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Introduction

 Le site s'intitule "Convergences" parce que son but est de rapprocher les points de vue sur des sujets difficiles de l'actualitéJean ou plus généralement des activités humaines... Chaque article - rédigé en fonction des circonstances - ne traduit que l'opinion de son auteur et peut appeler des commentaires...et il ne faut pas rêver : les avis seront parfois inconciliables... Mais au moins la discussion permettra de réfléchir et donc d'approfondir la connaissance des sujets.

 

 


Jeudi 17 mai 2012 4 17 /05 /Mai /2012 23:27

   " C'est au pied du mur qu'on voit le maçon" ...dit le dicton populaire ...Et il convient donc de ne pas porter de jugement préalable sur l'action du nouveau Président de la République François Hollande ...Mais il est déjà possible de s'interroger sur les intentions qu'il a exprimées dans ses "60 engagements pour la France", ainsi que sur les premiers signes de leur application.

  Ses intentions, François Hollande ne les a pas réitérées dans son discours d'investiture, où il a surtout souligné les difficultés qu'il doit "maintenant" affronter - le "poids des contraintes", la "dette massive", une "croissance faible", un "chômage élevé"... - comme s'il voulait prévenir les Français que ses promesses étaient remises à plus tard, c'est-à-dire au mieux au terme de son mandat de 5 ans ...Par contre, il s'est appesanti sur sa conception du rôle de Président, où il s'est présenté comme l'image inversée de celle qu'il attribue à son prédécesseur Nicolas Sarkozy : refus de l'omni-présidence, simplicité, continuité, respect du Parlement, sauvegarde de la justice ...Il est d'ailleurs significatif que, citant - comme un juge - l'action  des anciens Présidents de la 5ème République, en particulier celle du Général De Gaulle, il n'ait pas reconnu, ne serait-ce que par simple civilité, la moindre qualité à son prédécesseur Nicolas Sarkozy, qui avait au moins eu le mérite de limiter pour la France les effets d'une grave crise économique ..."Apaisement, réconciliation, rassemblement", a plaidé le nouveau Président François Hollande ...Il ne suffit pas de le vouloir ...Il faut en convaincre les Français qui ne l'avaient pas choisi ...et même certains membres de son propre camp ...

   Les premiers signes, ils apparaissent dans la formation du nouveau gouvernement ...A ce titre, le choix de Jean-Marc Ayrault comme Premier Ministre apparaît pertinente, car celui-ci n'est pas seulement un ami de longue date de François Hollande, il est surtout une personnalité modérée, ayant fait ses preuves de "chef d'équipe" - à la fois conciliateur et pugnace - comme Maire de Nantes et Président du groupe socialiste de l'Assemblée, et sa valeur est reconnue au-delà de son propre parti, puisque François Fillon, qui l'a connu naguère dans la Région des Pays de Loire, affime lui-même "qu'il fera un bon Premier Ministre" ...Encore faut-il qu'il soit bien entouré, et les difficultés ayant marqué  - et retardé - la formation du Ministère sont plutôt de mauvais augure ...Il lui a fallu en effet intégrer de nombreux paramètres : d'abord le principe de la "parité hommes-femmes" proclamé par le Président Hollande, mais d'application malaisée dans la mesure où, à l'inverse des hommes en nombre pléthorique, il y avait peu de femmes "expérimentées" ...Ensuite le "dosage" entre les composantes de la majorité présidentielle, c'est-à-dire faire une place aux partis alliés, même très minoritaires avec Christiane Taubira (radicale) nommée au poste régalien de la Justice, et Cécile Duflot (écologie...) nommée  ...à "l'Egalité des territoires et au logement" ...Et bien entendu aussi satisfaire les appétits des socialistes eux-mêmes, en tenant compte du refus de Martine Aubry, retirée sur son "Aventin" lillois, faute d'avoir été choisie comme Premier Ministre par François Hollande qu'elle avait combattu lors des primaires socialistes ...Pour autant, elle a obtenu un poste pour ses lieutenant François Lamy et Marylise Le Branchu ...Quant à Ségolène Royal, autre rivale exclue, elle place tout de même les inconnues Najat Belkacem et Delphine Batho ...Et l'aile gauche n'a pas été oubliée, avec Benoît Hamon, dont la présence peut rassurer le Front de Gauche de Jean-Luc Mélanchon, non invité (ou non candidat?...à la table minitérielle ...De surcroît, il a fallu faire attention à "l'ordre protocolaire", en accordant la 1ère place à Laurent Fabius, ancien Premier Ministre du temps de François Mitterrand, la seconde ayant échu à Vincent Peillon, un "fidèle" qui reçoit le Ministère de l'Education auquel Françoit Hollande a accordé la priorité pour la défense (?) de la jeunesse...Mais tous les fidèles n'ont pas été servis, même s'ils en avaient manifesté l'envie, comme Bertrand Delanoë, Maire de Paris, André Vallini, spécialiste de la Justice, ou encore François Rebsamen, qui visait l'Intérieur... Il y avait trop de candidats ...au point que la promesse d'un Ministère "restreint" n'a pas pu être tenue, puisqu'avec 34 ministres de plein exercice ou délégués, on dépasse les 32 ministres du gouvernement précédent de François Fillon ...Il est vrai qu'à côté des ministères "classiques" ( Affaires Etrangères, Justice, Intérieur, Culture, Travail, etc...), il y a des attributions ministérielles "secondaires", au titre plutôt "bizarre", comme le "Redressement productif", la "réussite éducative" ou "l'économie numérique" qui auraient pu être intégrées à moindres frais dans les ministères "classiques"... 

 

   Néanmoins, il faut convenir que ces manoeuvres politiques ne sont pas l'apanage de la seule "gauche", et que la "droite" a donné naguère des exemples comparables lors des présidences de Valéry Giscard d'Estaing, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy... Mais, avec le Président François Hollande, la "gauche" veut incarner la "vertu" - ce qui implique le contraire pour la "droite" - et, à ce titre, le Président Hollande a invité les membres du gouvernement à respecter une "Charte de déontologie" comportant l'exemplarité, la dignité et la sobriété, et à s'abstenir de toute déclaration personnelle contraire à la solidarité ministérielle ...Et il a décidé de diminuer de 30 % leur rémunération, passant de 14.200 € à  9.940 €, et de leur imposer de remettre aux Domaines tout cadeau d'une valeur supérieure à 150 €, mesures assurément positives mais seulement symboliques, car elles ne suffiront pas à éponger la dette publique ...Sans persifler, il est permis de sourire !...

 

   ...Car "c'est au pied du mur qu'on voit le maçon", ...et, pour être franc, il convient d'attendre la construction de l'édifice ...Les Français la permettront-ils à l'occasion des prochaines élections législatives de juin 2012 ?...Certes, la majorité législative a toujours confirmé la majorité présidentielle depuis le couplage des deux élections (1995, 2002, 2007), ...mais le passé, même récent, ne peut pas donner une certitude absolue pour l'avenir, alors que la "gauche" ne l'a emporté sur la "droite" que par 51,26 % aux élections présidentielles ...Et est-ce si important ? ...La France n'en est pas à la première alternance entre la "gauche" et la "droite", et elle n'en continue pas moins son chemin...

                                                                                                           

 

  

Par Jean Daumont - Publié dans : Politique Intérieure - Communauté : Réformer la France
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Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 22:28

   François Hollande affirme, à l'occasion de son investiture comme Président de la République Française le 15 mai 2012, qu'il veut être un Président "normal" ...Il est ...normal qu'il veuille ainsi donner un sens à son action future, mais il convient alors de savoir à quoi correspond le qualificatif de "normal" ...Pour ce mot, le dictionnaire donne à la fois une définition positive - "ce qui est un modèle, une règle, un point de comparaison" - et une définition négative - "ce qui est dépourvu de tout caracrère exceptionnel " - mais il ajoute aussi une définition -"ce qui est conforme à la majorité"- celle-ci plus discutable, car chacun sait que la "majorité" est variable, à l'image des élections en France depuis un demi-siècle ...et il est donc impossible d'y trouver quoi que ce soit de "normal"...Mais foin d'euphémisme ...Pas de querelle sémantique ...François Hollande veut être "normal" ...Il sera donc normal !...

 

   Mais justement, la France a-t-elle besoin d'un Président normal ?...Et en a-t-elle eu dans le passé ?...Avant la Révolution de 1789, elle n'avait eu que des "rois" dont le pouvoir était considéré comme de "droit divin" et donc "normal" à ce titre ...Avec les 5 républiques qui alternent ensuite avec d'autres régimes, y -a-t-il une règle "normale" à ce nouveau titre ? ...Pas du tout ...La 1ère République, après 1792, n'a pas de Président, mais un Directoire, puis un Consulat qui aboutit à la dictature de Napoléon 1er ...L'histoire se répéte avec la 2ème République qui a cette fois un Président, mais celui-ci imite son oncle en s'arrogeant tous les pouvoirs et  en créant un Second Empire sous le nom de Napoléon III ...Se succèdent alors la 3ème, puis après l'intermède de l'Etat du Maréchal Pétain, la 4ème République, où, voulant tirer une leçon des Républiques précédentes, la Constitution de 1875 trouve "normal",  de n'accorder aucun pouvoir réel au Président, dont le rôle se limite à inaugurer les chrysanthèmes", suivant la "saillie" célèbre du Général De Gaulle ...Revenant au pouvoir dans des conditions ...anormales liées à la Guerre d'Algérie, celui-ci n'a de cesse, par la Constitution de 1958 et l'instauration de l'élection du Président de la République au suffrage universel en 1965, de redonner à celui-ci la réalité du pouvoir exécutif,...et cette réforme est jugée tellement "normale" qu'elle est reprise par tous ses successeurs, Georges Pompidou, Valéry Giscard d'Estaing, François Mitterrand - qui avait dénoncé auparavant "Le Coup d'Etat permanent" , mais n'en fut pas moins un "hyper-Président", les socialistes eux-mêmes l'appelant "Dieu" - puis Jacques Chirac, qui trouve "normal" de laisser aller les choses, surtout après avoir servi de rempart contre l'extrême droite  avec plus de 80 % de voix au 2ème tour des élections de 2002  ...Enfin... Nicolas Sarkozy, qui ruine son crédit initial en trouvant "normal" de se mêler de tout...

 

   Alors, s'il veut être un Président "normal", qui François Hollande doit-il choisir comme "modèle" ?...La tentation est grande de le comparer à Jacques Chirac qui, comme lui, a commencé sa carrière politique en Corrèze, et avec lequel il a des relations notoires d'amitié où entre, en dépit de leur opposition théorique entre "droite" et "gauche", une communauté d'esprit "rad-soc" typique de la France "profonde"...Et en voulant ré-équilibrer les pouvoirs au profit de l'Assemblée, ne risque-t-il pas de devenir un Président "immobile" ?... Or la situation de la France - comme celle de l'Europe et du monde - connaît actuellement une crise grave, où les difficultés économiques engendrent une montée des extrêmismes ...Et il faut donc un Président "actif", ...sinon "providentiel", qui fixe le cap en rassemblant autour de lui une large majorité des Français ...François Hollande le peut-il ?... Aura-t-il  une majorité conforme aux élections législatives de juin ?...Pour son premier envol après son investiture, son avion a reçu la foudre ...Est-ce un présage ?...

