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                                                                                                                                                                                                                                                Le bien ne fait pas de bruit, mais le bruit ne fait pas de bien (anonyme)

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Catherine NAY  Un pouvoir nommé désir - Ed. Grasset

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Introduction

 Le site s'intitule "Convergences" parce que son but est de rapprocher les points de vue sur des sujets difficiles de l'actualitéJean ou plus généralement des activités humaines... Chaque article - rédigé en fonction des circonstances - ne traduit que l'opinion de son auteur et peut appeler des commentaires...et il ne faut pas rêver : les avis seront parfois inconciliables... Mais au moins la discussion permettra de réfléchir et donc d'approfondir la connaissance des sujets.

 

 


Dimanche 3 juin 2012 7 03 /06 /Juin /2012 23:03

   Ainsi donc, le nouveau Président Hollande a enfourché son cheval de bataille - la croissance économique - et, dans la perspective proche des élections législatives, il multiplie dans ce sens les initiatives à la fois par des mesures intérieures comme le "redressement productif" et par des propositions comme les "eurobonds" dans les  rencontres  internationales ...C'est vraiment la méthode Coué ...Croissance !...Croissance !...A force de la répéter, il en restera "bien" quelquechose !...

 

   Le problème, c'est que la croissance ne se commande pas ...C'est même un domaine que les hommes maîtrisent le plus "mal", à en juger par les nombreuses crises économiques qui se sont succédées dans l'Histoire, en particulier celle de 1929, de sinistre mémoire puisqu'elle a engendré des dictatures totalitaires et, à leur suite, la 2ème Guerre Mondiale ...Néanmoins, et justement pour éviter de telles conséaquences, les "économistes" ont cherché à comprendre les mécanismes de l'évolution économique, en les mesurant par des "indicateurs" : le plus courant est "le Produit Intérieur Brut" (PIB), utilisé pour chaque pays et permettant des comparaisons à l'échelle mondiale...

 

   En fait le Produit Intérieur Brut exprime essentiellement le "volume" de la Production, et il y a donc croissance si celui-ci augmente ...Mais cet indicateur est manifestement insuffisant, car il ne rend compte que des activités "marchandes" et laisse de côté les activités "domestiques" (jardi, ménage, etc) qui, multipliées par le nombre d'habitants, sont loin d'être négligeables ...et, d'autre part, il n'intègre pas par définition les transferts internationaux de ressources, importants notamment dans les pays dits "riches" (Etats-Unis, Etats de l'Europe, Chine...) ...Enfin, et surtout, il se rapporte seulement à la situation "économique" et n'a pas de signification "sociale" : c'est si vrai que les pays riches laissent subsister de larges poches de pauvreté ...et il est même devenu banal d'opposer en France, en dépit de sa devise "Liberté, Egalité, Fraternité", les salaires indécents des patrons du CAC 40 au comportement de miséreux réduits à fouiller les poubelles ...Comme le rappelle l'éditorialiste du journal Le Monde du 26 mai 2012, "la croissance d'une société se mesure aussi au bien-être et au progrès social"...

 

   Mais pour autant il ne faut pas tuer "la poule aux oeufs d'or" ...et le souci légitime d'assurer le progrès social ne doit pas conduire à enrayer la croissance économique ...Or l'annonce en cascade, par le nouveau goubvernement socialiste, d'un relèvement du Smic (ou Smc...) et d'un abaissement de l'âge de la retraite, ne peut qu'entraîner un renchérissement du coût du travail et donc de la production, rendant celle-ci plus chère à l'intérieur pour les consommateurs et à l'extérieur pour l'exportation ...ce qui, évidemment, ne peut que contribuer à une nouvelle extension du chômage, et donc avoir l'effet inverse du but recherché ...Ce n'est pas par hasard que l'entretien entre le nouveau Président Hollande et l'expérimentée chancelière allemande Angela Merkel, adepte de la rigueur, a tourné "court" ...Un peu de croissance ...oui, bien sûr ...mais pas trop !...

 

   Et ceci d'autant moins que la croissance n'est pas une panacée universelle ... Certes, il fut un temps où, jusqu'au 20ème siècle, des théoriciens de l'économie comme Stuart Mill ou Keynes croyaient à une croissance permanente devant entraîner progressivement le bonheur de l'humanité ...Mais on en est revenu, notamment à l'occasion de la crise actuelle, où la dette publique de la plupart des pays ne cesse de s'aggraver, en particulier en France, où elle est passée de 663,5 Milliards d'€ en 1995 (55,5 % du PIB) à 1211,6 d'€ en 2007 (64,2 du PIB) et 1688,9 d'€ en 2011 ...Est-ce vraiment le moment d'alourdir encore la barque par des mesures certes généreuses mais à "courte vue" et pouvant se retourner à "long terme" contre ses bénéficiaires ...Comme l'écrit le physicien Dennis Meadows cité par l'éditorialist du Monde du 26 mai 2012, "Vous ne voulez pas entendre parler de la fin de la croissance, parce que cela signifie que vous devez inventer quelque chose de nouveau ...Or, dans les vingt prochaines années, vous verrez plus de changements qu'il n'y en a eu depuis un siècledans les domaines de la politique, de l'environnement et de l'économie, de la technique ...Ces changements ne se feront pas de manière pacifique"...

 

   Alors, s'il vous plaît, Monsieur le Président de la République Française, avec tout le respect que l'on vous doit, et au delà des élections législatives et des querelles médiocres entre la "gauche" et la "droite", ne mettez pas en péril l'économie et donc la société de la France sous le prétexte de la "croissance" ...De la mesure avant toutes choses !...


Par Jean Daumont - Publié dans : Economie et Société - Communauté : Réformer la France
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Mercredi 30 mai 2012 3 30 /05 /Mai /2012 16:53

   Deux revues de vulgarisation, l'une à vocation spirituelle - Le Monde des Religions de janvier-février 2012 - et l'autre à vocation scientifique - Sciences et Avenir d'avril 2012 - viennent de publier un "Dossier Spécial" sur le cerveau ...Cet intérêt n'est pas le fait du hasard, car il fait écho à un essor considérable des "neuro-sciences", un organisme spécialisé sur l'étude du cerveau - "The European Dana Alliance for the brain" - ayant même écrit que "les chercheurs  ont plus appris sur le fonctionnement du cerveau au cours de ces dix dernières années que durant tout le siècle dernier" ...Il en résulte que beaucoup de "croyances" philosophiques ou religieuses sont remises en cause, mais pour autant les "neuro-sciences" sont loin d'avoir expliqué tout le fonctionnement cérébral, en particulier pour certains phénomènes comme le mysticisme, le chamanisme ou les expériences de mort imminente (EMI) ...Certains "spécialistes" opposent, dans un langage ...peu accessible à un cerveau moyen, la "neuro-théologie" à la "théo-neurologie"...

 

   Quoi qu'il en soit, pour tenter de comprendre les problèmes, il faut d'abord savoir ce qu'est le cerveau ...Apparemment, il se présente comme un tissu mou, de texture gélatineuse, avec de nombreuses circonvolutions auxquelles les biologistes ont donné des noms (encéphale, thalamus, bulbe rachidien, cervelet, etc), ... il pèse entre 1200 et 1500 grammes suivant les individus ...Et il est situé dans la tête sous la protection de la boîte crânienne ...A ce titre, il ne se distingue du cerveau des autres espèces de la branche animale des vertébrés que par une plus grande complexité qui, justement, ferait de l'être humain un "être à part", lui-même se qualifiant, à tort ou à raison, comme un "être supérieur"...En effet, l'être humain n'aurait pas seulement, comme les autres animaux vertébrés les "sens" régulés par le cerveau proche (vision, audition, goût, odorat et toucher), il aurait, en plus, la "conscience" lui permettant d'accéder à une "spiritualité", c'est-à-dire à une faculté d'abstraction et de raisonnement ...Mais, d'abord, il n'est pas certain que cette faculté n'existe pas au moins chez certains animaux, par exemple les singes réputés les plus proches de l'homme - des expériences ayant prouvé qu'ils sont capables de résoudre des problèmes simples (comme d'appuyer sur un bouton pour obtenir une nourriture) ...et il y a des cas où ils ont des comportements dont l'homme n'est plus capable, ce qu'on appelle, faute de mieux, un "6ème sens" (à l'image d' un chien hurlant à la mort lors de la disparition à distance de son maître) ...la seule certitude est, en la circonstance, que les animaux savent seulement crier et n'ont pas, comme l'homme, la parole pour s'expliquer ...D'autre part, en ce qui concerne la "spiritualité", les neurologues s'interrogent sur la nature de cette "conscience" :  s'agit-il d'une simple production ..."neuronale" du cerveau, gardant donc un caractère "matériel" ?...Ou s'agit-il de la réception par le cerveau d'une réalité "spirituelle" extérieure ?...Dans le 1er cas, les cent milliards de neurones que chaque homme possède à sa naissance et qu'il va utiliser et développer au cours de sa vie disparaîtront avec sa mort ...Pas d'au-delà ..."Tu es poussière et tu retourneras à la poussière" ...Dans le 2ème cas, il accède à "l'esprit", c'est-à-dire à une "immanence" qui est à l'origine des "croyances" philosophiques ou religieuses, quelles qu'en soient les expressions (Dieu, Nirvana...) ... Et cette immanence a pu conduire à une distinction entre le "corps" et "l'âme", sans qu'on sache vraiment où cette "âme" se loge : pendant l'Antiquité, Hippocrate la place dans le cerveau, mais Aristote la situe dans le coeur - parce qu'il "bat", à la différence du cerveau qui est inerte et ne sert qu'à assurer la circulation du sang ...Quant à Démocrite, il divise l'âme en trois parties : l'intelligence dans la tête, l'émotion dans le coeur, et le désir dans ...le foie !...Ce n'est que progressivement, jusqu'à la période contemporaine, que le cerveau reprend son rôle prédominant, ...et que "l'âme" le ré-intègre ...

 

   L'âme ?...Plus d'âme ! diront les ...esprits forts ...Ce n'est pas si sûr, car il paraît que les avancées de la science vont la ré-habiliter ...La physique quantique remet en effet en question  les schémas simplistes selon lesquels le cerveau secrète la conscience, comme le foie secrète la bile ...Le physicien Bernard d'Espagnat a pu écrire : "La physique quantique nous enseigne que cette réalité dans laquelle nous vivons, située dans le temps, l'espace, l'énergie et la matière n'est pas la réalité ultime, et que la réalité ultime, si elle existe, ne peut être située dans le monde des phénomènes. Cela rend à priori non absurde l'idée d'une possible survie après la mort"...S'il le dit, il faut le ...croire, même si on n'a pas ...un cerveau assez développé pour le comprendre ...Les cent milliards de neurones du cerveau rejoignent les cent milliards d'étoiles de l'Univers !...

