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Catherine NAY  Un pouvoir nommé désir - Ed. Grasset

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Alain SOUCHON  Ecoutez d'où ma peine vient - Parachute doré - Texte Laurent Voulzy - Coll. Opendis

Jacques TENIER  Faire la paix dans les régions du monde - Ed. L'Harmattan
 
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Introduction

 Le site s'intitule "Convergences" parce que son but est de rapprocher les points de vue sur des sujets difficiles de l'actualitéJean ou plus généralement des activités humaines... Chaque article - rédigé en fonction des circonstances - ne traduit que l'opinion de son auteur et peut appeler des commentaires...et il ne faut pas rêver : les avis seront parfois inconciliables... Mais au moins la discussion permettra de réfléchir et donc d'approfondir la connaissance des sujets.

 

 


Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 00:41

   Alors que se profile l'élection présidentielle de Mai 2012, il est utile de rappeler que Nicolas Sarkozy avait été élu en Mai 2007 par 18.983.138 voix, soit 53,08 % des votants et 42,60 % des électeurs inscrits, ce qui faisait de lui un Président mieux élu que Giscard (50,81 % des votants en 1974), Mitterrand (51,76 % en 1981), et Chirac (52,64 % en 1995) ...Et il ne s'agissait pas d'un "feu de paille" puisqu'au terme des "100 jours" en juillet 2007, il bénéficiait même de 65 % de "confiance" ...Or, à l'approche de la fin de son mandat, il bat maintenant un record d'impopularité, les sondages d'opinion ne lui accordant le 30 janvier 2012 qu'une moyenne de 25 à 28 % de confiance, en dessous de ses prédécesseurs dans le même délai : Giscard 44 % en 1981, Mitterrand 34 % en 1995, et Chirac 30 % en 2002 ...Même s'il y a toujours , en France comme dans la plupart des pays démocratiques, une "usure du pouvoir", il faut convenir que la "dérive" de Nicolas Sarkozy a été particulièrement importante, au point de poser la question de l'utilité de sa candidature à une ré-élection...

 

   La question mérite réflexion, car la situation de Nicolas Sarkozy est complexe et ne peut pas justifier des réponses sommaires, qu'il s'agisse de son maintien "à tout prix" pour ses partisans, ou d'un rejet "catégorique" pour ses adversaires :

   - D'abord, Nicolas Sarkozy a une forte "personnalité", qui s'est bâtie sur une forte ambition (*),  ce qui n'est pas nécessairement un défaut pour la direction d'un pays nécessitant à la fois des qualités d'arbitrage et un esprit de décision ...Même s'il a commis des erreurs, il a incontestablement été un "chef d'Etat", non seulement pour règler les problèmes de la France, mais pour assumer avec brio des responsabilités internationales à la tête de l'Europe ou dans des conférences internationales ...Et il ne manque pas de courage, comme il l'avait montré en qualité de Maire de Neuilly dans l'affaire des otages du 13 mai 1193 ayant largement contribué à le faire connaître, ...et comme il le montre encore dans son "face-à-face" du 29 janvier 2012, en prenant le risque d'augmenter la TVA et de remettre en cause les fameuses "35 heures", ce qui n'est pas vraiment "électoraliste" ...

   - D'autre part, le "bilan" de son mandat comporte des éléments positifs, d'autant plus méritoires qu'ils sont été obtenus souvent dans un contexte difficile:

   1. Dans le domaine économique, il a fait face à la crise économique de 2008 - qui a eu des conséquences graves dans de nombreux pays comme l'Irlande, l'Italie, l'Espagne - en injectant 34 milliards d'€ dans les secteurs à forte main d'oeuvre (automobile, construction, restauration...) qui ont permis de sauvegarder des emplois ...Certes, il a augmenté de ce fait la dette publique, mais il y avait urgence et, de toutes façons, il n'a fait que continuer une politique antérieure d'endettement sans excès et commune avec d'autres pays...

   2. Dans le domaine social, il a favorisé l'indemnisation du chômage partiel ainsi que le retour à l'emploi par des contrats aidés et diverses mesures de soutien...Et il a cherché à revaloriser le travail par l'exonération des heures supplémentaires suivant sa formule "Travailler plus, pour gagner plus" qui a eu un succès certain avant d'être compromise par la crise économique ...Ce n'est tout de même pas son fait, si la France est, après la Finlande, le pays occidental où on travail le moins (1679 heures annuelles), loin avant l'Espagne (1798), l'Allemagne (1904), ...la Grèce (1971) ...et la Roumanie (2095)...

   3. Dans le domaine éducatif, où la France avait perdu sa situation exemplaire avec l'égalitarisme du Collège unique, il a eu le souci de recentrer le travail scolaire sur l'acquisition prioritaire des "savoirs" et d'encourager le "mérite", allant jusqu'à créer des internats d'excellence  ...tout en veillant à l'aide des enfants en difficulté par un accompagnement éducatif ...Et il a permis un plus grand esprit d'initiative en matière de formation et de recherche en garantissant l'autonomie des Universités...

   4. Dans le domaine de la sécurité, reprenant sa propre action antérieure comme Ministre de l'Intérieur, il a pris des mesures rigoureuses contre la délinquance et la récidive, ainsi que des mesures de protection des femmes (Loi 2010 sur les mariages forcés)...

   5. Dans le domaine de la Santé et de la Solidarité, il a eu le mérite de s'atteler au problème éludé jusqu'alors par ses prédécesseurs  en procédant à un premier recul de l'âge de la Retraite à 61 et 62 ans (sauf cas particuliers : pénibilité et activité commencée dès  18 ans), amorçant ainsi une prolongation justifiée par l'allongement moyen de la vie et la nécessité de financer les pensions ultérieures...

 

   Malheureusement, ces mesures ont été soit déjà oubliées, soit masquées par des "erreurs de jugement" qui ont contribué à une impopularité croissante : il est certain que son comportement qualifié bizarrement de "bling-bling" au début de son mandat (Fête du "Fouquet" dès son élection, croisière en yacht avec son "ami" Bolloré...) a nui fortement à son image ...Et le "bouclier fiscal" - même s'il avait le but, illusoire, d'éviter la fuite des capitaux à l'étranger - a surtout accrédité l'idée d'une complicité avec les "riches", d'autant plus fâcheuse que la crise a entraîné rapidement une paupérisation, y compris pour la classe dite "moyenne"...Il y aurait d'ailleurs beaucoup à dire sur un plan psychologique pour comprerndre cette attitude, car Nicolas Sarkozy, petit-fils d'un émigré hongrois, délaissé par son père mais aidé par une mère méritante, n'est pas issu d'une "grande famille"...

 

   Dans cette perspective, on comprend mieux que, dans son "face-à-face" du 29 janvier 2012, il ne se soit pas soucié de répondre à son concurrent François Hollande et à ses "60 engagements pour la France" - mais ait surtout cherché en "homme de terrain" à "rétablir son crédit", c'est-à-dire à enrayer la dérive de sa popularité par une série de mesures "fortes" destinées à lui donner "l'habit d'un Président protecteur" et de "capitaine dans la tempête" ...Autrement dit, c'est un "banco" du genre "ça passe ou ça casse", le courage - dont il ne manque pas - devant, selon lui,  payer ...

   1. Hausse de la TVA de 19,6 à 21 % (hors alimentation et santé) pour diminuer les charges des entreprises, les rendre ainsi plus compétitives notamment sur le marché extérieur, et contribuer ainsi à la fois à une réduction de la dette et à une reprise de l'emploi.

   2. Modulation de la durée du travail en favorisant une négociation directe entre les patrons et les salariés (accords compétivité-emploi), ce qui permet de sortir du carcan des 35 heures, notamment dans les petites entreprises, l'horaire quotidien pouvant varier suivant les saisons ou les besoins.

   3. Action en faveur des jeunes avec l'obligation pour les grandes entreprises de plus de 250 salariés de recruter au moins 5 % d'apprentis.

   4. Augmentation des possibilités de construction de 30 % à la fois pour faire baisser le prix des logements devenant souvent inabordables dans les grandes villes comme Paris et sa banlieue, ...et pour relancer l'activité et donc l'emploi dans ce secteur.

   Et ces réformes sont accompagnées de dispositions financières : outre la hausse de la TVA devant rapporter 11 milliards d'€, elles comportent un relèvement de 2 points de la CSG sur les revenus financiers et la création d'une taxe de 0,1 % sur les titres des entreprises cotées en France...  ..Et ses partisans enchaînent : Bruno Le Maire, Ministre de l'Agriculture lance : "Arrière les doutes, les hésitations, les idées noires !" ...Jean-François Copé, Secrétaire Général de l'UMP insiste : "Le courage, c'est de dire la vérité au risque de l'impopularité, c'est préférer l'intérêt supérieur de la France à quelques points dans les sondages"... Et  François Fillon, le Premier Ministre, renchérit en concluant : " L'élection présidentielle récompensera le candidat le plus solide ...et l'homme que les circonstances difficiles exigent, ...c'est Nicolas Sarkozy" ...C'est une version actualisée de la "méthode Coué" car, dans l'immédiat l'accueil de  la "droite" et du "centre"  est plutôt tiède, tandis que la "gauche vitupère contre des mesures qui sont pour elle "de la poudre aux yeux" ou se retourneront - comme la hausse de la TVA - contre les  consommateurs ...Et de fait, les premiers sondages depuis le 29 janvier 2012 ne traduisent pas de remontée de la "confiance" ...Le capitaine va-t-il colmater les brèches ou couler corps et biens avec son navire ?...Pourra-t-il arracher une victoire à la faveur d'évènements imprévisibles ? ...Lui sera-t-il permis, alors qu'il vient d'avoir 57 ans le 28 janvier 2012, de prendre alors sa retraite en 2017, c'est-à-dire à 62 ans, l'âge minimal de la retraite qu'il a lui-même reculé par sa loi de 2010 ?...

 

  

 

  (*) Catherine Nay - Un pouvoir nommé désir - Ed Grasset 2007

 

 

 


 

 


 

 

 

 

  

Par JRFD - Publié dans : Politique Intérieure - Communauté : Réformer la France
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Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 15:40

   Par son discours du Bourget le dimanche 22 janvier 2012, puis par son intervention dans une symbolique "Maison des Métallos" le jeudi 26 janvier suivant, François Hollande s'est affirmé comme le seul interlocuteur valable de Nicolas Sarkozy pour les prochaines élections présidentielles.

 

   Il est d'abord très significatif que François Hollande -  sans renier son appartenance au Parti Socialiste dont il a longtemps été le Secrétaire Général avant d'être désormais le candidat désigné pour les élections présidentielles - présente son "propre" programme de "60 engagements pour la France"...Il s'inscrit donc dans la continuité du régime de la 5ème République instituée par le Général De Gaulle, donnant au Président de la République le rôle décisif dans le fonctionnement des affaires publiques, et ne prône pas une "rupture institutionnelle" imaginée par certains membres du Parti Socialiste sous la forme d'une "6ème République" ...

 

     Il ne s'en démarque pas moins nettement de la conception "libérale" du Président sortant  Nicolas Sarkozy, dont la carrière politique a été marquée par "l'empirisme", c'est-à-dire une adaptation constante aux circonstances qui lui a permis de dire "tout et son contraire" sans se renier, par exemple en limitant l'enrichissement d'une minorité de la population après avoir institué un "bouclier fiscal", ou encore en envisageant de réduire la durée du travail après avoir bâti son succès sur le slogan "Travailler plus pour gagner plus" ...Manifestement, François Hollande s'inscrit à l'inverse dans une logique "doctrinaire", où ses "60 engagements" font écho aux 110 propositions de François Mitterrand en 1981, les médias s'étant même amusé à mettre en parallèle la "gestuelle" des ...deux François !...

