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On ne doit parler qu'à celui qui est prêt à entendre (anonyme)

Le croyant sait qu'il croit ...Le savant croit qu'il sait ...

Les gens n'aiment pas que ...on prenne une autre route qu'eux... (Brassens)

Nous n'héritons pas de la Terre, nous l'empruntons à nos enfants (Saint-Exupéry)

Le passé n'est jamais simple, le présent est indicatif, et le futur est toujours conditionnel (Cocteau)

Des chercheurs, on en trouve ...des trouveurs, on en cherche... (De Gaulle)

Il y a toujours quelque chose qui naït quand quelque chose meurt (anonyme)

Quand mon verre est plein, je le vide ...Quand mon verre est vide, je le plains...(anonyme)

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VU - LU - ENTENDU

John Paul MEIER  Un certain Juif - Jésus - Les données de l'Histoire  Ed. Cerf

Catherine NAY  Un pouvoir nommé désir - Ed. Grasset

Alain DUHAMEL  La Marche Consulaire - Ed. Plon

Christine CLERC  De Gaulle - Malraux , une histoire d'amour  - Ed. Nil

Alain SOUCHON  Ecoutez d'où ma peine vient - Parachute doré - Texte Laurent Voulzy - Coll. Opendis

Jacques TENIER  Faire la paix dans les régions du monde - Ed. L'Harmattan
 
Olivier AMEISEN  Le dernier verre - Ed.Denoël

 

Frédéric LENOIR  Le Christ philosophe - Ed. Plon



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Introduction

Le site s'intitule "Convergences" parce que son but est de rapprocher les points de vue sur des sujets difficiles de l'actualité ou plus généralement des activités humaines... Chaque article - rédigé en fonction des circonstances - ne traduit que l'opinion de son auteur et peut appeler des commentaires...et il ne faut pas rêver : les avis seront parfois inconciliables... Mais au moins la discussion permettra de réfléchir et donc d'approfondir la connaissance des sujets.


Mardi 30 juin 2009
   Il a suffi qu'un nombre infime de femmes musulmanes résidant en France se mettent à y porter la "burqa", c'est-à-dire un voile intégral ne laissant apparaître que les yeux - parfois derrière un grillage - version accentuée du "niqab" ne cachant que les cheveux, pour que le débat soit à nouveau ouvert sur le port du voile qui avait déjà défrayé la chronique en 1989, ...le Président de la République y ayant même fait allusion dans son discours devant le Congès à Versailles le 22 juin 2009, en soulignant qu "c'est un signe d'asservissement mettant en cause la liberté et la dignité de la femme" ...Fortes paroles incontestablement dignes d'un pays comme la France, patrie des droits de ...l'homme ...Mais le problème n'est pas si simple...

   En effet le "voile" et, à travers lui, si l'on peut dire, la place de la femme sont un problème ancien ...Même sans remonter à l'exemple mythique d'Adam et Eve, il faut admettre que la femme a toujours été maintenue par l'homme dans un état de subordination au cours de la longue histoire "machiste" des civilisations ...Et le voile cachant au moins les cheveux dans le visage de la femme, comme la robe ou la tunique descendant jusqu'à ses pieds, ont été comme une "seconde nature" acceptée par la femme elle-même ...On peut évoquer la tenue de Marie, mère de Jésus-Christ, telle qu'elle est représentée dans les icônes anciennes, toujours avec un voile autour du visage ...Et au 20ème siècle en France, alors que le droit de vote leur était enfin accordé en 1945, il y avait encore beaucoup de femmes - et pas seulement des grands-mères à la campagne - qui ne sortaient pas sans mettre un "fichu" autour de la tête, en portant par ailleurs des jupes longues, souvent grises ou noires, car le deuil des parents était plus précoce que maintanant... Ces traditions se sont certes largement évanouies en ce début du 21ème siècle dans la plupart des pays "occidentaux" ...mais elle se sont maintenues avec diverses nuances dans beaucoup d'autres pays du monde, souvent en raison du maintien d'une forte influence religieuse, mais aussi par un respect profondément enraciné d'usages très anciens ...C'est le cas de communautés musulmanes déjà ...déracinées en venant en France, auxquelles il est difficile d'imposer de façon autoritaire et sans concertation l'adoption des "pratiques" françaises ... Si la situation était inversée, est-ce qu'une Française accepterait facilement de rompre avec son genre de vie, ses vêtements et ...sa coiffure ?...

   D'ailleurs, qu'on le veuille ou non, l'interdiction du voile, quelle qu'en soit la nature - burqa, niqab, tchador...- ne peut être qu'une mesure "discriminatoire" contraire au principe de liberté, d'autant plus fâcheuse qu'elle ne concernerait que les femmes musulmanes ...Est-ce que, parallèlement, on interdirait aux hommes juifs de porter la "kippa" ?... Et faut-il vraiment une "loi" pour interdire ...une coiffure, comme si elle était un danger public ?...Et qu'interdira-t-on ensuite ?...Certaines robes ?... Une Noire africaine pourra-t-elle encore arborer un "boubou" ?... Il faut donc "raison garder" ...Si une femme musulmane veut afficher une fidèlité à ses traditions, pourquoi pas ?...Si par contre, elle veut manifester de façon agressive sa religion au titre d'un courant intégriste, il y a certainement d'autres moyens que la sanction pour la dissuader ...A ce titre, l'idée avancée d'instituer des "femmes-relais" dans les communes ou certains quartiers pour dialoguer avec les femmes portant le voile et avec leurs maris mérite d'être approfondie... Car la liberté de pratiquer sa religion doit trouver sa limite naturelle dans le respect de la laïcité incrite dans le préambule de la Constitution, ce qui implique toute manifestation ostentatoire dans les lieux publics...

   Et si on tient vraiment à réagir contre certaines pratiques, il y a mieux à faire que de s'en prendre à une coiffure ... par exemple en veillant à ce qu'il n'y ait pas de "mariages contraints" ou de "polygamie", et cela ne concerne pas seulement les communautés musulmanes ...On peut aussi s'interroger sur le comportement "occidental" , où "l'érotisation" du corps féminin ou l'image de la "femme-objet" n'ont rien d'exemplaire et peuvent même justifier le recours à la discrétion...
Par Jean Daumont - Publié dans : Actualité - Communauté : Réformer la France
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Lundi 22 juin 2009
   Changer l'avenir ...Tel est le but assigné à la France par le Président Sarkozy dans son discours du 22 juin 2009 ...Et il faut convenir que ce but, dans le contexte d'une crise économique entraînant un taux de chômage d'environ 10 %, relève plus du volontarisme que du réalisme...

   Assurément, le Président "a mis le paquet" en donnant à son discours une solennité particulière ...Le choix du site du château de Versailles est incontestablement symbolique, mais il n'a pourtant rien d'extraordinaire, puisqu'il a été le lieu de réunion de tous les Congrès regroupant l'Assemblée Nationale et le Sénat depuis le début de la ...3ème République, et que déjà Adolphe Thiers s'y était exprimé en  ...1873. Et cette reprise d'un discours du Président devant le Congrès n'a rien d'anormal, puisqu'elle avait été adoptée dans la réforme constitutionnelle de 2008 à la majorité des 3/5 ème à ...une voix de majorité, celle "attribuée" au ...socialiste Jack Lang, et qu'elle était d'ailleurs le résultat du passage au quinquennat présidentiel voulu par un autre socialiste, Lionel Jospin, l'alignement sur la durée du mandat de l'Assemblée Nationale ayant fait du Président le chef naturel de la majorité en cas d'identité de vote...Et un tel discours devant la représentation Nationale est d'ailleurs pratiquée dans beaucoup d'autres pays démocratiques pour les détenteurs du pouvoir exécutif, comme le Président des Etats-Unis avec le "discours sur l'état de l'union", le(la) chancelièr(e) en Allemagne, le Président du Conseil en Italie, ...avec le cas particulier de l'Angleterre où le "discours du trône" rédigé par le 1er Ministre est lu par le Chef de l'Etat qu'est la Reine ... Et, dans tous les cas, cette prérogative ne confère pas un pouvoir supplémentaire et elle est, au contraire, une marque de déférence envers les représentants du pays ...Il est donc vain de parler "d'hyper-présidendialisation" à propos de cette "nouveauté", comme il est ridicule de refuser de siéger et de participer à un débat auquel , de toutes façons, le Président ne peut participer, n'étant pas "responsable " devant le Congrès en vertu de la séparation des pouvoirs ...

   En fait, l'essentiel n'est pas sur la forme, mais dans le contenu ...Et, en l'occurrence, le Président Sarkozy a abordé des problèmes importants en faisant des propositions claires pour leur solution : sur le plan économique, il a insisté sur la nécessité prioritaire des investissements productifs, qui avaient sensiblement baissé depuis environ 10 ans, et pour les financer, il prend l'initiative d'un "emprunt", autrement dit d'une participation intéressée de l'ensemble des Français, et ceci de préférence à une "politique de rigueur" ou à une "augmentation des impôts" ...impopulaires et contre-productifs ...Sur le plan social, il reprend son idée ancienne et non encore suivie d'effet d'un partage du bénéfice des entreprises entre l'investissement, les actionnaires et les salariés et il décide de s'atteler au problème difficile mais incontournable de la Retraite comportant notamment l'allongement de la durée d'activité ...Quant aux jeunes, il annonce une réforme des lycées où l'importance respective des filières a été dévoyée, en vue d'assurer une meilleure préparation à l'emploi ..Par ailleurs, il intègre la nécessité d'un effort sur le plan écologique afin d'assurer une meilleure défense de l'environnement ...Enfin, il marque sa détermination à réliser une réforme des collectivités locales, notamment par l'unicité de la charge de conseiller territorial pour le Département et la Région ...Toutes ces propositions manifestent une ambition louable ...

   Néanmoins, elles laisssent planer de nombreux doutes ...Ainsi l'emprunt peut paraître intéressant à court terme, mais il ne peut qu'aggraver l'importance de la Dette publique qui représente environ 600 milliards d'Euros - soit l'équivalent de 60 % du PIB - l'un des plus importants du monde en pourcentage ...Et si le Président Sarkozy dénonce les "niches fiscales", il ne touche pas au seuil de "non-imposition" et il ne prévoit pas un plan d'augmentation des salaires - même modulé en fonction de la crise économique - alors qu'une telle augmentation pourrait contribuer à une augmentation du pouvoir d'achat ...et donc à une reprise de l'économie ...Il s'expose ainsi à des critiques sur le manque d'ampleur et surtout d'efficacité de son programme ...et déjà, aux membres de sa majorité affirmant "qu'il a montré la voie", répondent ceux de l'opposition  : "Tout çà pour çà !" ...Comme disait naguère le Général De Gaulle, "les Français étant ce qu'ils sont et la France étant ce qu'elle est", ...Il est décidément bien difficile de "changer l'avenir"...

Dessin humoristique de Chaunu - Ouest-France du 22 juin 2009 - Page 3
Par Jean Daumont - Publié dans : Politique Intérieure - Communauté : Réformer la France
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Jeudi 18 juin 2009

   Le "18 juin" est, en cette année 2009, un jour béni pour "philosopher", c'est-à-dire - au sens étymologique - être un "ami de la sagesse" en cherchant à organiser les connaissances du monde en un système aussi cohérent que possible...