 

 

 

Par Jean Daumont - Publié dans : Sciences - Communauté : Le champ du monde
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Dimanche 27 mai 2012 7 27 /05 /Mai /2012 23:30

   Christine Taubira, nommée Ministre de la Justice dans le gouvernement mis en place par François Hollande, nouveau Président de la République, vient de marquer son entrée en fonction par une promesse spectaculaire de suppression des tribunaux correctionnels pour mineurs ...Il est évident que cette promesse fait écho à celle formulée par François Hollande, alors candidat à l'élection présidentielle le 26 janvier 2012, dans ses 60 engagements pour la France, de "redonner espoir aux nouvelles générations" ...Mais Christine Taubira semble oublier que la Justice des mineurs avait été créée par l'ordonnance du 2 février 1945 "justement" pour assurer la protection judiciaire de la jeunesse et permettre que les jeunes délinquants ne soient pas traités comme des adultes et puissent bénéficier de mesures particulières en considération de leur âge et de leur niveau variable de responsabilité.

 

   Il faut rappeler en effet qu'avant 1945 la justice n'accordait aucune indulgence aux mineurs, sauf pour les délits de faible importance comme les petits vols, le vagabondage ou ...la mendicité alors imputés au milieu social ...Elle délibérait encore suivant le Code Pénal napoléonien de 1810, amendé par une loi de 1912, qui fixait alors la majorité pénale à partir de 16 ans, de sorte que, dès cet âge, les adolescents encouraient les mêmes peines que les adultes, y compris la peine de mort encore en vigueur ...Ils étaient emprisonnés dans des "maisons de correction" qui étaient considérés comme des "bagnes pour enfants" ...et donnèrent d'ailleurs lieu à des révoltes, comme celle de Belle-Ile en 1934 qui entraîna une amélioration relative des conditions de détention...

 

   Dans cette perspective, la Justice des mineurs instituée en 1945 n'avait fait qu'améliorer encore le "traitement de la délinquance juvénile" en précisant la nécessité de "l'éducatif" sur le "répressif" et en prévoyant à ce titre des dispositions pour la réinsertion des jeunes concernés ...Le Tribunal pour enfants alors créé était d'ailleurs une juridiction travaillant à huis clos, où le juge désigné des enfants instruisait l'affaire, présidait le tribunal, et contrôlait l'application de la peine ...autrement dit, le juge assurait un suivi continu ne pouvant que faciliter la prise en charge...

 

   Malheureusement, en dépit de succès incontestables ayant permis à de nombreux jeunes de retrouver le "droit chemin" (80 % des délinquants mineurs cessent actuellement leur délinquance une fois majeurs - la majorité pénale étant passée à 18 ans), le taux de la délinquance juvénile a continué à progresser avec l'effet cumulé d'une immigration mal contrôlée, de la concentration ségrégative dans les banlieues des villes et de la persistance du chômage, notamment pour les jeunes dont le désoeuvrement est générateur d'incivilité ...Il n'y a donc eu rien d'excessif à ce que l'ancien Président Sarkozy fasse voter la loi du 10 août 2011 instituant, en plus des tribunaux pour enfants, des "tribunaux correctionnels pour mineurs", toujours présidés par un juge pour enfant, mais composés par des magistrats non spécialisés afin d'éviter qu'un excès de compréhension n'aille à l'encontre de la fermeté nécessaire au moins pour les "mineurs les plus âgés" (16 à 18 ans), notamment pour les récidivistes ...Le nouveau Président Hollande lui-même en avait reconnu "de facto" l'utilité dans ses 60 engagements, en promettant le doublement des "Centres Educatifs fermés", c'est-à-dire de les porter de 40 à 80 pendant le quinquennat, proposition d'autant plus méritoire que le Parti Socialiste a toujours manifesté des réserves contre "l'incarcération des jeunes"...

 

   Dans ces conditions, la suppression éventuelle des tribunaux correctionnels pour mineurs ne peut être qu'une mesure à contretemps, d'autant plus regrettable que, parallèlement, Christine Taubira, en sa qualité de Ministre de la Justice, n'a pas annoncé de mesures compensatoires, notamment un accroissement des moyens d'encadrement des jeunes délinquants ou "pré-délinquants" , par exemple l'organisation de stages de ré-éducation ou de travaux d'intérêt général ...Il est vrai que Christine Taubira, ancien Professeur de Sciences Economiques, qui s'était déjà illustrée avant 1981 comme militante indépendantiste en Guyane, puis comme initiatrice d'une loi "mémorielle" très contestée sur l'esclavage en 2001, n'a peut-être pas la compétence nécessaire pour traiter d'un sujet aussi délicat que la "Justice des mineurs" ...N'a-t-elle pas fait l'objet d'une erreur de "casting" lors de la composition du gouvernement où, en raison de la parité imposée entre hommes et femmes sans priorité de compétence, des ministères aux attributions bizarres ont été créés ?...

Par Jean Daumont - Publié dans : La Justice - Communauté : Réformer la France
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Lundi 21 mai 2012 1 21 /05 /Mai /2012 22:58

  Ainsi la question des rythmes scolaires renaît de ses cendres, comma Phénix, l'oiseau fabuleux de la mythologie égyptienne ...Le nouveau gouvernement de la République Française était à peine constitué que Vincent Peillon, le Ministre pressenti pour l'Education Nationale, soucieux de mettre aussitôt en pratique la priorité accordée par le Président François Hollande aux problèmes de la jeunesse, annonçait déjà le retour à la semaine scolaire de 5 jours pour l'enseignement primaire, ...s'attirant une mise au point du 1er Ministre Jean-Marc Ayrault au titre d'un "code de déontologie" imposant tout autre annonce que collective...

 

   En fait, ce "faux pas" n'était pas grave, car le retour à la semaine de 5 jours à l'école n'était pas une grande innovation sociale et, si elle renaît de ses cendres, c'est apparemment que celles-ci n'étaient pas complètement "refroidies" ...Elle n'est en effet qu'un élément du problème global des rythmes scolaires qui n'a pas cessé d'être discuté au cours du siècle dernier, et la concertation préalable souhaitée par le 1er Ministre aura surtout l'air du "réchauffé"...

 

   Autrefois, ...non !...On ne va pas refaire toute l'Histoire de la France qui s'appelait la Gaule, il y a deux millénaires, même si elle en a gardé certains caractères ...Il suffit de rappeler les lois de 1882 et 1883 de Jules Ferry qui avait mis en place l'instruction primaire "laïque, gratuite et obligatoire" ...et celle-ci prévoyait une semaine  de ...5 jours du lundi au samedi, coupée par un jeudi officiellement prévu pour le repos dess écoliers, mais consacré le plus souvent par ceux-ci soit à des travaux familiaux dans un milieu encore très rural, soit, dans les familles pratiquantes, au ...catéchisme ...Et les écoliers travaillaient toute la journée, en principe le matin de 8 heures à midi et après un casse-croûte ou le repas en famille, l'après midi de 13 h 30 ou 14 heures à 15 h 30 àou 16 heures, les leçons étant apprises et les devoirs faits souvent à l'étude du soir, les Parents n'étant pas revenus de leur travail à la maison ...Quant aux vacances, elles coïncidaient ...aux fêtes religieuses et aux jours fériés (Toussaint, Noël, Pâques) ...il n'y avait pas de congé de mardi-gras (sauf cas particulier de fête locale) ...et les "grandes vacances" ne commençaient que le 14 juillet ...Elles duraient, certes, jusqu'au 1er octobre - la fameuse "Rentrée des Classes" - mais les écoliers ne restaient pas inoccupés : ou bien ils participaient aus travaux agricoles (fenaison, récolte, vendange), ou bien, pour éviter qu'ils "traînent", leurs Parents les envoyaient en "colonies de vacances" ...oui, les "jolies " colonies de vacances de Pierre Perret ..., pas toujours aussi jolies qu'il le chantait ...même si ceux qui les ont naguère connues, l'attendrissement aidant, pensent que c'était alors le "bon temps" !...

 

   Pourtant, les écoliers d'hier étaient loin de connaître ce que vivent les écoliers d'aujourd'hui ...D'abord "l'année scolaire" n'a pas cessé de se réduire : en 1945, il y avait encore 2 mois et demi de vacances d'été + 10 jours à Noël-Nouvel An, 15 jours à Pâques, soirt environ 100 jours de congés + 38 dimanches et jours fériés, et donc environ 140 jours de congés contre 225 jours de travail scolaire ...Or, depuis 1968 et ses suites, il n'y a plus que 155 à 172 jours  (suivant les classes) scolarisables cointre 193 à 210 jours de congé ...Autant dire que le rapport s'est presque inversé ...La France détient d'ailleurs le "ruban "bleu" (ou rose ..;ou noir ?) des congés scolaires, loin devant les 120 jours de l'Italie, les 100 jours de l'Espagne, les 90 jours de l'Allemagne, le cas de l'Angleterre étant compliqué par le choix laissé aux "shires" (comtés) ...Quant à la "semaine", elle a été abrégée par la suppression du samedi pour cause de ..."week-end" ..des parents, du moins de ceux qui en bénéficient dans leur administration ou leur entreprise, ...occasionnant le remplacement du jeudi "décentré" par le mercredi ...Enfin la "journée" a été modifiée : il y a eu davantage d'heures du fait de la suppression du samedi, mais les heures durent  ...moins d'une heure, étant souvent réduites à 55 minutes, voire à 50 minutes en raison du rallongement de la récréation ou des interclasses ...Et, le plus souvent, l'étude du soir a disparu, ce qui pose évidemment le problème des leçons et devoirs à la maison, dont de "bons esprits" ont recommandé la suppression en raison de l'inégalité des situations familiales ...En effet, depuis 1968, on veut assurer à tout prix (façon de parler...) l'égalité et le repos des élèves : c'est d'ailleurs le prétexte du "surmenage" qui a été invoqué pour rallonger les "petites vacances" (Toussaint, Noël, Pâques) et y ajouter le "pont" du mardi-gras allongé rapidement en une dizaine de jours de vacances dites "d'hiver", ...ainsi que les ponts devenant "viaduc" du joli (ou prétendu tel) mois de mai ...Belle hypocrisie, cachant le souci de faciliter les "saisons" des hôteliers et campings ...Par ailleurs, les "grandes vacances" d'été deviennent élastiques, car, si elles durent officiellent du 1er juillet au 1er septembre - soit 2 mois - elles peuvent parfois atteindre 2 mois et demi à 3 mois en raison de l'occupation des salles de classe des écoles (comme des collèges et lycées) pour les examens (comme si on ne pouvait pas trouver d'autres lieux ; gymnases, salles des fêtes) ...La désorganisation est souvent tellle que des parents n'hésitent pas à partir en vacances avec leurs enfants au mois de juin, réputé moins cher qu'en juillet et août ...