 

     Dans ce retour à une conception doctrinaire, il est donc naturel que François Hollande  revienne à "l'étatisme", c'est-à-dire à la notion de "l'Eta-Providence" qui privilégie le "social" par rapport à "l'économie" : maintien du nombre des fonctionnaires chargés ses services publics (notamment ceux de l'Education Nationale formant une grande partie de la clientèle électorale du Parti Socialiste ), recours à des emplois aidés (150.000 emplois d'avenir), contrats de génération (associant l'embauche des jeunes au maintien des "seniors"), retour à la retraite à 60 ans pour les travailleurs ayant commencé leur activité dès 17 ans, banque publique d'investissement, etc...Ces dispositions sont incontestablement généreuses, et elles ne peuvent qu'avoir un écho favorable dans le contexte actuel de "chômage" et de "paupérisation" ...Mais le problème est qu'il en coûterait au budget de l'Etat environ 20 milliards d'€, alors que la dette publique s'élève déjà à environ 1700 milliards d'€, soit 82 % du PIB ...Certes, ce problème n'a pas échappé à François Hollande, qui s'est effectivement soucié de réduire l'endettement par un plan de "limitation" (pour ne pas dire de "rigueur"...) d'environ 30 milliards d'€, ...plan d'ailleurs conforme aux ...engagements déjà pris par Nicolas Sarkozy, comme Président, auprès du Conseil de l'Europe ...Il n'en est pas moins vrai que 30 milliards d'€ + 20 milliards d'€ = 50 milliards d'€ ...Où trouver cete somme quelque peu ...mirobolante ?...

 

   François Hollande ne peut assurément pas - comme tout candidat éventuel, y compris Nicolas Sarkozy - envisagé une hausse des impôts - du moins de l'impôt sur les revevus, le plus visible, qui serait "anti-électoraliste" ...Alors il présente une panoplie très élaborée de mesures revenant globalement à la vieille antienne de "faire payer les riches" : suppression des allègements de l'ISF (2 milliards d'€), taxation des bénéfices spéculatifs des banques (1 milliardd'€), annulation de la défiscalisation des heures sipplémentaires dimminuant les charges de la production  et de l'allègement des charges sociales- sauf en en cas de recrutement (6 milliards d'€), ...et surtout hausse de l'imposition des hauts revenus, à la fois par la création d'une tranche de 45 % pour les revenus supérieurs à 150.000 € et par la réduction des "niches fiscales" - retraites, emplois à domicile, restauration, etc...- (environ 12 milliards d'€) ...Certes, certaines mesures sont équitables, si elles contribuent à réduire l'écart qui s'est accentué depuis un demi-siècle entre les hauts et les bas revenus ...Mais leur accumulation a l'inconvénient d'accroître encore le taux des prélèvements obligatoires dont la France détient le record en Europe  , et cet accroissement risque de s'alourdir encore si la prévision de croissance stagne à 0,5 % comme en 2011, et ne remonte pas à 2 - 2,5 % , comme le suppose François Hollande, sans la moindre garantie, car la France est dépendante de l'évolution d'une économie de plus en plus "mondialisée"...Si ce pari - courageux - sur l'avenir nest pas gagné, alors la dette explosera, et les promesses sociales avec elle...

 

   Autant dire que François Hollande - tout comme Nicolas Sarkozy ou n'importe quel autre candidat d'ailleurs - est confronté à une équation impossible, celle de mettre en accord "l'économie' et le "social", c'est-à-dire de résoudre l'alternative : restreindre la liberté au nom de l'égalité ...ou restreindre l'égalité au nom de la liberté...

 
Par Jean Daumont - Publié dans : Politique Intérieure - Communauté : Réformer la France
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Jeudi 19 janvier 2012 4 19 /01 /Jan /2012 00:36

   Le travail est par définition une "activité destinée à un résultat" et, à ce titre, il est une caractéristique propre à tout ête vivant. Mais il a une place particulière pour l'homme qui est le seul être vivant dont le travail a pris des formes diverses depuis son apparition sur la Terre...

 

         Pendant la Préhistoire...

 

   Il n'y a évidemment pas de témoignage direct sur le travail au début de la Préhistoire, c'est-à-dire à l'époque du paléolithique remontant à plus d'un million d'années ...Mais il est possible d'affirmer que l'homme a alors vécu de la cueillette et de la chasse et n'effectuait donc pas de "travail" pour satisfaire ses besoins alimentaires. Certains historiens ont même parlé de "paradis", à l'instar de "l'eden" biblique placé au début des temps, ce qui était tout de même aller un peu vite  ...en besogne, car l'époque a certainement été marquée par des luttes incessantes entre des tribus défendant leurs domaines d'errance ...En tout état de cause, l'époque suivante du néolithique à partir de 10.000 ans environ marque la fin de ce prétendu "paradis", puisque l'humanité devenue plus nombreuse ne peut plus se satisfaire de "rendre dans la nature" et doit se livrer à son "exploitation" avec l'agriculture et l'élevage, ...ce qui entraîne d'ailleurs une organisation sociale où les anciens nomades devenus sédentaires délimitent leurs territoires et édifient des constructions à la fois pour s'abriter et se défendre...

 

        Sous l'Antiquité... 

 

   Au seuil de l'Histoire, c'est-à-dire sous l'Antiquité commençant dans le Moyen-Orient vers 5000 avant l'ère chrétienne, le partage du travail n'avait rien d'égalitaire, puisqu'il y avait d'une part des "hommes libres" participant à la vie des cités ou des états et d'autre part des "esclaves" formés de populations soumises par la force ou de prisonniers de guerre et dont la fonction était justement de "travailler" ...Au 1er siècle avant l'ère chrétienne, le romain Varron classe l'équipement d'une "villa" en trois catégories : les instruments muets (les outils), les semi-parlants (les animaux) et les parlants (les esclaves) ...Et l'existence d'esclaves est tellement entrée dans les moeurs qu'elle n'est même pas dénoncée par Jésus-Christ dans sa prédication tournée vers l'amour du prochain ...La condition "servile", il est vrai, concernait surtout le travail agricole, et les autres tâches comme l'artisanat ou le commerce étaient jugées plus nobles...

 

         Au Moyen-Age...

 

     A partir du 5ème siècle de l'ère chrétienne, l'Eglise est devenue la force dominante en raison de la dislocation de l'Empire Romain et l'esclavage disparaît progressivement à la faveur des invasions ...Mais la société reste très inégalitaire entre ceux qui prient (oratores), ceux qui se battent (bellatores) et ceux qui travaillent (laboratores) ...et le travail est alors dépeint comme une "malédiction", conformément au dogme du "péché originel", suivant lequel Dieu a puni Adam et sa descendance à "gagner son pain à la sueur de son front" ...et Eve "à la douleur d'enfanter" (Genèse III-17) ...Cependant les conditions de vie s'améliorent avec la constitution de nouveaux Etats et le développement de villes, où les "bourgeois" tiennent le "haut du pavé" ...La population rurale n'en reste pas moins largement majoritaire, avec de nombreux "serfs", dont le nom est issu des anciens esclaves, et qui, même s'ils ne sont plus comme ceux-ci la propriété des "seigneurs", restent "attachés à la glèbe" et "sont taillables et corvéables à merci" ...La notion de "l'esclavage" n'est d'ailleurs pas éliminée, car elle est encore pratiquée dans d'autres régions du monde, notamment par les pays musulmans en Afrique et en Asie ...et, plus tard, les Européens eux-mêmes en feront usage au dépens des Indiens survivants des civilisations précolombiennes en Amérique, puis - cette "main d'oeuvre" étant insuffisante - en déportant des Noirs d'Afrique pour l'exploitation de leurs "colonies" ...cet usage étant alors justifié par une croyance en la supériorité de la race blanche...

 

        Aux Temps Modernes...

 

   A partir du 16ème siècle, avec la "Renaissance" et la "Réforme", des idées nouvelles n'en sont pas moins apparues,  remettant en cause la main-mise de l'Eglise sur les consciences ...La France y joue un rôle important, notamment avec Montaigne au 16ème siècle, Pascal au 17ème siècle et les philosophes au 18ème siècle - Voltaire, Rousseau, Montesquieu, Diderot et D'Alembert - ceux-ci ayant eu le souci primordial de "réhabiliter le travail", notamment par la rédaction de "l'Encyclopédie" où ils dessinent un "univers enchanté du travail" dans lequel "l'homme est réconcilié avec la production devenue action créatrice" ...Et, à leur suite, les doctrinaires socialistes,  d'abord "utopiques" - Fourier, Proud'hon, Saint-Simon -,  puis "matérialistes" - Marx et Engels - vanteront le travail qui est pour eux  "le modèle de l'activité créatrice de l'homme" ...La 2ème République en France , après la Révolution de 1848, garantira à chacun le "droit au travail" et créera des "ateliers nationaux" ...Napoléon III lui-même, auteur de "L'extinction du paupérisme", fera entreprendre des travaux publics pour donner du travail aux ouvriers, notamment à Paris (les "Travaux d'Haussmann"), et créera des institutions de bienfaisance ....

    Car, même si le travail est réhabilité, la condition des ouvriers n'en est pas moins misérable, et Marx et Engels, auteurs du "Manifeste communiste de 1848", opposant cette condition à l'enrichissement des propriétaires capitalistes issus de la "révolution industrielle" au 19ème siècle, prônera la "lutte des classes" qui, après l'échec de la Commune de Paris en 1871, aboutira en 1917 à la Révolution bolchevique en Russie où la "dictature du prolétariat" sera détournée par Staline en un pouvoir autocratique aussi oppressif que ...celui de Hitler au nom d'un "national-socialisme" en Allemagne...

    Il n'en sera pas de même heureusement, dans les pays "occidentaux" où, au prix de nombreuses luttes des ouvriers souvent rejoints par l'ensemble des "salariés" du secteur public comme du secteur privé, furent mises en place des mesures organisant un "droit du travail", en réglementant notamment la durée de celui-ci...

 

      Le temps du travail...

 

   Même s'il est un "droit", symbolisé par l'institution de la Fête du Travail (chômée...) le 1er mai, le travail ne peut que devenir une "peine", s'il est excessif et ne permet pas au travailleur de profiter de l'avantage qu'il en retire... Aussi, dans tous les pays, le temps de travail a été progressivement diminué...En France, la 3ème République a successivement institué la loi des "8 heures par jour" en 1919 ...puis réduit la durée hebdomadaire à 40 heures avec le "Font populaire" en 1936 ...Et, après la 4ème République qui prend des dispositions particulières, notamment pour les femmes, il faut attendre la 5ème République pour un abaissement à 39 heures en 1982, puis à 35 heures par la Loi Aubry du 19 janvier 2000, ...celle-ci ayant été amendée par la loi Fillon du 15 octobre 2002 relevant le quota des heures supplémentaires, de sorte qu'actuellement les salariés effectuent une moyenne "réelle" de 39 heures ...Exprimée en en durée annuelle, cela donne en France 1679 heures, soit le total le plus bas en Europe après les 1670 heures de la Finlande, les autres pays se situant au-dessus : 1856 au Royaume-Uni, 1904 en Allemagne, 1971 en Grèce, ...et 2095 en Roumanie. Il est vrai que la comparaison est difficile, un pays comme l'Allemagne faisant appel à un système concerté de "temps partiel" qui assure une meilleure distribution du travail et limite le chômage, ...à la différence de la France où le "temps partiel" n'est pratiqué que pour 18,4 % des salariés, alors qu'au contraire il atteint un record en Europe pour les non-salariés (agriculteurs, artisans, médecins, professions libérales...)

   Cette évolution vers un temps de travail de plus en plus réduit peut trouver sa justification dans la volonté des Etats de permettre la création d'un plus grand nombre d'emplois, tout en permettant aux travailleurs en Dessin-Chomage.jpg place de bénéficer de loisirs plus importants, qui se sont traduit effectivement par une augmentation des congés passés de 2 semaines à 5 semaines et  plus ...depuis un demi-siècle en France. ...Malheureusement, la corrélation s'est révélée souvent inopérante, dans la mesure où la diminution du temps de travail est loin d'avoir correspondu aux créations d'emploi, soit parce que des entreprises en ont profité pour augmenter leurs marges ou développer leurs investissements, soit parce que, du fait de leur petite taille,  beaucoup d'entre elles pouvaient difficilement créer de nouveaux postes en raison des charges sociales dépassant leurs ressources, à fortiori dans une période de crise..