   Pourquoi un jour béni ?...Il n'y a pas en ce jour de manifestation religieuse, en dehors de la célébration de la "Saint Léonce" qui n'a pas laissé de souvenir particulier ...Il y a, certes, le souvenir de la victoire de Jeanne d'Arc - devenue "sainte" ultérieurement - à Patay sur les Anglais le 18 juin 1429, mais cette victoire est oubliée ...Comme est oubliée la défaite de Napoléon à Waterloo le 18 juin 1915, qui n'a jamais donné lieu à une commémoration, du moins en France ...En contrepartie, il y a le 18 juin 1940 où, au terme du désastre de l'invasion de la France par les Allemands d'Adolf Hitler, la voix d'un inconnu, le Général De Gaulle, s'éleva à Londres pour proclamer que "la France a perdu une bataille, mais n'a pas perdu la guerre" ...Appel devenu célèbre ...plus tard, car il fut alors entendu par peu de Français, la majorité s'étant tournée avec soulagement vers un "Père de la Patrie", le Maréchal Pétain, qui "avait fait à la France le don de sa personne ...pour atténuer son malheur" ...et signer un armistice...
 

   Non, le 18 juin est un jour béni pour philosopher ...parce qu'il est en 2009 le jour ...de l'épreuve de Philosophie du Baccalauréat ...l'épeuve initiatique d'un examen devenu mythique en France ...Car, en cette occasion, ce sont plus de 600.000 "jeunes Français" qui vont réfléchir sur les connaissances du monde, même s'ils n'ont pas l'expérience de la vie ...Expérience qui, il est vrai, n'est peut-être pas nécessaire, car "l'épreuve" ne les engage pas à disserter sur cette expérience, et notamment les problèmes qui les attend, comme celui de leur emploi, mais simplement (?) de "penser", c'est-à-dire de manipuler des idées et des concepts de façon "gratuite", comme le note l'écrivain Hervé Hamon dans un éditorial de ce jour (*) :

   "On ne s'attardera pas sur les banales questions de cours, du style  "Quelle différence existe-t-il entre un art et une technique ?" , ni sur les laborieux commentaires de "l'impératif catégorique" ...On se passionnera pour le grand sujet, celui qui vous propulse vers les espaces infinis, vers les ténèbres intérieures, vers ces jeux d'esprit ...qui font passer un chameau par le trou d'une aiguille...
   Il y a le truisme arraché à sa fausse évidence : "
La nature fait-elle bien les choses ?"...
 
    Il y a, plus subtiles, les éblouissantes volutes du paradoxe :"Est-il socratique d'imiter Socrate ?"...
   Il y a l'exploration fascinante des profondeurs psychologiques, auprès desquelles les sous-marins d'Ifremer sont peu de chose :"
En quel sens peut-on dire de quelqu'un qu'il a du caractère ?"...
   ...Il y a, bien sûr, le dépouillement radical, la notion toute nue, sans même une question, sans aucun apparat, ...autour de laquelle on tourne comme le démineur s'approche de la bombe : " Le tout et sa variante le rien" ...
   Il y a l'éternelle ressource du temps, contracté, dilaté, porteur d'espoir, porteur de mort :" La mémoire annonce-t-elle le futur ? ...Etre conscient, est-ce être conscient qu'on cessera d'être ?"...
   Et puis les immenses champs, toujours verts et ouverts, de la morale et de la politique : "
Le juste calcule-t-il ?" ...ou ceux de la métaphysique, des nuages : "Dieu peut-il décider qu'il n'existe pas ?"...

   Pour les candidats, la philosophie, c'est vraiment : Quo non ascendam ?...Où ne monterai-je pas ?...Comme disait Nicolas Fouquet au 17ème siècle, ce qui lui valut la disgrâce de Louis XIV ...Disgrâce que ne risque pas, il est vrai, la majorité des candidats puisque plus de 80% seront reçus au Baccalauréat, ...proportion flatteuse facilitée par tous les conseils donnés pour leur dissertation : introduction posant le problème, développement en trois points - la thèse, l'antithèse et la synthèse - avec ce qu'il faut de citations judicieuses et même d'opinions personnelles (mais pas trop ...et pas trop partiales...) ...sans oublier la conclusion qui doit clore le débat ...ou l'élargir vers des horizons nouveaux, ...sans les traiter, sous peine d'être "hors sujet"...

   Ce qui, tout bien "réfléchi", est d'ailleurs dommage ...Car "philosopher", n'est-ce pas finalement, s'il est permis de jouer sur les mots, "sortir du sujet" ...c'est-à-dire de la "convenance" ...et en dépasser les limites ...Mais cela n'est qu'une "réflexion de vieux" ...et il ne faut pas le dire aux "jeunes" qui risqueraient d'être condamnés sans appel, ...même un 18 juin !...

(*) Auteur de "Demandons l'impossible"- Editeur Panama - Editorial paru dans le journal Ouest-France du 18 juin 2009


   
    
 

Par Jean Daumont - Publié dans : Philosophie - Communauté : Le champ du monde
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Samedi 13 juin 2009

   L'oecuménisme est d'actualité ...Non seulement le Pape Benoît XVI - en bon "théologien" - cherche à rapprocher les branches de la chrétienté qui se sont éloignées au cours des siècles du "catholicisme" -orthodoxie, protestantisme et divers intégrismes - et renoue au nom de Dieu des contacts avec les autres religions "monothéistes" reconnaissant l'Ancien Testament - judaïsme et islamisme -, ...mais il ne se passe pas de mois, voire de semaine,  où un journal ou une revue ne consacre un article et parfois son titre à "Dieu" ou à ses prophètes ...Moïse, Jésus, Mahomet, y associant même Bouddha, alors que celui-ci a été l'apôtre d'une religion sans ...Dieu ! ...(1)

   On pourrait donc s'attendre à ce que la "Fête-Dieu" - qui arrive cette année le dimanche 14 juin - soit la "Fête" de "Dieu", comme son étymologie le laisse "croire"...Or il n'en est rien, et la place de cette fête, qui pourrait être "éminente", est relativement limitée dans le calendrier liturgique ...D'abord, elle n'a été instituée que par les "catholiques", pour commémorer le sacrement de l'Eucharistie, c'est-à-dire de la "présence réelle" de Jésus-Christ dans l'hostie ...Et cette institution remonte non pas aux débuts du christianisme, avec les Conciles fondateurs de Nicée (325) et Chalcédoine (451), mais à une "Bulle" du Pape Urbain IV (1264) la dénommant alors Fête de "Corpus Domini" (Corps du Seigneur) ...Et elle est rejetée ensuite au 16ème siècle par la Réforme, notamment par Calvin niant la possibilité d'une "trans-substantiation" ...Sa célébration consiste essentiellement en une messe dite du "Saint-Sacrement", qui était suivie naguère d'une "Procession" permettant d'honorer en "grande pompe" l'Hostie sainte placée dans un "ostensoir" ...Cette Procession est désormais tombée en désuétude dans la plupart des pays, mais elle a néanmoins été reprise à Rome par le Pape Jean-Paul II en 1979 entre les Basiliques Saint-Jean de Latran et Sainte-Marie-Majeure...

   Pour autant, la "Fête-Dieu" n'est jamais apparue, et n'apparaît toujours pas, comme une fête majeure, à l'instar de Noël, Pâques, Ascension, Pentecôte et Toussaint, qui sont d'ailleurs beaucoup plus fondées sur la vie de Jésus-Christ que sur Dieu lui-même, dans la mesure où il est possible de distinguer ainsi Jésus-Christ dans la Trinité ...divine ...Et pourtant, on ne cesse de répéter actuellement que ..."Dieu est de retour" ...Ainsi les journalistes de la très laïque Revue américaine "The Economist, qui avaient fait figurer Dieu en 2000 dans la rubrique nécrologique du 20ème siècle, suivant en cela la thèse de Nietszche et Freud, ont publié en avril 2009 un gros livre intitulé "God is back", devenu rapidement un "best-seller" (2)... Il y apparaît qu'après avoir cru en "l'Avenir de la Science" les hommes en reviennent à un "Besoin de Foi", ...car ils seraient des "animaux théotropiques" (sic) ayant jusque dans la constitution de leur cerveau le besoin de donner un "sens" à leur existence, autrement dit d'avoir le "pourquoi" au delà du "comment"...

   L'ennui est que ce "Retour à Dieu" ne se fait pas sans intolérance ...comme si Dieu ne devait être la propriété que d'une seule religion imposant sa "croyance" aux autres ...Au "fondamentalisme" musulman d'Al-Qaida a pu s'opposer "l'esprit de croisade" d'un évangéliste comme le Président Bush, avant que son successeur Obama n'ait la sagesse de prononcer le 4 juin 2009 un discours de conciliation ...Mais, malgré les Accords d'Oslo du 13 septembre 1993, un mur a pu s'élever entre les Israëliens et les Palestiniens ...Dieu, s'il existe, ne doit-il pas être "l'affaire de tous" ...et, s'il n'existe pas, l'homme est-il décidément incapable de se mettre à sa "hauteur" ?...

(1) Le Nouvel Observateur - "Socrate, Jésus, Bouddha" - 4 juin 2009

(2) La Croix - "Le retour de Dieu" - 11 juin 2009

Par Jean Daumont - Publié dans : Religion - Communauté : Le champ du monde
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Jeudi 4 juin 2009
   En raison des persécutions dont ils ont fait l'objet depuis deux millénaires - et notamment depuis l'horreur innommable de la "solution finale" ou "Shoah" perpétrée par Hitler et ses acolytes nazis en Allemagne puis dans une grande partie de l'Europe de 1933 à 1945 - il est toujours difficile d'évoquer l'histoire des Juifs, car cette évocation peut être considérée comme une manifestation d'antisémitisme, si elle n'est pas conforme au récit traditionnel qu'ils en ont fait depuis des générations ...Aussi est-il intéressant de relever une analyse critique faite par un historien israëlien.

   Il s'agit de l'analyse de Shlomo Sand, Professeur d'histoire à l'Université de Tel-Aviv, qui se présente lui-même comme un "israëlien d'origine juive" et a publié en Septembre 2008 un livre intitulé "Comment le peuple juif fut inventé" (1) ...Evidemment cette analyse est surprenante, car elle va à l'encontre de l'opinion courante, non seulement des Juifs, mais de l'ensemble du monde, suivant laquelle les "Hébreux" - désignés ensuite comme "Judéens" ou "Juifs" - sont un des rares "peuples" à avoir perduré depuis leur apparition vers le 13ème siècle avant JC, suivant leurs propres écrits et notamment leur Bible, jusqu'à maintenant ...Histoire "linéaire", comportant toutes sortes de péripéties - heureuses ou malheureuses - liées, selon eux, à leur comportement dans "l'Alliance" privilégiée avec Dieu , dont ils ont toujours revendiqué d'être le "peuple élu" : sortie d'Egypte, conquête  de la "Terre Promise" entre le Jourdain et la côte méditerranéenne, royaume de David et Salomon divisé ensuite en deux Etats  - Judée et Israël - puis ...occupation successive par les Babyloniens (avec l'Exil) ...,  les Perses (Retour de l'Exil) , ...les Grecs ( royaume hasmonéen), ...et les Romains (au temps de Jésus-Christ) ...Plus tard, domination byzantine, ...arabe, ...turque, événements ayant contribué à leur dispersion autour de la Méditerranée (la "Diaspora") ...jusqu'à la re-création d'un Etat d'Israël en 1945 ...Cette histoire n'aurait-elle pas existé ?...Et le peuple juif ne serait-il qu'un mythe ?...