 

 

Par Jean Daumont - Publié dans : Politique Intérieure - Communauté : Réformer la France
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Jeudi 10 mai 2012 4 10 /05 /Mai /2012 22:35

  La France n'en a pas fini avec les élections en ce printemps 2012 puisqu'aux élections présidentielles des 22 avril et 6 mai vont succéder les élections législatives des 10 et 17 juin ...Cette succession est liée aux anciens Présidents de la République : Charles De Gaulle, d'abord, puisqu'il a institué l'élection du Président au suffrage universel en 1965, puis Georges Pompidou dont le décès imprévu le 2 avril 1974 a occasionné l'élection de Valéry Giscard d'Estaing puis de François Mitterrand au début du mois de mai, enfin Jacques Chirac qui, en faisant aboutir par référendum le 24 septembre 2000 le quinquennat déjà envisagé sans résultat par ses prédécesseurs et en le couplant avec des élections législatives le mois suivant, a pérennisé - jusqu'à nouvel ordre - cette "floraison printanière" de consultations populaires... Nicolas Sarkozy, pour sa part, a fait adopter en 2008 la limitation de 2 mandats présidentiels et  l'accroissement de pouvoirs de l'Assemblée Nationale, redonnant ainsi de l'importance aux élections législatives quelque peu éclipsées jusqu'alors par les élections présidentielles ...Il est donc légitime de s'interroger sur les résultats possibles des élections législatives, qui peuvent apparaître, après les élections présidentielles, comme  ...un 3ème tour ...à deux tours...

 

   Les élections présidentielles ont en effet rendu leur verdict, et celui-ci est incontestable : le socialiste François Hollande a été élu avec 51,63 % des suffrages exprimés contre 48,37 % à son concurrent Nicolas Sarkozy ...Il est donc clairement habilité à appliquer son programme présenté dans "Mes 60 engagements pour la France" et il peut logiquement aspirer à obtenir une majorité conforme aux élections législatives ...Il est d'ailleurs encouragé dans cet espoir par un sondage du 9 mai 2012 révélant que 62 % des Français souhaitent cette concordance ...Néanmoins celle-ci n'est pas gagnée d'avance ...François Hollande en est lui-même convaincu, puisqu'il a encouragé ses électeurs à "continuer le combat" ...Et, bien entendu, même si Nicolas Sarkozy a pris du recul dans un discours d'adieu de bonne facture, ses anciens partisans de l'UMP - notamment son 1er ministre de "législature" François Fillon - ont considéré que "leur propre victoire aux élections législatives n'était pas impossible"...

 

   Car l'incertitude demeure ...D'abord, le 2ème tour des présidentielles a attiré seulement 34.870.036 suffrages exprimés (75,69 % des inscrits) contre Presidentielles-2012---2--copie-4.jpg 35.583.209 (77,96 %) au 1er tour, et il y a eu 2.146.405 blancs ou nuls (4,66 %)au 2ème tour contre 701.190 au 1er tour ..., ce que les commentateurs interprètent comme la traduction d'un "rejet de Nicolas Sarkozy n'étant pas allé jusqu'à un votre pour François Hollande "...L'extrême gauche de Jean-Luc Mélanchon ayant pratiqué la "discipline républicaine" (à 90 %), la gauche ne disposerait pas d'une grande "réserve de voix" ( Ecologie 2,3 % ...Centre 9% ?)  à l'inverse de la droite qui pourrait compter sur le plus grand nombre des blancs et nuls et ...sur l'extrême droite, en dépit des consignes officielles, Marine Le Pen, débarassée des oripeaux antisémites de son père, pouvant espérer pour le Front National au moins son score des présidentielles ,soit 18 %...

 

   Mais l'incertitude n'est pas seulement une question d'interprétation des "chiffres", nécessairement aléatoires comme l'a montré le 1er tour des Présidentielles ...Elle est aussi, et même surtout, la conséquence possible de la "politique" pratiquée entre les deux élections ...Or, désormais, François Hollande est "au pouvoir" et va incessamment  nommer un gouvernement appelé à être confronté aux difficultés actuelles "sans délai de grâce" ... Il peut y gagner ...ou y perdre ...Déjà, pour la nomination du gouvernement, et notamment du 1er Ministre, les appêtits s'aiguisent... Quant aux premières mesures annoncées, elles sont "spectaculaires" mais"symboliques" : la réduction des rémunérations du Président et des ministres est un "gadget" sans effet sur le budget ...De même, le blocage du prix du carburant pendant 3 mois n'est qu'un "cadeau de vacances" ...Plus sérieux et beaucoup plus coûteux sont la création de 1000 postes de l'Education Nationale pour la Rentrée 2012 (les titulaires nommés pourront les occuper pendant en moyenne 30 ans...), l'augmentation de 25 % de l'allocation de Rentrée, l'aménagement de la retraite à 60 ans pour ceux qui ont travaillé tôt, et diverses autre mesures ayant comme celle-ci  un effet - non encore mesuré mais considérable - sur les dépenses publiques, ...ce qui ne manquera pas de faire réfléchir les électeurs soumis à l'impôt sur le revenu (50 % des foyers fiscaux) et payant actuellement leur 2ème tiers provisionnel ...selon l'adage bien connu que "les Français ont souvent le coeur  à gauche, mais le portefeuille à droite" ...D'autre part, sur le plan extérieur, la chancelière allemande Angela Merkel a déjà fait connaître son refus de remettre en cause, à la demande de François Hollande, le pacte fiscal négocié et signé par ...25 pays.... Quant à la droite, elle a désormais la position plus avantageuse de "l'opposition", lui permettant de dénoncer les erreurs ou Elections-1936.jpg insuffisances éventuelles d'une politique qu'elle ne mène plus, ...tout en rappelant, selon François Fillon, que, pour sa part, "elle a tenu la promesse faite en 2007 de mettre la France en mouvement" ...Et elle peut avoir beau jeu de rappeler aussi que "les fruits socialistes ne tiennent pas la promesse des fleurs" en prenant l'exemple du "Front populaire" de Léon Blum en 1936, réalisant les congés payés et la semaine de 40 heures mais se désintégrant 13 mois  plus tard, ...l'exemple du "Programme commun"de Mitterrand en 1981 débouchant sur la "rigueur"  au bout de 2 ans, ...l'exemple de Lionel Jospin gouvernant la France pendant  5 ans de 1997 à 2002 en "cohabitation" avec le Président Chirac ...et ne réussissant même pas à se qualifier pour le 2ème tour des Présidentielles en 2002...

 

   En conclusion ...provisoire, il faut certes "laisser sa chance" au Président François Hollande ...au moins jusqu'aux Législatives de Juin 2012 ... Après  ...on verra ..., comme le laisse supposer le chroniqueur Yves de Kerdriel dans le titre de son article des "Libres opinions" du journal Le Figaro du 8 mai 2012 : "Trois jours ...trois semaines ...trois mois...?"

 

Illustrations :

 

- En haut - Résultats détaillés du 2ème tour de l'élection présidentielle 2012

                     A gauche : François Hollande   A droite : Nicolas Sarkozy  puis Blancs et nuls

 

- En bas - Résultats des élections législatives de 1936 - pour mémoire

 


 

 

Par Jean Daumont - Publié dans : Politique Intérieure - Communauté : Réformer la France
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Lundi 7 mai 2012 1 07 /05 /Mai /2012 14:58

      Dans les grandes circonstances, il convient de laisser la place à des "plumes" plus autorisées que la sienne... Ci-après l'éditorial de François-Régis Hutin dans le journal Ouest-France du 7 mai 2012 :

 

 "Au revoir, Monsieur le Président,

 

   La majorité des Français n'a pas renouvelé le mandat qu'elle vous avait confié voici cinq ans. La crise est passée par là. Pourtant, vous y aviez fait face avec énergie et compétence, reconnues par tous. Sans doute des erreurs ont été commises au cours de ces cinq dernières années ; mais aussi des réformes essentielles ont été entreprises et réussies. Elles porteront leurs fruits dans l'avenir.

   Nous savons depuis longtemps que les réformateurs prennent des risques et qu'il est plus facile pour un responsable politique de ne pas modifier les habitudes et les routines endormantes. Vous avez fait un autre choix, au moment même où une crise majeure survenait, ce qui a rendu plus complexe encore le cours des choses pendant votre mandat.

   Pour tout ce qu'il a eu de positif et de constructif, nous vous remercions et, Monsieur le Président, nous vous adressons notre salut.

 

   Bonne chance, Monsieur le Président,

 

   Nouveau porteur d'espérance, la majorité des Français a décidé de vous confier, sinon les destinées du pays, du moins le choix de ses orientations pour les cinq années à venir. Nous savons le poids que ces responsabilités représentent et combien elles vont peser sur vous, alors que la France s'avance dans un monde en crise.

   Nous comptons sur vous pour susciter le dynamisme de tous les Français, pour stimuler leur créativité, pour éviter qu'ils ne se replient sur eux-mêmes, pour qu'ils fassent les réformes de structures nécessaires, les choix de l'innovation et du grand large.

   Nous comptons sur vous pour réconcilier les Français, pour contribuer à effacer les clivages entre inclus et exclus, jeunes et vieux, villes et campagnes, actifs et retraités, riches et pauvres.

   Certes, nous devons résoudre de multiples problèmes intérieurs : il nous faut moins de dette et plus de croissance, plus de travail, plus d'équité, plus de confiance en nous et dans l'avenir, plus de respect pour les autres, plus de considération pour l'étranger, plus de coopération avec l'ensemble des nations, plus d'Europe pour faire face à la mondialisation.

   Tout cela ne pourra être obtenu que dans le dépassement de nous-mêmes. Rien ne serait pire que de nous enfermer dans nos difficultés hexagonales.

   Monsieur le Président, en même temps que du réalisme, il nous faut une grande ambition, le grand souffle de l'universel. Pour cela, vous serez le Président qui, sans discrimination, projette les Français vers l'avenir, vers la modernité qui porte en elle cet humanisme qui nous a fait ensemble ce que nous sommes : la France.

   Bonne chance, Monsieur le Président !... "

 

   Evidemment, cette belle envolée, qui tranche avec le pessimisme actuel, ne se passe pas de commentaires  ...
.

Par Jean Daumont - Publié dans : Politique Intérieure - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Mardi 1 mai 2012 2 01 /05 /Mai /2012 23:19

   L'expression même de "Fête du Travail" laisse entendre que, pour les hommes, le "travail" est une activité "honorable" qu'il convient au moins une fois chaque année de célébrer dans tous les pays ...Mais cette conception est loin d'avoir été partagée de tous temps sur l'ensemble de la Terre.

 

   D'abord le travail n'est conçu à l'origine de l'humanité que comme une nécessité pour assurer la subsistance ...Dans l'Occident judéo-chrétien, la définit d'ailleurs le travail comme une malédiction, puisqu'à la suite du péché originel Dieu a puni Adam et sa descendance à "gagner son pain à la sueur de son front"...Dans l'Antiquité grecque et romaine, on distingue les citoyens participant à la gestion de la cité, les métèques ou étrangers s'occupant surtout du commerce ou de l'artisanat, et les esclaves chargés du "travail" domestique ou agricole et étant la propriété des maîtres ...Au Moyen-Age, il n'y a plus d'esclaves, mais des serfs (mot dérivé d'esclaves) n'appartenant pas aux seigneurs mais n'en étant pas moins "attachés à la glèbe"...L'Eglise elle-même, en dépit du message fraternel de Jésus-Christ, ravale les travailleurs (laboratores) au dernier rang de la société, derrière ceux qui de battent (bellatores) et ceux qui prient (oratores), distinction qui se retrouve dans la France de l'Ancien Régime distinguant la noblesse, le clergé et le tiers-état...

