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19 septembre 2008 5 19 /09 /septembre /2008 09:16

   Il paraît que les Français ne connaissent pas la Géographie ...mais ce dicton populaire est de plus en plus faux en raison de la mondialisation de l'information ...En fait, les Français ignorent surtout l'Economie, et ils ont des excuses, car les "économistes" eux-mêmes ne s'y retrouvent pas, à en juger par l'incertitude de leurs analyses sur la crise financière qui ébranle actuellement le monde...

   Pourtant cette crise financière n'est pas nouvelle, puisque l'économie mondiale est régulièrement affectée par des secousses mettant en cause son équilibre, la plus importante ayant été la crise de 1929 ...et la plus récente ayant été l'éclatement de le "bulle Internet" en 2002... Et, dans tous les cas, elle a la même origine, à savoir les Etats-Unis, qui symbolisent "l'économie libérale", c'est-à-dire une économie fonctionnant en toute liberté par le jeu de l'offre et de la demande - du moins en principe - sans l'intervention d'organismes extérieurs, politiques ou juridiques... Il est donc logique de s'interroger sur la valeur d'un tel système...

  D'abord, ce n'est pas par hasard que ce genre de crise éclate toujours aux Etats-Unis, car il est notoire que leurs citoyens vivent essentiellement "à crédit" ... Ce comportement favorise la continuité de la croissance économique, en assurant les débouchés nécessaires à la production, mais il comporte des risques, s'il ne fait pas l'objet de "garde-fous" ...Or,en l'occurrence, pour éviter la récession après la secousse de 2002, la Réserve Fédérale des Etats-Unis (FED) n'a rien trouvé de mieux qu'une baisse brutale des taux d'intérêt de prêt ...permettant ainsi à leurs citoyens de continuer à s'endetter, alors qu'il aurait fallu faire le contraire, ou du moins freiner cette pratique ...Pire encore, la FED a encouragé les banques à prêter "à-tout-va", y compris à des gens insolvables qui, par souci de leur bien-être, n'hésitaient pas à acheter des biens immobiliers en escomptant rembourser leurs échéances par les "plus-values" espérées... Malheureusement, la "bulle" ainsi gonflée sans garantie matérielle a fini par éclater (affaire des "subprimes") ...et non seulement les emprunteurs ont dû vendre leurs biens hypothéqués à bas prix - quand ils y parvenaient - mais les banques elles-mêmes ont été mises en difficulté ...et on est passé ainsi des petites faillites ...aux grandes faillites qui maintenant défraient la chronique, comme celle de Lehman Brothers considérée naguère comme "le fleuron de la finance américaine et mondiale", ...d'autres Sociétés ne devant d'ailleurs leur salut - peut-être seulement provisoire - qu'au rachat par d'autres groupes (ex: Merril Lynch par Bank of America)...ou à une nationalisation de fait par l'Etat Fédéral (ex: les Assurances AIG)...

   Néanmoins, le problème n'aurait eu qu'une importance limitée s'il n'avait concerné que les Etats-Unis... L'ennui est que les Etats-Unis sont encore la 1ère puissance économique du monde, et que le dollar reste la principale monnaie d'échange internationale ...en dépit de son affaiblissement qui, d'ailleurs, encourage son utilisation de préférence à des monnaies plus fortes comme l'euro (ex :la vente des avions d'EADS pour la France) ...La crise financière des Etats-Unis est ainsi exportée, de sorte que les cours des actions baissent dans toutes les Bourses (Londres, Paris, Tokyo...) et que les banques remontent partout leurs taux d'intérêts, déclenchant le "cycle infernal" : diminution des crédits, baisse de la consommation, limitation de la production, frein au recrutement et même montée du chômage suivant les secteurs ... Comme d'habitude, "les puissants boivent "(le bouillon...) et les "faibles trinquent"... Et le Fonds Monétaire International (dirigé par le socialiste français Strauss-Kahn...) ne peut que constater les dégâts, en soulignant l'inéluctable ralentissement de la croissance mondiale...