   Il faut d'abord rappeler que la notion même de "peuple" a toujours été incertaine (2) ...La définition du dictionnaire en fait "l'ensemble des personnes vivant en société dans un espace défini" ...Or il se trouve justement que le "peuple juif" n'a réellement occupé la Palestine (nom issu des Philistins habitant sur la côte - territoire actuel de Gaza) et constitué un "Etat" que tout au plus 300 ans pendant 2 millénaires ...Et il n'y a aucune trace d'un séjour des Hébreux en Egypte, ni de l'existence de Moïse (nom égyptien, de toutes façons, de la même origine que Thoutmosis), d'un royaume important de Salomon (la Palestine était alors dans la sphère d'in fluence de l'Egypte) ...et même l'Exil à Babylone, s'il a eu lieu, n'a affecté que les "élites", conformément à une pratique courante dans l'Antiquité ...De même, plus tard, les Romains n'ont jamais pratiqué de déportations massives pour les territoires conquis, s'efforçant au contraire de leur laisser une relative autonomie (exemple : le Royaume d'Hérode au temps de Jésus-Christ) ...Et les historiens modernes en sont même venus à l'hypothèse de la permanence de groupes humains dans ce lieu de passage qu'a toujours été la Palestine, permanence d'autant plus probable qu'il s'agissait essentiellemment de "ruraux" (agriculteurs et éleveurs) naturellemnt peu portés à "s'expatrier" ...Loin de former un "peuple" trouvant sa cohésion dans la résistance aux occupants, la majorité des habitants serait restée en place de générations en générations, successivement ...judaïsés", ..."hellénisés", ..."romanisés", ..."arabisés, ..."turquisés" ...

   Néanmoins il est incontestable qu'il y a eu au cours de siècles des "juifs" répandus un peu partout autour de la Méditerranée  et au-delà, qu'il s'agisse du Yemen actuel en Asie, de l'Ethiopie en Afrique, et des royaumes et Empires successifs en Europe... Et il semblait avéré que les Juifs tenaient cette "survivance" de la vigueur de leur foi, et notamment du respect pointilleux de leurs préceptes religieux, non seulement le Décalogue de leur Bible, mais les 613 commandements rituels du Talmud, ...pratique les ayant conduits à se différencier des "païens" là où ils s'installaient, et, pour cette raison, à ne pas chercher à les "convertir" (3) ...et au contraire, en se "discriminant" eux-mêmes; à être ainsi "discriminés" , le sémitisme entraînant l'antisémitisme... Or, l'historien Shlomo Sand donne un explication opposée, en affirmant que le judaïsme a été dès l'origine une religion "prosélyte", et qu'après avoir converti - de gré ou de force - la plus grande partie des habitants de la Palestine (Galiléens, Iduméens, etc...), les juifs ont converti de nombreux païens en profitant à la fois de la facilité offerte par l'extension de l'Empire Romain au pourtour de la Méditerranée ...et de l'attirance de nombreux habitants de cet Empire pour les cultes orientaux (Mithra, Cybèle ...et Yaveh) ...L'ampleur des conversions serait attestée par une estimation fixant à environ 4 millions le nombre des "juifs" au 1er siècle, ce qui dépasserait de loin les possibilités de progression "naturelle" ...Ce n'est certainement pas par hasard que les Juifs ont longtemps bénéficié d'un statut particulier dans l'Empire Romain ...et qu'ils aient pu participer du 1er au 3ème siècle à la dénonciation des chrétiens qui étaient pour eux des hérétiques blasphématoires osant considérer Jésus-Christ comme Dieu ...Et ce n'est pas davantage par hasard qu'ensuite ils ont été à leur tour persécutés, quand le christianisme a été reconnu au 4ème siècle comme religion officielle sous Constantin, les Juifs étant alors considérés comme "déicides" ayant livré Jésus-Christ à la crucifixion par Ponce-Pilate ...D'où pour certains le repli sur eux-mêmes dans un culte fermé (judaîsme rabbinique) , et pour d'autres la conversion aux autre cultes : le christianisme, puis l'islamisme ... y compris en Palestine, où les "Juifs" ne formaient plus que des groupes résiduels au 19ème siècle...

   Dès lors, comment expliquer que l'opinion mondiale se soit habituée à la notion d'un "peuple juif" ?...Il apparaît en fait que cette notion est relativement récente, car elle ne s'est vraiment développée qu'avec "l'éveil des nationalités" au 19ème siècle qui a conduit à l'exaltation des "peuples" plus ou moins mythiques contre les divisions dynastiques ...A l'instar de la France qui célèbre les Gaulois comme ses ancêtres - alors que ceux-ci s'étaient répandus dans une grande partie de l'Europe - certains juifs imaginent un peuple qui aurait traversé l'histoire : l'historien Heinrich Graetz écrit vers 1850 une "Histoire des Juifs depuis les temps anciens jusqu'à nos jours" ...En 1860 est née à Paris "l'Alliance Israëlite Universelle"... Cette agitation, alimentée par le rôle important de certaines familles juives dans l'économie, conduit à une vague d'antisémitisme, dont l'Affaire Dreyfus en France à partir de 1894 est une illustration célèbre ...Théodor Herzl publie alors en 1896 "l'Etat Juif", à l'origine du mouvement "sioniste" (4) et la Déclaration Balfour autorise en 1917 la création d'un "Foyer National Juif" en Palestine, choisie en raison du souvenir lointain de la "Terre promise" (5)...

   Peut-être ce retour en Palestine aurait-il pu réussir s'il avait été concerté avec les "autochtones" et numériquement limité, en apportant ainsi une aide au développement d'un territoire encore quelque peu "arriéré" ...Mais l'ampleur de l'immigration juive après la Shoah (épisode de l'Exodus) a entraîné un partage de ce terrritoire, générateur de guerres successives ...Car la politique "identitaire" de l'Etat d'Israël a eu comme contrepartie le déplacement ou la marginalisation des anciens Palestiniens (musulmans en majorité, ...mais aussi chrétiens), certains Israëliens allant jusqu'à vouloir prouver la "proximité génétique des Juifs du monde entier", et n'hésitant à multiplier leurs "colonies" ...et à construire un nouveau "Mur de la honte"...Tout cela pour un "peuple juif" sans fondement réel, même si par ailleurs la religion juive, comme les autres religions, mérite le respect...

(1) Voir le Dossier de la Revue l'Histoire de Juin 2009 (llustration de la couverture)

(2) Lire mon article du 23 avril 2009 sur le "Peuple"

(3) La "judéité" ne peut être tranmise que par des épouses juives

(4) Du nom de la colline de Sion à Jérusalem

(5) Les prières juives se terminent par l'incantation "Demain à Jérusalem"


  
Par Jean Daumont - Publié dans : Discrimination - Communauté : Le champ du monde
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Mardi 26 mai 2009

   La Préhistoire a une définition apparemment simple : c'est ce qui arrive aux hommes entre leur apparition sur la Terre ...et l'apparition de l'écriture qui leur permet de raconter eux-mêmes ce qu'ils font, c'est-à-dire leur ...Histoire.

   Mais, sous cette appellation la définissant seulement  comme ..."ce qui était avant l'Histoire", la Préhistoire représente en fait une réalité particulièrement complexe en raison de sa durée incomparablement plus longue (au moins 1.500.000 ans contre à peine 7.000 ans) et des incertitudes persistant sur son évolution et son extension dans le monde :

   - d'abord, l'origine des hommes est très incertaine : même si on n'en est plus depuis Darwin à la création par Dieu au "6ème jour", on s'interroge encore sur l'émergence du groupe des "hominidés" ...En dépit de l'existence de "Parcs de la Préhistoire" faisant encore croire qu'ils ont été contemporains des dinosaures à l'ère secondaire (entre 245 et 65 millions d'années...), leur apparition est désormais située au début de l'ère quaternaire, appelé paléolithique ou pleistocène (1,65 millions d'années) ... Mais leur "nature" est encore contestée : certes, il n'est plus question d'imaginer que "l'homme descend du singe", et il est admis que les hommes sont un des rameaux d'une arborescence dont descendent également les diverses espèces de singes ..., leur caractéristique essentielle ayant été la "bipédie"à l'origine de leur évolution exceptionnelle, car elle a permis l'utilisation des mains ...et de ...fil en aiguille ,en fait ...de la pierre à la peau, l'éveil d'une intelligence concrète...puis de plus en plus abstraite ...Le problème est qu'il n'y a pas eu un "homo" ...mais plusieurs, portant des qualificatifs se rapportant à leur particularité (habilis, erectus, ergaster...) ou à leur site de découverte (acheuléen, heidelbergensis, georgicus...), dont les "australopithèques" - sortes de "pré-hommes" (ci-contre reconstitution du squelette) - seraient les ancêtres au paléolithique inférieur (entre 1.500.000 et 500.000 ans) ...dont l'origine commune est généralement située en Afrique, notamment dans le "Rift" oriental ...Toujours est-il que deux types d'hommes se singularisent au paléolithique moyen, marqué par les glaciations (Riss et Wurm...) : l'homme de Néandertal (nom d'une grotte allemande) s'étant répandu à partir de 150.000 ans en Europe - type râblé plutôt petit, aux orbites saillantes, travaillant surtout le bois et la peau, et connaissant déjà des pratiques d'enterrement révélatrices d'une réflexion sur la mort ... Et plus tardivement - vers 50.000 ans - l'homo-sapiens, dont l'homme de Cromagnon (nom d'une grotte de Dordogne en France) est le spécimen le plus célèbre, plus grand et svelte, vivant notamment de chasse, autour de la Méditerranée et du nord de l'Afrique alors plus verdoyant  ...Il y avait donc deux sortes d'hommes qui ont certainement "co-habité", sans qu'on sache s'ils ont eu une descendance commune, les travaux récents sur la génétique  révélant qu'ils n'auraient pas été ...compatibles entre eux, à l'instar des mulets et bardots issus du croisement des chevaux et des ânes ...En tout état de cause, l'homme de Néandertal disparaît vers 35.000 ans, aucune trace de massacre ne permettant d'affirmer qu'il a été annihilé par l'homo-sapiens, l'espèce s'étant peut-être éteinte d'elle-même en raison de son faible nombre, de son isolement et d'une consanguinité finalement improductive ...Et c'est ainsi que l'homme moderne est issu de l'homo-sapiens - le "mal-nommé", à en juger par son comportement historique ...avec une évolution propre certainement liée au"milieu" ayant amené des différenciations dans la forme du visage, la couleur de la peau, les cheveux, etc ...telles qu'elles apparaissent au seuil de  ...l'Histoire...

   - D'autre part, l'activité de l'homme n'a pas eu au cours de la Préhistoire le caractère "primitif" qui lui a été longtemps conféré ... Il y a eu une évolution des "techniques" qui ne se limitent à l'outillage, avec la distinction bien connue entre la "pierre taillée" (ci-dessous biface de Saint-Acheul ) et la "pierre polie" à l'origine du nom du "paléolithique", mais s'étendent aussi à la chasse, à la pêche, à la domestication de certains animaux (chiens, chevaux, bovins, chèvres, moutons...), à la cueillette et à des premières formes de culture supposant déjà une sélection des espèces ...Mais il n'y a pas eu seulement des pratiques utilitaires, car les exemples abondent de "représentations artistiques" manifestement liées à une réflexion intellectuelle et à une sensibilité par rapport aux problèmes de la vie, au moins dans un cadre collectif où naît la croyance en des puissances supérieures, de la magie à la religion ...Est-il besoin de rappeler la splendeur "première" et non "primitive" des peintures des grottes (Lascaux, Altamira, Rouffignac, Cosquer, Chauvet, dont ci-contre un rhinocéros, etc) ?... Ou encore les sculptures d'animaux ou de "déesses-mères" ...Et les constructions étonnantes en raison de la faiblesse des moyens : menhirs et  dolmens ( (Carnac, Stonehenge...) ?... et les objets personnels, pour la représentation, le rang social ou la coquetterie ... Sans oublier des instruments musicaux comme les flûtes taillées dans l'ivoire des mammouths...

   En fait, la "Préhistoire" est un période particulièrement complexe, et ceci d'autant plus qu'elle a une durée et une extension très variable suivant les lieux de la Terre ...L'écriture sert de "frontière" pour l'apparition de l'Histoire en Egypte et en Mésopotamie,  mais la  Préhistoire subsiste alors dans le reste du monde ,comme elle subsiste encore dans des secteurs de plus en plus rares et reculés en Afrique, en Asie, en Amérique ou en Océanie... En fait, l'écriture et le récit des activités ne sont qu'un aspect de la vie des hommes, qui n'en ont pas toujours ressenti la nécessité, à l'instar de certaines civilisations de l'Antiquité comme les Celtes, ou plus récemment les civilisations de l'Afrique Noire...