   C'est pourquoi se pose actuellement le problème d'un retour à un temps de travail plus important ...En France, le Président Sarkozy en a même fait un thème de campagne en 2007, en proclamant "Travailler plus pour gagner plus", ce qui avait contribué à son succès ...Mais ce slogan a rapidement trouvé ses limites, avec la récession apparue à la fin de la même année, et s'est donc retourné contre son auteur, avec "paupérisation" en ayant résulté... et rendant d'autant plus choquante l'enrichissement éhonté d'une minorité de "gens aisés" à la faveur d'une limitation de leur imposition... Car il n'y a désormais plus ...de travail, et le chômage ne cesse de s'accroître : plus de 4 millions de personnes en France en 2011, en dépit d'un recours à toutes sortes d'expédients, les CDD précaires se substituant aux CDI, eux-mêmes remis en cause...

 

       Vers la suppression du travail ?...

 

    Y-a-t-il une solution à cette situation ?...Il est permis d'en douter, en raison de la conjonction entre la concurrence des pays "en voie de développement" où le coût du travail est moins cher ...et l'automatisation croissante de la production dans les pays "développés" permettant de réduire le coût du travail, mais se soldant par une réduction du nombre des emplois... De gré ou de force, le travail tend à disparaître, comme si la civilisation retournait inéluctablement aux débuts de l'humanité, c'est-à-dire ... au soi-disant Paradis originel...

 

Bibliographie :

 - Georges Friedmann * Où va le travail humain ? Ed.Gallimard

                              * Le travail en miettes          "      "

 - Henri Arvon La philosophie du travail Ed.PUF

 - Ovrage collectif Le travail Ed.Bréal

 

 Dessin humoristique de Chaunu - Ouest-France 18 janvier 2012

 

 

     

 

  

 

  

Par Jean Daumont - Publié dans : Economie et Société - Communauté : Pour un monde meilleur
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Samedi 14 janvier 2012 6 14 /01 /Jan /2012 16:08

   La France a perdu son AAA ! ...Ah ?...s'est interrogé le Français moyen ...et ...A ...lors, qu'est-ce qu'on ...a ...à ...en foutre ?...A ...vrai-dire, pas grand-chose, même si les médias s'acharnent...à ...lui démontrer qu'il va en subir les conséquences ...Car il sait très bien, le Français moyen, que, de toutes façons, contrairement à Cyrano de Bergerac, à la fin de l'envoi, ...il ne touchera pas, ...comme d'habitude !...

 

     Mais, au fait,  c'est quoi, le AAA et ses déclinaisons ...comme Aneries, et ...à ...sa suite, le BBB comme Bêtises, ...ZZZ ...comme Zigotos, en passant par ...QQQ comme C... Ah ! ...mais c'est une note donnée par une agence de notation, en l'occurrence la "Standard & Poors" ...Ah ! ...Et c'est quoi,  cette agence de notation ? ...Une institution internationale composée et contrôlée par des représentants des divers pays du monde ? ...Pas du tout ! ...C'est une institution privée constituée en 1941 aux Etats-Unis par la fusion entre la "Poor's", créée en ...1860 pour la construction des chemins de fer, ...et la "Standard Statistic" chargée de réunir les données sur les Sociétés financières et ayant attribué ses premières notes en 1916 ...Il y a d'ailleurs d'autres agences "rivales", comme la "Moody's" et la "Fitch Rating", cette dernière étant contrôlée à 60 % par la holding française Fimalac ...Tiens ! ...Tiens ! ...Intéressant  non ?...Ces agences se sont mises en effet à noter non plus seulement les entreprises, ...mais les Etats, le plus souvent à la demande de ceux-ci et contre rémunération de leur part, afin qu'ils puissent faire valoir leur note auprès des investisseurs ...Autant dire alors que ce n'est plus seulement intéressant, mais ...intéressé !...Car  il faut que la note soit bonne ...Autrement dit, il y a au moins un risque de collusion entre le "noteur" et le "noté" ...comme si, au Lycée, un élève payait son Professeur pour avoir une bonne note ! ...

 

    Bien sûr, on peut objecter que ces agences sont bien renseignées et sont donc irréprochables ...Le problème est qu'elles ne sont pas infaillibles : ainsi, elles n'ont pas vu venir la crise de 1929 (excusez du peu !), ...et elles ont attribué d'excellentes notes aux crédits "subprimes" américains à l'origine de la crise de 2007 ....au point qu'un pays comme le Japon, très lié aux Etats-Unis, avait même proposé qu'on note ...les agences de notation ! ...Tout cela n'est pas sérieux !... et il faudrait que la France porte le deuil de la perte d'un "A", son "AAA" étant devenu un "AA+" ?...Vous rigolez, ou quoi ?...Certes la Dette publique de la France, déjà largement amorcée auparavant, s'est aggravée depuis 2007 ...Mais l'économie, en France comme partout dans le monde, a toujours fonctionné par une alternative de "progression" et de "récession" ...En l'occurrence, elle a  emprunté - à des tarifs relativement bas - pendant la période précédente de "progression", où l'endettement, favorisant les investissements, était presque considéré comme une "vertu", l'intérêt des emprunts étant de toutes façons inférieur à la valorisation des biens ...Et elle a certainement trop emprunté, pour payer à la fois une politique sociale généreuse (les 35 heures...) de la "gauche", mais aussi une politique de prestige (Irak, Afghanistan...) de la "droite" ...Mais ce n'est pas un drame, et la France peut se "refaire" ..."On peut vivre sans AAA", a écrit Marc Fiorentino, un spécialiste des marchés financiers ...Le seul risque est que les spéculateurs, toujours à l'affût, jouent sur la baisse des cours en Bourse pour réaliser des bénéfices "immoraux" , l'opération s'effectuant au dépens des "petits" (PME et particuliers) qui perdraient de l'argent, et par conséquent aussi aux dépens du "travail", les pertes pouvant se traduire par des suppressions d'emplois et donc par une nouvelle poussée du chômage ...

 

   Alors, que faire ?...D'abord prendre des mesures strictes au niveau mondial pour empêcher la spéculation ou la sanctionner (reversement des bénéfices à un fonds d'aide) ...Ensuite, prendre des mesures d'assainissement des dépenses publiques à tous les niveaux (Etat, Régions, Départements, Communes) ...Mais aussi contrôler les prix, notamment ceux des sources d'énergie (comme par hasard, les "majors" pétroliers ont augmenté le prix du "brut" dès l'annonce du "déclassement") ...Par contre, veiller parallèlement à maintenir la consommation, ce qui suppose de ne pas utiliser la solution "facile" de la hausse des impôts (nationaux et locaux) qui ne pourrait que la ralentir et nuire par conséquent aux entreprises de production ...Bref, trouver une fois de plus le "moyen terme" entre les excès d'une "économie libérale" capable de déraper, et une "économie assistée" par un "Etat-Providence" ..Il y faudra un certain courage ...Malheureusement, la perspective des élections prochaines en France ne s'y prête pas...

Par JRFD - Publié dans : Economie et Société - Communauté : Pour un monde meilleur
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Lundi 9 janvier 2012 1 09 /01 /Jan /2012 23:24

   En ce début de janvier 2012, il est impossible d'échapper au rite des voeux ...Chacun y va de son "bonne année", accompagné le plus souvent de "bonne santé" ...Il s'agit d'un rite ancien, hérité d'un passé lointain, puisque déjà il était en usage dans la Rome antique (*), mais il est surtout symbolique, car celui qui les formule comme celui qui les reçoit croient rarement qu'ils auront un effet sur les évènements à venir...

 

   Mais ces voeux ont au moins un mérite : ils sont "sympathiques", en ce sens qu'ils traduisent un "souci des autres" : une fois par an, c'est l'occasion de sourire, de s'attendrir, de penser au "bien" ...et d'oublier le "mal" ...Car le mal -hélas - n'est jamais loin ...et, même si on a la chance de ne pas le connaître pour soi-même ou pour ses proches, on a aucun ...mal à le trouver dans le monde : la persistance de "crimes contre l'humanité", comme en Syrie actuellement , la persistance de "crises économiques" aggravant la pauvreté de pays déjà démunis, et à l'opposé, les "profits indécents" de magnats seulement soucieux de préserver, voire d'accroître leur richesse, et la persistance de "l'oppression" dans certaines dictatures...

 

   A vrai-dire, on n'en finirait pas d'énumérer les cas où le "mal" persiste dans le monde, et il ne sert ...malheureusement à rien de rêver au "bonheur universel" qui reste - les hommes étant ce qu'ils sont - du domaine de l'utopie ...Mais il n'est pas interdit d'agir en ce sens ...car, depuis un demi-siècle - après les horreurs de deux guerres mondiales, il y a eu d'incontestables progrès avec la mise en place d'institutions internationales  et d'organisations dites non-gouvernementales qui s'efforcent de juguler les problèmes de guerres civiles, de déportations, de maladies ...ou de faim ...Il y a une prise de conscience qui s'impose de plus en plus dans le monde, une sorte "d'ingérence morale" qui est porteuse d'espoir ...

 

   Alors, bonne année !...

 

(*) Dates variables suivant les époques et les pays. A Rome, le début de l'année était en mars, comme le rappelle le nom des 4 derniers mois de l'année, de septembre à décembre.

 

 


Par Jean Daumont - Publié dans : Actualité - Communauté : Pour un monde meilleur
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Jeudi 5 janvier 2012 4 05 /01 /Jan /2012 18:33

   "En France, on n'a pas de pétrole  mais on a des idées" ...Cet aphorisme hexagonal peut assurément s'appliquer à la proposition actuelle d'une "TVA sociale"...

 

     TVA sociale ?... Qu'est-ce à dire ?... Car cette expression n'est pas claire, et elle est même antinomique, puisque la première partie  - "Taxe sur la Valeur Ajoutée " - se rapporte à l'argent, c'est-à-dire à la "richesse", tandis que la deuxième partie - "sociale" - évoque plutôt l'aide au peuple, c'est-à-dire la "pauvreté" ...Il est donc nécessaire de dé définir d'abord de quoi il est question.

 

   A priori, l'idée d'une TVA sociale paraît équitable, et donc bonne ...En effet, dans le cas de la France, les prestations sociales (maladie, retraite, etc...) sont financées par des cotisations patronales et salariales sur le travail ...et la TVA sociale aurait pour but d'alléger le travail du poids de ce financement, et donc de faire baisser son coût ...Les entreprises produiraient donc moins cher, seraient plus compétitives à l'exportation, pourraient investir plus facilement pour s'adapter à l'évolution des marchés, ...augmenter les salaires et même, éventuellement, embaucher et permettre ainsi une baisse du chômage ...Quel beau scénario !...Mais ne s'agit-il pas d'un film de fiction ?... Le rêve risque fort d'être loin de la réalité, ou, si l'on préfère, il y a loin de la coupe aux lèvres...

 

     - D'abord, rien ne dit que les entreprises - ou, du moins certaines d'entre elles - ne profiteront pas de cette baisse du coût du travail pour augmenter leurs marges, à en juger, par exemple, par la lenteur de réaction des entreprises pétrolières lors des baisses (rares) du 'brut", à la différence de leur rapidité d'exécution en cas d'augmentation de celui-ci ...Le poids de la TVA sociale n'en sera alors que plus lourd pour la consommation...

 

    - En effet, la TVA sociale aura pour conséquence automatique de transférer une partie plus ou moins grande des charges de la production sur la consommation . Or, notamment en période de crise économique - où l'intérêt des dettes est supérieur au rythme de l'inflation - une partie importante de la population , déjà "paupérisée", risque de voir sa situation s'aggraver de façon insupportable ...La TVA, étant par définition une taxe sur la consommation, s'impose en effet à tous les citoyens, et une augmentation  apportée par l'addition de 2 à 3 % au minimum ne pourra qu'aggraver encore l'opposition entre "riches" et "pauvres", dans la mesure où, suivant la remarque de l'économiste Matthieu Plane  ," les 10 % des ménages les plus pauvres consacrent déjà 11,5 % de leur budget au paiement de la TVA par leurs achats courants, quand 10 % les plus riches n'en consacrent que 5,2 %" ...

 

     - Par ailleurs, l'effet positif de la TVA sociale sur le marché extérieur - en diminuant le coût des produits exportés et en accroissant celui des produits importés, autrement dit en favorisant les produits "Made in France" - risque de n'avoir qu'une durée limitée ...Car les pays étrangers concernés - plus de 50 % en Europe - pourront en "représailles" procéder au même jeu, ce qui non seulement annulera l'avantage retiré par la production française mais nuira à la solidarité nécessaire pour défendre la situation de l'Europe et de sa monnaie - l'Euro - dans le monde...

