Réflexions sur l'actualité en tous genres.
On parle volontiers de "Révolution agricole" en France pour y opposer le passé et le présent, alors que l'agriculture n'a cessé d'y évoluer depuis l'Antiquité... En fait, le vrai problème est l'accélération de cette "évolution", qui amène à se poser la question de l'avenir de l'agriculture en France...
Avant 1940, les livres d'histoire de l'école primaire disaient : "Autrefois, notre pays s'appelait la Gaule et ses habitants les Gaulois... Ceux-ci vivaient dans des huttes avec un trou au sommet pour laisser passer la fumée"... Erreur totale, car la Gaule était "civilisée", et Jules César ne s'y était pas trompé, qui l'avait conquise non pas pour y apporter "la civilsation romaine", mais pour en exploiter les richesses... Des bas-reliefs gallo-romains montrent qu'on y avait inventé le tonneau (beaucoup plus pratique que l'amphore...) et, en certains lieux, des instruments mécaniques... Et l'exploitation de la forêt y était déjà importante sur un plan économique et religieux (les druides...)
Au Moyen-Age, l'agriculture est présente dans de nombreuses enluminures où l'on voit les paysans au travail avec toutes sortes d'instruments, et on sait qu'ils respectaient un calendrier précis jalonné par des fêtes de "saints"... On substitue alors la charrue à soc à l'araire, on y développe les premiers assolements et le fumage des terres...Certes, il y a encore des famines, mais celles-ci sont surtout dues...à l'essor de la population issu des progrès agricoles ayant comme contrepartie des crises de subsistances en cas d'intempéries graves et, plus fréquemment, de guerres...
Les progrès se poursuivent ensuite jusqu'à l'époque moderne et contemporaine où, à la suite des Physiocrates, se développe la recherche agronomique avec une amélioration des pratiques et une mécanisation accrue (charrue Brabant, herse, semoir, moissonneuse-lieuse,etc...). Les "anciens" se souviennent encore des champs couverts de "javelles" après la moisson, avec les "glaneuses" (cf Courbet) et les "meules" (cf Monet)... Il y avait encore en 1940 un monde rural (agriculteurs mais aussi artisans et commerçants des villages) estimé à environ 20 millions, soit la moitié de la population totale...
Or, maintenant , il y a seulement entre 15 et 20 % de population rurale, et moins de 1 million d'agriculteurs, en raison de l'emprise des "marchés" qui ont conduit à une véritable "industrialisation " de l'agriculture : tracteurs à la place des chevax et boeufs, engrais chimiques et pesticides, sélection des semences...jusqu'à la pénétration des OGM... Une telle évolution n'a pu se faire que par des aides intérieures et une protection douanière de l'extérieur en France et dans le reste de l'Europe, ce qui est le fondement de la "Politique Agricole Commune" (PAC)... Cette politique a été incontestablement un "bienfait" lors de sa création, car elle a permis une "transition" dans l'évolution du monde rural, qui aurait sinon suscité un vrai drame humain et éventuellement une agitation populaire généralisée (cf les viticulteurs...)
Il n'en est pas moins vrai que, désormais, les gros et moyens propriétaires ou fermiers deviennent la majorité et qu'ils sont donc les principaux bénéficiaires des aides qu'il ne faut plus voir seulement comme de la "solidarité envers les petits exploitants", ce qui conditionne de plus en plus à tort le comportement des responsables politiques... Et dans un pays comme la France, qui veut donner l'exemple de l'aide ...aux pays défavorisés, cette situation fait désordre, et on comprend le ressentiment de ces pays (cf Réunion de l'OMC)... même si certains - rien n'est simple - jouent "double jeu" comme la Chine, l'Inde ou le Brésil qui sont en train de passer rapidement au rang de grandes puissances mondiales...
Mais où va-t-on alors ?... Il faudra bien que des produits "concurrentiels" disparaissent en France, comme la betterave à sucre (Cf la canne) ou les plantes à huile (Cf l'arachide), etc... Les cultures secondaires et les terres médiocres seront abandonnées... Déjà les "hautes terres" des montagnes retournent aux broussailles et à la forêt (qui s'accroît sensiblement en France...). On encourage la "jachère", ce qui choque évidemment dans un pays qui l'avait éliminée... En dehors de grands champs avec gros engins ,et de vastes prairies,... que deviendra le "paysage français ? Des jardins écologiques, des sites naturels ou des friches où on aura réintroduit les ours et les loups ?...