 

   Alors ...de grâce ..., que le gouvernement ne fasse pas aux Français le coup d'une nouvelle concertation pour le ré-aménagement des rythmes scolaires, en commençant par les "5 jours" ...Bien entendu, des aménagements mineurs peuvent être apportés, notamment pour permettre une certaine différenciation locale, si elle reste limitée ...et aussi pour simplifier les programmes, car ceux-ci sont parmi les plus lourds d'Europe, sans que le niveau d'instruction y soit proportionnel , ...au contraire, "l'école française" a plutôt reculé, alors que, naguère, elle était exemplaire ...Il y a déjà eu en mai 2011 une "concertation" faisant suite à des "Etats Généraux de l'Education" ...et elle a rendu ses conclusions : semaine de 4 jours et demi, dont 3 heures le mercredi ou le samedi matin suivant les contingences locales, durée journalière de 5 heures pour les 4 jours pleins, avec une pause de 1 heure et demie le midi, vacances ramenées à 6 semaines d'été et 4 périodes de 2 semaines de vacances pendant le reste de l'année ...Cette concdertation était ouverte à toutes les parties concernées, sans considération ni de "droite", ni de "gauche ...Et même si ses conclusions sont imparfaites et suscitent des critiques ( c'est la France, ayant gardé les caractères de la Gaule...), qu'on commence de les appliquer, au lieu de recommencer des "parlottes"...

Par Jean Daumont - Publié dans : Education - Communauté : Réformer la France
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Jeudi 17 mai 2012 4 17 /05 /Mai /2012 23:27

   " C'est au pied du mur qu'on voit le maçon" ...dit le dicton populaire ...Et il convient donc de ne pas porter de jugement préalable sur l'action du nouveau Président de la République François Hollande ...Mais il est déjà possible de s'interroger sur les intentions qu'il a exprimées dans ses "60 engagements pour la France", ainsi que sur les premiers signes de leur application.

  Ses intentions, François Hollande ne les a pas réitérées dans son discours d'investiture, où il a surtout souligné les difficultés qu'il doit "maintenant" affronter - le "poids des contraintes", la "dette massive", une "croissance faible", un "chômage élevé"... - comme s'il voulait prévenir les Français que ses promesses étaient remises à plus tard, c'est-à-dire au mieux au terme de son mandat de 5 ans ...Par contre, il s'est appesanti sur sa conception du rôle de Président, où il s'est présenté comme l'image inversée de celle qu'il attribue à son prédécesseur Nicolas Sarkozy : refus de l'omni-présidence, simplicité, continuité, respect du Parlement, sauvegarde de la justice ...Il est d'ailleurs significatif que, citant - comme un juge - l'action  des anciens Présidents de la 5ème République, en particulier celle du Général De Gaulle, il n'ait pas reconnu, ne serait-ce que par simple civilité, la moindre qualité à son prédécesseur Nicolas Sarkozy, qui avait au moins eu le mérite de limiter pour la France les effets d'une grave crise économique ..."Apaisement, réconciliation, rassemblement", a plaidé le nouveau Président François Hollande ...Il ne suffit pas de le vouloir ...Il faut en convaincre les Français qui ne l'avaient pas choisi ...et même certains membres de son propre camp ...

   Les premiers signes, ils apparaissent dans la formation du nouveau gouvernement ...A ce titre, le choix de Jean-Marc Ayrault comme Premier Ministre apparaît pertinente, car celui-ci n'est pas seulement un ami de longue date de François Hollande, il est surtout une personnalité modérée, ayant fait ses preuves de "chef d'équipe" - à la fois conciliateur et pugnace - comme Maire de Nantes et Président du groupe socialiste de l'Assemblée, et sa valeur est reconnue au-delà de son propre parti, puisque François Fillon, qui l'a connu naguère dans la Région des Pays de Loire, affime lui-même "qu'il fera un bon Premier Ministre" ...Encore faut-il qu'il soit bien entouré, et les difficultés ayant marqué  - et retardé - la formation du Ministère sont plutôt de mauvais augure ...Il lui a fallu en effet intégrer de nombreux paramètres : d'abord le principe de la "parité hommes-femmes" proclamé par le Président Hollande, mais d'application malaisée dans la mesure où, à l'inverse des hommes en nombre pléthorique, il y avait peu de femmes "expérimentées" ...Ensuite le "dosage" entre les composantes de la majorité présidentielle, c'est-à-dire faire une place aux partis alliés, même très minoritaires avec Christiane Taubira (radicale) nommée au poste régalien de la Justice, et Cécile Duflot (écologie...) nommée  ...à "l'Egalité des territoires et au logement" ...Et bien entendu aussi satisfaire les appétits des socialistes eux-mêmes, en tenant compte du refus de Martine Aubry, retirée sur son "Aventin" lillois, faute d'avoir été choisie comme Premier Ministre par François Hollande qu'elle avait combattu lors des primaires socialistes ...Pour autant, elle a obtenu un poste pour ses lieutenant François Lamy et Marylise Le Branchu ...Quant à Ségolène Royal, autre rivale exclue, elle place tout de même les inconnues Najat Belkacem et Delphine Batho ...Et l'aile gauche n'a pas été oubliée, avec Benoît Hamon, dont la présence peut rassurer le Front de Gauche de Jean-Luc Mélanchon, non invité (ou non candidat?...à la table minitérielle ...De surcroît, il a fallu faire attention à "l'ordre protocolaire", en accordant la 1ère place à Laurent Fabius, ancien Premier Ministre du temps de François Mitterrand, la seconde ayant échu à Vincent Peillon, un "fidèle" qui reçoit le Ministère de l'Education auquel Françoit Hollande a accordé la priorité pour la défense (?) de la jeunesse...Mais tous les fidèles n'ont pas été servis, même s'ils en avaient manifesté l'envie, comme Bertrand Delanoë, Maire de Paris, André Vallini, spécialiste de la Justice, ou encore François Rebsamen, qui visait l'Intérieur... Il y avait trop de candidats ...au point que la promesse d'un Ministère "restreint" n'a pas pu être tenue, puisqu'avec 34 ministres de plein exercice ou délégués, on dépasse les 32 ministres du gouvernement précédent de François Fillon ...Il est vrai qu'à côté des ministères "classiques" ( Affaires Etrangères, Justice, Intérieur, Culture, Travail, etc...), il y a des attributions ministérielles "secondaires", au titre plutôt "bizarre", comme le "Redressement productif", la "réussite éducative" ou "l'économie numérique" qui auraient pu être intégrées à moindres frais dans les ministères "classiques"... 

 

   Néanmoins, il faut convenir que ces manoeuvres politiques ne sont pas l'apanage de la seule "gauche", et que la "droite" a donné naguère des exemples comparables lors des présidences de Valéry Giscard d'Estaing, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy... Mais, avec le Président François Hollande, la "gauche" veut incarner la "vertu" - ce qui implique le contraire pour la "droite" - et, à ce titre, le Président Hollande a invité les membres du gouvernement à respecter une "Charte de déontologie" comportant l'exemplarité, la dignité et la sobriété, et à s'abstenir de toute déclaration personnelle contraire à la solidarité ministérielle ...Et il a décidé de diminuer de 30 % leur rémunération, passant de 14.200 € à  9.940 €, et de leur imposer de remettre aux Domaines tout cadeau d'une valeur supérieure à 150 €, mesures assurément positives mais seulement symboliques, car elles ne suffiront pas à éponger la dette publique ...Sans persifler, il est permis de sourire !...

 

   ...Car "c'est au pied du mur qu'on voit le maçon", ...et, pour être franc, il convient d'attendre la construction de l'édifice ...Les Français la permettront-ils à l'occasion des prochaines élections législatives de juin 2012 ?...Certes, la majorité législative a toujours confirmé la majorité présidentielle depuis le couplage des deux élections (1995, 2002, 2007), ...mais le passé, même récent, ne peut pas donner une certitude absolue pour l'avenir, alors que la "gauche" ne l'a emporté sur la "droite" que par 51,26 % aux élections présidentielles ...Et est-ce si important ? ...La France n'en est pas à la première alternance entre la "gauche" et la "droite", et elle n'en continue pas moins son chemin...

                                                                                                           

 

  

Par Jean Daumont - Publié dans : Politique Intérieure - Communauté : Réformer la France
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Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 22:28

   François Hollande affirme, à l'occasion de son investiture comme Président de la République Française le 15 mai 2012, qu'il veut être un Président "normal" ...Il est ...normal qu'il veuille ainsi donner un sens à son action future, mais il convient alors de savoir à quoi correspond le qualificatif de "normal" ...Pour ce mot, le dictionnaire donne à la fois une définition positive - "ce qui est un modèle, une règle, un point de comparaison" - et une définition négative - "ce qui est dépourvu de tout caracrère exceptionnel " - mais il ajoute aussi une définition -"ce qui est conforme à la majorité"- celle-ci plus discutable, car chacun sait que la "majorité" est variable, à l'image des élections en France depuis un demi-siècle ...et il est donc impossible d'y trouver quoi que ce soit de "normal"...Mais foin d'euphémisme ...Pas de querelle sémantique ...François Hollande veut être "normal" ...Il sera donc normal !...

 

   Mais justement, la France a-t-elle besoin d'un Président normal ?...Et en a-t-elle eu dans le passé ?...Avant la Révolution de 1789, elle n'avait eu que des "rois" dont le pouvoir était considéré comme de "droit divin" et donc "normal" à ce titre ...Avec les 5 républiques qui alternent ensuite avec d'autres régimes, y -a-t-il une règle "normale" à ce nouveau titre ? ...Pas du tout ...La 1ère République, après 1792, n'a pas de Président, mais un Directoire, puis un Consulat qui aboutit à la dictature de Napoléon 1er ...L'histoire se répéte avec la 2ème République qui a cette fois un Président, mais celui-ci imite son oncle en s'arrogeant tous les pouvoirs et  en créant un Second Empire sous le nom de Napoléon III ...Se succèdent alors la 3ème, puis après l'intermède de l'Etat du Maréchal Pétain, la 4ème République, où, voulant tirer une leçon des Républiques précédentes, la Constitution de 1875 trouve "normal",  de n'accorder aucun pouvoir réel au Président, dont le rôle se limite à inaugurer les chrysanthèmes", suivant la "saillie" célèbre du Général De Gaulle ...Revenant au pouvoir dans des conditions ...anormales liées à la Guerre d'Algérie, celui-ci n'a de cesse, par la Constitution de 1958 et l'instauration de l'élection du Président de la République au suffrage universel en 1965, de redonner à celui-ci la réalité du pouvoir exécutif,...et cette réforme est jugée tellement "normale" qu'elle est reprise par tous ses successeurs, Georges Pompidou, Valéry Giscard d'Estaing, François Mitterrand - qui avait dénoncé auparavant "Le Coup d'Etat permanent" , mais n'en fut pas moins un "hyper-Président", les socialistes eux-mêmes l'appelant "Dieu" - puis Jacques Chirac, qui trouve "normal" de laisser aller les choses, surtout après avoir servi de rempart contre l'extrême droite  avec plus de 80 % de voix au 2ème tour des élections de 2002  ...Enfin... Nicolas Sarkozy, qui ruine son crédit initial en trouvant "normal" de se mêler de tout...