 

   C'est seulement à partir du 18ème siècle que le travail est "réhabilité", avec les "Philosophes" qui veulent "réconcilier l'homme avec la production devenue action créative" et illustrent ce renouveau avec la rédaction de l'Encyclopédie qui est un bilan de "l'univers du travail" à l'époque ...Avec la Révolution de 1789, apparaît pour la 1ère fois une "fête du travail" fixée le 1er pluviose (en janvier) par Fabre d'Eglantine, l'auteur ...d"Il pleut bergère" ...Ensuite, au 19ème siècle, les socialistes dits "utopiques" - Proudhon, Fourier, Saint-Simon - et les socialistes dits "matérialistes" - Marx et Engels  - considèrent que le "travail est le modèle de l'activité créatrice de l'homme" ...Et, à leur tour, les responsables politiques prennent le relais : la 2ème République garantit le "droit au travail" et crée les "ateliers nationaux", puis Napoléon III, l'auteur de "L'extinction du paupérisme" fait entreprendre des grands travaux (Haussmann à Paris...) pour donner du travail à une population misérable attirée par les villes ...Pour autant, la condition ouvrière reste précaire en France comme dans les autres pays en voie d'industrialisation, expliquant une "lutte des classes" traduite notamment par la "Commune de Paris" en 1871 et les "Révolutions russes" de 1917, ainsi que par de multiples grèves et manifestations...

 

   C'est précisément à l'occasion d'une manifestation de grévistes le 1er mai 1889 à Chicago aux Etat-Unis que la "Fête du Travail" va réellement être instaurée ...En effet, les syndicalistes de "l'American Foundation of Labour" voulaient alors obtenir "les trois 8" (8 heures de travail, 8 heures de repos et 8 heures d'éducation) ..La répression sanglante de la grève poussa alors le Congrès de 2ème Internationale socialiste réunie à Paris en 1889 (Centenaire de la Révolution, Exposition Universelle ...et Tour Eiffel) à organiser avec éclat "une manifestation dans tous les pays et dans toutes les villes à la fois", la 1ère date étant fixée au 1er mai 1890, en souvenir de la réprssion américaine ...Et c'est ainsi que les "travailleurs" prirent l'habitude de défiler le 1er mai dans de nombreux pays du monde, d'abord avec un "triangle rouge" (les trois 8) à la boutonnière, puis avec une ...églantine ou un oeillet, et finalement avec un brin de muguet ...Association symbolique qui s'est quelque peu perdue dans un petit trafic annuel éloigné de la notion de travail...

 

   En fait, la célébration de la Fête du Travail s'est perpétuée au 20ème siècle avec des incidences diverses ...Elle devient légale au Royaume-Uni et en Irlande, en étant décalée au 1er lundi de mai ...De même, elle est instaurée le 1er mai dans la Russie bolchevique ...en 1920 ...Et le Pape Pie XII va jusqu'à instituer en 1955 le même jour du 1er mai la fête de Saint Joseph artisan ...Quant aux Etats-Unis, à l'origine de la célébration du 1er mai, ils décident finalement de la fixer au 1er lundi de septembre ...Mais cette célébration n'en est pas moins pervertie : elle est supprimée ou délaissée dans certains pays comme l'Allemagne pendant la 2ème guerre mondiale ...et en France elle est transformée par le Maréchal Pétain et le régime de Vichy en une "Fête du Travail et de la Concorde", parallèlement à l'instauration de la devise moralisatrice "Travail, Famille, Patrie" ...Et même si le Général De Gaulle rétablit en 1945 une libre manifestation de la Fête du Travail le 1er mai, cette fête conserve la trace des influences politiques : non seulement les organisations syndicales procèdent souvent à des manifestations séparées suivant leur "penchant politique" (CGT avec PC, FO avec SFIO, CFTC avec MRP); mais la "politisation" devient pratiquement une règle à la suite d'un ...hasard malheureux qui est la mort du Président Pompidou le 2 avril 1974, l'élection des Présidents de la République se plaçant dès lors avec ses deux tours au début de mai, la transformation du septennat en quinquennat lié aux élections législatives ayant renforcé cette règle ...

 

   Dans ces conditions, au moins en France, le 1er mai n'est plus une fête autonome réservée aux organisations syndicales, mais une manifestation à caractère politique ...Et la volonté manifestée par le Président Sarkozy de faire du travail un élément primordial de sa politique dè son élection en 2007 - "Travailler plus pour gagner plus" - s'inscrit dans cette logique et explique que , même s'il n'est pas parvenu à résorber le chômage, il exalte la "Fête du Travail" le 1er mai, quelques jours avant le 2ème tour décisif des élections présidentielles du 6 mai 2012...Et comme le Parti socialiste et le Front de Gauche lui emboîtent le pas en demandant à leurs militants et sympathisants de "rejoindre massivement les cortèges" " pour marquer leur opposition à la ré-élection du Président Sarkozy, au lieu d'y défendre l'exclusivité de la participation syndicale, la Fête du Travail perd sa signification et devient même un enjeu exploité par le "populisme" du Front National ramassant la mise du mécontentement des travailleurs ...et des chômeurs...dans une autre manifestation...3 défilés ! ...Y-a-t- il encore une "Fête" du Travail ?...

Par Jean Daumont - Publié dans : Economie et Société - Communauté : Le champ du monde
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Lundi 23 avril 2012 1 23 /04 /Avr /2012 17:34

 

      Les instituts de sondage l'avaient annoncé de façon convergente et donc crédible : les électeurs , dégoûtés par les conséquences de la crise économique sur leur vie quotidienne, allaient s'abstenir en masse ...et le chiffre de 32 % avait même été évoqué au cours de la campagne électorale ...Quant aux votants, ils se détourneraient du Président de la République sollicitant sa ré-élection, Nicolas Sarkozy, à l'instar des chefs de gouvernement des autres pays européens balayés par la crise en Grèce, Irlande, Italie et Espagne...

 

   Le problème est que la France ne fait jamais rien comme le reste du monde ... et que le peuple "souverain" n'a - une fois de plus - pas fait ce qu'on attendait de lui :

   - D'abord, le peuple a voté dans une proportion à peu près semblable à celle des précédents 1ers tours des élections présidentielles : 20;53 % d'abstentions au lieu de 20,34 % en 1995 et 20,29 % en 2002 ...Il y a seulement eu un reflux de la faveur qui, en 2007, avait marqué la candidature de Nicolas Sarkozy contre la socialiste Ségolène Royal...Reflux déjà significatif, il est vrai...

   - Car le peuple a effectivement retiré assez largement sa confiance à Nicolas Sarkozy, puisque celui-ci n'obtient cette fois au 1er tour que 9.754.324 voix (27,18 %) alors qu'il avait totalisé 11.450.011 voix (31,18 %) au 1er tour 2007, soit un recul de 1.695.689 voix, important mais tout de même relatif (4%) ...Inversement, le succès du socialiste François Hollande reste mitigé, puisqu'avec 10.273.475 voix (28,63 %), il améliore le score de son  ...ancienne compagne Ségolène Royal - 9.501.214voix (25,87 %) en 2007 - d'une marge limitée à 772.261 voix (2,76 %) ...

   - Cette ambiguïté du vote populaire apparaît davantage encore dans le décompte des voix entre les candidats dits de "gauche" et ceux dits de "droite" ...En effet, la gauche totalise avec Hollande, Mélenchon, Poutou, Artaud ...et Joly (quel mélange !) 43,75 % ...et la droite rassemble avec Sarkozy, Le Pen,et Dupont-Aignan (sans Bayrou!) 46,87 % ...Autrement dit la droite l'emporte...

 

   Dans ces conditions, comment peut-on interpréter les résultats du 1er tour ?...Les candidats eux-mêmes s'interrogent, et notamment les deux "rescapés" François Hollande et Nicolas Sarkozy se gardent bien de crier "victoire", leurs appels parallèles au "rassemblement" traduisant de toute évidence un aveu des limites de leur audience ...Limites que les chiffres globaux  révèlent : si on ajoute en effet 20,53 % d'abstentions aux 29 % de votes "protestataires" (Front de Gauche et Front National), on a pratiquement 50 % d'électeurs ne faisant plus confiance aux partis traditionnels de gouvernement (droite classique et socialistes)...On est loin des chiffres de 60 à 80 % que rassemblaient au début de la 5ème république les "duos" De Gaulle-Mitterrand, Pompidou-Poher, Giscard -Mitterrand...

 

   Les résultats définitifs du 2ème tour ne peuvent donc qu'être incertains ...Certes, les instituts de sondage se rejoignent à nouveau pour annoncer que François Hollande va l'emporter avec 54 % contre 46 % à Nicolas Sarkozy, ...mais ces instituts se sont déconsidérés dans le 1er tour, et il faut chercher ailleurs des éléments plus sûrs de réflexion :

   - François Hollande, fils d'un médecin de Rouen candidat d'extrême droite malheureux aux élections municipales de 1959 et 1965, apparaît comme un personnalité sympathique, avec son visage jovial, ...même si son caractère est moins "bonasse" qu'on a pu le dire (*)...Il a incontestablement des qualités de "négociateur", à en juger par sa longue direction d'un parti socialiste particulièrement trurbulent ...Et surtout, il a "viré en tête" au 1er tour, ce qui lui confère un avantage psychologique non négligeable auprès d'électeurs hésitants, si le 2ème tour est serré ...De surcroît, il bénéficiera de "réserves" relativement sûres, avec le soutien déclaré du dynamique Mélanchon appliquant, en dépit de ses critiques du 1er tour, la traditionnelle "discipline républicaine", ...ainsi que les votes des autres "petits candidats de gauche " (Poutou, Artaud, ...et Joly) ...Mais, à son passif, il n'a aucune expérience gouvernementale, n'ayant exercé aucune fonction ministérielle, ni acquis une "stature" internationale, et par conséquent il n'est pas certain que les électeurs lui reconnaissent la "carrure" d'un "chef", à laquelle ils sont habitués et s'accommodent depuis De Gaulle...

   - Nicolas Sarkozy a une personnalité beaucoup plus discutable ...Petit-fils d'immigré hongrois, ayant eu une enfance relativement difficile en raison de l'abandon du père, il a toujours fait preuve d'un fort caractère qu'il a mis au service d'une grande ambition, ...n'hésitant pas à trahir ses "mentors" successifs, Charles Pasqua à Neuilly  et Jacques Chirac à la direction du RPR ...Il a acquis une expérience gouvernementale comme Ministre du Budget, de l'économie et surtout de l'Intérieur où son action énergique pour assurer la sécurité contribue à son élection comme Président de la République en 2007 (**) ...Mais le bilan de son mandat jusqu'en 2012 est pour le moins incohérent : s'il a limité les dégâts dans le problème de la dette publique, au niveau de la France comme à celui de l'Europe dans le cadre du G 20, il s'est aliéné la partie "populaire" de l'opinion en affichant ses liens avec les milieux d'affaires, en particulier par l'instauration du "bouclier fiscal" qui avait pour but d'empêcher la fuite des capitaux et la délocalisation des industries, mais n'a pas vraiment rempli son office ...Et surtout, il ne dispose pas, à l'inverse de son concurrent, de réserves sûres : aucun des candidats classés "à droite" ne s'est désisté à ce jour en sa faveur, ni Dupont-Aignan - dont le petit appoint peut être décisif -, ni Marine Le Pen qui, ayant réussi à conjurer la "diabolisation" du Front National - même si subsistent des éléments douteux hérités des discriminations de son père - peut espérer, en raison de son succès relatif (17,90 %) assuré par des votes "nationalistes" et "protestataires", bâtir un parti de droite sur les ruines d'une UMP déconsidérée par l'effacement éventuel de Nicolas Sarkozy...

