureusement, Christiane Taubira, qui s'était déjà illustrée par une loi "mémorielle" sur l'esclavage en 2001 au mépris de l'objectivité de l'Histoire, et qui ensuite a pris délibérément parti en 2012 pour le "mariage pour tous" divisant pourtant les Français, n'a pas attendu un débat sur l'aménagement de la justice, en proclamant "tout, sauf la prison", comme si cette affirmation résolvait tous les problèmes, la "ré-insertion" étant pour elle une panacée excluant la "détention"...Manifestement, elle oublie que, comme Ministre de la Justice, elle doit assurer en priorité la protection de la société et être la garante de l'exécution des peines que les tribunaux, en toute indépendance, ont décidé ...Et elle risque, en raison de l'attachement légitime des Français à leur sécurité, de subir ...la sanction de leur électorat...