 

   Alors, s'il veut être un Président "normal", qui François Hollande doit-il choisir comme "modèle" ?...La tentation est grande de le comparer à Jacques Chirac qui, comme lui, a commencé sa carrière politique en Corrèze, et avec lequel il a des relations notoires d'amitié où entre, en dépit de leur opposition théorique entre "droite" et "gauche", une communauté d'esprit "rad-soc" typique de la France "profonde"...Et en voulant ré-équilibrer les pouvoirs au profit de l'Assemblée, ne risque-t-il pas de devenir un Président "immobile" ?... Or la situation de la France - comme celle de l'Europe et du monde - connaît actuellement une crise grave, où les difficultés économiques engendrent une montée des extrêmismes ...Et il faut donc un Président "actif", ...sinon "providentiel", qui fixe le cap en rassemblant autour de lui une large majorité des Français ...François Hollande le peut-il ?... Aura-t-il  une majorité conforme aux élections législatives de juin ?...Pour son premier envol après son investiture, son avion a reçu la foudre ...Est-ce un présage ?...

 

 

Par Jean Daumont - Publié dans : Politique Intérieure - Communauté : Réformer la France
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Jeudi 10 mai 2012 4 10 /05 /Mai /2012 22:35

  La France n'en a pas fini avec les élections en ce printemps 2012 puisqu'aux élections présidentielles des 22 avril et 6 mai vont succéder les élections législatives des 10 et 17 juin ...Cette succession est liée aux anciens Présidents de la République : Charles De Gaulle, d'abord, puisqu'il a institué l'élection du Président au suffrage universel en 1965, puis Georges Pompidou dont le décès imprévu le 2 avril 1974 a occasionné l'élection de Valéry Giscard d'Estaing puis de François Mitterrand au début du mois de mai, enfin Jacques Chirac qui, en faisant aboutir par référendum le 24 septembre 2000 le quinquennat déjà envisagé sans résultat par ses prédécesseurs et en le couplant avec des élections législatives le mois suivant, a pérennisé - jusqu'à nouvel ordre - cette "floraison printanière" de consultations populaires... Nicolas Sarkozy, pour sa part, a fait adopter en 2008 la limitation de 2 mandats présidentiels et  l'accroissement de pouvoirs de l'Assemblée Nationale, redonnant ainsi de l'importance aux élections législatives quelque peu éclipsées jusqu'alors par les élections présidentielles ...Il est donc légitime de s'interroger sur les résultats possibles des élections législatives, qui peuvent apparaître, après les élections présidentielles, comme  ...un 3ème tour ...à deux tours...

 

   Les élections présidentielles ont en effet rendu leur verdict, et celui-ci est incontestable : le socialiste François Hollande a été élu avec 51,63 % des suffrages exprimés contre 48,37 % à son concurrent Nicolas Sarkozy ...Il est donc clairement habilité à appliquer son programme présenté dans "Mes 60 engagements pour la France" et il peut logiquement aspirer à obtenir une majorité conforme aux élections législatives ...Il est d'ailleurs encouragé dans cet espoir par un sondage du 9 mai 2012 révélant que 62 % des Français souhaitent cette concordance ...Néanmoins celle-ci n'est pas gagnée d'avance ...François Hollande en est lui-même convaincu, puisqu'il a encouragé ses électeurs à "continuer le combat" ...Et, bien entendu, même si Nicolas Sarkozy a pris du recul dans un discours d'adieu de bonne facture, ses anciens partisans de l'UMP - notamment son 1er ministre de "législature" François Fillon - ont considéré que "leur propre victoire aux élections législatives n'était pas impossible"...

 

   Car l'incertitude demeure ...D'abord, le 2ème tour des présidentielles a attiré seulement 34.870.036 suffrages exprimés (75,69 % des inscrits) contre Presidentielles-2012---2--copie-4.jpg 35.583.209 (77,96 %) au 1er tour, et il y a eu 2.146.405 blancs ou nuls (4,66 %)au 2ème tour contre 701.190 au 1er tour ..., ce que les commentateurs interprètent comme la traduction d'un "rejet de Nicolas Sarkozy n'étant pas allé jusqu'à un votre pour François Hollande "...L'extrême gauche de Jean-Luc Mélanchon ayant pratiqué la "discipline républicaine" (à 90 %), la gauche ne disposerait pas d'une grande "réserve de voix" ( Ecologie 2,3 % ...Centre 9% ?)  à l'inverse de la droite qui pourrait compter sur le plus grand nombre des blancs et nuls et ...sur l'extrême droite, en dépit des consignes officielles, Marine Le Pen, débarassée des oripeaux antisémites de son père, pouvant espérer pour le Front National au moins son score des présidentielles ,soit 18 %...

 

   Mais l'incertitude n'est pas seulement une question d'interprétation des "chiffres", nécessairement aléatoires comme l'a montré le 1er tour des Présidentielles ...Elle est aussi, et même surtout, la conséquence possible de la "politique" pratiquée entre les deux élections ...Or, désormais, François Hollande est "au pouvoir" et va incessamment  nommer un gouvernement appelé à être confronté aux difficultés actuelles "sans délai de grâce" ... Il peut y gagner ...ou y perdre ...Déjà, pour la nomination du gouvernement, et notamment du 1er Ministre, les appêtits s'aiguisent... Quant aux premières mesures annoncées, elles sont "spectaculaires" mais"symboliques" : la réduction des rémunérations du Président et des ministres est un "gadget" sans effet sur le budget ...De même, le blocage du prix du carburant pendant 3 mois n'est qu'un "cadeau de vacances" ...Plus sérieux et beaucoup plus coûteux sont la création de 1000 postes de l'Education Nationale pour la Rentrée 2012 (les titulaires nommés pourront les occuper pendant en moyenne 30 ans...), l'augmentation de 25 % de l'allocation de Rentrée, l'aménagement de la retraite à 60 ans pour ceux qui ont travaillé tôt, et diverses autre mesures ayant comme celle-ci  un effet - non encore mesuré mais considérable - sur les dépenses publiques, ...ce qui ne manquera pas de faire réfléchir les électeurs soumis à l'impôt sur le revenu (50 % des foyers fiscaux) et payant actuellement leur 2ème tiers provisionnel ...selon l'adage bien connu que "les Français ont souvent le coeur  à gauche, mais le portefeuille à droite" ...D'autre part, sur le plan extérieur, la chancelière allemande Angela Merkel a déjà fait connaître son refus de remettre en cause, à la demande de François Hollande, le pacte fiscal négocié et signé par ...25 pays.... Quant à la droite, elle a désormais la position plus avantageuse de "l'opposition", lui permettant de dénoncer les erreurs ou Elections-1936.jpg insuffisances éventuelles d'une politique qu'elle ne mène plus, ...tout en rappelant, selon François Fillon, que, pour sa part, "elle a tenu la promesse faite en 2007 de mettre la France en mouvement" ...Et elle peut avoir beau jeu de rappeler aussi que "les fruits socialistes ne tiennent pas la promesse des fleurs" en prenant l'exemple du "Front populaire" de Léon Blum en 1936, réalisant les congés payés et la semaine de 40 heures mais se désintégrant 13 mois  plus tard, ...l'exemple du "Programme commun"de Mitterrand en 1981 débouchant sur la "rigueur"  au bout de 2 ans, ...l'exemple de Lionel Jospin gouvernant la France pendant  5 ans de 1997 à 2002 en "cohabitation" avec le Président Chirac ...et ne réussissant même pas à se qualifier pour le 2ème tour des Présidentielles en 2002...

 

   En conclusion ...provisoire, il faut certes "laisser sa chance" au Président François Hollande ...au moins jusqu'aux Législatives de Juin 2012 ... Après  ...on verra ..., comme le laisse supposer le chroniqueur Yves de Kerdriel dans le titre de son article des "Libres opinions" du journal Le Figaro du 8 mai 2012 : "Trois jours ...trois semaines ...trois mois...?"

 

Illustrations :

 

- En haut - Résultats détaillés du 2ème tour de l'élection présidentielle 2012

                     A gauche : François Hollande   A droite : Nicolas Sarkozy  puis Blancs et nuls

 

- En bas - Résultats des élections législatives de 1936 - pour mémoire

 


 

 

Par Jean Daumont - Publié dans : Politique Intérieure - Communauté : Réformer la France
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Lundi 7 mai 2012 1 07 /05 /Mai /2012 14:58

      Dans les grandes circonstances, il convient de laisser la place à des "plumes" plus autorisées que la sienne... Ci-après l'éditorial de François-Régis Hutin dans le journal Ouest-France du 7 mai 2012 :

 

 "Au revoir, Monsieur le Président,

 

   La majorité des Français n'a pas renouvelé le mandat qu'elle vous avait confié voici cinq ans. La crise est passée par là. Pourtant, vous y aviez fait face avec énergie et compétence, reconnues par tous. Sans doute des erreurs ont été commises au cours de ces cinq dernières années ; mais aussi des réformes essentielles ont été entreprises et réussies. Elles porteront leurs fruits dans l'avenir.

   Nous savons depuis longtemps que les réformateurs prennent des risques et qu'il est plus facile pour un responsable politique de ne pas modifier les habitudes et les routines endormantes. Vous avez fait un autre choix, au moment même où une crise majeure survenait, ce qui a rendu plus complexe encore le cours des choses pendant votre mandat.

   Pour tout ce qu'il a eu de positif et de constructif, nous vous remercions et, Monsieur le Président, nous vous adressons notre salut.

 

   Bonne chance, Monsieur le Président,

 

   Nouveau porteur d'espérance, la majorité des Français a décidé de vous confier, sinon les destinées du pays, du moins le choix de ses orientations pour les cinq années à venir. Nous savons le poids que ces responsabilités représentent et combien elles vont peser sur vous, alors que la France s'avance dans un monde en crise.

   Nous comptons sur vous pour susciter le dynamisme de tous les Français, pour stimuler leur créativité, pour éviter qu'ils ne se replient sur eux-mêmes, pour qu'ils fassent les réformes de structures nécessaires, les choix de l'innovation et du grand large.

   Nous comptons sur vous pour réconcilier les Français, pour contribuer à effacer les clivages entre inclus et exclus, jeunes et vieux, villes et campagnes, actifs et retraités, riches et pauvres.

   Certes, nous devons résoudre de multiples problèmes intérieurs : il nous faut moins de dette et plus de croissance, plus de travail, plus d'équité, plus de confiance en nous et dans l'avenir, plus de respect pour les autres, plus de considération pour l'étranger, plus de coopération avec l'ensemble des nations, plus d'Europe pour faire face à la mondialisation.

   Tout cela ne pourra être obtenu que dans le dépassement de nous-mêmes. Rien ne serait pire que de nous enfermer dans nos difficultés hexagonales.