 

   Néanmoins, rien n'est joué ...François Hollande "tient la corde", mais il n'est pas à l'abri d'une erreur dans le monde "impitoyable" de la politique ...Déjà, son refus d'un "débat" peut apparaître comme un faux pas pour une opinion qui a conservé un souvenir positif des débats de naguère entre Giscard d'Estaing, Mitterrand et Chirac, ...et peut interpréter ce refus comme une reculade devant un adversaire réputé "percutant", sinon convaincant ...Car Nicolas Sarkozy n'a certainement pas dit son dernier mot, et il est du genre à mordre avec efficacité, à l'image d'un loup acculé dans sa tanière, par exemple en dénonçant les projets coûteux de François Hollande - comme la création de 60.000 postes dans l'Education Nationale, même étalés sur les 5 ans de 2012 à 2017 ...des projets ne pouvant être réalisés, en raison de l'importance de la dette publique, que par une augmentation des impôts, celle-ci ne pouvant se limiter à "faire payer les riches" (75 % ?) et devant inéluctablement frapper la classe "moyenne", puisque les classes  populaires (soit plus de 50 % des "foyers fiscaux") sont exemptés de l'impôt sur les revenus ...Et comme le 2ème tour des élections présidentielles arrive le 6 mai 2012 au moment du paiement du tiers provisionnel et de la déclaration des revenus 2011, la classe moyenne en aura conscience ...Et comme on a, en France, on a "le coeur à gauche, et le portefeuille à droite", l'incertitude ne peut donc que règner à la veille du 2ème tour ...

 

(*) Serge Raffy - François Hollande - Itinéraire secret - Ed.Fayard 2011

 

(**) Catherine Nay - Sarkozy - Un pouvoir nommé désir - Ed.Grasset 2007

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Par Jean Daumont - Publié dans : Politique Intérieure - Communauté : Réformer la France
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Jeudi 19 avril 2012 4 19 /04 /Avr /2012 09:11

   Le monde dit "occidental" connaît depuis 2007 une crise économique résultant de la spéculation effrénée qui a gonflé auparavant la consommation largement au delà de la croissance, ...et cette crise a suscité un accroissement considérable de la dette publique dans tous les pays  : Economie-de-l-Europe.jpg

      Après la crise de 1929 et les conséquences incalculables de la 2ème guerre mondiale, le monde occidental s'était pourtant doté des institutions nécessaires à une régulation de l'économie, en particulier la Banque Centrale Européenne (BCE)qui possédait des moyens suffisants pour venir an aide aux pays en difficulté puisqu'elle avait déjà prêté entre 1980 et 2000 environ mille milliards d'euros aux banques ...Qui pourra croire qu'elle ne pouvait y voir venir une crise ?... Comme dit le dicton traduisant la sagesse populaire, "il n'est pire sourd que celui (ou celle) qui ne veut entendre" !...

 

   Certes, la crise ne revêt pas la même importance suivant les pays, comme montre le tableau comparatif des "fondamentaux économiques de l'Europe" (cf:ci-dessus)* ...En effet ce tableau fait apparaître une grande inégalité des situations qui n'est manifestement pas liée aux différences de ressources naturelles mais à la variété des politiques menées par les gouvernements ...Il est notoire que les pays les moins affectés sont les pays les moins ...pourvus de ressources naturelles, comme les pays scandinaves, la Pologne, le Royaume-Uni et surtout l'Allemagne - autrement dit les "Pays du Nord" - qui n'ont pas hésité à appliquer une forte rigueur budgétaire, même si elle était "impopulaire" ...Et inversement, les "pays du Sud" à priori plus favorisés comme l'Italie et l'Espagne ont rejoint le Portugal et la Grèce , plus pauvres, dans une politique de facilité, en distribuant des faveurs sociales - parfois "clientèlistes" - qui, en approfondissant leur dette publique, les ont enfoncés dans la crise ...Cette fois, ce sont donc certains gouvernements qui sont restés sourds ...et - il faut le répéter - "il n'est pire sourd que celui (ou celle) qui ne veut entendre"...

 

   Et la France dans tout cela ?...Elle est - comme chacun sait - entre le "Nord" et le "Sud" par la géographie ...Mais il apparaît aussi qu'en l'occurrence elle l'est aussi par le comportement de ses responsables politiques, en raison de la campagne électorale qui conduit ceux-ci à élaborer leur programme dans une sorte de "déni" de la crise ...Etant à peu près à égalité dans les sondages (entre 25 et 30%), les deux principaux "challengers" se gardent de proposer des solutions énergiques - et donc impopulaires - pour faire face à la crise : d'un côté, Nicolas Sarkozy a certes eu le mérite, comme Président en exercice de la République Française et Président de l'Union Européenne en 2008, d'en limiter les effets, et il a eu par ailleurs le courage de s'atteler à des réformes difficiles comme la retraite ou l'université, mais il a déçu une opinion - d'abord favorable - en raison de la versatilité de son action,inefficace pour enrayer le développement du chômage et de la précarité alors que des faveurs ont d'abord été accordées aux plus "riches", comme le "bouclier fiscal" ...Mais, de l'autre côté, François Hollande, en dépit de la situation plus commode d'opposition, peine à se faire entendre, car ses propositions "populaires" de création de 60.000 postes dans l'enseignement, la construction de 2.500.000 logements ou la suppression des cotisations sociales dans des contrats de génération pour les jeunes ...sont contradictoires avec la promesse de rétablissement des comptes publics au plus tard en 2017...

 

  Car les Français ne sont pas dupes, et on ne leur fera pas ...entendre n'importe quoi ...du moins à ceux qui sont assujettis à l'impôt sur le revenu, c'est-à-dire seulement 52 % des "foyers fiscaux" ...Car ces derniers savent bien que le redressement financier ne pourra pas se faire uniquement par un réduction des dépenses - comme la diminution du nombre des fonctionnaires ...ou celle plus symbolique du salaire du Président de la République ! - ...et qu'il faudra augmenter les recettes : taxer, s'ils sont accessibles, les bénéfices "hors investissement" des grandes entreprises comme Total ou LVMH, ...bien sûr, mais cela ne sera pas grand chose ...comme sera également limitée la taxation des familles les plus riches (environ 400.000 gagnant plus de 1 million d'euros par mois) ...Non !...L'essentiel sera demandé à la classe moyenne, en faisant valoir qu'elle est "riche" à partir de 3000 euros par mois ...Mais de cela, on ne parle pas ...car, avant des élections, ..."il n'est pire sourd que celui (ou celle) qui ne veut entendre !"...

 

* Journal La Croix du mardi 17 Avril 2012

 

  

Par Jean Daumont - Publié dans : Politique Intérieure - Communauté : Réformer la France
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Jeudi 12 avril 2012 4 12 /04 /Avr /2012 14:34

   Les instituts de sondage indiquent actuellement, de façon concordante et donc crédible, que l'abstentionnisme battrait un record aux prochaines élections présidentielles avec 32 % environ, ...et qu'il atteindrait même près de 50 % auprès des jeunes de 18 à 22 ans ...

 

   On ne répétera jamais assez que le droit de vote a été une conquête démocratique chèrement acquise au terme d'une histoire - ô combien tourmentée -  depuis la Révolution de 1789, ...et qu'il est donc absolument nécessaire que tous les citoyens l'utilisent assidûment pour exprimer leur opinion ...Et il est également salutaire qu'ils continuent à le faire librement, sans y être contraints par un obligation légale assortie de sanctions, à l'instar de certains pays comme l'Australie, la Belgique ou le Brésil ...C'est pourquoi une montée de l'abstentionnisme doit être considérée comme un danger pour la démocratie, danger d'autant plus grand s'il est le fait des citoyens les plus jeunes, c'est-à-dire ceux qui porteront l'avenir de la France...

 

   Comme toujours, quand un problème se pose, il convient d'en rechercher les causes ...Et celles-ci sont complexes, puisqu'elles se rapportent à la fois à la nature des institutions de la France et au comportement des Français eux-mêmes :

   - les institutions sont d'abord marquées par une multiplicité des scrutins puisqu'aux élections déjà anciennes - municipales, cantonales et législatives - se sont ajoutées dans la 2nde moitié du 20ème siècle les élections présidentielles, régionales et européennes ...Et cette multiplicité, à fortiori s'il y a des convergences, peut lasser les électeurs ...d'autant plus que certaines élections peuvent comporter deux tours, et qu'elles ne sont pas toutes organisées suivant le même mode de scrutin ...De surcroît, il peut y avoir des dissolutions, comme celles de l'Assemblée Nationale en 1968,1981,1988 et 1997 (*), impliquant de nouvelles élections législatives...

   - le comportement des citoyens est, de son côté, très variable : Il y a des élections plus prisées que les autres - municipales, législatives et présidentielles - où les électeurs se sentent apparemment davantage concernés, ...et des élections jugées secondaires - cantonales, régionales et européennes - pour lesquelles les assemblées correspondantes sont des entités mal perçues ...Toutefois cette "dichotomie" n'est pas toujours exacte, car les élections réservent parfois des surprises : ainsi, l'élection présidentielle de 2007a battu un record avec environ 85% de participation, ...mais elle a aussitôt été suivie d'un record inverse aux élections législatives avec seulement 60 %, le plus fort taux d'abstention étant parmi les jeunes  ...Déjà !...

 

   Et cette variabilité semble se confimer pour les élections de 2012, si les prévisions des sondages sont confirmées par le vote réel, ce qui reste évidemment à démontrer : en effet une participation d'environ 68 % à l'élection présidentielle serait sensiblement inférieure au pourcentage moyen de 75 à 80 % des 8 élections précédentes depuis 1965 ...La nature des élections - en l'occurrence celle de l'élection présidentielle - n'est donc pas suffisante, et il faut chercher d'autres explications :

   - Puisqu'il s'agit d'élire un(e) Président(e), la 1ère explication peut se rapporter à la "qualité" des candidat(e)s ...A en croire les médias, "çà ne plane pas haut" pour les 10 rescapés de l'épisode des soutiens, car "ils sont plus soucieux de se critiquer mutuellement que de faire des propositions valables" ...Et, en premier lieu, le "candidat-Président" Sarkozy a manifestement mauvaise presse avec 28 à 30 % seulement d'opinions favorables, et ceci du fait que certains éléments positifs de son bilan d'activité de 2007 à 2012 - politique étrangère, retraite, dette - sont largement occultés par ses erreurs initiales  - comme le fameux "bouclier fiscal" protégeant les "riches" alors que le chômage s'est aggravé - ...et par son "activisme" souvent désordonné qui a irrité de nombreux citoyens, y compris parmi ses partisans d'origine ...Mais le socialiste Hollande ne fait pas mieux pour les opinions favorables, ayant contre lui de ne pas avoir l'expérience d'une participation à des gouvernements, l'habileté de"négociateur" comme Chef de son turbulent parti ne lui conférant pas nécessairement "l'autorité" comme Président de la République...

   - Une autre explication tient aux circonstances, notamment à la crise économique : il est symptômatique que cette crise a entraîné en Europe le départ d'un certain nombre de Chefs d'Etat  - de droite ou de gauche -  qui n'avaient pas vraiment démérité (Grèce, Irlande, Espagne, Italie...) ...En France, le Président - n'étant pas constitutionnellement "responsable" - ne peut pas être écarté par un vote parlementaire, et rien ne l'oblige à démissionner, en dépit de l'exemple du fondateur de la 5ème République De Gaulle, qui n'avait pas hésité à "renoncer à ses fonctions" après le désaveu de son référendum en 1969 ...Il n'y a donc rien d'illégal à ce Sarkozy se soit maintenu au pouvoir, estimant même - à tort ou à raison, bien sûr - qu'il est le mieux placé pour sortir la France de la crise ...Mais la contrepartie est que l'opinion se détourne de lui, ...et, qu'à défaut elle puisse se réfugier dans l'abstention ...Certes, celle-ci vaut mieux que d'écouter les sirènes de "l'extrêmisme" ou du "populisme" qui peuvent proposer des solutions illusoires et dangereuses pour la démocratie ...mais elle a l'inconvénient ma jeur d'être un abandon du droit de vote...