Par Jean Daumont - Publié dans : L'Histoire - Communauté : Le champ du monde
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Vendredi 15 mai 2009
   Rien n'a jamais été simple avec l'Europe ...Déjà l'origine de son nom est mystérieuse puisque, dans l'Antiquité, l'historien Hérodote d'Halicarnasse évoque seulement le mythe d'une princesse phénicienne - donc de l'Asie - enlevée par Zeus en Crète où elle donna naissance à Minos ...D'autre part, elle ne représente sur la Terre qu'une péninsule à l'extrêmité occidentale de l'Asie, et cette péninsule est elle-même découpée en une myriade de presqu'îles et d'îles ...Découpage qui n'est pas sans rapport avec une histoire complexe où, à travers les siècles, des peuples le plus souvent venus de l'Asie, avec des traditions et des langues diverses, ont constitué des Etats s'élargissant parfois en Empires  sans lendemain sur son territoire : ...l'Empire Romain du 1er au 4ème siècle, ...l'Empire Carolingien du 8ème au 10ème siècle, ...le Saint-Empire Romain Germanique du 11ème au 15ème siècle, ...l'Empire des Habsbourgs du 16ème au 18ème siècle, ...l'Empire Napoléonien au début du 19ème siècle, ...sans oublier la constitution de l'Empire Russe s'étendant à l'est en Asie ...et le "pangermanisme" des Allemands de Bismarck à ...Hitler...

   Dans ces conditions, l'avènement d'une Europe enfin solidaire avec les Traités de Rome en 1957 a été un progrès considérable, même si son unité, un demi-siècle plus tard, est encore loin d'être réalisée ...Car ils ont mis fin d'abord aux divisions fratricides, responsables de l'hécatombe des deux guerres mondiales - 1914-1918 et 1939-1945 - et fait de l'Europe un "havre de paix", malgré la persistance de points chauds, comme l'Irlande du Nord, le Pays Basque ou la Bosnie ...Et ils ont ensuite, par la création d'un Marché Commun, constitué un pôle de stabilité économique, avec une régulation des échanges ayant abouti en janvier 2002 à la création d'une monnaie commune - l'Euro - qui apparaît déjà comme une monnaie de référence dans le monde, face à l'incertitude du Dollar américain, et a permis de limiter les dégâts dans la crise du 2è semestre 2008 ...On pourrait donc en conclure que l'Europe est "populaire"...

   Or ce n'est pas le cas ...Même si elle séduit encore les pays de l'Est - il est vrai soumis jusqu'en 1989 au totalitarisme soviétique - la Communauté Européenne ne suscite désormais le plus souvent que l'indifférence dans les pays de l'Ouest qui l'ont pourtant fondée, certains partis allant jusqu'à entretenir  une nostalgie nationaliste ou "souverainiste" ...Ainsi, en France, elle a pour une bonne partie de l'opinion seulement l'image d'une "bureaucratie" froide et lointaine, à laquelle on impute tous les maux, comme, par exemple, la hausse des prix après la création de l'Euro ou encore l'accroissement du chômage, alors qu'elle n'y est pour rien, au contraire ...Ce n'est pas par hasard qu'elle est généralement identifiée à la Commission de Bruxelles ...et à ses fonctionnaires ..., alors que son fondement démocratique se trouve au Parlement de Strasbourg qui a déjà réalisé une oeuvre importante et utile dans de nombreux domaines vitaux  comme les transports, la sécurité, les diplômes, et ...et qui est justement l'enjeu des prochaines élections européennes du 7 juin 2009 ...Bref, "les Européens n'aiment pas l'Europe", et ils s'en détournent progressivement, comme le prouve l'évolution de la participation aux élections : 62% (1979), 59% (1984), 58,4% (1989), 56,7% (1994), 49,5% (1999), 45,4% (2004), ...les sondages prévoyant moins de 45% en 2009...

   Cette indifférence croissante a des causes multiples tenant à la fois aux "structures" et à "l'idée" que l'opinion s'en fait, à tort ou à raison :
   - d'abord, il y a un problème de "représentation" ...Les électeurs ne connaissent pas leurs députés, car ceux-ci sont choisis au scrutin de liste, qui est la moins démocratique des consultations, puisque les "têtes de liste" des principaux partis sont sûres d'être élues ...et ces "têtes de liste" sont le plus souvent peu connues, voire totalement inconnues, car les circonscriptions sont trop vastes, ...à l'image de celle des "pays de l'ouest" de la France regroupant la Bretagne, les Pays de Loire et les Charentes, où, par exemple, le département d'Ille-et-Vilaine (avec Rennes !...) n'a de candidat qu'au 10ème rang dans la liste UMP ...Avec cela, comment assurer un contact réel entre les députés et les électeurs de base, relation qui existe au contraire pour les députés à l'Assemblée Nationale, élus au scrutin uninominal par arrondissement...
   - Ensuite, il y a un problème de "compétence" ...Dès l'origine, l'Europe a été une communauté économique (Charbon-Acier, Euratom, Euro...) bâtie sur la base du libéralisme, et elle est ainsi apparue comme une institution fondamentalement capitaliste au profit des entreprises, du moins des plus grandes, où les intérêts des "travailleurs" - suivant le langage de leurs syndicats - ne sont pas directement défendus ...Il n'y a pas "d'Europe sociale" ...C'est si vrai que la collaboration des ouvriers français et allemands dans l'affaire récente de l'entreprise "Continental" est apparue comme un fait nouveau et exceptionnel, une "première"...

    Il est donc évident que l'Europe ne pourra être autre chose qu'un "machin" et subsister comme une "réalité humaine" que si elle reste proche des citoyens et leurs préoccupations ...et pour cela, il lui faut d'abord des institutions solides, à la fois adaptées à son développement (nombre d'Etats passé de 6 à 27 en un demi-siècle...) et réellement démocratiques, où les habitants se reconnaîtront : à la fois un Président élu pour un délai suffisant (4 où 5 ans, comme aux Etats-Unis), et non une "potiche" changeant tous les 6 mois (le Président français avait fait oeuvre utile grâce à son dynamisme au 2ème semestre 2008, mais n'a pas eu le temps de la poursuivre) ...et, par ailleurs, un Parlement réellement représentatif disposant des moyens d'imposer ses décisions dans les domaines de son ressort ...A ce titre, le Traité de Nice de 2004 montrait la bonne voie, mais, en raison de la règle paralysante de l'unanimité, le Traité de Lisbonne assurant en 2007 une réorganisation efficace est resté en panne...

   Et pourtant ..."l'Europe", ce n'est pas "Eux" (on ne sait pas qui, d'ailleurs) ...C'est "Nous" ... Nous qui devons lui redonner un sens, c'est-à-dire une ambition humaniste, telle qu'elle avait été souhaitée par ses fondateurs, notamment le Français Robert Schuman ...Néanmoins comment faire ? ...Certes, il faut voter le 7 juin 2009 , car c'est un devoir civique ...Mais pour qui ?... Et pour quoi ?...
Par Jean Daumont - Publié dans : Polit. internationale - Communauté : Le champ du monde
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Vendredi 8 mai 2009
   Dans l'histoire de l'Enseignement, il n'y a jamais eu vraiment de connivence entre le "pouvoir" et le "savoir", ...les "intellectuels" ayant toujours défendu leur autonomie au nom de la connaissance vis-à-vis des systèmes politiques soucieux de contrôler l'ensemble de la société ...Ils en ont parfois payé le prix, à l'image de Socrate devant boire la ciguë à Athènes au 5ème siècle avant JC; ...de Sénèque contraint au suicide par Néron au 1er siècle après JC, ...de Michel Servet condamné à mort par Calvin à Genève au 17ème siecle, ...ou encore à Voltaire obligé de s'exiler à Ferney au 18ème siècle ...En France, notamment, en raison d'une longue tradition centralisatrice - de l'absolutisme de l'Anvien Régime au jacobinisme des Temps modernes - l'Université a constamment fait valoir ses "franchises" - autrement dit son autonomie - qui, encore maintenant, interdisent l'intervention de la force publique dans ses enceintes sans l'autorisation des Présidents ou Doyens ...C'est pourquoi, dans le cas actuel d'une grève prolongée, il est inconcevable que le gouvernement puisse y faire acte d'autorité, du moins tant que "l'ordre public" n'y est pas réellement mis en cause...

   Par contre, il est possible et même nécessaire de s'interroger sur les raisons d'une telle grève ...Initiée d'abord par des "enseignants-chercheurs" hostiles à un projet de statut ré-aménageant leurs activités, elle a rapidement suscité la "solidarité" des étudiants eux-mêmes inquiets de leurs perspectives d'avenir dans un situation de crise économique et sociale ...et malheureusement leurs manifestations ont abouti, comme souvent dans le passé faute d'un "encadrement" suffisant, à des "blocages" par une minorité d'agitateurs trop heureux d'y trouver l'occasion d'exprimer leur hostilité au "pouvoir", ...soit pour y attendre de façon récurrente le "grand soir", ...soit plus simplement pour y exprimer, avec le concours d'éléments étrangers, le goût de la violence ... Mais il est évident que la grève actuelle ne peut pas être réduite à cette "agitation superficielle"...

   En fait, elle trouve son origine dans un "malaise profond" remontant à presque un demi-siècle, c'est-à-dire aux "événements" de mai 1968, où l'inadaptation inconséquente de l'Université aux besoins d'une jeunesse plus nombreuse issue du "baby-boom" de l'après-guerre avait abouti à une véritable "explosion
sociale" remettant en cause non seulement les structures existantes, mais les traditions morales (cf "Il est interdit d'interdire", etc) ...Il aurait fallu alors que, devant l'urgence, les responsables du "pouvoir" prennent , en concertation avec les responsables du "savoir", et dans l'intérêt même des étudiants, des mesures sauvegardant la "qualité" de l'Université restée encore l'une des meilleures du monde ...Malheureusement cette "qualité" a été sacrifiée à la "quantité", car l'ouverture à tous les bacheliers (et même aux non-bacheliers...) sans la moindre sélection préalable et sous prétexte de "démocratisation" a entraîné un abaissement général du niveau des étudiants, encore aggravé de surcroît par l'abaissement du niveau du Baccalauréat où l'augmentation rapide du nombre des reçus - de 60 à plus de 80 % en 30 ans (cf le slogan "80 % d'une classe d'âge au niveau du Baccalauréat") - n'a assurément pas correspondu à une brusque élévation de l'intelligence ...Il en résulte qu'il y a actuellement environ 1.3000.000 étudiants , dont 775.000 dans les filières dites "littéraires" (Lettres, langues, histoire, économie, droit, ...) et 440.000 dans les filières dites "scientifiques" (Maths, Sciences physiques et naturelles, médecine, pharmacie,...) ... Et le pire est que beaucoup en tirent gloire, car cet effectif place la France au 3ème rang dans le monde alors qu'il dépasse largement les besoins, du moins dans les filères littéraires, ...ce qui aboutit à un chômage généralisé des jeunes ...ou à leur sous-qualification dans le travail (Cf des caissières "diplômées de l'Université"...)