   Dan ces conditions, c'est l'organisation même de l'Economie qui est mise en question, puisqu'on ne sait manifestement plus comment choisir entre le maintien du "libéralisme" ou l'intervention des autorités politiques, c'est-à-dire "l'étatisme" ...A ce titre, on peut citer le jugement porté par Denis Viénot, ancien Président de Caritas Internationalis : "Ce qui est en cause, c'est à la fois la politique ultra-libérale d'un pays et la tolérance invraisemblable de la communauté internationale. Cela traduit la folie et les erreurs de cette idéologie. Quand les mécanismes financiers ont perdu la boussole, on est en droit de se poser des questions éthiques sur le rôle de l'Etat, sur la déficience des autorités de contrôle aussi bien au niveau national qu'international"... Car, dans toute cette affaire, on a vraiment l'impression que c'est ..."l'Economie pour les Nuls" !

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commentaires

Diatala 23/09/2008 16:36

Le capitalisme sauvage est tyrannique et ultralibéralisme n'est que son vil serviteur.  Un système qui doit cesser pour rétablir des mesures équitables et profitables à tous. Les USA poussent la planète à l'exsanguination dans tous les domaines et cela doit cesser pour éviter le pire. Dresser des constats ne sert à rien, il faut des hommes qui agissent pour circonscrire le mal à la base. Mais...

Daumont Jean 21/09/2008 22:52

   "L'économie est malade de la finance" ...titre d'un article du Figaro-Magazine du 20 septembre, dont voici un paragraphe : "Ivre d'elle-même, grisée parles sommes colossales que son activité produisait, elle a - miracle de la 'titrisation' - inventé des techniques toujours plus sophistiquées. Au rencart, actions et obligations ! Des petits génies des mathématiques ont mis au point des produits mirobolants, cocktails de dettes, de paris sur l'évolution des cours...Ils ont brouillé les cartes, disséminé partout des 'vitamines' censées doper les performances qui étaient autant de pilules empoisonnées. Et c'est ainsi que le virus des 'subprimes', qui, sans cela, serait resté confiné en Amérique, a répandu la maladie de la défiance dans le monde entier" ...Renseignements pris dans une étude économique, les dirigeants et courtiers de Wall Street pouvaient se verser en moyenne par an une rémunération globale de 95 milliards de dollars... Et maintenant ce sont les contribuables américains, qui, d'une manière ou d'une autre, vont payer les 700 milliards de dollars injectés par l'Etat fédéral pour compenser leurs bêtises crapuleuses... Et les autres pays du monde ne sont pas à l'abri, en particulier en France, où les capitaux américains sont de plus en plus présents dans ses entreprises, et qui ne pourra pas échapper à un ralentissement de la croissance et aussi à un "tour de vis" fiscal pour ne pas aggraver encore la Dette publique ...Le Tribunal de La Haye devrait inventer le "crime de délit financier" !

Jacques Heurtault 19/09/2008 18:56

De retour, comme vous le savez, d'un voyage aux Etats Unis de plus de quatre semaines, au coeur même de la zone historique de fondation de cette nation, je suis à meme de confirmer tout ce que vous dîtes ... Sauf sur un point ...Cette crise était en effet prévisible car les fondamentaux structurels de l'économie américaine notamment mais aussi mondiale ne sont pas bons. Cela fait des décennies que le monde entier vit sur un véritable océan de dettes. Cette océan est devenu, dans la dernière décennie, un tsunami en puissance.Dès lors que au moins 95% voire 97% des flux monétaires ne sont pas fondés par des échanges commerciaux de biens ou de services, l'économie toute entière (la vraie!) qui pèse alors "peanuts" face à l'autre, la virtuelle, peut se trouver balayée du jour au lendemain.Il faut se réjouir que le gouvernement américain ait pris les décisions qu'il a prises! S'il n'en avait pas été ainsi, c'était un nouveau Jeudi Noir à Wall Street ... Ni plus ni moins!En 1929, l'idée même que la puissance publique puisse intervenir dans l'économie était ABSOLUMENT impensable! C'est Franklin Delanoe Roosevelt qui a initié ce processus avec la Tennesse Valley Authority, en 1933. A l'époque cela avait fait scandale ... Il s'agissait pourtant d'une intervention dans l'économie réelle!Cette fois-ci, c'est l'intervention financière directe qui est la grande nouveauté! Pensez donc! Les autorités publiques américaines viennent, ni plus ni moins, que de procéder à la NATIONALISATION de deux très grandes institutions financières du pays ... Même Roosevelt, s'il voyait cela, se retournerait dans sa tombe! Quelle claque!Affaire à suivre ... de très près.