   Monsieur le Président, en même temps que du réalisme, il nous faut une grande ambition, le grand souffle de l'universel. Pour cela, vous serez le Président qui, sans discrimination, projette les Français vers l'avenir, vers la modernité qui porte en elle cet humanisme qui nous a fait ensemble ce que nous sommes : la France.

   Bonne chance, Monsieur le Président !... "

 

   Evidemment, cette belle envolée, qui tranche avec le pessimisme actuel, ne se passe pas de commentaires  ...
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Par Jean Daumont - Publié dans : Politique Intérieure - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Mardi 1 mai 2012 2 01 /05 /Mai /2012 23:19

   L'expression même de "Fête du Travail" laisse entendre que, pour les hommes, le "travail" est une activité "honorable" qu'il convient au moins une fois chaque année de célébrer dans tous les pays ...Mais cette conception est loin d'avoir été partagée de tous temps sur l'ensemble de la Terre.

 

   D'abord le travail n'est conçu à l'origine de l'humanité que comme une nécessité pour assurer la subsistance ...Dans l'Occident judéo-chrétien, la définit d'ailleurs le travail comme une malédiction, puisqu'à la suite du péché originel Dieu a puni Adam et sa descendance à "gagner son pain à la sueur de son front"...Dans l'Antiquité grecque et romaine, on distingue les citoyens participant à la gestion de la cité, les métèques ou étrangers s'occupant surtout du commerce ou de l'artisanat, et les esclaves chargés du "travail" domestique ou agricole et étant la propriété des maîtres ...Au Moyen-Age, il n'y a plus d'esclaves, mais des serfs (mot dérivé d'esclaves) n'appartenant pas aux seigneurs mais n'en étant pas moins "attachés à la glèbe"...L'Eglise elle-même, en dépit du message fraternel de Jésus-Christ, ravale les travailleurs (laboratores) au dernier rang de la société, derrière ceux qui de battent (bellatores) et ceux qui prient (oratores), distinction qui se retrouve dans la France de l'Ancien Régime distinguant la noblesse, le clergé et le tiers-état...

 

   C'est seulement à partir du 18ème siècle que le travail est "réhabilité", avec les "Philosophes" qui veulent "réconcilier l'homme avec la production devenue action créative" et illustrent ce renouveau avec la rédaction de l'Encyclopédie qui est un bilan de "l'univers du travail" à l'époque ...Avec la Révolution de 1789, apparaît pour la 1ère fois une "fête du travail" fixée le 1er pluviose (en janvier) par Fabre d'Eglantine, l'auteur ...d"Il pleut bergère" ...Ensuite, au 19ème siècle, les socialistes dits "utopiques" - Proudhon, Fourier, Saint-Simon - et les socialistes dits "matérialistes" - Marx et Engels  - considèrent que le "travail est le modèle de l'activité créatrice de l'homme" ...Et, à leur tour, les responsables politiques prennent le relais : la 2ème République garantit le "droit au travail" et crée les "ateliers nationaux", puis Napoléon III, l'auteur de "L'extinction du paupérisme" fait entreprendre des grands travaux (Haussmann à Paris...) pour donner du travail à une population misérable attirée par les villes ...Pour autant, la condition ouvrière reste précaire en France comme dans les autres pays en voie d'industrialisation, expliquant une "lutte des classes" traduite notamment par la "Commune de Paris" en 1871 et les "Révolutions russes" de 1917, ainsi que par de multiples grèves et manifestations...

 

   C'est précisément à l'occasion d'une manifestation de grévistes le 1er mai 1889 à Chicago aux Etat-Unis que la "Fête du Travail" va réellement être instaurée ...En effet, les syndicalistes de "l'American Foundation of Labour" voulaient alors obtenir "les trois 8" (8 heures de travail, 8 heures de repos et 8 heures d'éducation) ..La répression sanglante de la grève poussa alors le Congrès de 2ème Internationale socialiste réunie à Paris en 1889 (Centenaire de la Révolution, Exposition Universelle ...et Tour Eiffel) à organiser avec éclat "une manifestation dans tous les pays et dans toutes les villes à la fois", la 1ère date étant fixée au 1er mai 1890, en souvenir de la réprssion américaine ...Et c'est ainsi que les "travailleurs" prirent l'habitude de défiler le 1er mai dans de nombreux pays du monde, d'abord avec un "triangle rouge" (les trois 8) à la boutonnière, puis avec une ...églantine ou un oeillet, et finalement avec un brin de muguet ...Association symbolique qui s'est quelque peu perdue dans un petit trafic annuel éloigné de la notion de travail...

 

   En fait, la célébration de la Fête du Travail s'est perpétuée au 20ème siècle avec des incidences diverses ...Elle devient légale au Royaume-Uni et en Irlande, en étant décalée au 1er lundi de mai ...De même, elle est instaurée le 1er mai dans la Russie bolchevique ...en 1920 ...Et le Pape Pie XII va jusqu'à instituer en 1955 le même jour du 1er mai la fête de Saint Joseph artisan ...Quant aux Etats-Unis, à l'origine de la célébration du 1er mai, ils décident finalement de la fixer au 1er lundi de septembre ...Mais cette célébration n'en est pas moins pervertie : elle est supprimée ou délaissée dans certains pays comme l'Allemagne pendant la 2ème guerre mondiale ...et en France elle est transformée par le Maréchal Pétain et le régime de Vichy en une "Fête du Travail et de la Concorde", parallèlement à l'instauration de la devise moralisatrice "Travail, Famille, Patrie" ...Et même si le Général De Gaulle rétablit en 1945 une libre manifestation de la Fête du Travail le 1er mai, cette fête conserve la trace des influences politiques : non seulement les organisations syndicales procèdent souvent à des manifestations séparées suivant leur "penchant politique" (CGT avec PC, FO avec SFIO, CFTC avec MRP); mais la "politisation" devient pratiquement une règle à la suite d'un ...hasard malheureux qui est la mort du Président Pompidou le 2 avril 1974, l'élection des Présidents de la République se plaçant dès lors avec ses deux tours au début de mai, la transformation du septennat en quinquennat lié aux élections législatives ayant renforcé cette règle ...

 

   Dans ces conditions, au moins en France, le 1er mai n'est plus une fête autonome réservée aux organisations syndicales, mais une manifestation à caractère politique ...Et la volonté manifestée par le Président Sarkozy de faire du travail un élément primordial de sa politique dè son élection en 2007 - "Travailler plus pour gagner plus" - s'inscrit dans cette logique et explique que , même s'il n'est pas parvenu à résorber le chômage, il exalte la "Fête du Travail" le 1er mai, quelques jours avant le 2ème tour décisif des élections présidentielles du 6 mai 2012...Et comme le Parti socialiste et le Front de Gauche lui emboîtent le pas en demandant à leurs militants et sympathisants de "rejoindre massivement les cortèges" " pour marquer leur opposition à la ré-élection du Président Sarkozy, au lieu d'y défendre l'exclusivité de la participation syndicale, la Fête du Travail perd sa signification et devient même un enjeu exploité par le "populisme" du Front National ramassant la mise du mécontentement des travailleurs ...et des chômeurs...dans une autre manifestation...3 défilés ! ...Y-a-t- il encore une "Fête" du Travail ?...

Par Jean Daumont - Publié dans : Economie et Société - Communauté : Le champ du monde
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Lundi 23 avril 2012 1 23 /04 /Avr /2012 17:34

 

      Les instituts de sondage l'avaient annoncé de façon convergente et donc crédible : les électeurs , dégoûtés par les conséquences de la crise économique sur leur vie quotidienne, allaient s'abstenir en masse ...et le chiffre de 32 % avait même été évoqué au cours de la campagne électorale ...Quant aux votants, ils se détourneraient du Président de la République sollicitant sa ré-élection, Nicolas Sarkozy, à l'instar des chefs de gouvernement des autres pays européens balayés par la crise en Grèce, Irlande, Italie et Espagne...

 

   Le problème est que la France ne fait jamais rien comme le reste du monde ... et que le peuple "souverain" n'a - une fois de plus - pas fait ce qu'on attendait de lui :

   - D'abord, le peuple a voté dans une proportion à peu près semblable à celle des précédents 1ers tours des élections présidentielles : 20;53 % d'abstentions au lieu de 20,34 % en 1995 et 20,29 % en 2002 ...Il y a seulement eu un reflux de la faveur qui, en 2007, avait marqué la candidature de Nicolas Sarkozy contre la socialiste Ségolène Royal...Reflux déjà significatif, il est vrai...

   - Car le peuple a effectivement retiré assez largement sa confiance à Nicolas Sarkozy, puisque celui-ci n'obtient cette fois au 1er tour que 9.754.324 voix (27,18 %) alors qu'il avait totalisé 11.450.011 voix (31,18 %) au 1er tour 2007, soit un recul de 1.695.689 voix, important mais tout de même relatif (4%) ...Inversement, le succès du socialiste François Hollande reste mitigé, puisqu'avec 10.273.475 voix (28,63 %), il améliore le score de son  ...ancienne compagne Ségolène Royal - 9.501.214voix (25,87 %) en 2007 - d'une marge limitée à 772.261 voix (2,76 %) ...

   - Cette ambiguïté du vote populaire apparaît davantage encore dans le décompte des voix entre les candidats dits de "gauche" et ceux dits de "droite" ...En effet, la gauche totalise avec Hollande, Mélenchon, Poutou, Artaud ...et Joly (quel mélange !) 43,75 % ...et la droite rassemble avec Sarkozy, Le Pen,et Dupont-Aignan (sans Bayrou!) 46,87 % ...Autrement dit la droite l'emporte...

 

   Dans ces conditions, comment peut-on interpréter les résultats du 1er tour ?...Les candidats eux-mêmes s'interrogent, et notamment les deux "rescapés" François Hollande et Nicolas Sarkozy se gardent bien de crier "victoire", leurs appels parallèles au "rassemblement" traduisant de toute évidence un aveu des limites de leur audience ...Limites que les chiffres globaux  révèlent : si on ajoute en effet 20,53 % d'abstentions aux 29 % de votes "protestataires" (Front de Gauche et Front National), on a pratiquement 50 % d'électeurs ne faisant plus confiance aux partis traditionnels de gouvernement (droite classique et socialistes)...On est loin des chiffres de 60 à 80 % que rassemblaient au début de la 5ème république les "duos" De Gaulle-Mitterrand, Pompidou-Poher, Giscard -Mitterrand...