 

    C'est pourquoi, il conviendrait de prendre en considération le "non-choix" des citoyens, c'est-à-dire d'encourager tous les électeurs à voter, tout en facilitant le "vote blanc" ...Certes, celui-ci a toujours été possible, mais il est jusqu'à présent confondu avec l'abstention et le vote nul, et les résultats électoraux ne tiennent compte que des "suffrages exprimés" ...Si les citoyens savaient que le vote blanc est pris en considération, avec des bulletins blancs préparés dans les bureaux de vote, certainement y auraient-ils recours pour manifester leur mécontentement de façon pacifique, et si le vote blanc est important, les "mal-élus" - notamment s"il s'agit du Président de la République - seraient bien obligés d'en tenir compte...

 

(*) Texte corrigé, suite au commentaire de Jacques

Par Jean Daumont - Publié dans : Politique Intérieure - Communauté : Réformer la France
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Samedi 7 avril 2012 6 07 /04 /Avr /2012 15:18

   La revue Sciences et Avenir consacre le Dossier spécial de son numéro d'avril 2012 à "Homme ...Femme", dont elle fait d'ailleurs sa page de couverture ...Non ! Il ne s'agit pas d'un ...poisson d'avril, ni même d'une étude plus ou moins discrète sur les rapports de l'un à l'autre ...Il s'agit seulement, comme le précise le sous-titre , de dénoncer un certain nombre d'idées reçues, ...et cette étude, tout en étant sérieuse, ne manque pas d'humour...

 

   "Evidemment", il n'est pas question de nier certaines ...différences, comme l'apparence physique - en l'occurrence la poitrine ou le sexe - mais cette apparence cache tout de même des réalités surprenantes qui ébranlent une certitude pourtant solidement établie : celle de la supériorité de l'homme sur la femme ...Y-a-t-il vraiment un sexe fort et un sexe faible ?...

 

   En effet, déjà, la Science révèle qu'au départ "il n'y a ni mâle ni femelle, mais un foetus de sexe indifférencié, porteur d'un système reproducteur primitif et de gonades pouvant se développer soit en testicules, soit en ovaires" ...Il faut attendre la 8ème semaine pour que la balance de la différenciation penche sous le poids des chromosomes sexuels et des gènes : on a d'abord parlé du rôle de la testostérone, mais l'influence d'autres hormones comme l'ocytocine agirait davantage sur le lien parental ...Il n'y aurait donc pas une "prédestination" sexuelle, mais tout au plus un certain "hasard" ...Tout homme a failli être une femme ...et inversement ...A quoi tient une ...destinée ?!...

 

   En fait, la recherche scientifique montre qu'en dehors de cet "hasard" initial, "la plupart des différences entre l'homme et la femme résultent d'une construction sociale"  ...La force physique plus grande de l'homme a certainement joué un rôle primordial dès la Préhistoire, en lui permettant d'assurer un "pouvoir" matériel, la femme étant "assujettie" pour cette raison, à laquelle s'est ajoutée une moins grande disponibilité, liée aux maternités ...Comme l'écrit Christine Delphy, chercheuse au CNRS, "que les femmes fassent le travail domestique ...ne doit rien à une nature quelconque, mais tout à une organisation sociale ..., le fait d'avoir des ovaires et un utérus ne prédisposant pas à élever en priorité des enfants, cuisiner et soigner des personnes âgées ...Il y a eu une idéologie de la différence qui a servi le pouvoir ...patriarcal"...

 

   Et cette différenciation a pris les formes les plus diverses, importantes ou anecdotiques, relevant vraiment des "idées reçues" : ainsi les les filles préféreraient le "rose" en raison d'une évolution sexuée de laur vision" (sic), ce qui est totalement faux, puisque les études prouvent que la "trichromatie" (re-sic) est semblable chez l'homme et la femme  ..., mais ce qui n'en a pas moins fait l'objet d'un "marketing" effréné depuis un siècle (le bleu étant réservé aux garçons...) ...De même, il serait acquis que la femme est plus "intuitive" que l'homme, mais ce "sixième sens" n'a jamais été prouvé et il semble surtout un prétexte pour l'homme d'affirmer que la femme a une capacité intellectuelle moins grande ...,se manifestant notamment par un infériorité dans le raisonnement mathématique, ce qui justifierait l'ancien monopole de l'homme sur les écoles et carrières d'ingénieurs ...

 

   En réalité, là encore, les études scientifiques montrent que les cerveaux de l'homme et de la femme n'ont pas de dfférence marquée, en dehors d'une minuscule structure située dans l'hypothalamus et liée à la reproduction ..., et ceci même s'il y a une évolution biologique particulière, puisque le cerveau de l'homme est en moyenne de 8 à 11 % plus gros que celui de la femme et si le cerveau de la femme achève sa croissance un ou deux ans plus tôt en raison d'une plus grande précocité de la puberté ...Ni la taille, ni la vitesse de de développement ne sont en effet des preuves de supériorité ou d'infériorité ...Dans ce cas, l'éléphant serait plus intelligent que l'homme ...ou la femme, ce qui est possible, diront pourtant certains, en pensant à sa ..."mémoire"...

 

   Il y a aussi un autre domaine d'égalité entre l'homme et la femme, celle de leur sensibilité à la maladie, qui est plus forte que pour les animaux du fait d'une protection plus grande ...Mais il est vrai que l'homme et la femme souffrent rarement des mêmes maux  : l'homme est surtout sensible aux maladies génétiques, du fait, paraît-il, qu'il a deux chromosomes différents X et Y, ce qui le rend plus fragile (!) que la femme ayant deux chromosomes semblables (X) ...La femme, de son côté, est plus sensible aux dérèglements hormonaux, notamment les oestrogènes, et à certaines maladies neurologiques du vieillissement, comme Parkinson ou Alzheimer...

 

   Finalement, il ne reste qu'un seul domaine où l'égalité est loin d'être réalisée entre l'homme et la femme, c'est celui de l'égalité politique ...Et il est international, puisque sur les 190 pays membres de l'ONU, il y en a une dizaine seulement qui sont dirigés par une femme ...La France, qui se veut la "Patrie des Droits de ...l'Homme", n'est pas vraiment exemplaire, en dépit d'efforts relativement récents : droit de vote aux femmes (1944 ...mais 1919 en Allemagne et 1928 en Angleterre), première femme 1er ministre - à noter le masculin - (Edith Cresson 1991), 30% de femmes ministres (Juppettes 1995), loi sur la parité obligeant les partis à présenter autant de femmes que d'hommes (2000) mais pas nécessairement dans un rang éligible, première femme "éligible" au 2ème tour des élections présidentielles (Ségolène Royal 2007) *...Manifestement, il reste encore beaucoup à faire, à la fois concrètement et dans les mentalités, car la responsabilité n'incombe pas seulement aux hommes, la force de la tradition "patriarcale" poussant les femmes à répugner à être candidates, à moins que ce ne soit une moins grande propension que les hommes à des "discours" inutiles, mais peut-être, un fois de plus, il ne s'agit que d'une idée reçue...

 

* Correction apportée au texte initial "candidate aux élections présidentielles", suite au commentaire de Jacques.

 


Par Jean Daumont - Publié dans : La femme - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Dimanche 1 avril 2012 7 01 /04 /Avr /2012 23:09

   Le mot "élection" vient du verbe latin "eligere" signifiant "choisir". L'élection consiste donc pour les "électeurs" à choisir des représentants pour un tâche donnée qu'ils n'effectuent pas directement, et ce choix n'est possible que s'il y a au moins deux candidats volontaires ou pressentis ...

 

   L'élection a été pratiquée au cours de l'Histoire dans tous les domaines de l'activité humaine, mais c'est dans celui de la "politique" qu'elle a été la plus courante, du moins dans les collectivités - tribus, peuplades, états - n'ayant pas eu de responsables "désignés" par une pratique religieuse ou par un principe dynastique ...Tel a été le cas , dans l'Antiquité, des magistratures d'Athènes (archontes, stratèges...) ou de la République romaine (consuls, censeurs,..) ...Et telle est encore, à l'époque actuelle, la pratique de choix des représentants aux divers niveaux dans les pays ayant des institutions "démocratiques"...

 

   Pour autant, l'élection est utilisée dans ces pays sous les formes les plus variées, dont la France a donné l'exemple en raison de la multiplicité des régimes politiques qu'elle a connus en deux siècles depuis l'abolition de la monarchie absolue en 1789 : d'abord, elle a institué progressivement l'élection à tous les niveaux (communes, départements, régions et Etat). D'autre part, elle a organisé l'élection suivant des modes de scrutin variés (*), notamment en ce qui concerne l'élection du Président de la République : la 1ère République ayant été confisquée par Napoléon Bonaparte sous la forme du Consulat et de l'Empire, ...puis la 2nde République détournée par son neveu Louis-Napoléon Bonaparte ayant profité de son élection à la Pésidence pour fonder le 2nd Empire, ...l'Assemblée avait établi après sa chute la Constitution de 1875 donnant tous les pouvoirs au Parlement et réduisant le rôle du Président de la République à des fonctions purement honorifiques afin d'éviter de sa part toute appropriation ...La Constitution de 1946 élaborée par l'Assemblée provisoire après la 2nde Guerre mondiale ne fit que renouveler ces dispositions ...C'était le "régime d'assemblée" et, comme le Président de la République était élu seulement par un collége de notables, il n'y avait au niveau national que ...l'élection législative pour le choix des députés de l'Assemblée...

 

   Tel n'a plus été le cas avec la Constitution de 1958, votée sous l'égide du Général De Gaulle qui, ayant abandonné la charge du gouvernement en 1946 faute de pouvoirs suffisants et prôné ensuite dans le cadre du RPF (Rassemblement du Peuple Français) la nécessité d'un exécutif fort, profita de son retour - sollicité par l'Assemblée elle-même afin de résoudre le problème de l'Algérie - pour redonner au Président de la République des pouvoirs décisifs, surtout après la réforme de 1962 instituant son élection au suffrage universel, ce qui donnait à cette fonction une légitimité égale à celle de l'Assemblée ...En fait, c'était la mise en place d'un "régime présidentiel", alors taillé "à la mesure du personnage" qui, après avoir été "l'homme du 18 juin 1940" ayant sauvé l'honneur de la France, apparaissait alors comme le seul homme d'Etat capable de sortir à nouveau la France de ses difficultés ...Même s'il a été contesté à l'époque, c'était, selon sa propre expression, "la rencontre d'un homme et du peuple"... sur la base démocratique de l'élection...

 

   Néanmoins, après son départ volontaire en 1969 dû à l'échec de son référendum portant essentiellement sur ...l'élection du Sénat, le régime présidentiel a survécu ..., le Président de la République ayant conservé ses prérogatives, quelles qu'aient été les circonstances politiques : d'abord "l'alternance" avec François Mitterrand, qui avait auparavant dénoncé le "coup d'Etat permanent" mais revêtit les habits du Président sans modifier ses pouvoirs ...puis les "co-habitations" successives entre Président et Assemblée de courants opposés ...En fait, le régime présidentiel n'a pas seulement survécu, ...il s'est renforcé avec les réformes apportées notamment  par Jacques Chirac : en effet, la réduction du mandat de 7 à 5 ans et la décision de faire suivre l'élection présidentielle par une élection législative n'a pu qu'accentuer la "présidentialisaion" du régime, en donnant à l'élection présidentielle un rôle majeur ...Et ce n'est pas la mesure limitant à 2 le nombre de mandats consécutifs qui peut représenter une restriction des pouvoirs du Président,  ...au contraire, elle "pourrait" inciter un Président à agir sans contrôle important au cours de son second mandat, puisqu'il n'a plus à se préoccuper de la suite...