   Cette situation est d'autant plus déplorable qu'elle affecte surtout les étudiants des milieux populaires ...En effet, les "bons élèves" de Terminales sont en majorité issus des milieux aisés et ils optent désormais le plus souvent pour les filières sélectives (Prépas ou Prépas-intégrées, Ecoles supérieures ...) où les frais d'études annuels peuvent tourner autour de 7000 euros ...Et il va de soi que les entreprises - et aussi les administrations ...- y trouvent leur recrutement privilégié, de préférence aux étudiants d'Universités dévaluées (ex: Paris IV ou Rennes II...), à fortiori si le "cru" y est douteux avec des rattrapages tardifs ou des semestres blancs ...Ainsi il est déjà acquis que le "label" 2009 sera peu apprécié ...à l'image de celui de 1968 où pourtant les études n'avaient été vraiment interrompues qu'à partir de mai... Et en éternisant leur mouvement les "grèvistes jusqu'au-boutistes" ne font que "se tirer une balle dans le pied" et enfoncer encore plus une Université déjà malade ... 

   Et en l'occurrence les enseignants-chercheurs concernés sont d'autant plus coupables qu'ils entraînent leurs étudiants dans une impasse ...alors qu'eux-mêmes n'ont qu'un problème "corporatif" et ne risquent pas d'avoir des retenues pour grève ...dans la mesure où leurs activités sont "diluées" : 128 heures de cours magistral ...ou 192 heures de travaux dirigés, librement réparties dans l'année... avec des fonctions de recherche et des missions non quantifiables, de l'aveu même de l'administration universitaire ...sans oublier que certains d'entre eux perçoivent des prestations complémentaires pour des activités extérieures ...Car les "Grandes Ecoles" ne recrutent pas seulement les "meilleurs élèves", mais aussi les ..."meilleurs professeurs" ...Et c'est ainsi que, désormais, les "meilleures" Universités françaises n'apparaissent que vers le 20ème rang dans le monde...

   Alors, devant une telle décrépitude, y-a-t'il une solution ?...Certainement, si les universités françaises ont le courage de procéder aux réformes nécessaires : d'abord une meilleure gestion des moyens, et surtout un tri des compétences qui ne soit ni l'hypersélection des Grandes Ecoles, ni l'absence actuelle d'évaluation ...A ce titre, compte tenu de l'urgence, le "pouvoir" a eu raison de faire voter en 2007 une Loi d'Aide à l'Université (LAU) assortie d'un échéancier de financement (plusieurs milliards d'euros), sauvegardant son autonomie et permettant dans ce cadre une meilleure adaptation à l'environnement économique et social, notamment avec un droit d'entrée des entreprises ...Malheureusement le Président a voulu pousser trop loin son avantage en voulant réformer le Statut des Universitaires, notamment la répartition entre l'enseignement et la recherche et l'organisation de leur carrière par les Présidents ou Doyens d'Université sur des bases incertaines, alors que les désignations et promotions obéissent traditionnellement à des procédures subtiles de cooptation entre les enseignants eux-mêmes : assistants, maîtres-assistants, maîtres de conférence, professeurs ..., autogestion des carrières qui avait d'ailleurs été confirmée par le Conseil Constitutionnel en 1984 ...Tant il est vrai que l'autonomie des  Universités ne doit pas être confondue avec l'indépendance des Universitaires ...Comme disait déjà Voltaire, dans ce domaine, "le mieux est l'ennemi du bien"...surtout en France, où on a la "la tête près du bonnet" (...d'âne ?)
Par Jean Daumont - Publié dans : Education - Communauté : Réformer la France
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Mercredi 29 avril 2009
   Après avoir créé l'homme le 6ème jour - "sacré" travail, il faut en convenir - Dieu se reposa le 7ème jour ...Et même si les jours de la Création ne sont que symboliques dans le récit de la Bible (Genèse I -1/30), le principe d'un jour de repos au terme de 6 jours de travail - le "dimanche", mot issu de latin "dies dominicus", le jour du Seigneur - reste solidement ancré dans la tradition populaire, notamment en France...

   Et pourtant il y a "belle lurette" que le dimanche n'y est plus "sanctifié", comme il l'avait été en raison de l'influence de l'Eglise du Moyen-Age à la Révolution de 1789 ...En effet, celle-ci avait porté un coup fatal à cette "sacralisation", non seulement par hostilité envers le Clergé mais en application de la "Philosophie des Lumières" qui, au 18ème siècle,  avait mis en cause l'oisiveté du dimanche au nom de l'économie ...Et, en dépit des des tentatives de "re-sanctification" sous la Restauration, les impératifs de la révolution industrielle avaient même conduit au 19ème siècle à un travail tous les jours de la semaine, soit 70 à 90 heures hebdomadaires ...du moins pour les hommes, car les femmes restaient alors surtout astreintes aux tâches ménagères ...la fréquentation des églises à la messe dominicale devenant "l'affaire des femmes" tandis que les hommes fréquentaient le soir, après leur dur labeur, les tanières, cabarets ou estaminets, ...ce qui contrevenait à la morale "bourgeoise" de l'époque et à l'efficacité économique ...Et c'est ainsi que le repos du dimanche, sorti par la porte "religieuse", revint par la fenêtre "laïque" : diverses lois "sociales" limitèrent le temps de travail à partir de la fin du Second Empire ...jusqu'à l'institution généralisée du congé du dimanche par la loi du 13 juillet 1906...

   Et voilà qu'environ un siècle plus tard, un projet remettant en cause le congé dominical va être discuté à l'Assemblée Nationale en juillet 2009 ...Déjà l'opinion s'inquiète et les syndicats se mobilisent contre une mesure jugée aussitôt "anti-sociale" et destinée "au seul profit des entreprises et de leurs dirigeants ou actionnaires" ...En fait le problème n'est aussi simple et même "simpliste", car l'organisation du "repos hebdomadaire" est devenue complexe avec l'évolution des conditions sociales :
   - d'abord, le nombre de personnes appelées à travailler le dimanche n'a cessé d'augmenter depuis un siècle, surtout à partir de 1945, en raison des progrès du niveau de vie (les "trente glorieuses") entraînant le travail des uns pour le loisir des autres : développement des transports (ferroviaires, routiers et aériens), des services d'hébergement (hôtels et restaurants), des services de santé (hôpitaux et cliniques) dont l'activité maximale a lieu en fin de semaine ...
   - d'autre part, le repos hebdomadaire s'est lui-même dilué et assoupli ...Même si le repos du dimanche reste le cas majoritaire, il y a de plus en plus d'étalement sur d'autres jours : le samedi, le lundi ..ou le mercredi, jour de pause scolaire au moins pour l'école primaire ...Et la généralisation des RTT a permis bien des accommodements, au même titre que les aménagements annuels (semaines "alourdies" pour les périodes d'activité intense, notamment en fin d'année, en compensation d'un allègement dans le cas contraire)...

   Dans ces conditions, une révision de la Loi de 1906 sur le repos dominical perd de sa gravité dans la mesure où elle est loin de concerner maintenant l'ensemble de la société ...A en croire Robert Maillé, député UMP chargé de rapporter le projet à l'Assemmblée Nationale au nom du Ministre du Travail Brice Hortefeux, ...certaines dispositions seraient même très positives, puisqu'elles permettraient non seulement de sauvegarder des emplois mais d'en créer de nouveaux ...et que, par ailleurs, en raison du doublement du salaire le dimanche, elles permettraient aux personnes concernées de "gagner plus" ...et contribueraient donc à développer la consommation, condition indispensable à une reprise économique ...Mais c'est peut-être aller vite en ...besogne, car le petit commerce, bénéficiant jusqu'à présent du plus grand nombre de dérogations le dimanche (ou s'en passant ...illégalement) n'y trouverait pas son compte et pourrait être obligé de licencier du personnel, voire à disparaître à plus ou moins long terme suivant les spécialités, ...ce qui pourrait conduire à un monopole de la Grande Distribution, avec les risques possibles pour les producteurs  ...et les consommateurs ...Est-il vraiment nécessaire, en cette période de crise, d'ajouter encore une nouvelle source de difficultés, alors que les problèmes économiques pèsent sur le pouvoir d'achat, notamment des plus pauvres, suscitant déjà un climat délétère de tension sociale ?...

   Ne suffit-il pas de "régulariser" la situation actuelle résultant d'un jeu naturel de l'activité économique à tous les niveaux, en recensant les dérogations existantes correspondant aux besoins et en veillant seulement à leur harmonisation sur le territoire en fonction des différences régionales (la Corrèze n'est pas la Côte d'Azur...) et des inégalités résultant du fait que les autorisations sont données par les maires des communes sous la tutelle préfectorale ?... Faut-il vraiment tout "uniformiser" et donc "déshumaniser" ?...Dans le passé, il y avait ...et il y a encore souvent dans la France "profonde" ...une vraie convivialité le dimanche entre l'église ...ou le temple ...et le café du coin ...Dans l'avenir, n'y aura-t-il plus que des croisements anonymes avec des caddies dans les galeries marchandes et les parkings ?...

  
Par Jean Daumont - Publié dans : Economie et Société - Communauté : Réformer la France
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Jeudi 23 avril 2009
   Le "peuple" est certainement la notion la plus largement répandue pour désigner l'organisation des sociétés humaines à travers le monde ...Et pourtant sa définition n'est pas simple...

   La définition du dictionnaire en fait "l'ensemble des personnes vivant en société dans un territoire défini" ...Expression vague qui justifie l'utilisation d'un autre mot pour définir son importance numérique : la "population" ...On dit que la France a une population - et non un peuple - de 65.073.482 habitants au 1er Janvier 2009 ...Il y a donc une nuance, la population n'apparaissant que comme un élément - démographique en l'occurrence - du peuple, lequel a une définition plus large ...Mais laquelle ?...

   La définition "politique" paraît la plus appropriée, puisqu'elle se rapporte aux "citoyens" eux-mêmes ...Mais l'histoire montre que le peuple est un ensemble "à géométrie variable" : ainsi la "démocratie" (gouvernement par le peuple...), qui naît à Athènes au 5ème siècle avant JC, est en principe l'ensemble des "citoyens" (habitants de la cité...) réunis sur la place ...mais ce peuple n'est qu'une minorité de la population, excluant les métèques (c'est-à-dire les étrangers, même s'ils sont d'anciens résidents...), et bien entendu les esclaves (qui n'ont aucun droit, même s'ils sont les plus nombreux) ...Avec la Révolution de 1789 en France, la population entière ne peut pas évidemment être rassemblée et le démocratie est nécessairement indirecte, par  l'intermédiaire de "représentants du peuple" ...La Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen commence par l'affirmation : "Nous, les représentants du peuple réunis en Assemblée Nationale..." Mais en fait ces représentants ...ne représentent pas tout le peuple, et il s'en faut même de beaucoup : les députés du Tiers-Etat ont été choisis parmi ceux payant la capitation (suffrage censitaire), et ils considèrent que le vote est une fonction et non un droit, cette fonction supposant d'en avoir les capacités, sur le plan matériel comme sur le plan intellectuel ...Et s'il est naturel qu'ils excluent les enfants - qui n'ont pas "l'âge de raison" - il l'est déjà beaucoup moins d'exclure aussi les femmes, qui sont considérées comme des "mineures" sur le plan civique, en dépit de leur rôle important au niveau familial et parfois même au niveau intellectuel ou politique (ex: les "salons" au 18ème siècle) ...Et il est d'ailleurs sidérant que cette exclusion perdurera en France - le pays des Droits de ...l'Homme !...- jusqu'en  1944, alors que le droit de vote a été accordée aux femmes dès ...1718 en Suède, ...en 1918 dans le Royaume-uni, ...et en 1919 aux Etats-Unis !... Quant aux "jeunes", il faut attendre 1974 pour que la la majorité civique soit abaissée de 21 à 18 ans ...