 

   Finalement, il apparaît que la TVA sociale ne peut être qu'une opération à haut risque ...Certes, sa proposition est soutenue par les organisations patronales (MEDEF, CGPME, FNSEA,etc...) séduits par la diminution des coûts de production, mais pour la raison inverse qui est la charge déportée sur la consommation, elle déplaît aux organisations de salariés (CGT, CFDT, FO, etc...) et aux partis de gauche  considérant qu'une telle mesure serait "inefficace et injuste", le candidat socialiste aux élections présidentielles de 2012 François Hollande  allant jusqu'à parler de "mystification et faute sociale" ...Ce refus est d'autant plus compréhensible que la mesure ne fait pas l'unanimité dans la majorité acuelle, notamment dans l'UMP dont certains membres n'oublient pas que la simple évocation de la TVA sociale par le centriste Jean-Louis Borloo entre les deux tours des élections législatives de 2007 leur avait fait perdre une soixantaine de sièges "gagnables" à l'Assemblée Nationale ...Nicolas Sarkozy, le Président de la République, aurait lui-même affirmé : "Je sais bien que je prends un risque" ...en ajoutant : "mais si je ne le prends pas, c'est fini" ...ce qui signifie qu'il met son poids dans la balance !... Veut-il ainsi forcer la décision à la manière "gaullienne" en vue d 'obtenir l'aval du "Sommet social" prévu le 18 janvier 2012 ?...Et s'il se heurte à un refus, ira-t-il jusqu'à un référendum dont le résultat pourra soit conforter, soit compromettre sa ré-élection ?... Hum !...

 

   Quoi qu'il en soit, la situation actuelle des prélèvements obligatoires atteignant environ 50 % (2ème rang dans le monde, après la Suède) n'étant pas satisfaisante - tant s'en faut - il reste nécessaire, si la TVA sociale est écartée, de réfléchir à des alternatives : la gauche elle-même n'écarte pas la possibilité de diminuer les coûts de la production, mais en le compensant par une hausse de la CSG, voire de l'impôt sur le revenu ...L'ennui est que ce dernier est loin d'être égalitaire, puisqu'il n'est pas pas payé par plus de la moitié des citoyens et que, l'écrêtement des grandes fortunes  (restées en France....) ne pouvant donner que des ressources limitées, c'est la classe moyenne qui supporterait l'essentiel de la charge ...Plus séduisante est la proposition très élaborée d'un autre économiste, Hervé Boulhol, membre de l'OCDE :" Il n'ya pas qu'une seule façon de faire cette réforme, mais il y a des façons plus intelligentes que d'autres d'optimiser l'effet sur l'emploi et d'atténuer le risque sur le pouvoir d'achat ...On peut par exemple décider de cibler les baisses de cotisations sur les bas revenus ou sur les seules entreprises qui embauchent. On peut aussi choisir de n'augmenter que certains taux de TVA, sur la restauration par exemple, et actionner d'autres recettes comme les taxes sur la propriété ou des taxes environnementales...Mais la première chose à faire est reste quand même d'essayer de contenir les dépenses" ...CQFD !...

 

   Affaire à suivre...

Par JRFD - Publié dans : Législation - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Dimanche 1 janvier 2012 7 01 /01 /Jan /2012 11:02

   Ainsi donc, l'Assemblée Nationale de la République Française a voté le 23 décembre 2011 un projet de loi pénalisant non seulement la négation du "génocide  arménien" en 1915 mais aussi celle de tout "crime contre l'humanité "...Et ce vote a été salué par les quelques 500.000 Français d'origine arménienne, dont un représentant célèbre, le chanteur Charles Aznavour(ian) a tenu à féliciter publiquement le Président Nicolas Sarkozy ...Mais ce vote a, en fait, été largement consensuel, puisqu'il a été assuré à la fois par l'UMP, les socialistes et divers centristes  ...et on est par conséquent en droit de penser que la France a une fois de plus justifié sa réputation de "Patrie des Droits de l'Homme" et qu'elle reste la championne de la lutte contre toutes les discriminations et les exactions ou les crimes commis à ce titre dans le monde...

 

   Quitte à choquer l'opinion séduite par cette compassion, même tardive, il faut pourtant souligner qu'une telle loi est à la fois inappropriée et dangereuse ...Car une loi est, par définition, "normative", c'est-à-dire qu'elle est faite pour prescrire, interdire et sanctionner, comme il convient dans tout "pays de droit"pour assurer le fonctionnement "normal" des institutions ...Et, en l'occurence, le fait d'édicter une loi sur ce qu'il convient de penser à propos d'un fait historique - c'est-à-dire d'instituer une "loi mémorielle" - est une atteinte à la liberté de penser, certains commentateurs ayant été jusqu'à la qualifier de mesure "liberticide", pour ne pas dire "totalitaire"  ...

 

   La pratique "mémorielle" n'est certes pas nouvelle en France puisque, sans remonter loin dans le passé, on peut citer la Loi du 13 juiillet 1990 (dite Loi Gayssot, du nom d'un élu communiste de l'époque) sanctionnant la négation de l'extermination des Juifs par les Nazis allemands pendant la Guerre 1939-45, ...la Loi du 29 janvier 2001 reconnaissant (déjà) le génocide arménien de 1915, ...la Loi du 21 Mai 2001 (dite Loi Taubira, du nom d'une députée de Guyane) reconnaissant la Traite et l'Esclavage comme "crimes contre l'humanité",  ...la Loi du 23 février 2005 sur la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, reconnaissant son "rôle positif" et accordant aux combattants de l'armée française une "place éminente" ...Et ces témoignages "mémoriels" n'ont pas été seulement une affaire de "lois", puisqu'il y a eu des cérémonies commémoratives, comme celle du 17 juillet 1994 où François Mitterrand inaugure le "Mémorial" du Vel'd'hiv en souvenir de la rafle des Juifs en 1942, et celle de 1995 où Jacques Chirac reconnaît la responsabilité de "l'Etat français" dans la mise en oeuvre de la "solution finale" contre les Juifs ...manifestations impliquant une "repentance"...

 

   A vrai dire, cette pratique mémorielle n'a pas été propre seulement à la France, puisqu'elle a été instituée aussi dans d'autres pays , comme en Belgique, où une Loi du 25 mars 1995 réprime "la négation, la minimisation, la justification ou l'approbation des génocides commis pendant la 2èmme Guerre mondiale" ...ou encore l'Espagne, où une Loi sur la Mémoire historique (sic) a été votée le 28 juillet 2006 pour rappeler les droits des victimes de la Guerre civile ...Même l'Allemagne a pris des dispositions interdisant toute évocation du passé nazi, allant même jusqu'à interdire le commerce d'objets s'y rapportant, comme le livre d'Adolf Hitler "Mein Kampf"...

 

   Est-ce à dire pour autant que les "crimes contre l'humanité", et notamment le "génocide arménien", doivent être oubliés ?... Certainement pas ...Au contraire, il faut garder vivace le souvenir des victimes de ces crimes et honorer leur mémoire ...Mais ce n'est pas aux législateurs, en France comme dans les autres pays, de s'en occuper - de façon parfois erronée ou contradictoire ( "mémoire contre mémoire" à l'exemple de l'Afrique du Nord) - c'est le travail des historiens ...Tel est d'ailleurs l'avis de leurs représentants qualifiés, soulignant à juste titre qu'ils ont la compétence nécessaire pour évoquer le passé aussi objectivement que possible suivant des méthodes d'investigation reconnues au niveau mondial ...C'est aussi l'avis du Parlement européen qui a rappelé solennellement en 2009 que "les interprétations politiques officielles de faits historiques ne doivent pas être imposées par des décisions majoritaires des Parlements (nationaux)" ...et "qu'un Parlement ne peut légiférer sur le passé" ...Rappel de simple bon sens, car, dans tous les pays - et notamment en France, déjà encombrée d'un nombre excessif de lois - où irait-on s'il fallait multiplier les "lois mémorielles" pour sanctionner tous les crimes  politiques antérieurs : ceux de la Guerre de Cent ans (Crécy, Azincourt, Jacquerie...), ceux des Guerres de Religion (la Saint-Barthélémy...),...les massacres de septembre 1792 et la Guerre de Vendée pendant la Révolution, les massacres commis par les armées de Napoléon Bonaparte, la répression de la Commune en 1871 ...Dans le cas de l'Espagne, c'est l'anéantissement des civilisations pré-colombiennes qu'il faudrait commémorer...La vanité des lois mémorielles a d'ailleurs été finalement reconnue dans de nombreux pays, en particulier en France, où l'Assemblée Nationale a pris en novembre 2008 la décision de "ne plus voter de lois mémorielles" ...et "de ne plus se prononcer que par des résolutions dans le domaine de la mémoire" (sic)...

 

 

   Alors pourquoi revenir en France sur une telle décision ?...La réponse paraît évidente en cette période pré-électorale où le vote des quelques 500.000 français d'origine arménienne ne sera pas négligeable en Mai 2012, à fortiori si l'élection présidentielle tourne éventuellement autour d'un classique 50/50 ...L'opinion aurait pu apprécier à sa juste valeur que l'opposition socialiste manifeste sa réprobation contre un tel calcul de la part de l'actuelle majorité, d'autant plus qu'un de ses conseillers les plus écoutés - quels que soient les partis - l'avocat et ancien Président du Conseil Constitutionnel Robert Badinter avait déclaré "qu'une telle loi était anti-constitutionnelle" ...et "que ce n'était pas aux parlementaires de dire l'Histoire" ..."moins encore ...quand il s'agit de faits commis en Asie Mineure, il ya un siècle, où il n'y a eu ni victime, ni complicité française...çà ne concerne en rien la France" ...De quel droit en effet la France se mêle de faits qui ne la concernent pas, à moins d'admettre qu'elle soit qualifiée pour donner des leçons au monde, ce que sa propre histoire ne justifie pas, au contraire...Or les députés socialistes ont emboîté le pas de l'actuelle majorité dans une curieuse "alliance contre nature" qui a surtout pour effet de s'aliéner la Turquie - y compris en cas de retour au pouvoir des socialistes - alors que ce pays fait d'incontestables efforts pour développer la démocratie dans un contexte difficile ...Ne pas s'en tenir à la décision de Novembre 2008 de ne plus voter de lois mémorielles ..;et s'aliéner de surcroît un pays appelé à prendre du poids en Europe et dans le monde, ce n'est plus de l'incohérence, c'est de la sottise, ...et elle est partagée !...

 

Documentation :

 - Article du philosophe Luc Ferry - "Génocide arménien : de quoi se mêle l'Assemblée Nationale ?" - Figaro 29 décembre 2011

 - Article de Françoise Chandernagor, vice-présidente de l'Association Liberté pour l'Histoire  - "Lois mémorielles : un monstre législatif" - Figaro 30 décembre 2011

 - Article de François Rebsamen, Président du Groupe socialiste au Sénat - Lemonde.fr avec AFP 22.12.11 - mis à jour 23.12.11


 

Par Jean Daumont - Publié dans : Droit - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Mercredi 28 décembre 2011 3 28 /12 /Déc /2011 17:30

   Depuis la Préhistoire ou, du moins, depuis que les hommes ont pris conscience de leur individualité dans un groupe et l'ont traduite dans leur langage, ils se reconnaissent par des "noms" ...Dans l'Antiquité, on a surtout retenu le nom de personnages célèbres, dont des textes ont rendu témoignage : Hammourabi, Ramsès, Moïse, Cyrus, Périclès, César, etc ...Mais en fait leur dénomination était plus complexe : ainsi, dans l'histoire romaine, le nom réel de César était  Caius Julius Caesar, car il comprenait un "praenomen" (Caius) qui lui était propre, un "nomen" (Julius) qui était le nom de sa famille au sens de sa lignée (il prétendait descendre de Iule, le fils du troyen Enée  ...et de Vénus), et un "cognomen" -Caesar) qui  était un surnom, autrement dit un sobriquet qui avait pu correspondre à l'origine à une caractéristique d'un ascendant puis était devenu le nom transmissible...Ainsi le nom de Cicéron, le contemporain de César, était en fait  le "cognomen" de Marcus Tullius Cicéro, signifiant ..."pois chiche"...