 

   Les résultats définitifs du 2ème tour ne peuvent donc qu'être incertains ...Certes, les instituts de sondage se rejoignent à nouveau pour annoncer que François Hollande va l'emporter avec 54 % contre 46 % à Nicolas Sarkozy, ...mais ces instituts se sont déconsidérés dans le 1er tour, et il faut chercher ailleurs des éléments plus sûrs de réflexion :

   - François Hollande, fils d'un médecin de Rouen candidat d'extrême droite malheureux aux élections municipales de 1959 et 1965, apparaît comme un personnalité sympathique, avec son visage jovial, ...même si son caractère est moins "bonasse" qu'on a pu le dire (*)...Il a incontestablement des qualités de "négociateur", à en juger par sa longue direction d'un parti socialiste particulièrement trurbulent ...Et surtout, il a "viré en tête" au 1er tour, ce qui lui confère un avantage psychologique non négligeable auprès d'électeurs hésitants, si le 2ème tour est serré ...De surcroît, il bénéficiera de "réserves" relativement sûres, avec le soutien déclaré du dynamique Mélanchon appliquant, en dépit de ses critiques du 1er tour, la traditionnelle "discipline républicaine", ...ainsi que les votes des autres "petits candidats de gauche " (Poutou, Artaud, ...et Joly) ...Mais, à son passif, il n'a aucune expérience gouvernementale, n'ayant exercé aucune fonction ministérielle, ni acquis une "stature" internationale, et par conséquent il n'est pas certain que les électeurs lui reconnaissent la "carrure" d'un "chef", à laquelle ils sont habitués et s'accommodent depuis De Gaulle...

   - Nicolas Sarkozy a une personnalité beaucoup plus discutable ...Petit-fils d'immigré hongrois, ayant eu une enfance relativement difficile en raison de l'abandon du père, il a toujours fait preuve d'un fort caractère qu'il a mis au service d'une grande ambition, ...n'hésitant pas à trahir ses "mentors" successifs, Charles Pasqua à Neuilly  et Jacques Chirac à la direction du RPR ...Il a acquis une expérience gouvernementale comme Ministre du Budget, de l'économie et surtout de l'Intérieur où son action énergique pour assurer la sécurité contribue à son élection comme Président de la République en 2007 (**) ...Mais le bilan de son mandat jusqu'en 2012 est pour le moins incohérent : s'il a limité les dégâts dans le problème de la dette publique, au niveau de la France comme à celui de l'Europe dans le cadre du G 20, il s'est aliéné la partie "populaire" de l'opinion en affichant ses liens avec les milieux d'affaires, en particulier par l'instauration du "bouclier fiscal" qui avait pour but d'empêcher la fuite des capitaux et la délocalisation des industries, mais n'a pas vraiment rempli son office ...Et surtout, il ne dispose pas, à l'inverse de son concurrent, de réserves sûres : aucun des candidats classés "à droite" ne s'est désisté à ce jour en sa faveur, ni Dupont-Aignan - dont le petit appoint peut être décisif -, ni Marine Le Pen qui, ayant réussi à conjurer la "diabolisation" du Front National - même si subsistent des éléments douteux hérités des discriminations de son père - peut espérer, en raison de son succès relatif (17,90 %) assuré par des votes "nationalistes" et "protestataires", bâtir un parti de droite sur les ruines d'une UMP déconsidérée par l'effacement éventuel de Nicolas Sarkozy...

 

   Néanmoins, rien n'est joué ...François Hollande "tient la corde", mais il n'est pas à l'abri d'une erreur dans le monde "impitoyable" de la politique ...Déjà, son refus d'un "débat" peut apparaître comme un faux pas pour une opinion qui a conservé un souvenir positif des débats de naguère entre Giscard d'Estaing, Mitterrand et Chirac, ...et peut interpréter ce refus comme une reculade devant un adversaire réputé "percutant", sinon convaincant ...Car Nicolas Sarkozy n'a certainement pas dit son dernier mot, et il est du genre à mordre avec efficacité, à l'image d'un loup acculé dans sa tanière, par exemple en dénonçant les projets coûteux de François Hollande - comme la création de 60.000 postes dans l'Education Nationale, même étalés sur les 5 ans de 2012 à 2017 ...des projets ne pouvant être réalisés, en raison de l'importance de la dette publique, que par une augmentation des impôts, celle-ci ne pouvant se limiter à "faire payer les riches" (75 % ?) et devant inéluctablement frapper la classe "moyenne", puisque les classes  populaires (soit plus de 50 % des "foyers fiscaux") sont exemptés de l'impôt sur les revenus ...Et comme le 2ème tour des élections présidentielles arrive le 6 mai 2012 au moment du paiement du tiers provisionnel et de la déclaration des revenus 2011, la classe moyenne en aura conscience ...Et comme on a, en France, on a "le coeur à gauche, et le portefeuille à droite", l'incertitude ne peut donc que règner à la veille du 2ème tour ...

 

(*) Serge Raffy - François Hollande - Itinéraire secret - Ed.Fayard 2011

 

(**) Catherine Nay - Sarkozy - Un pouvoir nommé désir - Ed.Grasset 2007

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Par Jean Daumont - Publié dans : Politique Intérieure - Communauté : Réformer la France
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Jeudi 19 avril 2012 4 19 /04 /Avr /2012 09:11

   Le monde dit "occidental" connaît depuis 2007 une crise économique résultant de la spéculation effrénée qui a gonflé auparavant la consommation largement au delà de la croissance, ...et cette crise a suscité un accroissement considérable de la dette publique dans tous les pays  : Economie-de-l-Europe.jpg

      Après la crise de 1929 et les conséquences incalculables de la 2ème guerre mondiale, le monde occidental s'était pourtant doté des institutions nécessaires à une régulation de l'économie, en particulier la Banque Centrale Européenne (BCE)qui possédait des moyens suffisants pour venir an aide aux pays en difficulté puisqu'elle avait déjà prêté entre 1980 et 2000 environ mille milliards d'euros aux banques ...Qui pourra croire qu'elle ne pouvait y voir venir une crise ?... Comme dit le dicton traduisant la sagesse populaire, "il n'est pire sourd que celui (ou celle) qui ne veut entendre" !...

 

   Certes, la crise ne revêt pas la même importance suivant les pays, comme montre le tableau comparatif des "fondamentaux économiques de l'Europe" (cf:ci-dessus)* ...En effet ce tableau fait apparaître une grande inégalité des situations qui n'est manifestement pas liée aux différences de ressources naturelles mais à la variété des politiques menées par les gouvernements ...Il est notoire que les pays les moins affectés sont les pays les moins ...pourvus de ressources naturelles, comme les pays scandinaves, la Pologne, le Royaume-Uni et surtout l'Allemagne - autrement dit les "Pays du Nord" - qui n'ont pas hésité à appliquer une forte rigueur budgétaire, même si elle était "impopulaire" ...Et inversement, les "pays du Sud" à priori plus favorisés comme l'Italie et l'Espagne ont rejoint le Portugal et la Grèce , plus pauvres, dans une politique de facilité, en distribuant des faveurs sociales - parfois "clientèlistes" - qui, en approfondissant leur dette publique, les ont enfoncés dans la crise ...Cette fois, ce sont donc certains gouvernements qui sont restés sourds ...et - il faut le répéter - "il n'est pire sourd que celui (ou celle) qui ne veut entendre"...

 

   Et la France dans tout cela ?...Elle est - comme chacun sait - entre le "Nord" et le "Sud" par la géographie ...Mais il apparaît aussi qu'en l'occurrence elle l'est aussi par le comportement de ses responsables politiques, en raison de la campagne électorale qui conduit ceux-ci à élaborer leur programme dans une sorte de "déni" de la crise ...Etant à peu près à égalité dans les sondages (entre 25 et 30%), les deux principaux "challengers" se gardent de proposer des solutions énergiques - et donc impopulaires - pour faire face à la crise : d'un côté, Nicolas Sarkozy a certes eu le mérite, comme Président en exercice de la République Française et Président de l'Union Européenne en 2008, d'en limiter les effets, et il a eu par ailleurs le courage de s'atteler à des réformes difficiles comme la retraite ou l'université, mais il a déçu une opinion - d'abord favorable - en raison de la versatilité de son action,inefficace pour enrayer le développement du chômage et de la précarité alors que des faveurs ont d'abord été accordées aux plus "riches", comme le "bouclier fiscal" ...Mais, de l'autre côté, François Hollande, en dépit de la situation plus commode d'opposition, peine à se faire entendre, car ses propositions "populaires" de création de 60.000 postes dans l'enseignement, la construction de 2.500.000 logements ou la suppression des cotisations sociales dans des contrats de génération pour les jeunes ...sont contradictoires avec la promesse de rétablissement des comptes publics au plus tard en 2017...

 

  Car les Français ne sont pas dupes, et on ne leur fera pas ...entendre n'importe quoi ...du moins à ceux qui sont assujettis à l'impôt sur le revenu, c'est-à-dire seulement 52 % des "foyers fiscaux" ...Car ces derniers savent bien que le redressement financier ne pourra pas se faire uniquement par un réduction des dépenses - comme la diminution du nombre des fonctionnaires ...ou celle plus symbolique du salaire du Président de la République ! - ...et qu'il faudra augmenter les recettes : taxer, s'ils sont accessibles, les bénéfices "hors investissement" des grandes entreprises comme Total ou LVMH, ...bien sûr, mais cela ne sera pas grand chose ...comme sera également limitée la taxation des familles les plus riches (environ 400.000 gagnant plus de 1 million d'euros par mois) ...Non !...L'essentiel sera demandé à la classe moyenne, en faisant valoir qu'elle est "riche" à partir de 3000 euros par mois ...Mais de cela, on ne parle pas ...car, avant des élections, ..."il n'est pire sourd que celui (ou celle) qui ne veut entendre !"...

 

* Journal La Croix du mardi 17 Avril 2012

 

  

Par Jean Daumont - Publié dans : Politique Intérieure - Communauté : Réformer la France
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Jeudi 12 avril 2012 4 12 /04 /Avr /2012 14:34

   Les instituts de sondage indiquent actuellement, de façon concordante et donc crédible, que l'abstentionnisme battrait un record aux prochaines élections présidentielles avec 32 % environ, ...et qu'il atteindrait même près de 50 % auprès des jeunes de 18 à 22 ans ...

 

   On ne répétera jamais assez que le droit de vote a été une conquête démocratique chèrement acquise au terme d'une histoire - ô combien tourmentée -  depuis la Révolution de 1789, ...et qu'il est donc absolument nécessaire que tous les citoyens l'utilisent assidûment pour exprimer leur opinion ...Et il est également salutaire qu'ils continuent à le faire librement, sans y être contraints par un obligation légale assortie de sanctions, à l'instar de certains pays comme l'Australie, la Belgique ou le Brésil ...C'est pourquoi une montée de l'abstentionnisme doit être considérée comme un danger pour la démocratie, danger d'autant plus grand s'il est le fait des citoyens les plus jeunes, c'est-à-dire ceux qui porteront l'avenir de la France...