 

   Il n'en est pas moins vrai que la "présidentialisation" de plus en plus grande a pour effet pervers de susciter une "personnalisation" d'autant plus forte qu'elle est relayée et accentuée par la "médiatisation" ...Le temps n'est plus où le "projet" était la base essentielle d'une candidature, et sa réalisation le but principal en cas d'élection, avec le concours actif des électeurs, ce que la candidate Ségolène Royal avait appelé en 2007 la "démocratie participative" ...Son ancien compagnon François Hollande en fait d'ailleurs l'expérience en 2012 avec ses "Engagements pour la France" qui n'ont au mieux qu'un succès d'estime, comme si la plus grande partie de l'opinion était lassée par les promesses électorales qui ne durent qu'un ...printemps, ...et préférait se tourner davantage vers toute personne "supposée" avoir la capacité pratique de résoudre les problèmes, en l'occurrence les conséquences de la crise économique ...Le Professeur Yves-Charles Zarka a pu écrire (**) : "Le bricolage idéologique est ...le symptôme ...de l'incapacité majeure de l'ensemble des partis politiques actuellement déchirés par des conflits d'égo surdimensionnés aux ambitions vides, pour l'échéance de 2012 ou déjà pour celle de 2017, ...de définir un chemin qui doit être celui du pays à l'interne comme à l'externe, à moyen et plus long terme". 


    Alors l'élection, même s'il ne peut être question de la supprimer dans un pays démocratique, a-t-elle encore un sens ?...

 

(*) Voir mon article sur les élections du 9 mars 2012 -Rubrique Politique intérieure

(**) Voir article paru dans Dossiers &  Documents du Monde- n° 418 d'Avril 2012

 

  

 

  

Par Jean Daumont - Publié dans : Politique Intérieure - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Lundi 26 mars 2012 1 26 /03 /Mars /2012 23:51

   Qu'il s'agisse de la série de crimes commis en France ces derniers temps -  l'assassinat de la petite Agnès par un adolescent en septembre 2011 et les meurtres à répétition par un forcené en mars 2012 - ou de la réaction légitime des forces de police ayant abouti à une exécution sommaire, l'actualité vient malheureusement de donner en France une illustration de la violence.

 

   "L'homme n'est ni ange, ni bête", écrivait Pascal au 17ème siècle ...Car l'homme, s'il a assurément le goût de la douceur et de la tendresse, a aussi celui de la violence, c'est-à-dire de la force exercée de façon abusive ...Et cette capacité lui est attribuée dès ses origines : il y avait des guerres de clans dès la Préhistoire, et l'Histoire elle-même comporte une interminable succession de luttes, de tortures et de massacres, le comble ayant été atteint - en dépit du progrès des connaissances, mais en partie aussi à cause de lui - par les horreurs du 20ème siècle, marquées par deux guerres mondiales, des génocides et la bombe atomique ...Une capacité de violence qui est d'ailleurs une spécificité de l'homme, car elle n'est pas un élément de la nature mais un comportement "conscient", ce qui n'est pas le cas des animaux qui n'agissent brutalement que par instinct, ...l'image de "l'homme qui est un loup pour l'homme" présentée par l'écrivain romain Plaute au 3ème siècle avant JC n'étant que l'anthropomorphisme...

 

   La violence n'est pas pour autant de la part de l'homme un comportement uniforme, et elle peut même prendre des aspects contradictoires, en ce sens qu'elle est considérée suivant les cas comme "légitime" ou "illégitime" :

   - La violence "collective" est la plus connue, car elle est le plus souvent "publique" ...C'est le cas de la violence "politique" consistant à imposer une autorité sur la société par tous les moyens de coercition : on parle de "dictature" ou de "tyrannie", soit de la part d'un groupe social s'attribuant tous les pouvoirs (ex: les seigneurs au Moyen-Age), soit de la part d'un individu confisquant l'autorité pour lui-seul (ex : Napoléon Bonaparte au seuil du 19ème siècle), souvent avec le prétexte de remettre de l'ordre dans un société en décomposition ...Mais la violence peut être aussi "économique", quand les biens sont accaparés par un minorité "capitaliste", ce qui justifie alors la révolte de la majorité de la population au nom du "socialisme", la forme la plus significative ayant été celui de Marx, prônant la "lutte des classes", c'est-à-dire la nécessité de la violence...

   - La violence "personnelle" est moins perceptible, parce qu'elle est le plus souvent "privée"...Elle existe notamment au sein des familles où un individu (généralement le père en raison de l'autorité que la tradition lui a confié) veut imposer une domination despotique, soit par la force physique (coups, viols,...), soit par une action morale (injures, harcèlements...) ...Elle peut alors aller jusqu'au crime  ...Néanmoins, il peut y avoir des comportements pathologiques résultant de l'égarement de la conscience individuelle : on parle de coup de folie, parfois passager ...Le sens commun parle alors d'un homme "qui a pété les plombs"...Mais il y a aussi la violence qu'un homme peut exercer sur lui-même : l'Eglise évoque des "saints" qui se sont imposé des restrictions ou des meurtrissrures au nom de leur foi  ...Et, à la limite extrême, il faut citer le suicide, qui est la violence ultime qu'un homme peut s'imposer à lui-même...

 

   Il est donc difficile de porter un jugement sur la violence, car celle-ci ne peut pas être nécessairement identifiée à un "acte du diable", et elle peut même être justifiée quand ele sert à combattre une violence inacceptable ...Ainsi la lutte contre le nazisme n'a pas pu se faire sans combat ...La violence contre la violence ...un cycle infernal  ...qui a pu justifier le recours à la "non-violence", qui n'est pas une simple  passivité devant la violence, mais une recherche pacifique des solutions en cas de crise ...Il y a eu des apôtres de la "non-violence" : on doit citer évidemment Jésus-Christ, dont le message essentiel est celui de la fraternité - "aimez-vous les uns les autres" - mais il a eu d'autres émules comme, au 20ème siècle, Gandhi et Martin-Luther King ...Il est vrai que ces apôtres sont morts par la violence ...Alors ?...

Par Jean Daumont - Publié dans : Morale - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Mardi 20 mars 2012 2 20 /03 /Mars /2012 23:10

   Il paraît que la morale est actuellement une "valeur en hausse" (1), et il se trouve même de "bons esprits" pour demander qu'elle soit enseignée à l'école ...ce qui suscite , dans un pays "querelleur" comme la France, l'hostilité de ..."mauvais esprits" estimant qu'il y aurait ainsi un retour à ..."l'ordre moral" !...

 

   En fait, l'enseignement de la morale à l'école ne serait pas une nouveauté, puisque cette "discipline" était même considérée, il y a plus d'un siècle...,comme la mère de toutes les vertus, à l'opposé de l'oisiveté qui était la mère de tous les vices ...Elle était en effet la finalité de l'enseignement républicain voulu par Jules Ferry ...Sur la couverture du livre de Morale des écoles primaires rédigé par Louis Boyer, Inspecteur de l'Enseignement, il y avait la citation suivante : "Le suffrage universel exigeait l'instruction universelle, mais celle-ci n'est rien si l'éducation morale et civique ne vient la féconder"...

 

   Manifestement, si la morale est actuellement en hausse, c'est qu'elle a connu, au cours du 20ème siècle, notamment dans sa deuxième moitié, ...une baisse. Et cette baisse n'a pas été seulement le résultat de carences de l'enseignement, ...mais la conséquence d'une crise morale dans la société elle-même, en ce sens que celle-ci a perdu ou du moins négligé de plus en plus les règles de conduite nécessaires dans la vie des hommes et reposant sur la distinction essentielle entre le "bien" ,qui leur est utile, et le "mal", qui leur est néfaste...

 

   Mais cette distinction n'a pas toujours été conçue de la même façon au cours de l'histoire :

   - La préoccupation initiale des hommes a été la morale "individuelle" : ainsi, dans la Bible hébraïque qui a imprégné le monde de l'Occident, le Décalogue (2) fait l'inventaire des règles que "chaque" homme doit respecter : "Tu ne tueras point ...Tu ne voleras pas ...Tu ne commettras d'adultère ", etc ...Et poarallèlement, en Extrême-Orient, le Bouddhisme invite chacun à acquérir la sagesse ...Mais si la Morale est alors profondément liée à la Religion qui a pour mission de diriger le comportement des hommes, elle n'en est pas le seul apanage, puisqu'on la retrouve dans les prescriptions "laïques" données par les philosophes depuis l'Antiquité et s'étant souvent traduites par des "dictons" repris naguère par les instituteurs qui en faisaient l'objet de la 1ère leçon du jour avec une inscription à la craie blanche sur le tableau noir, avec des  pleins  et des  déliés : "Bien mal acquis ne profite jamais" ..."Qui vole un oeuf vole un boeuf" ...Qui toujours remet à demain trouvera malheur en chemin", etc...

   - Mais l'élargissement des relations au niveau des pays et du monde a conduit progressivement les hommes à une morale "sociale", c'est-à-dire à une conception où le "bien" comme le "mal" se situe essentiellement pour chaque homme dans son rapport avec autrui ...C'est déjà ce que le christianisme apporte avec les paroles de Jésus, précurseur inspiré : " Aimez vous les uns les autres" ...Et, deux millénaires plus tard, après maintes guerres, c'est le même souci de solidarité qui inspire le "socialisme", malheureusement souvent perverti qui ont voulu l'imposer par la force, comme si on pouvait faire le bonheur des hommes malgré eux...

 

   En effet, il n'y a pas de morale possible sans le respect d'un certain nombre de principes, et en premier lieu le respect de la liberté, qui figure au fronton de toutes les mairies de France, avec l'égalité et la fraternité ...On peut y ajouter les 4 vertus dites "cardinales" : la tolérance, la justice, la prudence et le courage ...sans oublier la lutte contre toute discrimination, car la morale ne peut pas être une simple affaire de principes , mais doit être pratiquée dans l'action ... Et c'est justement parce que les principes ont été oubliés ou négligés qu'une crise morale a pu apparaître, en France comme dans d'autres pays, mais il reste à savoir pourquoi les règles de conduite ont pu ainsi être oubliés...La réponse n'est pas simple :

   - Il paraît certain qu'une crise économique peut avoir un effet sur la morale :  Paul Hazard l'évoque dans son livre sur "la crise de la conscience européenne au 18ème siècle" ...La crise de 1929 engendre des régimes "totalitaires" en Italie et en Allemagne en raison de l'appauvrissement de la population ...Un dicton - encore un ! - dit "L'argent ne fait pas le bonheur " ...Certes ...Mais il peut y contribuer ...et en l'occurrence, la France a connu une période de prospérité - les "Trente Glorieuses" (à peu près entre 1950 et 1980) où il n'y a pas eu de conflits sociaux importants, les grèves étant plus une volonté de participer à l'essor économique qu'une traduction de la pauvreté, même si celle-ci était réelle pour ceux qui en étaient exclus (chômeurs, immigrés..) ...Et c'est précisément la crise économique, avec les délocalisations, les "dégraissages" de personnels, la "précarisation" des emplois, qui a détérioré le "pacte social", et rendu insupportable l'extension de la pauvreté ( réf:http://www.inegalites.fr/spip.php?article270) alors que la richesse était de plus en plus concentrée dans une minorité de familles (réf:http://fr.wikipedia.org/wiki/Richesse) aux revenus jugés parfois indécents...