 

   Cette pratique du surnom a en fait toujours accompagné l'utilisation d'un nom, comme si, au nom qui est donné par la famille, c'est-à-dire par "les autres", on avait toujours éprouvé le besoin d'ajouter une désignation "personnelle" ...Au Moyen-Age, en Occident, cette pratique du surnom persiste, même si elle n'est plus structurée comme dans la Rome antique ...En effet, sous l'influence prégnante de l'Eglise, chaque individu, à l'occasion de sa naissance, et plus précisément de son baptême, recevait le nom d'un Saint, censé être son protecteur "éponyme" : Jean, Jacques, André, Pierre, Georges, Frédéric, Michel, etc... Mais, comme cette désignation était fréquente, il avait bien fallu identifier chacun (e) par une caractéristique personnelle : soit une origine géographique (Dumont, Duval, Duhamel, Bourguignon, Lenormand, etc...), soit un métier (Boulanger, Boucher, Fournier, Serrurier,etc...), soit un rang social (Leseigneur, Bourgeois, etc...), soit une caractéristique  physique (Legrand, Lepetit, Legros, Leroux, Vigouroux, etc...) ..et bien d'autres origines et variantes correspondant aux dialectes locaux ou à une origine étrangère, la France ne s'étant formée que progressivement en ayant toujours été une terre d'immigration... Et ces surnoms d'origine sont devenus à leur tour des des noms transmissibles, qui ont conduit à parler pour chacun de "noms propres"...

 

   Et, par une sorte de renouvellement permanent, toujours avec le souci d'identification personnelle, sont alors apparus de nouveaux surnoms se distinguant de l'évolution antérieure par le fait qu'ils ne sont plus généralement donnés par "les autres" ...mais par les intéressés eux-mêmes  ...ce quil a été convenu d'appeler par le mot savant de "pseudonymes":

 

   - La pratique des pseudonymes a d'abord été le fait - relativement limité - des écrivains, dont on peut donner quelques exemples (dans l'ordre alphabétique) : Apollinaire (Kostrowitzky), Céline (Destouches), Dorgelès (Lécavelé), Eluard (Grindel), France (Thibault), Gracq (Poirier), Lautréamont (Ducasse), Loti (Viaud), Mac Orlan (Dumarchey), Maurois (Herzog), Nerval (Labrunie), Romains ('Farigoule), Sagan (Quoirez), Sand (Dupin), Troyat (Tarassov), Voltaire (Arouet), Yourcenar (Anagramme de Crayencour) ...

 

   - Mais la pratique des pseudonymes s'est étendue à d'autres catégories de métiers, notamment aux artistes (dans l'ordre également alphabétique) : Arletty (Bathiat), Aumont (Salomon), Bécaud (Silly), Brasseur (Espinasse), Carol (Mourer), Cassel (Crochon), Colbert (Chauchoin), Cordy (Cooreman), Darc (Aigroz), Fernandel (Contandin), Gabin (Moncorgé), Guétary (Worloou), Montand (Livi), Mondy (Cuq), Morgan (Roussel), Nat (Benhalassa), Pé(rier (Pillu), Robinson (Svoboda), Rosay (De Bandy de Nalèche), Signoret (Kaminker), Ventura (Borrini), Yanne (Gouyé)...

 

   Evidemment, on peut s'interroger sur cette multiplication des pseudonymes ...L'origine n'est pas toujours connue, et elle est très diverse :

   - Il peut s'agir d'un choix personnel de l'intéressé qui tient  à être connu sous un nom "bien à lui" et délibérément choisi ....C'est le cas notamment pour les écrivains...

   - Il peut s'agir du souci de ne pas gêner les membres de sa famille : cela a été le cas notamment pour les artistes, dont le métier n'avait pas à l'origine toujours une bonne réputation, même s'il est devenu maintenant un titre de gloire

   - Il peut y avoir aussi une nécessité due au fait que le nom de famille d'origine est difficile à porter, comme le prouvent certains patronymes cités ci-dessus...

 

   Quoi qu'il en soit, cette extension des pseudonymes va certainement se généraliser, à en juger par le progrès foudroyant qui se produit actuellement avec le développement  des communications individuelles (ordinateurs, téléphones portables, smartphones, etc)... Le mot même de "pseudonymes" se contracte en "pseudos" ...et le langage même est simplifié de façon outrancière : André devient  "Dédé" avant de devenir "DD" ...Et bientôt, peut-être, on oubliera les mots : il n'y aura plus que des chiffres : on ne sera plus ...OSS 117  ...mais simplement  ...triple ...ZERO !...

Par Jean Daumont - Publié dans : Langage - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Lundi 19 décembre 2011 1 19 /12 /Déc /2011 23:22

   Ainsi donc - après Louis XVI, le premier et seul Roi de France à avoir été condamné après avoir été déchu - et ...Philippe Pétain, Chef d'un Etat fantoche condamné après la Libération, Jacques Chirac est le premier Président de la République française à avoir été condamné après avoir achevé son mandat ...Certes, il n'est pas condamné à mort, mais il est voué à l'infamie, ce qui est une sanction certainement pire avant une mort peut-être prochaine en raison de son état de santé...

 

   Bien entendu, il ne peut être question de nier le fait que, comme Maire de Paris de 1977 à 1995 avant d'avoir été Président de la République Françaide de 1995 à 2007, il avait commis l'erreur de n'avoir pas été suffisamment attentif à l'utilisation des fonds publics ...Mais cette erreur avait été commise dans le cadre d'un relâchement des moeurs politiques où les responsables à tous les niveaux - national et local - se livraient à une collusion plus ou moins douteuse avec les milieux financiers pour financer leurs campagnes électorales ...Et ce n'est pas par hasard que Jacques Chirac avait fait voter en 2003 une loi réglementant ce financement ...Une loi manifestement insuffisante, puisqu'elle n'a pas empêché d'autres affaires d'éclater, comme celle de Karachi concernant des membres de l'UMP ou celles de Marseille et du Pas-de-Calais concernant des membres du Parti Socialiste ...

 

   Quoi qu'il en soit, Jacques Chirac avait tenu à réparer son erreur et avait conclu un arrangement avec le socialiste Bertrand Delanoë devenu à son tour Maire de Paris, les poursuites engagées étant abandonnées en contrepartie du remboursement des frais indûment pris sur les fonds publics ...Mais manifestement, la Justice ...ou plutôt les juges qui sont chargés de l'exercer n'ont pas apprécié un tel arrangement qui n'avait pourtant rien d'illégal puisqu'il est normal qu'une affaire s'arrête quand un plaignant retire sa plainte ...Et ils ont décidé d'intenter un procès à Jacques Chirac au terme des 12 ans d'immunité de son mandat de Président de la République Française, ceci en dépit de la recommandation contraire du parquet ...Décision d'autant plus choquante que, par ailleurs, pour des criminels, les juges n'hésitent pas, sauf dans des cas extrêmes, à arrêter les poursuites au terme d'une prescription de 10 ans ...

 

   Les juges ont invoqué le prétexte que "la justice devait passer  pour l'exemple", pour affirmer qu'une personnalité - même éminente - devait être traitée comme tout autre citoyen ...Le problème est que - justement - la justice n'a pas à être exemplaire, mais doit seulement être objective, et donc sereine, et qu'en l'occurrence les services rendus par Jacques Chirac à la France pouvaient justifier de l'indulgence ...Après tout, les juges auraient pu se souvenir que, dans leur propre profession, il y a eu des "erreurs judiciaires" - comme celle d'Outreau en 2001 - n'ayant même pas entraîné de poursuites ...Dans le cas de Jacques Chirac, ils se sont contentés d'affirmer que la sentence - deux ans de prison avec sursis! - était "mesurée" en raison de son âge et de son état de santé, ce qui est pour le moins désobligeant, car un tel "attendu" est plein de "sous-entendus" ...

 

    Le plus sage, dans cette affaire, est finalement Jacques Chirac qui a accueilli sa condamnation avec "sérénité" et a décidé de ne pas faire appel, estimant qu'en tout état de cause "il n'a commis aucune faute pénale ou morale" ...Et c'est tout à l'honneur de François Hollande, candidat socialiste à l'élection présidentielle de 2012, de lui avoir manifesté de la sympathie de façon subliminale en déclarant "qu'il avait une pensée pour l'homme", ...un homme qui, à en croire les sondages, n'a jamais été aussi populaire...

 

Pour information : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Chirac

Par Jean Daumont - Publié dans : Personnalités - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Vendredi 16 décembre 2011 5 16 /12 /Déc /2011 16:01

   La notation est actuellement une préoccupation pour le monde entier ...puisque non seulement tous les pays se soucient de leur notation ..."financière" ...A...A...A..., mais en France, toujours inspirée pour les leçons, Dessin-Notation-Chaunu-copie-1.jpgles ...Professeurs se mettent en grève pour leur notation ..."professionnelle" ...Ah ...Ah...Ah !...Quelle histoire !...

 

   Une histoire embrouillée, à vrai dire ...La notation, qu'est-ce à dire ? ...D'abord, le mot a divers sens, car il peut se rapporter au fait de "mettre par écrit" (noter un rendez-vous...), ou de "communiquer" (note de service...) ou encore de porter des "signes convenus (notes de musique...), mais en l'occurrence, il s'agit du sens le plus courant, qui est celui de "l'évaluation" et qui, manifestement, pose un problème...

 

   Le principe de l'évaluation est pourtant simple ...Car le monde...de la gravitation universelle à la vie d'une fourmilière en passant par les hommes ...fonctionne aves des "règles" ...Et, pour le fonctionnement de ces règles, il y a des mesures spécifiques : on calcule une distance avec des mètres, hectomètres, kilomètres, etc ...On pèse les poids avec des grammes, kilogrammes, etc ...On répartit le temps en secondes, minutes, heures, jours, mois, années, etc ...On estime l'économie d'un pays avec son PIB ....Il est donc naturel d'évaluer, si besoin est, l'activité d'une personne, à condition que cette évaluation soit juste, c'est-à-dire qu'elle repose sur des critères indiscutables ...Mais c'est là ...justement ...qu'apparaissent les difficultés...

 

   En effet la notation n'est pas une mesure "physique" donnée par des instruments, comme le thermomètre pour la température, ...elle est une appréciation "qualitative" traduite soit par des "lettres", soit plutôt - comme en France - des "chiffres"....autrement dit elle utilise la précision arithmétique pour un jugement nécessairement flottant ...Quel que soit le souci "d'objectivité" du "notateur", sa notation reste inconstante et peut toujours être contestée par le "noté"...Chacun en a fait l'expérience comme élève et a pu estimer parfois qu'il était "mal noté" ...Les études docimologiques montrent effectivement qu'environ 50 % des élèves sont peu convaincus par les notes et pensent que celles-ci peuvent être différentes d'un Professeur à un autre pour un même devoir, notamment dans des disciplines comme le Français ou la Philosophie ...Et...ils n'ont pas tort, car les mêmes études montrent qu'il y a parfois des écarts de plus de 10 points (sur 20) entre deux correcteurs pour une même copie au Baccalauréat, d'où l'utilité d'ailleurs de la double correction et des réunions d'harmonisation ...Or la même incertitude règne pour les personnels adultes auxquels la notation est statutairement imposée ... Dans le cas des Professeurs de Collège et Lycée, elle est la combinaison de deux notes (pour un total de 100 points) : d'une part, une note "pédagogique" donnée par l'Inspecteur de la spécialité pour évaluer la qualité de l'enseignement (sur 60 points) ...à l'occasion d'une visite souvent limitée à un seul cours  et seulement tous les 6 ou 8 ans ...et, d'autre part, une note "administrative" attribuée par le Chef d'établissement pour la ponctualité, l'assiduité, la participation aux activités et les relations avec les Parents (sur 40 points) ...Et cette notation n'est pas anodine, car elle sert de base à "l'avancement" qui peut être "au grand choix", au "petit choix" ou "à l'ancienneté" ...A âge comparable, il peut en résulter actuellement un écart de 800 euros de rémunération mensuelle en fin de carrière ...et cet écart n'est pas toujours une différence de mérite, car un Professeur peut avoir "raté" son cours devant un Inspecteur pour cause d'émotion ...et il peut aussi avoir des relations difficiles avec un Chef d'établissement pour des raisons plus ou moins subjectives ...Et les injustices éventuelles ne sont pas nécessairement réparées dans les commissions paritaires regroupant les représentants de la hiérarchie et les représentants syndicaux, ne serait-ce que parce que le Professeur concerné n'est pas syndiqué...