 

   Comme toujours, quand un problème se pose, il convient d'en rechercher les causes ...Et celles-ci sont complexes, puisqu'elles se rapportent à la fois à la nature des institutions de la France et au comportement des Français eux-mêmes :

   - les institutions sont d'abord marquées par une multiplicité des scrutins puisqu'aux élections déjà anciennes - municipales, cantonales et législatives - se sont ajoutées dans la 2nde moitié du 20ème siècle les élections présidentielles, régionales et européennes ...Et cette multiplicité, à fortiori s'il y a des convergences, peut lasser les électeurs ...d'autant plus que certaines élections peuvent comporter deux tours, et qu'elles ne sont pas toutes organisées suivant le même mode de scrutin ...De surcroît, il peut y avoir des dissolutions, comme celles de l'Assemblée Nationale en 1968,1981,1988 et 1997 (*), impliquant de nouvelles élections législatives...

   - le comportement des citoyens est, de son côté, très variable : Il y a des élections plus prisées que les autres - municipales, législatives et présidentielles - où les électeurs se sentent apparemment davantage concernés, ...et des élections jugées secondaires - cantonales, régionales et européennes - pour lesquelles les assemblées correspondantes sont des entités mal perçues ...Toutefois cette "dichotomie" n'est pas toujours exacte, car les élections réservent parfois des surprises : ainsi, l'élection présidentielle de 2007a battu un record avec environ 85% de participation, ...mais elle a aussitôt été suivie d'un record inverse aux élections législatives avec seulement 60 %, le plus fort taux d'abstention étant parmi les jeunes  ...Déjà !...

 

   Et cette variabilité semble se confimer pour les élections de 2012, si les prévisions des sondages sont confirmées par le vote réel, ce qui reste évidemment à démontrer : en effet une participation d'environ 68 % à l'élection présidentielle serait sensiblement inférieure au pourcentage moyen de 75 à 80 % des 8 élections précédentes depuis 1965 ...La nature des élections - en l'occurrence celle de l'élection présidentielle - n'est donc pas suffisante, et il faut chercher d'autres explications :

   - Puisqu'il s'agit d'élire un(e) Président(e), la 1ère explication peut se rapporter à la "qualité" des candidat(e)s ...A en croire les médias, "çà ne plane pas haut" pour les 10 rescapés de l'épisode des soutiens, car "ils sont plus soucieux de se critiquer mutuellement que de faire des propositions valables" ...Et, en premier lieu, le "candidat-Président" Sarkozy a manifestement mauvaise presse avec 28 à 30 % seulement d'opinions favorables, et ceci du fait que certains éléments positifs de son bilan d'activité de 2007 à 2012 - politique étrangère, retraite, dette - sont largement occultés par ses erreurs initiales  - comme le fameux "bouclier fiscal" protégeant les "riches" alors que le chômage s'est aggravé - ...et par son "activisme" souvent désordonné qui a irrité de nombreux citoyens, y compris parmi ses partisans d'origine ...Mais le socialiste Hollande ne fait pas mieux pour les opinions favorables, ayant contre lui de ne pas avoir l'expérience d'une participation à des gouvernements, l'habileté de"négociateur" comme Chef de son turbulent parti ne lui conférant pas nécessairement "l'autorité" comme Président de la République...

   - Une autre explication tient aux circonstances, notamment à la crise économique : il est symptômatique que cette crise a entraîné en Europe le départ d'un certain nombre de Chefs d'Etat  - de droite ou de gauche -  qui n'avaient pas vraiment démérité (Grèce, Irlande, Espagne, Italie...) ...En France, le Président - n'étant pas constitutionnellement "responsable" - ne peut pas être écarté par un vote parlementaire, et rien ne l'oblige à démissionner, en dépit de l'exemple du fondateur de la 5ème République De Gaulle, qui n'avait pas hésité à "renoncer à ses fonctions" après le désaveu de son référendum en 1969 ...Il n'y a donc rien d'illégal à ce Sarkozy se soit maintenu au pouvoir, estimant même - à tort ou à raison, bien sûr - qu'il est le mieux placé pour sortir la France de la crise ...Mais la contrepartie est que l'opinion se détourne de lui, ...et, qu'à défaut elle puisse se réfugier dans l'abstention ...Certes, celle-ci vaut mieux que d'écouter les sirènes de "l'extrêmisme" ou du "populisme" qui peuvent proposer des solutions illusoires et dangereuses pour la démocratie ...mais elle a l'inconvénient ma jeur d'être un abandon du droit de vote...

 

    C'est pourquoi, il conviendrait de prendre en considération le "non-choix" des citoyens, c'est-à-dire d'encourager tous les électeurs à voter, tout en facilitant le "vote blanc" ...Certes, celui-ci a toujours été possible, mais il est jusqu'à présent confondu avec l'abstention et le vote nul, et les résultats électoraux ne tiennent compte que des "suffrages exprimés" ...Si les citoyens savaient que le vote blanc est pris en considération, avec des bulletins blancs préparés dans les bureaux de vote, certainement y auraient-ils recours pour manifester leur mécontentement de façon pacifique, et si le vote blanc est important, les "mal-élus" - notamment s"il s'agit du Président de la République - seraient bien obligés d'en tenir compte...

 

(*) Texte corrigé, suite au commentaire de Jacques

Par Jean Daumont - Publié dans : Politique Intérieure - Communauté : Réformer la France
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Samedi 7 avril 2012 6 07 /04 /Avr /2012 15:18

   La revue Sciences et Avenir consacre le Dossier spécial de son numéro d'avril 2012 à "Homme ...Femme", dont elle fait d'ailleurs sa page de couverture ...Non ! Il ne s'agit pas d'un ...poisson d'avril, ni même d'une étude plus ou moins discrète sur les rapports de l'un à l'autre ...Il s'agit seulement, comme le précise le sous-titre , de dénoncer un certain nombre d'idées reçues, ...et cette étude, tout en étant sérieuse, ne manque pas d'humour...

 

   "Evidemment", il n'est pas question de nier certaines ...différences, comme l'apparence physique - en l'occurrence la poitrine ou le sexe - mais cette apparence cache tout de même des réalités surprenantes qui ébranlent une certitude pourtant solidement établie : celle de la supériorité de l'homme sur la femme ...Y-a-t-il vraiment un sexe fort et un sexe faible ?...

 

   En effet, déjà, la Science révèle qu'au départ "il n'y a ni mâle ni femelle, mais un foetus de sexe indifférencié, porteur d'un système reproducteur primitif et de gonades pouvant se développer soit en testicules, soit en ovaires" ...Il faut attendre la 8ème semaine pour que la balance de la différenciation penche sous le poids des chromosomes sexuels et des gènes : on a d'abord parlé du rôle de la testostérone, mais l'influence d'autres hormones comme l'ocytocine agirait davantage sur le lien parental ...Il n'y aurait donc pas une "prédestination" sexuelle, mais tout au plus un certain "hasard" ...Tout homme a failli être une femme ...et inversement ...A quoi tient une ...destinée ?!...

 

   En fait, la recherche scientifique montre qu'en dehors de cet "hasard" initial, "la plupart des différences entre l'homme et la femme résultent d'une construction sociale"  ...La force physique plus grande de l'homme a certainement joué un rôle primordial dès la Préhistoire, en lui permettant d'assurer un "pouvoir" matériel, la femme étant "assujettie" pour cette raison, à laquelle s'est ajoutée une moins grande disponibilité, liée aux maternités ...Comme l'écrit Christine Delphy, chercheuse au CNRS, "que les femmes fassent le travail domestique ...ne doit rien à une nature quelconque, mais tout à une organisation sociale ..., le fait d'avoir des ovaires et un utérus ne prédisposant pas à élever en priorité des enfants, cuisiner et soigner des personnes âgées ...Il y a eu une idéologie de la différence qui a servi le pouvoir ...patriarcal"...

 

   Et cette différenciation a pris les formes les plus diverses, importantes ou anecdotiques, relevant vraiment des "idées reçues" : ainsi les les filles préféreraient le "rose" en raison d'une évolution sexuée de laur vision" (sic), ce qui est totalement faux, puisque les études prouvent que la "trichromatie" (re-sic) est semblable chez l'homme et la femme  ..., mais ce qui n'en a pas moins fait l'objet d'un "marketing" effréné depuis un siècle (le bleu étant réservé aux garçons...) ...De même, il serait acquis que la femme est plus "intuitive" que l'homme, mais ce "sixième sens" n'a jamais été prouvé et il semble surtout un prétexte pour l'homme d'affirmer que la femme a une capacité intellectuelle moins grande ...,se manifestant notamment par un infériorité dans le raisonnement mathématique, ce qui justifierait l'ancien monopole de l'homme sur les écoles et carrières d'ingénieurs ...

 

   En réalité, là encore, les études scientifiques montrent que les cerveaux de l'homme et de la femme n'ont pas de dfférence marquée, en dehors d'une minuscule structure située dans l'hypothalamus et liée à la reproduction ..., et ceci même s'il y a une évolution biologique particulière, puisque le cerveau de l'homme est en moyenne de 8 à 11 % plus gros que celui de la femme et si le cerveau de la femme achève sa croissance un ou deux ans plus tôt en raison d'une plus grande précocité de la puberté ...Ni la taille, ni la vitesse de de développement ne sont en effet des preuves de supériorité ou d'infériorité ...Dans ce cas, l'éléphant serait plus intelligent que l'homme ...ou la femme, ce qui est possible, diront pourtant certains, en pensant à sa ..."mémoire"...

 

   Il y a aussi un autre domaine d'égalité entre l'homme et la femme, celle de leur sensibilité à la maladie, qui est plus forte que pour les animaux du fait d'une protection plus grande ...Mais il est vrai que l'homme et la femme souffrent rarement des mêmes maux  : l'homme est surtout sensible aux maladies génétiques, du fait, paraît-il, qu'il a deux chromosomes différents X et Y, ce qui le rend plus fragile (!) que la femme ayant deux chromosomes semblables (X) ...La femme, de son côté, est plus sensible aux dérèglements hormonaux, notamment les oestrogènes, et à certaines maladies neurologiques du vieillissement, comme Parkinson ou Alzheimer...

 

   Finalement, il ne reste qu'un seul domaine où l'égalité est loin d'être réalisée entre l'homme et la femme, c'est celui de l'égalité politique ...Et il est international, puisque sur les 190 pays membres de l'ONU, il y en a une dizaine seulement qui sont dirigés par une femme ...La France, qui se veut la "Patrie des Droits de ...l'Homme", n'est pas vraiment exemplaire, en dépit d'efforts relativement récents : droit de vote aux femmes (1944 ...mais 1919 en Allemagne et 1928 en Angleterre), première femme 1er ministre - à noter le masculin - (Edith Cresson 1991), 30% de femmes ministres (Juppettes 1995), loi sur la parité obligeant les partis à présenter autant de femmes que d'hommes (2000) mais pas nécessairement dans un rang éligible, première femme "éligible" au 2ème tour des élections présidentielles (Ségolène Royal 2007) *...Manifestement, il reste encore beaucoup à faire, à la fois concrètement et dans les mentalités, car la responsabilité n'incombe pas seulement aux hommes, la force de la tradition "patriarcale" poussant les femmes à répugner à être candidates, à moins que ce ne soit une moins grande propension que les hommes à des "discours" inutiles, mais peut-être, un fois de plus, il ne s'agit que d'une idée reçue...