   - Mais, pour autant, la morale ne peut pas être réduite seulement à des considérations économiques ...La richesse n'est pas nécessairement immorale, si elle apporte le "bien" au plus grand nombre de personnes et n'est pas confisquée pour des investissements non productifs et des rémunérations d'actionnaires, sans le moindre partage pour les salariés faisant vivre les entreprises ...autrement dit, si elle est répartie de de façon équitable, le bénéfice "économique" étant conjugué avec le progrès "social"...Comme l'écrit Emmanuel Fabert, vice-président  de la Société Danone, "une décision économique qui ne prendrait pas en compte sa dimension sociale est une barbarie; une action sociale qui ne tiendrait pas compte de sa dimension économique est une utopie" (3)...

 

   Oui, la morale a encore sa place, si elle est respectée ...Mais les hommes restent les hommes, et l'Histoire montre qu'ils l'ont souvent oubliée...

 

(1) Figaro Littéraire du 26 janvier 2012

(2) Exode - Ch 1 - Versets 1 à 17

(3) "Chemins de traverse" - Vivre l'économie autrement - Ed.Albin Michel

 

NB : Par un hasard tragique, l'élaboration de cet article a coïncidé avec cette tuerie horrible de Montauban et Toulouse, d'autant plus grave qu'on ne sait pas si l'assassin est un fou pervers ayant agi pour son propre compte ou un agent terroriste stipendié par une organisation internationale ...Ceci montre - hélas - que la "Morale" ne se limite pas à "ratiociner", mais peut comporter une "application pratique" beaucoup plus difficile à établir...

 
Par Jean Daumont - Publié dans : Morale - Communauté : Pour un monde meilleur
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Mercredi 14 mars 2012 3 14 /03 /Mars /2012 08:59

   Tous les "médias" - presse, radio, télévision, internet - commémorent actuellement le "cinquantenaire" des Accords d'Evian du 18 mars 1962 ayant mis fin aux hostilités entre la France et le GPRA (1) et permis la proclamation de l'indépendance de l'Algérie ...Il a donc fallu 50 ans pour que l'opinion française - qui aime pourtant les anniversaires - évoque le souvenir de cet évènement resté jusqu'alors dans l'ombre, ...et ce n'est pas un hasard, car il ne s'agit pas d'un souvenir heureux, à l'image de l'armistice du 11 novembre 1918 mettant fin à la 1ère guerre mondiale et de l'armistice du 8 mai 1945 clôturant la 2ème guerre mondiale en Europe, ...mais au contraire d'un "déchirement", voire pour certains Français d'une "honte", dans la mesure où la France s'était opposée à la "libération d'un peuple" à une époque marquée par la "décolonisation" dans une grande partie du monde ...D'ailleurs, il faudra attendre octobre 1999 pour que le gouvernement français, avec le Président Jacques Chirac, reconnaisse qu'il y avait eu une "guerre d'Algérie" et non pas seulement des "opérations militaires de maintien de l'ordre" ...Et, de leur côté, les soldats du contingent y ayant participé n'ont pas le plus souvent été reconnus comme "anciens combattants", ...et ne l'ont pas demandé, ayant tiré un trait après cet épidode de leur vie...

 

   Une fois n'est pas coutume - puisque mes articles se veulent "objectifs - , j'interviens personnellement , et donc "subjectivement", dans cette évocation, car l'Algérie a marqué ma jeunesse, et je peux apporter mon témoignage direct, même s'il est  partiel et modeste ...Ce pays, je le découvre une première fois à l'occasion d'une invitation par une famille de "Pieds Noirs"(2) au printemps 1954, donc peu avant la "Toussaint rouge" du 1er novembre 1954 ...A postériori, j'ai considéré avoir été insouciant, car l'étudiant d'histoire que j'étais aurait dû savoir alors que les relations entre la France et l'Algérie avaient été marqués par de nombreux conflits : après les raids des "Barbaresques" sur la côte méditerranéenne depuis le Moyen-Age, il y avait eu la "conquête française" de 1830 à 1871 - ou s'illustrèrent d'un côté le Général Bugeaud et de l'autre l'Emir Abd-el-Kader - puis, après 1871, une série de révoltes des "indigènes" qui n'avaient aucun droit, à l'inverse des colons européens (Français, Espagnols, Maltais...) installés de force dans les terres les plus riches (la Mitidja...), ...sauf ...celui d'être enrôlés dans des troupes "de choc" (ex : les Spahis) au cours des 2 guerres mondiales ...Et c'est pourquoi, leurs espoirs d'accession à la citoyenneté française - ne serait-ce que par gratitude - ayant été déçus, ils s'étaient révoltés et avaient fait l'objet d'une répression brutale en 1946 ...Fehrat Abbas, le chef de leur Union Démocratique, avait pourtant, en qualité de député à l'Assemblée Nationale,  proposé le 2 août 1946: "La République Algérienne sera membre de l'Union Française  ...Ses relations diplomatiques et sa défense seront communes avec celles de la République Française ...Tous les habitants de l'Algérie seront déclarés citoyens algériens et proclamés égaux"...Occasion ratée ...Etait-ce vraiment trop tôt ?...

 

   ...J'avais été d'autant plus insouciant qu'après avoir traversé en train l'Est de l'Algérie et admiré les steppes montagneuses de l'Aurès, j'avais assisté à Constantine , du haut d'une chambre d'hôtel, à  ....une "ratonnade" d'indigènes en "djellabah" fuyant sous les coups de matraque de la police, ce qui révélait déjà de graves difficultés et avait justifié qu'on me déconseille la visite de la "casbah" ... car le feu couvait sous la cendre ...Il est vrai que j'étais alors un étudiant "progressiste", me faisant même mal voir de mon entourage ne comprenant pas que je ne ne sois pas heureux de voir la couleur rose de l'Empire français sur les cartes mondiales de l'époque...

 

   Mais l'Histoire continue à se dérouler et, revenu en France, je ne fais rien de particulier pendant plusieurs années, occupé à préparer les concours du professorat ...Je n'en approuve pas moins le Général De Gaulle qui, après avoir proclamé en 1960 que "la France n'abandonnera(it) pas l'Algérie" - reprenant sur ce point l'affirmation de François Mitterrand qui avait déclaré comme Ministre de l'Intérieur en 1954 : "L'Algérie, c'est la France" - ...s'était résolu, après plusieurs étapes (référendum sur l'auto-détermination, Algérie algérienne"...) à son indépendance ...Mais, entre-temps, après avoir fait 18 mois de service militaire en France de janvier 1959 à Juin 1960, je suis "maintenu sous les drapeaux" et envoyé pour 10 mois ...en Algérie ...En fait, après avoir séjourné à Aïn Sefra, au sud de la frontière marocaine, et connu la peur d'expéditions dans les "djebels", avec leur cortège d'horreurs (3), ...je me retrouve par le hasard d'affectations militaires dans le Sahara, à Reggane, où je vois exploser la 1ère bombe atomique française (à 25 kms tout de même), ce qui n'était pas tout à fait le danger attendu ...Il est vrai que j'avais eu de nouveau l'occasion de traverser l'Algérie par le train - cette fois à l'ouest - et j'ai gardé le souvenir d'enfants misérables se précipitant aux arrêts pour quémander des vivres aux soldats qui leur jetaient leurs rations (notamment des boîtes de pâté de porc ...pour des musulmans ?!...) ...Je me rappelle aussi que, de leur côté, les soldats avaient sollicité de l'eau, au voisinage d'une oasis, à des "Français de souche" qui la leur avaient fait payer, avant que des "indigènes" ne les accueillent en leur proposant des petits verres de thé chaud - remplis en faisant couler de haut l'eau de leurs théières - ...et en arrêtant le "crin-crin" de leur gramophone pour le remplacer par ...la Marseillaise ...Cela ne s'oublie pas !...

 

   C'était le temps où co-habitaient encore - sans souvent vivre ensemble - les "Français" et les "Algériens" ...Le temps où 1.750.000 militaires français ont été envoyés en Algérie - dont 407.000 d'active - et eurent 25.000 tués, les pertes des musulmans étant estimés à 250.000 (non compris les civils) ...Néanmoins, une "paix des braves" aurait pu s'instaurer après les accords d'Evian, conformément aux dispositions prévues (Article 2 : interdiction de tout recours à la violence) si, des deux côtés, la raison l'avait emporté ...Ce ne fut pas le cas, car la haine fut la plus forte : les combattants du FLN se livrèrent à de mutiples exactions, notamment vis-à-vis des 'harkis" - supplétifs musulmans de l'armée française  - exécutés de façon effroyable en raison de la passivité de celle-ci, qui n'en ramena en France qu'un petit nombre dans des camps de transit qui s'éternisèrent...Et, de leur côté, les "Pieds-Noirs", après s'être accrochés dans un mouvement également violent, l'OAS (organisation de l'Armée Secrète) - qui pratiqua la "terre brûlée" et fomenta des attentats en Algérie et en France (Attentat du Petit-Clamart contre le Général De Gaulle 22 août 1962) - finirent par revenir (et pour beaucoup venir pour la 1ère fois) dans le "froid" pays de France métropolitaine , qu'il firent d'ailleurs bénéficier de leur esprit d'entreprise ... Ainsi, comme en 1946, une  occasion d'entente était manquée après 1962 ...

 

   Et pourtant, les liens n'ont pas été rompus ...D'abord, la plupart des Algériens ont continué à parler français, malgré les tentatives "d'arabisation" dans les écoles, ...Et beaucoup ont émigré en France depuis 50 ans pour y trouver du travail - sans y être bien logés (problème des banlieues...) ni souvent bien acceptés par des "nationalistes" ...Et nombreux sont ceux qui acquièrent la nationalité française et vont même jusqu'à "franciser" leur nom et prénom ...L'accueil triomphal du Président français Jacques Chirac en visite officielle à Alger le 3 mars 2003 fut même tout un symbole...Et on peut se souvenir du propos tenu alors dans un documentaire par un vieillard ridé et enturbanné : "Et pourquoi t'es parti, dis ! ..."

 

(1) Gouvernement Provisoire de la République Algérienne

(2) Sobriquet d'origine incertaine, attribué à l'ancienne immigration juive

(3) Référence aux massacres de Palestro (18 mai 1956) et Mélouza (28 mai 1957)

Par Jean Daumont - Publié dans : Polit. internationale - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Vendredi 9 mars 2012 5 09 /03 /Mars /2012 23:04

    Le gouvernement d'un Etat ne peut être assuré que s'il trouve dans sa gestion les "relais" permettant à la fois de connaître les besoins de la société et d'élaborer les décisions nécessaires à leur satisfaction . L'histoire de la France apporte à ce titre une leçon significative avec l'évolution de la monarchie de l'Ancien Régime : d'abord fondée sur la participation des Etats Généraux  formés des représentants des trois "ordres" anciens de la société (Noblesse, Clergé et Tiers-Etat) et effectivement réunis à 16 reprises de 1302 (Philippe le Bel) à 1614 (Régence de Marie de Médicis), la monarchie est devenue "absolue" en renonçant à les réunir ...Et ce n'est pas un hasard que la réunion trop tardive des Etats Généraux en 1789 a abouti à la transformation de ceux-ci en "Assemblée Nationale" qui a mis fin à l'absolutisme en imposant la "volonté des représentants du peuple", suivant la célèbre formule de Mirabeau..