 

    C'est pourquoi, depuis plusieurs années, des commissions ont été réunies à divers niveaux pour réformer ce système devenu obsolète et inefficace...Mais, malheureusement, elles n'ont pas donné de résultats positifs en raison des désaccords entre les (nombreux) syndicats d'enseignants, certains étant prêts à collaborer avec le Ministre et ses représentants , et d'autres pas, pour des raisons politiques inavouées se rapportant à l'opposition de la "droite" et de la "gauche", surtout dans la perspectives des échéances électorales de 2012... Pourtant, le projet du Ministre actuel ne manque pas d'intérêt, car il préconise de remplacer le système actuel de notation par des "entretiens d'évaluation" portant sur divers thèmes ( objectifs, résultats, manière de servir, formation, activités,etc) et donnant lieu à des comptes rendus utiles pour apprécier les possibilités d'avancement ...Mais il prévoit aussi que cet entretien professionnel sera mené par le Chef d'établissement, considéré comme étant le "supérieur hiérarchique" le plus à même de juger du travail d'un Professeur "sur le terrain", cette  proposition s'inscrivant dans une volonté de renforcer l'autonomie des établissements et d'y appliquer des méthodes managériales empruntées au monde de l'entreprise ...C'est pourquoi, bien qu'il ait précisé que les Chefs d'établissement devraient prendre l'avis des Inspecteurs de spécialité, une majorité de Professeurs a manifesté, dans la crainte que les Chefs d'établissement interviennent sur le plan pédagogique, alors qu'ils connaissent seulement l'enseignement de leur discipline d'origine, s'ils sont d'anciens Professeurs, ou n'ont jamais enseigné, s'ils sont d'anciens Conseillers d'Education (ex-Surveillants généraux)...

 

   Le problème de la notation débouche ainsi sur la nécessité d'une formation adéquate à la fois des "notés" et des "notateurs" ...Ne serait-il pas alors plus simple de  ...supprimer la notation, en aménageant une carrière commune pour tous les Professeurs, dont le concours d'accès devrait être revu, avec un stage prolongé permettant de contrôler le niveau de leurs connaissances et leur aptitude à tenir des classes, y compris avec des élèves "difficiles", l'intervention de l'administration se limitant à une promotion exceptionnelle pour quelques cas éminents ou, inversement, à une radiation en cas de faute professionnelle grave ?...Pourquoi, en effet, persister à "infantiliser" les Professeurs par une "notation" et un "classement" analogues à ceux de leurs élèves ?...

 

   Et pourquoi, à cette image, n'en ferait-on pas autant  pour la gestion ...du monde entier, en évitant "d'infantiliser" les pays et leurs peuples par des ... "A.A.A." émis par des officines non représentatives les jugeant sur des critères obscurs et éventuellement nocifs sur le plan économique et social, la déchéance pouvant entraîner des pertes de marchés et, par conséquent, une augmentation du chômage ? ..."A" comme "Affaire" ..."A" comme "Abus" ..."A" comme "Ânerie" ...

 

Illustration : Dessin de Chaunu - Journal Ouest-France Jeudi 15 Décembre 2011

Par Jean Daumont - Publié dans : Actualité - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Vendredi 9 décembre 2011 5 09 /12 /Déc /2011 15:53

   Il n'est pas possible d'évoquer la pauvreté sans l'opposer à son contraire qui est la richesse. Tandis que la"richesse" est la situation de celui qui a plus de ressources quil ne lui est nécessaire pour vivre, la"pauvreté" caractérise la situation de celui qui n'a pas assez de ressources pour  satisfaire ses besoins ...Et pourtant cette opposition reste relative, car la pauvreté, comme la richesse, ne peut être appréciée qu'à partir d'un certain "seuil", et ce seuil est difficile à définir...

 

   En France, il est admis que le seuil de pauvreté est atteint quand il est en dessous de 60 % du "revenu médian", celui-ci étant la moyenne entre les revenus les plus élevés et les revenus les plus bas ...Ce revenu médian étant actuellement de 1590 € par mois pour une personne seule, celle-ci est donc "pauvre" en dessous de 954 € ...Un calcul analogue donne 1431 € pour un couple sans enfant, 1717 € pour un couple avec 1 enfant, environ 2000 € pour un couple avec 2 enfants, etc ...Mais cette mesure, comme toute moyenne, ne rend pas compte de la réalité : d'abord elle est "injuste", en ce sens qu'elle fait dépendre "l'appauvrissement" de ..."l'enrichissement", et que, surtout, elle ne traduit pas la nature de cette pauvreté, qui n'est pas seulement "pécuniaire", mais aussi morale et donc sociale, ...la personne concernée étant généralement  traitée comme étant "à part", donc plus ou moins rejetée, à fortiori si elle n'a pas ce qui est considéré comme un besoin élémentaire, à savoir un "toit" dans le cas des SDF ...Quoi qu'il en soit, même si  elle est contestable, cette mesure aboutit à dénombrer en France une moyenne d'environ 8.000.000 pauvres - soit le 1/10 ème de la population, les enquêtes donnant 9.180.000 en 1970, 8.330.000 en 1990, 7.830.000 en 2000 et 8.170.000 en 2009 et traduisant donc, après une légère baisse, une reprise liée à la crise économique depuis 2007 et d'ailleurs en rapport avec l'accroissement du chômage , notamment pour les jeunes...

 

   Mais la pauvreté n'affecte pas seulement la France, que certains observateurs considèrent même comme un des pays les moins atteints ...Effectivement, elle est loin d'être mal lotie dans la géographie de la pauvreté, qui a été établie sur la base d'un seuil international fixé en 2008 à 1,25 dollar par jour ... Même s'il est lui aussi contestable, ce seuil montre clairement que les pays les plus pauvres se situent "globalement" dans le "Sud", soit 72 % en Asie du Sud et de l'Est, 17 % en Afrique centrale et le reste dans l'Amérique dite latine, cette répartition devant être nuancée puisque des pays "émergents" comme la Chine, le Nigéria et le Brésil peuvenr apparaître comme "riches" par rapport à des pays parfois faméliques comme le Yemen, la Zambie, Madagascar ou le Guatemala ...L'image insoutenable d'une femme africaine tenant dans les bras son enfant mort de faim illustre le malheur que peut susciter la pauvreté quand elle devient excessive au point de mettre en cause la vie elle-même ...Cette géographie de la pauvreté est en l'occurrence le résultat de son histoire, même si celle-ci est difficile à définir car les critères ont évolué avec le temps : dans l'Antiquité, la pauvreté était admise comme naturelle, au même titre que l'esclavage qui lui était souvent lié, et elle engendrait une solidarité associée à une nécessité d'ordre dans une société encore très communautaire... Il y avait des distributions de vivres et des fêtes gratuites offertesdans les cités de la Grèce ou à Rome ..."Panem et circenses" ...Jésus-Christ lui-même n'affirme -t-il pas :"Heureux les pauvres, car le royaume des cieux est à eux" (Ev.Mathieu 5/3) ...Et, de fait, la pauvreté n'était pas ressentie comme un malheur ou une honte ..."Pauvreté n'est pas vice", dit encore l'adage, et il en était encore ainsi en France dans la 1ère moitié du 20ème siècle, où il y avait encore des masures campagnardes sans eau courante et sans électricité ...On allait chercher l'eau au puits ..et on s'éclairait avec une lampe à pétrole ...avant d'installer l'électricité d'abord dans une seule pièce avec une ampoule de basse puissance ...et on n'était pas malheureux pour autant ...car, si la richesse ne fait pas le bonheur, la pauvreté ne fait pas pour autant le malheur ...

 

   Et la pauvreté n'est pas davantage une fatalité, comme veulent le croire des prophètes de ...malheur annonçant la ..."faim du monde" en considération de l'accroissement exponentiel de la population du monde passée de 1milliard d'habitants en 1800 à 2 milliards en 1900, 3 milliards en 1960, 7 milliards en 2011, avec une projectionde 9 à 15 milliards en 2100 ...En effet, contrairement à l'opinion courante, le nombre de pauvres dans le monde, même s'il reste très important, est en diminution constante depuis près d'un demi-siècle, étant passé de 1,9 Milliard en 1981 à 1,4 milliard en 2005, soit un abaissement non négligeable de 500 millions ...et il est donc possible d'imaginer une résorption progressive de la pauvreté en raison des progrés techniques - notamment l'extension des superficies cultivables - ainsi que par la généralisation de l'aide sociale dans le monde, qu'il s'agisse de l'action d'associations internationales ou de mesures prises dans les pays concernés, à l'image de la France où l'action de l'Etat (sécurité sociale, allocations de toutes natures, RMI, RSA, etc ...) est relayée par des institutions caritatives (Armée du Salut, Secours populaire, Secours catholique, Restos du Coeur, etc...)

 

   Est-ce à dire que la pauvreté pourra un jour être totalement éliminée, comme l'ont été certaines maladies ?... Ce n'est matériellement pas impossible ...Mais une formule comme "Plus jamais ça !" ...ne sera qu'un slogan, si les hommes ne sont pas plus raisonnables qu'ils ne l'ont été après l'avoir déjà prononcée après la Guerre 1914-1918 ...Car les hommes sont les hommes ..."ni anges, ni bêtes" ...Alors ?...

 

Par Jean Daumont - Publié dans : Economie et Société - Communauté : Le champ du monde
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Jeudi 1 décembre 2011 4 01 /12 /Déc /2011 15:54

   N'en déplaise à Jean-Jacques Rousseau, l'homme n'est pas naturellement bon, et il n'a jamais assuré l'égalité dans la société ...Au contraire, il a le plus souvent cherché à s'enrichir, c'est-à-dire à acquérir des biens sans les limiter à ses besoins ...En France, le journaliste François de Closets a naguère dénoncé cette soif de richesse dans ses livres "Toujours plus !" (1982) et "Encore plus !" (2006), faisant écho à ...Jésus-Christ qui, il y a deux millénaires, au nom de "l'amour du prochain", c'est-à-dire de la solidarité, condamnait la richesse, selon l'Evangile de Saint Marc (Ch.10-V.23) en proclamant "qu'il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume de Dieu"... 

 

   En fait, cette soif de richesse a marqué toutes les périodes de l'Histoire dans l'ensemble du monde ...Quel que soit le régime politique, et même si celui-ci avait un caractère "populaire", les "riches" ont toujours assuré ou défendu leur prééminence ...Dans l'Antiquité, la "démocratie" athénienne était pratiquement un gouvernement des "propriétaires" ...comme à Rome, la "république" était l'affaire des "citoyens" ...Au Moyen-Age, la socité féodale est dominée par les "seigneurs" possédant les châteaux , ...et ensuite les "marchands" ou "bourgeois" dirigent l'économie dans les villes ...Pendant les Temps modernes, du 16ème au 18ème siècle, l'Ancien Régime repose en France sur les "Privilégiés" ...Et l'abolition des privilèges lors de la nuit du 4 août 1789 n'empêcha pas le reconstitution au 19ème siècle d'une classe dominante de "capitalistes" - encouragée par le pouvoir (cf Guizot : "Enrichissez-vous!") - contre laquelle se dresseront les "socialistes" ...De même, au 20ème siècle, l'instauration du "communisme" en Russie et dans les "démocraties populaires" suscita la naissance d'une "nomenklatura" qui, après la chute du "Mur de Berlin" (1989), induira l'éclosion d''un certain nombre de milliardaires, à l'instar de ceux qui se multiplièrent dans les pays dits "libéraux"...