   Néanmoins, même en englobant désormais toutes les personnes de sexe masculin et féminin au delà de 18 ans dans un territoire défini, cela ne signifie pas pour autant qu'elles forment un ensemble homogène, car le peuple est naturellement "pluriel" : le peuple des campagnes, avec ses activités se rapportant à l'exploitation de la terre, ne se confond pas avec le peuple des villes travaillant dans des activités industrielles ou tertiaires, même s'il y a des mutations de l'un à l'autre ...Et au sein de chacun d'entre eux, il y a des divisions internes : le "bourgeois" de Neuilly-surSeine ne se confond pas avec le "banlieusard" de Garges-les-Gonesse, ni le "laboureur" de la Beauce avec un "métayer" des Landes ...Et cette hétérogénéité se retrouve dans les origines, car le "peuplement" a été, dans la plupart des pays du monde, très varié, à l'image de la France, avec les Gaulois, les Romains, les Francs, les Burgondes, les Normands, les Africains, etc...

   Enfin, faut-il rappeler que "l'appel au peuple" a bon dos pour justifier des ambitions partisanes ou personnelles ? ...Qu'un noble comme Mirabeau, élu comme député du Tiers-Etat en 1789, ait pu répondre au Marquis de Dreux-Brézé, venu pour faire évacuer la salle de séance ..." Nous sommes ici par la volonté du peuple" ...était quelque peu excessif, même si son propos est devenu ensuite symbolique de la Révolution ...Mais que le "peuple" soit également invoqué au nom d'une discrimination raciale pour instituer une dictature , comme le "National"-"Socialisme" en Allemagne en 1933 avec Hitler ...est totalement intolérable.

   Finalement, il apparaît que la notion de "peuple" est , ...par définition, ambigüe, et que la "souveraineté du peuple" est pour le moins incertaine ...Elle reste une affaire d'hommes ...et de femmes, avec tous les risques que cela comporte...
Par Jean Daumont - Publié dans : Population - Communauté : Pour un monde meilleur
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Samedi 18 avril 2009
   La paix a toujours été un temps entre deux guerres ...et la guerre un temps entre deux paix ...Cela fait partie du comportement naturel des hommes, manifestement depuis leur origine...

   Et pourtant les hommes sont doués de "raison" et, dans leur histoire, il y a eu dès l'Antiquité des philosophes pour leur enseigner la "sagesse" ...De même les hommes se sont transmis la "foi" qui, dans toutes les religions, leur a édicté une "morale"...Mais ils n'ont pas pour autant arrêté leurs conflits et, même s'ils ont parfois réussi à en atténuer les effets - "trêve de Dieu" ou "armistice" - ils y ont trouvé aussi prétexte à d'autres affrontements, qu'il s'agisse de "croisades", de "guerres saintes" ...ou de "révolutions"...Y-a-t-il donc une fatalité de la violence ?...

   La "violence" consiste, par définition, à "imposer sa volonté aux autres", c'est-à-dire à avoir une conduite exactement contraire au "respect des autres" indispensable à une harmonie dans toute société (*)...Cette violence peut prendre diverses formes, depuis la force brutale et aveugle jusqu'à des manières plus subtiles comme la ruse, le chantage ou l'intimidation ...ou toutes les formes à la fois, suivant la formule courante : "de gré ou de force" ...Elle peut être individuelle, comme dans le cas des "duels", ou collective quand elle oppose un groupe - clan, tribu, peuple, nation...- à un autre dans le cas des "guerres"...Et elle est très variable suivant les époques ou les lieux : ici ou là, il y a des périodes de paix - comme la "Pax Romana" autour de la Méditerranée pendant l'Antiquité - et au 20 ème siècle en Occident où, après deux guerres mondiales ayant abouti à une exacerbation inégalée de la violence, la paix est revenue grâce à l'organisation d'institutions internationales et à la collaboration des Etats naguère opposés, malgré de nombreuses insuffisances ou difficultés ...Car la violence subsiste, sous la forme des guerres "locales" et "larvées", aux quatre coins de la planète : Palestine, Afghanistan, Somalie, Soudan, etc...

   Et malheureusement, même à l'intérieur des pays "pacifiques", il y a aussi une résurgence de la violence ...Car celle-ci n'est jamais loin, et il a suffi de difficultés graves, comme la crise économique depuis le 2ème semestre 2008, pour qu'elle retrouve un "terreau" favorable ...Comme le montre en France la recrudescence des délits de toutes natures et l'éclatement de manifestations ou actes de vandalisme, à l'image des incidents de Strasbourg au début d'avril 2009... Et cette résurgence est d'autant plus inquiétante qu'elle n'est pas, de toute évidence, simplement conjoncturelle, mais traduit un état d'esprit de nombreux Français qui ont désormais la conviction que "pour se faire entendre" il faut "être violent"; et que la "radicalité" est plus efficace que la "légalité" : ainsi certaines professions n'hésitent pas à profiter de leur position "stratégique" dans la société pour imposer des grèves nuisibles à leurs concitoyens, notamment aux plus fragiles (malades, vieillards, chômeurs) ...Il devient même "naturel" de procéder à des "séquestrations" de responsables ou jugés tels - patrons d'entreprises ou directeurs d'établissements - ce qui est une violence sociale, attentatoire au principe fondamental de la liberté dans une démocratie digne de ce nom...

   Dans un tel contexte, il convient donc de trouver - tant au niveau international qu'au niveau de chaque Etat - une réponse pertinente aux difficultés ...et celle-ci ne peut être trouvée que dans la "discussion" et la "négociation" excluant toute démagogie qui non seulement n'arrêtera pas mais perpétuera la violence ...Dans le cas de la France, ce n'est pas en l'occurence en dénonçant et en livrant à la colère publique des "patrons-voyous" dont le petit nombre, même répréhensible, n'est pas représentatif de la majorité des chefs d'entreprise aux ressources souvent très limitées, que les problèmes seront résolus ...mais en rétablissant dans le cadre d'assises ouvertes à tous les partenaires concernés un juste équilibre entre les rémunérations ...Ce n'est pas davantage en engageant une polémique entre un "discours sécuritaire" du gouvernement et un "discours compassionnel" de l'opposition qu'on empêchera de nouvelles déprédations, mais en laissant la police et la justice assurer l'ordre nécessaire dans la sérénité... Faut-il rappeler qu'après la crise de 1929, l'absence de réponse à la "radicalité" a encouragé l'affrontement des extrêmistes de "gauche" comme de "droite", avec les conséquences qui en ont résulté dans des Etats comme l'Italie et l'Allemagne ?...

(*) Voir mon article du 14 mars 2006 - catégorie Morale - dont l'administration d'over-blog révèle qu'il a toujours été cité en tête de mes textes, ce dont je remercie mes lecteurs !
Par Jean Daumont - Publié dans : Morale - Communauté : Pour un monde meilleur
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Vendredi 10 avril 2009
   La fatalité de la mort est une vérité incontournable pour tous les hommes, mais elle ne signifie pas nécessairement pour beaucoup d'entre eux la fin de la ...vie.

   En effet, à en juger par un sondage "Sofres" (*), 50 % de l'ensemble des Français "croient" qu'il y a quelque chose après la mort, dont 33 % estiment "qu'ils ne savent pas quoi", 7 % "qu'il y a une ré-incarnation dans une autre vie", et 10 % "qu'il y a une résurrection auprès de Dieu" ...Pour les seuls catholiques, les proportions sont respectivement : 60 % pour quelque chose après la mort, dont 40 % sans savoir quoi, 7 % ré-incarnation  et 13 % résurrection ... Et il est également intéressant de savoir que 60 % de l'ensemble des Français "souhaitent" (nuance par rapport à la croyance...) qu'il y ait quelque chose, dont 26 % sans savoir quoi, 20 % pour la ré-incarnation et 14 % pour la résurrection ...Et comme il y a environ 8 % de "sans opinion", cela fait 43 % de Français "considérant" qu'il n'y a rien après la mort (dont 33 % de catholiques) et 32 % "souhaitant" qu'il n'y ait rien (dont 24 % de catholiques) ...Ainsi donc, le "Néant" après la mort est important, sans être majoritaire...

   Ce sondage - évidemment "relatif" et contestable comme toute analyse de ce genre - n'en est pas moins surprenant, notamment parmi les catholiques ...Car ceux-ci, comme tous les autres chrétiens, ont une religion fondée essentiellement sur la "Résurrection" prévue à la fin des temps (la "Parousie"), conformément à la promesse de Jésus-Christ, dont la propre résurrection, attestée par les disciples et par l'apparition à Saint Paul, est célébrée par la Fête de Pâques, la plus importante de la liturgie ...Assurément, s'il revenait maintenant sur la Terre, et notamment en France, la "fille aînée de l'Eglise, Jésus-Christ serait déçu : "Hommes de peu de foi" (Parabole de Matthieu) ... 
  
Ci-contre Détail de la Résurrection du Christ dans le Retable d'Isenheim de Matthias Grünewald à  Colmar


   Il faut dire que pour tous les hommes - et pas seulement pour les Français - la notion de "l'après-mort" est plutôt "nébuleuse" et qu'avec leur esprit "rationnel" il leur est difficile, notamment en Occident, d'appréhender un mythe relevant justement de "l'irrationnel" ...Comme le dit un catholique pratiquant dans l'enquête de la "Sofres" : "J'ai toujours admis sans difficulté la Résurrection du Christ, mais la mienne, là je bloque ...La vie ne s'arrête pas avec la mort, mais la résurrection de la chair me fait quand même tiquer"...

   Il est vrai que ce catholique pratiquant n'est ni le premier ni le seul à être sceptique ...puisque les disciples mêmes de Jésus Christ avaient dû surmonter leur propre incrédulité sur sa Résurrection : les "pélerins d'Emmaüs" ne le reconnaissent pas ...et Thomas veut le toucher pour y croire... Les Evangiles témoignent d'ailleurs que le "Ressuscité", c'est à la fois Jésus ...et ce n'est pas lui ...Les disciples ne reconnaissent pas son corps, qui traverse les murs, comme un fantôme" (sic)...

   En fait, la croyance en un "au-delà" après la mort, et notamment en la résurrection, n'est pas une particularité du christianisme ...Elle est même le "substrat" des religions depuis les débuts de l'humanité ...Les chrétiens, avec Jésus, ne l'ont pas inventée, puisqu'elle figure déjà dans les premières civilisations, avec l'exemple majeur de l'Egypte ancienne et de son mythe d'Osiris ...D'abord ignorée par les Juifs qui, à l'origine de leur histoire, concevaient seulement comme les Grecs un séjour dans les Enfers (le "Shéol") , la notion de résurrection est finalement adoptée par les Pharisiens ...et reprise par les Chrétiens qui l'associent au "Royaume des Cieux", ...puis par les Musulmans qui imaginent l'accès de ceux qui ont fait le bien à un "Paradis de délices de fruits, de boissons ...et de jeunes femmes radieuses"... La "transcendance" est plus complexe dans l'Extrême-Orient où perdure la croyance en des "ré-incarnations" multiples (la métempsycose) avant de parvenir, selon le Bouddhisme, au "Nirvana", où "l'homme sera libéré de tout ce qui pèse sur lui" ...Alors "Résurrection", ...ou "Rien" ?... Il faut "connaître" la mort pour le ...savoir, mais personne - sauf à être Dieu, comme Jésus - n'en est  encore revenu ... Et le "mystère" demeure...

(*) Revue Le Pélerin du 9 avril 2009
Par Jean Daumont - Publié dans : Religion
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Dimanche 5 avril 2009
   Pour mesurer l'importance des décisions prises à Londres par le G 20 le 2 avril 2009 pour une "Réforme de l'économie mondiale", il est nécessaire de les replacer dans l'évolution de cette économie au 20ème siècle, et notamment depuis la Guerre 1939-1945.