 

* Correction apportée au texte initial "candidate aux élections présidentielles", suite au commentaire de Jacques.

 


Par Jean Daumont - Publié dans : La femme - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Dimanche 1 avril 2012 7 01 /04 /Avr /2012 23:09

   Le mot "élection" vient du verbe latin "eligere" signifiant "choisir". L'élection consiste donc pour les "électeurs" à choisir des représentants pour un tâche donnée qu'ils n'effectuent pas directement, et ce choix n'est possible que s'il y a au moins deux candidats volontaires ou pressentis ...

 

   L'élection a été pratiquée au cours de l'Histoire dans tous les domaines de l'activité humaine, mais c'est dans celui de la "politique" qu'elle a été la plus courante, du moins dans les collectivités - tribus, peuplades, états - n'ayant pas eu de responsables "désignés" par une pratique religieuse ou par un principe dynastique ...Tel a été le cas , dans l'Antiquité, des magistratures d'Athènes (archontes, stratèges...) ou de la République romaine (consuls, censeurs,..) ...Et telle est encore, à l'époque actuelle, la pratique de choix des représentants aux divers niveaux dans les pays ayant des institutions "démocratiques"...

 

   Pour autant, l'élection est utilisée dans ces pays sous les formes les plus variées, dont la France a donné l'exemple en raison de la multiplicité des régimes politiques qu'elle a connus en deux siècles depuis l'abolition de la monarchie absolue en 1789 : d'abord, elle a institué progressivement l'élection à tous les niveaux (communes, départements, régions et Etat). D'autre part, elle a organisé l'élection suivant des modes de scrutin variés (*), notamment en ce qui concerne l'élection du Président de la République : la 1ère République ayant été confisquée par Napoléon Bonaparte sous la forme du Consulat et de l'Empire, ...puis la 2nde République détournée par son neveu Louis-Napoléon Bonaparte ayant profité de son élection à la Pésidence pour fonder le 2nd Empire, ...l'Assemblée avait établi après sa chute la Constitution de 1875 donnant tous les pouvoirs au Parlement et réduisant le rôle du Président de la République à des fonctions purement honorifiques afin d'éviter de sa part toute appropriation ...La Constitution de 1946 élaborée par l'Assemblée provisoire après la 2nde Guerre mondiale ne fit que renouveler ces dispositions ...C'était le "régime d'assemblée" et, comme le Président de la République était élu seulement par un collége de notables, il n'y avait au niveau national que ...l'élection législative pour le choix des députés de l'Assemblée...

 

   Tel n'a plus été le cas avec la Constitution de 1958, votée sous l'égide du Général De Gaulle qui, ayant abandonné la charge du gouvernement en 1946 faute de pouvoirs suffisants et prôné ensuite dans le cadre du RPF (Rassemblement du Peuple Français) la nécessité d'un exécutif fort, profita de son retour - sollicité par l'Assemblée elle-même afin de résoudre le problème de l'Algérie - pour redonner au Président de la République des pouvoirs décisifs, surtout après la réforme de 1962 instituant son élection au suffrage universel, ce qui donnait à cette fonction une légitimité égale à celle de l'Assemblée ...En fait, c'était la mise en place d'un "régime présidentiel", alors taillé "à la mesure du personnage" qui, après avoir été "l'homme du 18 juin 1940" ayant sauvé l'honneur de la France, apparaissait alors comme le seul homme d'Etat capable de sortir à nouveau la France de ses difficultés ...Même s'il a été contesté à l'époque, c'était, selon sa propre expression, "la rencontre d'un homme et du peuple"... sur la base démocratique de l'élection...

 

   Néanmoins, après son départ volontaire en 1969 dû à l'échec de son référendum portant essentiellement sur ...l'élection du Sénat, le régime présidentiel a survécu ..., le Président de la République ayant conservé ses prérogatives, quelles qu'aient été les circonstances politiques : d'abord "l'alternance" avec François Mitterrand, qui avait auparavant dénoncé le "coup d'Etat permanent" mais revêtit les habits du Président sans modifier ses pouvoirs ...puis les "co-habitations" successives entre Président et Assemblée de courants opposés ...En fait, le régime présidentiel n'a pas seulement survécu, ...il s'est renforcé avec les réformes apportées notamment  par Jacques Chirac : en effet, la réduction du mandat de 7 à 5 ans et la décision de faire suivre l'élection présidentielle par une élection législative n'a pu qu'accentuer la "présidentialisaion" du régime, en donnant à l'élection présidentielle un rôle majeur ...Et ce n'est pas la mesure limitant à 2 le nombre de mandats consécutifs qui peut représenter une restriction des pouvoirs du Président,  ...au contraire, elle "pourrait" inciter un Président à agir sans contrôle important au cours de son second mandat, puisqu'il n'a plus à se préoccuper de la suite...

 

   Il n'en est pas moins vrai que la "présidentialisation" de plus en plus grande a pour effet pervers de susciter une "personnalisation" d'autant plus forte qu'elle est relayée et accentuée par la "médiatisation" ...Le temps n'est plus où le "projet" était la base essentielle d'une candidature, et sa réalisation le but principal en cas d'élection, avec le concours actif des électeurs, ce que la candidate Ségolène Royal avait appelé en 2007 la "démocratie participative" ...Son ancien compagnon François Hollande en fait d'ailleurs l'expérience en 2012 avec ses "Engagements pour la France" qui n'ont au mieux qu'un succès d'estime, comme si la plus grande partie de l'opinion était lassée par les promesses électorales qui ne durent qu'un ...printemps, ...et préférait se tourner davantage vers toute personne "supposée" avoir la capacité pratique de résoudre les problèmes, en l'occurrence les conséquences de la crise économique ...Le Professeur Yves-Charles Zarka a pu écrire (**) : "Le bricolage idéologique est ...le symptôme ...de l'incapacité majeure de l'ensemble des partis politiques actuellement déchirés par des conflits d'égo surdimensionnés aux ambitions vides, pour l'échéance de 2012 ou déjà pour celle de 2017, ...de définir un chemin qui doit être celui du pays à l'interne comme à l'externe, à moyen et plus long terme". 


    Alors l'élection, même s'il ne peut être question de la supprimer dans un pays démocratique, a-t-elle encore un sens ?...

 

(*) Voir mon article sur les élections du 9 mars 2012 -Rubrique Politique intérieure

(**) Voir article paru dans Dossiers &  Documents du Monde- n° 418 d'Avril 2012

 

  

 

  

Par Jean Daumont - Publié dans : Politique Intérieure - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Lundi 26 mars 2012 1 26 /03 /Mars /2012 23:51

   Qu'il s'agisse de la série de crimes commis en France ces derniers temps -  l'assassinat de la petite Agnès par un adolescent en septembre 2011 et les meurtres à répétition par un forcené en mars 2012 - ou de la réaction légitime des forces de police ayant abouti à une exécution sommaire, l'actualité vient malheureusement de donner en France une illustration de la violence.

 

   "L'homme n'est ni ange, ni bête", écrivait Pascal au 17ème siècle ...Car l'homme, s'il a assurément le goût de la douceur et de la tendresse, a aussi celui de la violence, c'est-à-dire de la force exercée de façon abusive ...Et cette capacité lui est attribuée dès ses origines : il y avait des guerres de clans dès la Préhistoire, et l'Histoire elle-même comporte une interminable succession de luttes, de tortures et de massacres, le comble ayant été atteint - en dépit du progrès des connaissances, mais en partie aussi à cause de lui - par les horreurs du 20ème siècle, marquées par deux guerres mondiales, des génocides et la bombe atomique ...Une capacité de violence qui est d'ailleurs une spécificité de l'homme, car elle n'est pas un élément de la nature mais un comportement "conscient", ce qui n'est pas le cas des animaux qui n'agissent brutalement que par instinct, ...l'image de "l'homme qui est un loup pour l'homme" présentée par l'écrivain romain Plaute au 3ème siècle avant JC n'étant que l'anthropomorphisme...

 

   La violence n'est pas pour autant de la part de l'homme un comportement uniforme, et elle peut même prendre des aspects contradictoires, en ce sens qu'elle est considérée suivant les cas comme "légitime" ou "illégitime" :

   - La violence "collective" est la plus connue, car elle est le plus souvent "publique" ...C'est le cas de la violence "politique" consistant à imposer une autorité sur la société par tous les moyens de coercition : on parle de "dictature" ou de "tyrannie", soit de la part d'un groupe social s'attribuant tous les pouvoirs (ex: les seigneurs au Moyen-Age), soit de la part d'un individu confisquant l'autorité pour lui-seul (ex : Napoléon Bonaparte au seuil du 19ème siècle), souvent avec le prétexte de remettre de l'ordre dans un société en décomposition ...Mais la violence peut être aussi "économique", quand les biens sont accaparés par un minorité "capitaliste", ce qui justifie alors la révolte de la majorité de la population au nom du "socialisme", la forme la plus significative ayant été celui de Marx, prônant la "lutte des classes", c'est-à-dire la nécessité de la violence...

   - La violence "personnelle" est moins perceptible, parce qu'elle est le plus souvent "privée"...Elle existe notamment au sein des familles où un individu (généralement le père en raison de l'autorité que la tradition lui a confié) veut imposer une domination despotique, soit par la force physique (coups, viols,...), soit par une action morale (injures, harcèlements...) ...Elle peut alors aller jusqu'au crime  ...Néanmoins, il peut y avoir des comportements pathologiques résultant de l'égarement de la conscience individuelle : on parle de coup de folie, parfois passager ...Le sens commun parle alors d'un homme "qui a pété les plombs"...Mais il y a aussi la violence qu'un homme peut exercer sur lui-même : l'Eglise évoque des "saints" qui se sont imposé des restrictions ou des meurtrissrures au nom de leur foi  ...Et, à la limite extrême, il faut citer le suicide, qui est la violence ultime qu'un homme peut s'imposer à lui-même...

 

   Il est donc difficile de porter un jugement sur la violence, car celle-ci ne peut pas être nécessairement identifiée à un "acte du diable", et elle peut même être justifiée quand ele sert à combattre une violence inacceptable ...Ainsi la lutte contre le nazisme n'a pas pu se faire sans combat ...La violence contre la violence ...un cycle infernal  ...qui a pu justifier le recours à la "non-violence", qui n'est pas une simple  passivité devant la violence, mais une recherche pacifique des solutions en cas de crise ...Il y a eu des apôtres de la "non-violence" : on doit citer évidemment Jésus-Christ, dont le message essentiel est celui de la fraternité - "aimez-vous les uns les autres" - mais il a eu d'autres émules comme, au 20ème siècle, Gandhi et Martin-Luther King ...Il est vrai que ces apôtres sont morts par la violence ...Alors ?...

Par Jean Daumont - Publié dans : Morale - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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