 

   Car des milliardaires - c'est-à-dire les plus riches des ...riches - il y en a partout, et de plus en plus, dans le monde ...Divers rapports, en dépit de quelques discordances, situent leur nombre à environ 10.000.000 en 2011 ...Et leur répartition suivant les pays est significative, car elle prouve qu'il n'y a pas de correspondance nécessaire avec le régime politique  (Chiffres 2007):

                         1. Etats-Unis :   3.019.000

                          2. Japon :          1.517.000

                          3. Allemagne :      833.000

                          4. Royaume-Uni   497.000

                          5. Chine                 413.000

                          6. France               396.000

                          7. Canada              281.000

                          8. Suisse                212.000

                          (pas de nombre vérifiable pour l'Inde, la Russie et la Chine à cette date)

    Dans le cas de la France, et quoi qu'en pense l'opinion courante, l'enrichissement ne cesse pas de s'accroître, en dépit d'un certain ralentissement pour cause de crise en 2007-2008 ...L'Observatoire des Inégalités révèle que "l'enrichissement " des 10 % les plus ...pauvres a été de 7,3 milliards d'€ de 1998 à 2008 - soit 2,78 % -  tandis que celui des 10 % les ...plus riches a été de 82,8 milliards d'€ dans le même temps, - soit 31,7 %... On ne peut donc pas dire  que, globalement, les pauvres sont devenus plus ...pauvres, même s'il y a des nuances à apporter dans le détail ...alors que les riches sont devenus plus ...riches ...Mais on peut néanmoins affirmer que l'écart entre les riches et les pauvres ne cesse de grandir ...Et cela suffit pour entretenir un sentiment d'injustice dans l'opinion, voire susciter grève ou révolte dans certains cas, par exemple si l'enrichissement résulte de suppressions d'emplois liées à des "délocalisations" et permet de verser des dividendes importants à des actionnaires...

 

   Devant cette opposition latente à leur situation, les "riches" adoptent, en France comme dans les autres pays, des attitudes très diverses :

   - La plupart cultivent la "discrétion" pouvant être résumée dans l'expression "Vivons riches, vivons cachés" ...Ils restent muets sur leurs revenus ...et n'apprécient pas la possibilité pour tout citoyen de consulter les rôles d'impôts ...Pas de vagues !...

   - Néanmoins, certains éprouvent le besoin de "justifier" leur richesse, en affirmant que celle-ci contribue à la richesse du pays, et donc à la création d'emplois pour les autres ...C'est la théorie du "Trickle down", c'est-à-dire du "ruissellement", voulant que "la fortune ruisselle le long de la pyramide sociale et fertilise les autres couches successives sous forme de consommation et d'investissement" (sic) ...Le problème est que cette théorie a fonctionné en gros entre 1955 et 1985 (les Trente Glorieuses) où l'élévation du taux de croissance a permis un essor économique important et une restriction relative du chômage ...mais elle a été ensuite contredite en raison du ralentissement de l'économie de 1985 à 2011 (les Trente Piteuses) suscitant un accroissement exponentiel du chômage et une aggravation de l'inégalité dans la société...

   - Plus rare est l'attitude des riches qui se sentent redevables envers la société ...C'est le cas aux Etats-Unis, pays paradoxal où le culte de la libre entreprise peut laisser  de la place à la générosité : ainsi Bill Gates, le patron de Microsoft, a décidé de de distribuer 90 % de sa fortune aux bonnes oeuvres, et son concitoyen Warren Buffett, Président de la Bank of América, en prévoit 99 %, en affirmant pour le 1 % restant "qu'une personne très riche doit laisser suffisamment à ses enfants pour qu'ils fassent ce qu'ils veulent, mais pas assez pour qu'ils ne fassent rien" ...Mais en France ce n'est pas tellement le cas, puisque non seulement des familles célèbres préfèrent acheter des châteaux, des vignobles, des yachts ou des jets privés, voire financer des oeuvres artistiques ou des musées... leur permettant une déduction importante de leurs impôts, quand elles ne placent pas leur fortune dans des "paradis fiscaux" en Suisse  ...ou dans les Antilles !...

 

   C'est pourquoi, conscients du problème posé par l'inégalité des ressources et des moyens de les sauvegarder, les gouvernements - le plus souvent de "gauche", mais pas toujours ..;- ont voulu assurer une certaine "équité fiscale" ...Au début du 20ème siècle, il y a eu "l'impôt sur le revenu", avec des tranches prévoyant un paiement progressif suivant l'importance du revenu ...Mais, en raison du nombre d'exemptions, cet impôt n'est désormais payé que par une minorité de citoyens, devenant ainsi très inégalitaire, et il ne représente plus que 20 % des ressources financières ...Plus efficace est apparue la "Contribution Sociale Généralisée" (CSG), instituée par le socialiste Michel Rocard en 1990 pour le financement de la Sécurité Sociale et représentant 50 % des comptes nationaux, mais elle n'a de "généralisée" que le nom, sans pour autant combler le déficit - il est vrai, insondable - de la Sécurité Sociale ....Et il y a eu la création de "l'Impôt sur la Fortune " (ISF), particulièrement controversé dès sa création, dans la mesure où il a eu surtout pour effet d'entraîner une fuite des capitaux  ..et de nombreux "riches" à l'étranger, le journal Le Monde ayant d'ailleurs écrit  que "les milliardaires étaient ce que la France exportait le mieux"...De fait, les "évadés fiscaux" ont été 649 en 2005, 843 en 2006, 717 en 2007, 821 en 2008 (pas de chiffres recensés  de 2009 à 2011) ...et le rendement de l'ISF n'a cessé de diminuer, passant de 4 milliards d'€ (seulement...) en 2007 à 3,2 milliards d'€ en 2009, ...alors que le nombre d'assujettis n'a cessé d'augmenter, passant de 281.000 environ en 2002 à 562.000 en 2010...C'est d'ailleurs la raison pour laquelle a été créé le "bouclier fiscal" par Nicolas Sarkozy en 2007 (Loi TEPA), en vue d'enrayer la fuite des capitaux nocive à l'économie ...Mais cette protection n'a pas manqué d'être interprétée comme un "cadeau aux riches" ...et il en résulte que l'ISF a été réformée, ce qui la rend encore plus inefficace ...et qu'une nouvelle taxe a même été instituée par l'Assemblée le 19 octobre 2011 sur les hauts revenus (3% au delà de 250.000 €, 4 % au delà de 500.OOO €) ...ce qui est loin de satisfaire l'opposition socialiste qui y voit - non sans raison - une mesure "électoraliste" en vue des échéances de 2012, le député Henri Emmanuelli remarquant : "Je veux bien que vous fassiez un numéro ...en disant "on taxe les riches" ..;mais en juin  vous avez sorti la moitié des contribuables de l'iSF pour un coût de 1;8 milliard d'€ !"...Et effectivement, l'effort ainsi demandé aux "riches" est très timide, comparé à l'effort demandé en Grande Bretagne ou en Italie à cause de la crise (5 à 10 %) ...

 

   Tel est finalement le dilemme : comment rendre juste la répartition de la richesse, et donc son imposition, sans tomber dans un excès d'égalitarisme ou inversement dans une aggravation des inégalités ?...Jusqu'à présent, en France, les gouvernements - de droite comme de gauche - n'ont pas trouvé la "solution-miracle" capable de rallier le plus grand nombre des citoyens, à défaut d'une unanimité impossible ...Et, de toutes façons, si cette solution existait, elle ne devrait pas être limitée à la France, ...mais faire l'objet d'une législation commune, d'abord au niveau de l'Europe, puis au nivau mondial ...On n'en est pas là !.. On en est même loin ! ...Les "riches" peuvent continuer à "vivre heureux", même si une maxime célèbre leur conteste ce droit, car "l'argent ne fait pas le bonheur" ...

 

Sources :

- Le Monde - Dossiers et Documents - N° 414 Décembre 2011

- Thierry Pech - Le temps des riches - Anatomie d'une Sécession - Ed. du Seuil

 - www://inegalites.fr

Par Jean Daumont - Publié dans : Economie et Société - Communauté : Le champ du monde
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Jeudi 24 novembre 2011 4 24 /11 /Nov /2011 00:35

   Tout être vivant sur la Terre a un début - la naissance - et une fin - la mort  ...La mortalité est donc une échéance inéluctable dans la vie de l'homme ...Mais l'homme fait exception parmi les êtres vivants, en ayant conscience de sa vie, sans appréhender pour autant la place de celle-ci dans la continuité du monde, c'est-à-dire dans l'espace et le temps ...et cela le conduit à s'interroger sur la mort, dont personne n'est jamais revenu ...Il est donc naturel qu'en fonction de ses convictions - personnelles ou collectives, philosophiques ou religieuses - l'homme ait pu "imaginer" des réponses diverses : pour les uns, c'est l'anéantissement, la "fin de tout", ...pour d'autres, ce n'est qu'un passage vers un "au-delà", la mortalité n'étant alors que la porte de l'immortalité...

 

   Mais l'immortalité elle-même donne lieu à toutes sortes d'interprétations :

 

   - La plus logique - mais y-a-t-il une logique ? - est de considérer que l'immortalité qui a un début mais pas de fin, à la différence de l'éternité qui n'a ni début, ni fin, reste de toutes façons comme elle un mystère ...C'est pourquoi l'homme qui veut comprendre a depuis longtemps - mais pas depuis toujours - voulu limiter l'immortalité à un "très long temps" : il donne par exemple le nom "d'immortelles" à des fleurs très "vivaces" qui se dessèchent sans disparaître ...ou plus curieusement - en France, "toujours" originale - celui "d'immortels" à des vieillards chenus trônant dans l'Académie...

 

   - Plus complexe est le contenu donné à l'immortalité, car celui-ci a varié au cours des temps, notamment quand est apparue la différenciation entre le "corps" et "l'âme", qui n'a pas toujours existé ...Suivant cette différenciation, il y a le "corps" qui, manifestement, se détruit après la mort ..."Tu es poussière ...et tu retourneras à la poussière" ...Mais il y aurait aussi "l'âme", qui survivrait au "corps" et serait ..."immortelle" ..."l'âme monte au Ciel" ...D'où la question : qu'est-ce que l'âme ?...Ce n'est pas "l'esprit", lequel se développe avec les neurones du cerveau, en conjugaison avec les cinq sens ...Et ce n'est pas une "immanence", même si le poète Lamartine s'interroge à ce propos : "Objets inanimés, avez-vous donc une âme" ?... Car l'âme est conçue comme individuelle ...on a "l'âme en peine" ...on "aime de toute son âme", c'est-à-dire de tout son coeur, mais ce n'est qu'une image, cette âme fugace n'étant évidemment pas dans le coeur ...De toute façons, les hommes n'ont jamais été d'accord sur le sort respectif de corps et de l'âme : certains ne croient qu'à l'immortalité de l'âme, comme les juifs de l'Ancien Testament, alors que les chrétiens du Nouveau Testament croient à la Résurrection totale, leur "credo" évoquant clairement (?) la "Résurrection de la chair" ...Il s'agit d'ailleurs d'une croyance très ancienne puisque, ne faisant pas alors de distinction entre le corps et l'âme, les Egyptiens de l'Antiquité et avant eux les hommes préhistoriques enterraient leurs morts avec de la nourriture et des objets familiers pour leur vie au delà ...de la mort. Tant il est vrai que les hommes ont toujours eu soif d'immortalité...