   En effet, à la fin de cette Guerre, les 44 nations alliées avaient signé le 22 juillet 1944 à Bretton Woods aux Etats-Unis, en présence d'un observateur de l'URSS, des accords économiques ayant pour but de mettre en place un système monétaire international capable de favoriser la reconstruction et le développement des nombreux pays touchés par le conflit ...Mais, pour cela, il ne fallait pas renouveler les erreurs commises après la Guerre 1914-1918, où l'ancien "étalon-or"avait été remplacé par un système "d'étalon de change-or", c'est-à-dire seulement de devises convertibles en or ...et il en était résulté une instabilité due aux mesures de protection nationales des pays concernés, notamment des dévaluations finalement responsables de la crise de 1929, qui avait entraîné des troubles sociaux et favorisé l'apparition des régimes autoritaires...

   C'est pourquoi, en 1944, compte tenu de la supériorité écrasante des Etats-Unis - qui n'avaient pas subi les ravages de la guerre et s'étaient même largement enrichis par la vente des armes et le prêt de fonds (Plan Marshall) au point de posséder alors 80 % des réserves mondiales d'or - les accords de Bretton Woods organisèrent un "Gold Exchange Standard" fondé sur une seule monnaie, le Dollar américain : toutes les monnaies furent alors définies en dollars, et seul le Dollar fut défini en or, sur la base restée célèbre de "35 dollars l'once" ...Et le Fonds Monétaire International (FMI) fut alors créé afin d'éviter tout dérapage ...national et intervenir en cas de crise locale ou généralisée sous forme de prêts assortis de conditions de redressement ...Ce système a eu incontestablement des effets positifs, d'autant plus qu'il a été accompagné d'un abaissement progressif des tarifs douaniers (ex: "Nixon Round" pour les Etats-Unis), servant ainsi de cadre aux "Trente Glorieuses" entre 1945 et 1974, marquées par une progression considérable de l'économie mondiale...

   Malheureusement la situation s'est depuis lors fortement retournée ...De nombreux pays, dont le Royaume Uni, la France et surtout l'Allemagne (cf "le miracle économique allemand") ont accumulé des réserves de dollars grâce à leurs exportations vers les Etats-Unis, alors que ceux-ci suscitaient une inflation de leur monnaie par des émissions excessives du fait des dépenses considérables occasionnées par la guerre du Vietnam et la course à l'espace...alimentant ainsi une inflation de plus en plus inquiétante dans le monde...Les Pays européens regroupés dans une Communauté s'efforcèrent néanmoins de maintenir une certaine stabilité avec le "Serpent Monétaire", dont l'insuffisance aboutit à la création d'une monnaie commune, "l'Euro", le 1er janvier 2002... Mais les Etats-Unis, dont l'économie était de plus en plus fondée sur le crédit  en raison de la prédominance du dollar, ne prirent pas en temps utile les mesures nécessaires contre des pratiques spéculatives sans commune mesure avec leur situation économique : l'once d'or qui valait à l'origine 35 dollars cotait en 2008 à plus de 1000 dollars, et le Dollar avait alors perdu 97 % de sa valeur en or...D'où la faillite des banques à la suite de prêts inconsidérés dans l'immobilier (les "subprimes") se propageant en crise économique mondiale en raison de l'implication restée majeure des Etats-Unis dans les relations commerciales ...On connaît la suite, avec la crise généralisée du crédit, le ralentissement de la production faute de liquidités, la fermeture partielle ou totale d'entreprises, la hausse du chômage ou du temps partiel, la restriction du pouvoir d'achat d'autant plus mal ressenti que, dans le même temps,  les responsables de grandes entreprises continuaient à étaler leurs revenus mirobolants : salaires, bonus (!), stock-options, placements dans des "paradis fiscaux" ...

   Le G 20 avait donc la lourde tâche de trouver des solutions à cette crise, et le problème est par conséquent de savoir s'il y est parvenu, ou du moins si les solutions proposées ont quelque chance d'être efficaces ...Au départ les conditions générales semblent remplies en raison de l'importance de la réunion : d'abord, les Etats représentés dans le G 20 sont beaucoup plus que ...20, puisqu'ils comportent 19 Etats "indépendants" réputés les plus riches du monde (*) ...et une "Communauté", l'Union Européenne, comportant, à elle seule, ...27 Etats(**), dont 3 déjà cités dans les 19 Etats indépendants (France, Royaume-Uni et Italie) ..., soit au total, pour le G 20, les 2/3 de la population mondiale et 90 % de la production de richesses ...Seuls manquent - de façon significative, il est vrai - les pays "pauvres" de l'Asie, de l'Afrique et de l'Amérique du Sud... Ensuite, les Etats du G 20 ont su taire leurs divergences, en raison de leur crainte commune des conséquences de la crise, notamment les divergences entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni - partisans de mesures conjoncturelles limitées à une "relance" - et la France et l'Allemagne partisans de mesures structurelles pour une "régulation"...Dans ces conditions, il n'est pas surprenant que le G 20 soit parvenu à prendre des "décisions" importantes :

   - 1. Relance massive par l'apport de 1000 milliards de dollars venant s'ajouter aux divers plans nationaux, soit un montant total - sans précédent - de 5000 milliards de dollars, représentant 10 % du PIB mondial ...Le FMI, qui était menacé lui-même d'un manque de liquidités, voit pour sa part, passer ses réserves de 250 à 750 milliards de dollars, permettant ainsi de financer la relance dans les pays pauvres dits "émergents", incapables de la financer directement...

   - 2. Organisation d'une régulation internationale des marchés financiers, sous l'autorité d'un "Conseil de Stabilité", devant permettre une harmonisation des normes comptables entre les banques : suppression des "paradis fiscaux" ( véritables "trous noirs" de l'économie faussant le jeu de la libre concurrence) - encadrement des fonds d'investissements spéculatifs ("Hedge funds") et de la rémunération des "traders" (dont la prise de risques encouragée par des primes avait contribué à l'explosion de la "bulle financière"), ajustement des revenus des dirigeants (salaires, bonus, etc...) sur les performances réelles...

   3. Stimulation du commerce mondial ( baisse des échanges de 8 % en 2008) par l'apport direct de 250 milliards de dollars à l'Organisation du Commerce Mondial (OMC) permettant de renforcer les mesures prévues dans le "cycle de Doha" pour l'interdiction du protectionnisme, auquel de nombreux pays - dont la France - étaient tentés de recourir pour faire face à la crise...

   Néanmoins, en dépit de leur importance, ces "décisions" se heurtent à de sérieuses réserves :

   - d'une part, on peut s'interroger sur l'origine des fonds prévus pour la relance ...Certains pays "créditeurs" sont disposés à des prêts comme le Japon (100 milliards de dollars), l'Union Européenne (75 milliards), le Canada, la Norvège et la Chine (50 milliards) ...mais la Suisse, accusée de conserver le "secret bancaire", risque de s'en dispenser ...Et le FMI peut être autorisé à émettre des "Droits de Tirages Spéciaux" (DTS), autrement dit à utiliser la "planche à billets", génératrice d'inflation...

   - Ensuite, les "paradis fiscaux" sont stigmatisés sans être "proscrits" et on a établi seulement une "liste noire" des pays hostiles (dont la Suisse, le Liechtenstein ...et le Luxembourg) et une "liste grise" des pays acceptant de coopérer, ...mais en sont absents - pour des raisons faciles à deviner - certaines îles des Caraïbes, ainsi que Macao et Hong-Kong...

   - Enfin, la supervision des marchés financiers ne va pas jusqu'au conrôle des grandes banques,  qui reste légalement du ressort des autorités nationales, avec toutes les distorsions qui peuvent en résulter...

   Finalement le bilan du G 20 de Londres n'apparaît que comme une étape ...et, avant d'en faire un "nouveau Bretton Woods" fondant le "Capitalisme du 21ème siècle", il faut attendre que ces "décisions" se transforment effectivement en "actions" ...Mais il est déjà certain qu'un nouvel équilibre économique se dessine : il ne s'agit déjà plus d'une "économie unipolaire" fondée sur la prédominance des Etats-Unis, qui n'ont d'ailleurs pas "fait la loi" au G 20 de Londres ...Il s'agira désormais d'une "économie multipolaire", où les Etats-Unis cohabiteront avec d'autres "blocs" : l'Europe, la Russie, la Chine ..., celle-ci étant déjà largement créancière des Etats-Unis ...et pouvant même être appelée, en raison de son poids démographique et de son expansion économique, à remettre en cause ce nouvel équilibre avant la moitié du 21ème siècle ...Mais c'est une autre histoire, impossible à écrire à l'avance ...

(*) Par ordre alphabétique : Afrique du Sud, Allemagne, Arabie Séoudite, Argentine, Australie, Brésil, Canada, Chine, Corée du Sud, Etats-Unis, France, Inde, Indonésie, Italie, Japon, Mexique, Royaume-Uni Russie, Turquie

(**) Par ordre alphabétique: Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Finlande, France, Grèce Irlande, Italie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Portugal, République de Chypre, Royaume-Uni, Suède (avant 2004), Bulgarie, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lithuanie, Pologne, République Tchèque,Roumanie, Slovaquie, Slovénie (après 2004)
Par Jean Daumont - Publié dans : Polit. internationale - Communauté : Pour un monde meilleur
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Vendredi 27 mars 2009

   La justice sociale ...ou la complainte * d'un Français moyen :

   "...Je ne suis pas un "riche", si la richesse signifie avoir plus d'argent qu'il n'est nécessaire pour subvenir à ses besoins, y compris les plus superflus, sans avoir à compter sur d'autres personnes...
   "...Mais je suis pas un "pauvre" non plus, si  la pauvreté signifie ne pas avoir assez de ressources pour mener une vie décente, sans recourir à d'autres personnes...
   "...Je suis seulement un "Français moyen" ayant fait une carrrière honnête avant de devenir un simple retraité habitant avec son épouse dans une maison ordinaire acquise avec les économies de toute une vie ...et quelques traites complémentaires ...Et je suis un contribuable "bête et discipliné", n'étant exonéré de quoi que ce soit, ni bénéficiaire de "niches fiscales" ou de "paradis fiscaux"...
   "...Je ne devrais donc pas me plaindre, ni me préoccuper de problèmes qui ne sont pas les miens ...Comme dit l'adage : "Pour vivre heureux, vivons cachés !"... Mais voilà ...Je suis épris de justice et il faut toujours que je donne des leçons à ce sujet, même si je ne suis certainement pas irréprochable ...et si tout le monde ...ou presque ...s'en moque... 

   "...Et, en l'occurrence, je ne supporte plus, en ces temps difficiles, que des "saigneurs" de l'économie, en mon pays de France, comme ailleurs dans le monde, étalent leur richesse sans vergogne ..., s'octroient des salaires mirobolants ** assortis de "bonus" de bonne gestion, même si leur entreprise est en difficulté, ...acquièrent des "stock-options" au cours le plus bas en vue d'un profit ultérieur, ...obtiennent des "parachutes dorés" en cas de départ, ...et bénéficient à vie de retraites somptuaires ..."Folie des grandeurs"..., quand ce n'est pas seulement la folie, c'est-à-dire la mégalomanie, la "paranoïa" ...comme si ces personnages vivaient dans un autre monde, comme les "privilégiés" de l'Ancien Régime vis-à-vis des simples "manants"...
    "...Et en regard, "justement", je ne supporte pas davantage que le nombre des "crève-la-faim" ne cesse d'augmenter dans le monde, où 1,5 milliard d'habitants sur plus de 6 milliards vivent avec l'équivalent d'un dollar par jour, y compris dans des pays dits "développés" comme ceux de l'Europe où 80 millions de personnes vivent "sous le seuil de pauvreté", la France elle-même n'étant pas épargnée puisque, cet hiver, les organismes caritatifs ont distribué environ 800.000 repas ..., tandis que le chômage augmente, avec 2.300.000 "sans emploi" ...
   "...Pourtant, je ne suis pas un "révolutionnaire" ...Je sais que l'égalité n'est pas possible ...et qu'il y aura toujours des différences entre les hommes ...Mais au moins ces différences doivent-elles être seulement la contrepartie de l'effort et du mérite ...et non le produit de l'égoïsme, de l'accaparement et de la spéculation  ...et ces différences doivent-elles aussi rester raisonnables, dans une proportion déjà grande de 1 à 15 ...et non pas avec un écart aberrant de 1 à 400 comme maintenant...
   "...Et je ne peux pas oublier que la crise actuelle n'est certainement qu'un signe avant-coureur de difficultés plus graves encore à l'horizon des années 2030 à 2050 que nous léguerons à nos enfants ...car, au rythme où la population mondiale s'accroît actuellement - 80.000.000 de personnes par an - une crise structurelle ,et non plus seulement conjoncturelle, est prévisible : pénurie alimentaire due à l'épuisement des sols et au réchauffement climatique, si celui-ci se confirme, ...épuisement des sources d'énergie et par conséquent ralentissement de la production industrielle, ...et inévitablement crise sociale avec troubles et aléas politiques...
   "...Alors, je fais un rêve..."I've a dream", comme aurait dit Martin Luther King : que les institutions mondiales et tous les gouvernements de la Terre ...du G 7 ...au G 20  jusqu'au G...186 ...soient capables de mettre en oeuvre une "moralisation de l'économie", où celle-ci sera axée sur le rendement social et non sur le profit de quelques-uns, ...où la production vivrière aura la priorité sur la production spéculative, ...où la consommation des biens matériels ne tournera plus au gâchis, ...et où seront éliminées toutes les formes de pollution conduisant à l'asphyxie de la planète...Bref, que soit mis en place  dans le monde, et notamment en France - le "pays des Droits de l'Homme" - une justice sociale...