 

   Mais l'immortalité n'est pas seulement une question de "croyance", car les hommes ont développé leur "science", et celle-ci pose aussi des problèmes ...D'abord, il apparaît que certains êtres vivants unicellulaires ont une durée d'existence incommensurable ...Il y a aussi des méduses pluricellulaires ayant un cycle de vie réversible ...Certains arbres ont une espérance de vie de plusieurs millénaires et ne cèdent que devant l'hostilité ou la modification de l'environnement ...Certains reptiles peuvent vivre peuvent vivre au moins 200 ans ...Quant à l'homme, si on laisse de côté la légende des 969 ans de Mathusalem, on a l'exemple réel des 122 ans de Jeanne Calment, prouvant la possibilité de la longévité humaine sans intervention particulière ...Mais ...justement, on vient d'apprendre que des savants avaient réussi  à re-programmer "in vitro" des cellules âgées pour en faire des "cellules-souches pluri-potentes" (sic), ce qui signifie que l'homme pourrait vivre, si la science dépasse le stade du laboratoire, beaucoup plus longtemps ...en ne connaissant plus  ..."des ans, l'irréparable outrage", avec l'espoir -qui sait ? - de vivre une immortelle jeunesse ...A priori, chaque "individu" ne pourrait alors que s'en réjouir, à moins que ses conditions de vie ne l'amène à provoquer librement sa propre mort ...Mais, sur le plan "collectif", comment la planète pourrait-elle alors supporter l'accumulation d'individus, dont la durée de vie s'allongerait "ad vitam aeternam ?...Déjà la durée moyenne de la vie en France est passée de 48 ans en 1900 à 79 ans en 2000 (plus pour les femmes, moins pour les hommes), et on se pose des questions sur les "vieux", qu'il s'agisse entre autres de leur accueil et du paiement de leur retraite ...mais cela n'est rien, si on considère le problème de l'évolution de la population mondiale, qui augmente déjà de façon exponentielle, c'est-à-dire de plus en plus rapidement, passant de 1 milliard en 1800, à 2 milliards en 1930, 3 milliards en 1960, 5 milliards en 1975, 6 milliards en 1999, et 7 milliards en 2011, avec une prévision de 8 milliards en 2027, de 9 milliards en 2050 ...et 15 milliards en 2100 !... Non seulement se posera le problème de l'alimentation et de l'énergie (sauf ressources nucléaires...), mais il y aura celui de l'occupation du sol ...Et si les "vieux" gardent leurs facultés ou ...s'il n'y a plus que des "jeunes", comment se répartira le travail ?... Faudra-t-il inventer une alternance du travail et des loisirs ?... Cela fait penser aux ...Champs-Elysées de Paris, où, à l'instar de ceux de la mythologie grecque, les consommateurs goûtent le repos sur les terrasses en regardant passer les travailleurs qui, un plus tard,pourraient échanger leur rôle avec eux ...

 

   Alors que faire ?... Faudra-t-il limiter les naissances, à l'exemple actuel de la Chine ?...Et sera-t-il seulement possible de l'imposer sans en venir à un régime de contrainte totalitaire qui pourrait réserver la "reproduction " à une catégorie d'individus sélectionnés pour "l'amélioration de la race humaine" ?...Sous peine de s'étouffer sous son propre poids démographique, l'homme peut-il prendre la responsabilité de ralentir, voire d'interrompre la continuité de la vie ?... Où devra-t-il, grâce au progrès de sa technique, aller s'installer sur d'autres planètes (on n'arrête pas actuellement d'en découvrir...), et s'il ne peut pas y aller à la vitesse de la lumière (300.000 km/seconde tout de même...) créer d'immenses satellites artificiels ?

 

 

Par Jean Daumont - Publié dans : Esotérisme - Communauté : Le champ du monde
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Dimanche 20 novembre 2011 7 20 /11 /Nov /2011 23:25

   Tel est le titre d'un article plutôt impertinent du journaliste renommé Philippe Labro, consacré à la France qu'il juge comme un pays ...extraordinaire !... (*)

 

    Extraordinaire, la France ?... Eh! Oui ... Elle est d'abord fière de son origine, à nulle autre pareille ...Et pourtant, comme chacun sait, elle tient son nom des Francs, peuplade germanique ayant envahi l'ancienne Gaule au 5ème siècle après JC ...Cela n'a pas empêché les historiens de faire de Clovis, leur roi le plus célèbre, qui ne parlait pas  ...français, le fondateur de ...la France, car il avait eu l'idée de ...s'affranchir de toute autorité issue de l'ancien Empire Romain en obtenant l'onction de l'Eglise par son baptême à Reims en 496 ...

 

   Et l'Histoire de la France s'est alors déroulée, comme un fleuve ...pas tranquille du tout ...en raison de la rivalité des puissances voisines (l'Angleterre, l'Autriche, l'Espagne ...) qui l'envahirent à plusieurs reprises, ce qui ne l'empêchèrent finalement pas d'arrondir son territoire en un bel ...hexagone, ...et même de devenir une des grandes puissances du monde où sa langue (parlée dans toutes les cours d'Europe au 18ème siècle ...et encore parlée dans les pays francophones issus de son ancien Empire) , et sa culture (illustrée par l'éclat de sa littérature et de son art ...de Versailles à la ...Tour Eiffel !)...en ont fait un modèle incomparable ...

 


     Et pourtant cet éclat n'a pas empêché les étrangers de critiquer la France souvent qualifiée d'orgueilleuse et d'arrogante ...et les Français jugés râleurs et inhospitaliers, certains allant même jusqu'à dire que, si la France est incontestablement un beau pays, il est dommage qu'elle soit habitée par ...les Français !... En fait, il faut "raison garder", et ceci d'autant plus qu'avec Descartes la France est à l'origine du ...rationalisme, un rationalisme qui permet de constater, comme le souligne Philippe Labro, que la France est d'abord la championne de la schizophrénie, non pas au sens d'un "pays de fous" (quoique...) mais parce qu'elle est à la fois "tout" ...et son "contraire"...

 

    - La France est  encore un "grand Etat" puisqu'elle reste le 5ème pays du monde par son PIB (après les Etats-Unis, la Chine, le Japon et l'Allemagne) , mais elle n'est que le ..."41ème grand Etat" par sa superficie terrestre ... Il est vrai qu'elle se rattrape en étant "troisième" par son domaine maritime grâce à de nombreuses îles, parfois inhabitées, dans les divers océans ...

 

   - La France est le pays qui adore être de gauche quand elle est gouvernée à droite ...et aime être de droite lorsqu'elle est gouvernée à gauche ...C'est d'ailleurs le résultat d'une longue expérience, puisqu'elle en est à son 12ème régime depuis un peu plus de deux siècles, dont 5 républiques, certains politiciens rêvant même actuellement d'une 6ème...

 

   - La France a un tel strabisme entre la gauche et la droite qu'elle a construit le plus grand nombre de ronds-points sur plus d'un million de kilomètres de son système routier, ce qui prouve qu'elle tourne volontiers en rond et qu'on ne sait plus si l'exception de la priorité à gauche l'emporte sur la règle de la priorité à droite...

 

   - La France a beau avoir régulièrement des champions de ski spécialistes de la montagne, ...elle se trouve toujours paralysée dès qu'il tombe en plaine plus de 6 cm de neige, car elle oublie d'année en année qu'en hiver, généralement, il neige !...

 

   - La France est, depuis 1789, la patrie des "Droits de l'homme", ce qui manifestement l'a conduit à n'accorder le droit de vote aux femmes qu'en 1945 ...et ne l'empêche pas d'être la championne du monde des jours de grève, des défilés et des manifestations...

 

   Oui, la France est un pays extraordinaire ...D'ailleurs, quel pays au monde a autant de personnages célèbres, qu'il s'agisse de politique (Charlemagne, Jeanne d'Arc, Henri IV, Louis XIV, Napoléon 1er, Napoléon III, Clémenceau, Mitterrand ...en attendant la suite), de littérature (entre autres, Ronsard, Corneille, Racine, Molière, Beaumarchais, Voltaire, Victor Hugo, Verlaine...), d'artistes (Fouquet, Le Nain, Lebrun, Watteau, Fragonard,Monet, Manet, etc...), sans oublier, bien sûr, le seul Français dont tout étranger cite le nom sans hésiter quand on évoque la France, à savoir le Général De Gaulle, ce personnage qui, lorsqu'on lui demanda le 18 juin 1940, à la BBC, de faire un essai de voix, ...ne prononça que deux mots ..."La France" ..., et qui, plus tard, déclara qu'on ne pouvait pas gouverner un pays comme la France qui possédait 357 variétés de fromages...

 

(*) Le présent article est un pastiche de son éditorial paru dans les "libres opinions" du Figaro du 14 novembre 2011

 

Sources d'information personnelles + articles trouvés sur Internet

      - www.gallican.org/clovis.htm

      - www.journaldunet.com/econom/magazine/classement-pib.shtml

Par Jean Daumont - Publié dans : L'Histoire - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Jeudi 17 novembre 2011 4 17 /11 /Nov /2011 15:43

   La "dette" a, par définition, un caractère négatif, à l'opposé de la "créance", ...de même que le "déficit" par rapport à "l'excédent" ...ou le "débit" vis-à-vis du "crédit" ...Et il paraît moral qu'une dette donne lieu à un remboursement, de même qu"une créance puisse être levée, comme si l'équilibre était la loi des échanges...

 

   Mais les échanges n'obéissent pas à la morale, et une "dette" n'est pas considérée comme une faute ...Elle est même une pratique courante dès l'Antiquité, car il y a toujours eu, en fonction des circonstances de la vie, des "prêteurs" et des "emprunteurs", les premiers avançant de l'argent ou des biens équivalents aux seconds, en contrepartie du versement d'intérêts correspondant aux délais de remboursement ...inversement, il y a toujours eu aussi des gens plaçant leur avoir ou leurs créances dans des "placements" leur rapportant une "rente" ...Telle a été d'ailleurs la raison d'être des "banques", assurant à la fois les dépôts et les emprunts pour les particuliers ou les entreprises ...Et il est d'ailleurs apparu que, constamment, compte tenu des problèmes de la vie économique, il y a eu un déficit constituant ce qu'on appelle la "dette privée" ...qui est d'ailleurs largement supérieure à la "dette publique", en France comme dans la plupart des pays du monde ...

 

   Car il y a une dette publique, résultant des opérations effectuées par les Etats pour les besoins de leur politique intérieure ou extérieure, qu'il s'agrisse des biens, des entreprises nationalisées, des administrations ou des emprunts ...Longtemps, cette dette publique est restée, en France, inférieure à l'équivalent de 70 milliards d'euros, soit environ 20% du PIB,  , notamment de 1945 à 1975 (les "Trente Glorieuses") ...mais à partir de 1975 elle entame une montée irrésistible : d'abord Giscard d'Estaing, l'économiste, ne peut empêcher qu'elle grimpe jusqu'à 92 milliards, soit 25% du PIB, en 1981, en raison des deux chocs pétroliers ...Puis Mitterrand la multiplie par 6 en raison d'une politique sociale généreuse (35 heures, retraite à 60 ans...), la faisant monter à 570 milliards, soit 50 % du PIB, en 1995 ...Puis Chirac, bénéficiant d'une hausse importante du taux de croissance , ne réalise qu'un doublement de la dette qui atteint  1152 milliards, soit 65  % du PIB en 2007 (c'est le temps des "cagnottes") ...avant que cette dette ne s'envole dans une montée exponentielle avec Sarkozy, puisqu'elle monte en 4 ans à 1692 milliards, soit 86,2 % du PIB, en 2011, contrairement à ses promesses initiales, contrariées - il est vrai - par une crise affectant l'ensemble des pays occidentaux...

 

   Alors, que faire ?...Manifestement, la France ne peut rien faire seule, malgré certaines sirènes "nationalistes", car son retrait de l'Europe, voire d'autres instances internationales, aggraverait encore sa situation ...Mais l'Europe elle-même est paralysée par l'aide prioritaire accordée aux pays les plus endettés ciomme l'Irlande, le Portugal et surtout la Grèce ...ou alors il faut accorder des moyens supplémentaires d'intervention à son "Fonds de Stabilité Financière" (FSF) en faisant appel au Fonds Monétaire International (FMI), ...ce qui serait assurément préférable à des emprunts directs auprès de pays actuellement épargnés comme la Chine et les pays dits "émergents", qui sonneraient comme une revanche historique de pays autrefois colonisés ...et exploités par l'Occident ...De toutes façons, les pays occidentaux n'échapperont pas à la nécessité de faire des économies, en commençant par mettre impérativemnt leurs budgets en équilibre, conformément à la fameuse "règle d'or", et en sabrant dans les effectifs des administrations, les niches fiscales ...et autres "paradis fiscaux" ..., et ceci quels que soient les partis au pouvoir ....Mais il est évident que cela ne sera qu'un "cautère sur une jambe de bois", et  que, "les petits ruisseaux faisant les grandes rivières", il faudra augmenter les impôts ...après les élections prochaines (France, Espagne...) ou éventuelles (Italie, Grèce...)

 

   Mais dès lors, le problème s'élargira au delà de celui de la dette ...En France, il y a déjà 4.400.000 chômeurs "recensés" , soit 7 % de la population ...et 19.000.000 de "pauvres", soit 27 % ...L'avenir est sombre, si le taux de croissance actuellement presque nul (0,4 %) ne remonte pas pour ouvrir de nouvelles perspectives...

 



Par Jean Daumont - Publié dans : Economie et Société - Communauté : Le champ du monde
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