  
Mais tout cela n'est que le rêve d'un Français moyen, pessimiste et utopiste ... Car, en France comme ailleurs, les patrons de grandes entreprises continuent impertutbablement à augmenter leurs salaires, s'attribuer des bonus, et partir avec des parachutes dorés...Et il faut la menace des gouvernements aux Etats-Unis, en France, en Angleterre, en Allemagne, etc...pour qu'ils "consentent" - les ..."pauvres" ! - à abandonner leurs prétentions si leurs entreprises ont obtenu une aide officielle ou ont procédé à un "dégraissement"(!) de personnel... Mais il y a les autres et , de toutes façons, en France, il y a le "bouclier fiscal" qui, certes, protègent plus de 10.000 contribuables d'un prélévement excessif au delà de 50 %, à l'image des petits propriétaires de l'ïle de Ré, mais qui protègent aussi les "riches"...Alors ? ...Il y a loin de la coupe aux lèvres ...



* Complainte : au sens ancien "Plainte en justice"

 

**Revenus de patrons de banque en France par an (hors indemnités, jetons de présence et divers)

      BNP/Paribas: Président 1.575.000 E - Directeur Général 3.172.000 E
      Société Générale: Président 3.250.000 E - Directeur délégué 1.950.000 E
      Crédit Agricole: Président  420.000 E (?!) - Directeur Général : 1.527.000 
      Caisse d'Epargne :Président 1.080.000 E - Directeur Général : 941.000 E
      etc... Extrait du Nouvel-Observateur 25 Février 2009 - page 20
 Dessin humoristique de Chaunu - Ouest-France 25 mars 2009

Par Jean Daumont - Publié dans : Economie et Société - Communauté : Pour un monde meilleur
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Jeudi 19 mars 2009

   Jeanne d'Arc fait partie de ces personnages de l'histoire de France qui reviennent régulièrement dans l'actualité "médiatique", qu'il s'agisse de publications écrites (1) ou d'émissions télévisées (2)...

   L'histoire de Jeanne d'Arc est connue, ou du moins on a établi autour d'elle une histoire "officielle" apprise dès l'école primaire, celle de la petite bergère née à Domrémy en Lorraine le 6 janvier 1412, ayant entendu des "voix" - celle de l'Archange Saint Michel et des Saintes Catherine et Marguerite - lui demandant de "libérer le Royaume de France de l'occupation anglaise" ...et qui réussit à convaincre le seigneur local, le Sire de Baudricourt, de l'introduire auprès du  Dauphin futur Charles VII, dont elle gagne la confiance, s'illustrant alors dans la prise d'Orléans en mai 1429 et le "sacre du roi" à Reims le 17 juillet suivant ...avant d'être capturée par les Bourguignons à Compiègne le 23 mai 1430, livrée aux Anglais, puis jugée pour sorcellerie et brûlée sur un bûcher à Rouen le 30 mai 1431 ...C'est une "belle histoire", d'autant plus belle qu'elle finit  ...tragiquement, conférant à Jeanne d'Arc l'auréole du martyre, celle d'une "héroïne" qui meurt pour une France alors endeuillée par la Guerre de Cent-Ans ...Les autorités officielles ne s'y sont pas trompées puisque, dès 1456 elle fera l'objet d'un procès de réhabilitation et deviendra un "mythe", surtout à partir de la Révolution de 1789 qui en fera le symbole de la "nation française" ...et que l'Eglise elle-même en fera un modèle religieux en la béatifiant en 1909...et en la canonisant en 1920...

   Cette belle histoire, pourtant, comporte diverses invraisemblances : d'abord

la thèse de la "bergère" fait long feu, car le métier de gardienne de troupeau était alors misérable, alors que la maison de Domrémy, encore visible, est manifestement celle d'un petit notable de province, dont la "particule" - courante à l'époque - n'avait néanmoins rien de nobiliaire ...D'autre part, il est très incertain que Jeanne d'Arc ait réellement entendu des "voix", et l'histoire ne peut que rapporter ses propos à ce sujet, sans la moindre preuve, puisqu'on entre dans le domaine de "l'irrationnel" ...Tout au plus peut-on noter qu'à travers les siècles, et notamment dans les récits de la Bible, il y a souvent eu des personnages ayant des "dons" particuliers  - visionnaires, prophètes, thaumaturges - intervenant dans les périodes de crise ...Or la Guerre de Cent-Ans a été une longue période de troubles et de misères ayant certainement favorisé dans "l'imaginaire collectif" la croyance en l'intervention "surnaturelle" d'une personnalité "providentielle" : Jeanne d'Arc a particulièrement bénéficié de cette attente, sans être la seule puisqu'il y a eu alors une autre jeune femme, Pierronne, une bretonne brûlée (elle aussi...) sur le parvis de Notre-Dame de Paris le 4 juillet 1431 ...ainsi qu'une certaine Catherine de la Rochelle... Ce contexte "religieux" a  d'ailleurs été attesté  après coup par une "prophétie lorraine" suivant laquelle "le Royaume de France serait perdu par une femme (Isabeau de Bavière, épouse de Charles VI le Fou...) et sauvé par une vierge", ...transposition de l'ancienne prophétie chrétienne du "Royaume des Cieux, perdu par la faute d'Eve et reconquis grâce à la Vierge Marie" ...Ce n'est par hasard que Jeanne d'Arc se serait fait elle-même appeler la "Pucelle", et que des "matrones" auraient vérifié cette virginité lors de son procès !...

   Pour autant, à l'époque, elle n'avait pas en France que des partisans, car la France était alors partagée en deux parties depuis le Traité de Troyes de 1420 : celle du Sud, restée fidèle  au Dauphin futur Charles VII, et celle du Nord, contrôlée par les Anglais et les Bourguignons, sous l'autorité nominale du Roi d'Angleterre Henri V, qui avait été marié à Catherine, fille de Charles VI et d'Isabeau de Bavière (la femme fatale...) et pouvait ainsi prétendre au trône de France ...En quelque sorte, c'était une ...préfiguration de la France de 1940, avec la France "occupée" par les Allemands au Nord et la France officiellement "libre" de Vichy au Sud ...avant l'apparition d'une autre personnalité "providentielle", le Général De Gaulle ...comparé alors à ...Jeanne d'Arc par Roosevelt, Président des Etats-Unis ...Et dans la France "occupée" d'Henri V, Jeanne d'Arc était présentée comme "sorcière, schismatique, apostate, menteuse, devineresse, suspecte d'hérésie, errante en sa foi, et blasphématrice de Dieu et des Saints" !!! ...De surcroît, il lui sera fait grief de "porter des vêtements d'homme", ce qui tombait sous le coup d'une interdiction canonique !...C'est d'ailleurs pour ces raisons que, dès sa capture, elle est transférée à l'autorité de de l'Eglise (en la ciconstance Cauchon, l'évêque de Beauvais) ...et que son Procès de condamnation ne fut pas un "procès d'Etat" - c'est-à-dire "séculier" - mais un "procès religieux" "en cause de foi" ...Et si elle est finalement condamnée au bûcher, ce n'est pas pour "crime de lèse-majesté" envers Henri V, mais comme "sorcière et surtout "relapse", car elle était revenue sur les aveux initiaux qui lui avaient été arrachés suivant ses propres dires...

   L'histoire de Jeanne d'Arc aurait pu s'arrêter là ...Mais elle avait marqué les esprits, ...et des légendes ne manquèrent pas de naître dès le 15ème siècle, donnant lieu jusqu'à nos jours à des "révélations" tout aussi invraisemblables que la "belle histoire" d'origine ... Il s'agit de ce que les historiens actuels appellent de façon alambiquée la thèse "bâtardo-surviviste" : Jeanne d'Arc aurait été la fille bâtarde de la Reine Isabeau de Bavière (encore elle...) et de Louis d'Orléans et, à ce titre, elle aurait été confiée à une famille d'accueil, ce qui expliquerait la compréhension du Sire de Baudricourt et la "reconnaissance" de Charles VII, son "demi-frère" ...Et, pour cette raison, elle aurait été épargnée lors de sa condamnation - une "vraie" sorcière étant  brûlée à sa place - et elle aurait été acheminée aux confins de la Lorraine et du Saint-Empire, où elle aurait même épousé un certain Robert des Armoises ...Des archives "secrètes" de la Cour d'Angleterre et du Vatican donneraient même les preuves des tractations et des frais d'acheminement !... Le problème est qu'il faut alors expliquer pourquoi une fille "illégitime" de la Reine Isabeau de Bavière ralliée au Roi d'Angleterre Henri V aurait voulu "légitimer" le futur Roi de France Charles VII ...et pourquoi,  aussi, ce dernier a fait procéder en 1456 à un Procès de réhabilitation de Jeanne d'Arc, à la pose d'une croix sur le lieu de son supplice à Rouen ... et à la condamnation de Jeanne des Armoises pour cause d'imposture, événements dont on a gardé des preuves concrètes...

   Il est donc raisonnable d'en rester à l'histoire d'une jeune femme certainement décidée et entreprenante, ayant bénéficié de circonstances heureuses comme la prise d'Orléans, ...puis ayant été quelque peu abandonnée à son sort par Charles VII, le danger passé, d'autant plus que sa "Cour" était pleine d'intrigues, notamment avec la coterie de La Trémouille (dont Gilles de Rais -alias le futur "Barbe-Bleue" du conte de Charles Perrault) ...Le reste n'est souvent que légende ou invention, ce qui n'est d'ailleurs pas un cas unique dans l'histoire, qui fourmille de personnages légendaires cachés à la campagne avant un destin glorieux, comme Oedipe ou Romulus et Rémus dans l'Antiquité ...à l'instar de contes comme Peau d'Ane, Cendrillon ou Blanche-Neige, ...et qui comporte aussi de prétendus survivants comme dans le cas de Louis XVII, le Tsar Alexandre 1er ou encore la Princesse Anastasia ...Car il n'y a pas de "grande" Histoire sans la "petite" histoire !... "Vaille que vaille", vive Jeanne d'Arc tout de même, comme symbole de la France !...


(1) Revue Religion et Histoire n° 25  - Mars --Avril 2009
(2) Emission Arte 2008 - Jeanne d'Arc, la contre-enquête - DVD
Par Jean Daumont - Publié dans : Personnalités
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