 

   Néanmoins, la suite de l'histoire a montré que la volonté des représentants du peuple n'a pu se manifester qu'au prix de nombreuses vicissitudes, dans le cadre d'une dizaine de régimes politiques (2 monarchies, 2 Empires ...et 5 Républiques),  ...et qu'elle a longtemps été limitée avant d'être élargie à l'ensemble des citoyens :

   - En effet, les élections n'ont longtemps concerné qu'une partie de la population : d'abord, il ne s'est agi que des hommes, les femmes étant exclues de toute participation, la Déclaration des Droits de ...l'Homme n'ayant pas aboli sur ce point l'ostracisme instauré ...par les Etats Généraux de 1328 ...D'autre part, seuls les hommes ayant un certain niveau de ressources étaient admis à voter dans un suffrage "censitaire"...

   - Ce n'est qu'au terme d' environ un siècle et demi que le suffrage "universel" s'est établi : d'abord prévu mais non appliqué dans la 1ère Répub lique (1792) aboutissant au Consulat et à l'Empire, puis rétabli dans la 2ème République (1848) aboutissant au Second Empire, il ne devient la forme légale des élections qu'avec la 3ème République (1871) ...du moins pour les hommes, puisque les femmes durent attendre la décision du Général De Gaulle (1945) pour être admises à voter...

 

   Mais pour autant la généralisation du suffrage universel n'a pas entraîné l'instauration d'un seul type de scrutin, à la différence de pays comme l'Angleterre ou les Etats-Unis ... La diversité des opinions en France a en effet conduit à une multiplication des "partis" politiques ...où certains historiens ont vu - non sans humour - la persistance des divisions "gauloises" déjà évoquées par le Romain Jules César au 1er siècle avant JC ...Et il en est résulté une grande diversité des modes de consultation :

   - Le scrutin jugé le plus équitable a souvent été le scrutin de liste  "proportionnel" à 1 tour, puisqu'il traduisait avec exactitude l'audience des partis politiques ...Mais il aboutissait généralement à un émiettement ne permettant pas une majorité cohérente et engendrant une grande instabilité gouvernementale ...De surcroît, il avait le défaut de priver les électeurs du choix des candidats, qui était préparé par des comités de partis veillant à désigner en tête de liste les candidats ayant la certitude d'être ainsi élus...

   - C'est pourquoi, s'est développé le scrutin "majoritaire uninominal à 2 tours", dans la mesure où il était plus proche des électeurs pouvant ainsi choisir "personnellement" les candidats ...Mais il avait l'inconvénient d'affaiblir le rôle des responsables des partis politiques et d'engendrer éventuellement la rivalité de personnalités éminentes pouvant ainsi s'appuyer sur leurs électeurs, parfois au mépris des consignes partisanes ...

   - Aussi y-a-t-il eu de nombreuses tentatives d'aménagements pour concilier les deux types de scrutin : ainsi, en 1951, a été imaginé le système des "apparentements" permettant de regrouper les partis au 2ème tour pour le partage des sièges ...et, en 1957, Giscard d'Estaing, alors seulement député du Puy-de-Dôme, avait même concocté un système où la moitié des députés serait élue au scrutin de liste proportionnel et l'autre moitié au scrutin majoritaire uninominal ...

   En fait, il serait fastidieux d'énumérer tous les passages d'un scrutin à un autre depuis les débuts de la 3ème République, comme il serait pratiquement impossible de rendre compte des re-découpages constants des circonscriptions, n'étant pas toujours justifiés par des évolutions démographiques...

   Finalement, le bilan - certainement provisoire - du "kaléidoscope" électoral est actuellement le suivant :

   - Scrutin de liste proportionnel pour les élections municipales (avec prime au parti majoritaire) et pour les élections régionales...

   - Scrutin majoritaire uninominal à 2 tours pour les élections cantonales et pour les élections législatives, l'accès au 2ème tour étant assujetti à un pourcentage minimum de voix au 1er tour..

 

   Evidemment, ces scrutins ont été plus ou moins éclipsés par l"apparition - ou plutôt la ré-apparition - des élections présidentielles ...En effet, la méfiance envers le pouvoir personnel, suscitée par l'expérience des deux ..."Napoléons",  avait conduit à limiter le rôle du Président dans la 3ème, puis la 4ème République, celui-ci étant élu par un "collège de notables"(parlementaires et représentants locaux) et n'ayant que des pouvoirs limités à caractère surtout symbolique, ce qui avait permis au Général De Gaulle d'ironiser sur la fonction "d'inaugurer les chrysanthèmes" ...Aussi celui-ci ne manqua pas, à l'occasion de son retour sollicité pour résoudre le problème de l'Algérie, d'attribuer des pouvoirs étendus au Président de la République par la Constitution de 1958 et de lui donner ensuite en 1965 l'onction populaire par sa décision de le faire élire au suffrage universel par un scrutin à 2 tours, l'accès au 2ème tour étant limité aux 2 candidats ayant eu le plus grand nombre de voix ...Ainsi à été instauré un "régime présidentiel" - dont il a été le 1er bénéficiaire - se substituant au "régime d'Assemblée" qui n'était pour lui qu'un régime de partis... Et après son départ volontaire en 1969, ses successeurs - qu'ils soient de "gauche" (comme Mitterrand) ou de "droite" (comme Pompidou, Giscard d'Estaing, Chirac  ...et Sarkozy) - ne l'ont pas remis en cause, conservant sans vergogne l'ensemble des pouvoirs désormais dévolus au Président de la République ...Mais le mode d'élection comporte des risques, celui de permettre au Président d'outrepasser ces pouvoirs, comme l'avait fait De  Gaulle lui-même - même s'il s'était récrié lors d'une conférence de presse de "ne pas être un dictateur" ...et comme avait tendance à le faire Sarkozy jouant  "l'hyper-Président" se mêlant de tout ...

 

   Car les hommes font les élections , et les élections font les hommes ...Ainsi va la France !...

 

  

Par Jean Daumont - Publié dans : Politique Intérieure - Communauté : Réformer la France
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Vendredi 2 mars 2012 5 02 /03 /Mars /2012 10:44

    L'homme est par nature un être social. Mais la vie en société nécessite une organisation, c'est-à-dire l'application de règles communes. Et cette application a toujours été assurée par une autorité - quelle qu'elle soit - ayant la fonction de la diriger...

 

    Même s'il n'y a pas de témoignages écrits sur  les temps préhistoriques, il paraît vraisemblable en effet qu'un  pouvoir politique a été exercé dès cette période ...Par analogie avec les sociétés primitives qui persistaient encore au 20ème siècle (Indiens de la forêt amazonienne, Papous de la Nouvelle-Guinée), on peut penser que les hommes vivant alors de la cueillette, de la chasse et de la pêche vivaient en 'tribus" ou "clans" sous la direction d'un "chef" censé agir au nom d'une puissance "surnaturelle" ...C'est certainement la raison pour laquelle les premiers "Etats" qui se constituent au seuil de l'Histoire - des cités aux empires du Moyen-Orient - sont dirigés par des hiérarques considérés comme les représentants des dieux dominant le monde...

 

    Néanmoins, au cours de l'Histoire,  le pouvoir politique n'a pas cessé d'évoluer, de façon très diverse suivant les régions du monde :

 

   - Le pouvoir "théocratique" - le plus ancien - s'est longtemps maintenu en raison de l'importance de la religion dans les sociétés : illustré pendant l'Antiquité par les "prophètes" plus ou moins légendaires de la Bible des Hébreux; il se retrouve au Moyen-Age avec la prétention des Papes à diriger toute la Chrétienté (Innocent III) et, dans une certaine mesure, il survit encore dans les pays de l'Islam, à l'image du "Guide Suprême" en Iran...

 

   -  Le pouvoir "aristocratique", confiant la direction des affaires publiques à une "élite" sociale dominant un peuple parfois asservi, a été pratiqué dès l'Antiquité, notamment au début de l'histoire romaine, où le pouvoir est assuré par les magistrats âgés du Sénat (senex = vieux), ...puis, au début du Moyen-Age, avec la prédominance des "seigneurs" de la Société féodale, ...et il persistait encore au seuil de l'histoire moderne dans les "républiques" italiennes (Gênes, Venise...)

 

   -  Le pouvoir "monarchique" est cependant de loin celui qui a été le plus pratiqué "dans l'espace et dans le temps", sous des noms divers (roi, prince, duc, tyran, dictateur, empereur...). Ce pouvoir est souvent d'abord "électif", le souverain étant choisi parmi les "éligibles" en fonction de ses aptitudes connues ou supposées (notamment à la guerre) ...Ainsi Clovis est "hissé sur le pavois", ...comme plus tard Napoléon Bonaparte est désigné comme "Consul" ... Mais ce choix est fréquemment prolongé "à vie", du fait de la volonté de l'intéressé ou de celle de ses électeurs en fonction des services rendus ...Car rares sont ceux qui, comme Cincinnatus à Rome (6ème siècle avant JC) retournent à leur charrue après avoir été le "chef" ...Au contraire, le monarque élu se soucie de conserver la fonction dans sa famille, la monarchie devenant alors "héréditaire", généralement au profit du descendant de sexe masculin par "primogéniture" : ainsi se sont multipliées dans l'Histoire les "dynasties" : à l'époque romaine, la dynastie julio-claudienne (Auguste, Tibère, Trajan, etc), la dynastie des Sévères ...Puis, au Moyen-Age, la dynastie des Hohenstaufen et la dynastie des Habsbourg dans le Saint-Empire Romain Germanique ...et, en France, bien entendu, la dynastie mérovingienne, la dynastie carolingienne et la dynastie capétienne...

 

   - Le pouvoir "démocratique" est devenu le plus courant à l'époque contemporaine ...Par définition, il est "le "gouvernement par le peuple", mais à l'exception des petits "territoires" (comme les cantons suisses), le peuple ne peut agir que par l'intermédiaire de "représentants" ou, plus rarement, par la réponse à des "référendums" (en France, la Constitution de 1793 avait prévu aussi le droit à l'insurrection, mais elle ne fut jamais appliquée) ... Toutefois, là encore, il y a eu une évolution diverse suivant les pays : en Angleterre, la monarchie héréditaire s'est maintenue, avec primogéniture mais sans distinction de sexe, en devenant "démocratique" ...En France, il y a eu depuis la Révolution de 1789 une dizaine de régimes, dont 5 républiques ayant balancé entre le "régime d'Assemblée"  - donnant la pré-éminence aux représentants et provoquant ainsi une grande instabilité gouvernementale en raison des fluctuations de l'opinion - et le "régime présidentiel" donnant l'essentiel du pouvoir au Président, d'abord avec la 2ème République où  le titulaire Louis-Napoléon Bonaparte en profite pour recréer un Empire héréditaire, ...puis avec la 5ème République, dont le fondateur Charles De Gaulle exerce la présidence sans limite réelle, surtout après avoir fait instituer en 1965 l'élection du Président au suffage universel...

 

   Autant dire que l'exercice du pouvoir politique n'est pas - et n'a jamais été - une chose simple ...Il a pourtant fait l'objet d'une réf lexion "théorique" qui n'a pas cessé de se renouveler depuis la fin du 17ème siècle, notamment dans le cadre de la "Philosophie des Lumières" : l'idée maîtresse était alors la "séparation des pouvoirs" ...d'abord prônée par l'Anglais John Locke dans son "Traité du Gouvernement" (1690), elle est reprise par le baron français Charles de Montesquieu dans "L'Esprit des Lois" (1748) ...Elle a pour principe d'éviter qu'aucun des éléments du pouvoir (exécutif, législatif et judiciaire) ne puisse l'emporter sur les autres, suivant la formule : "pour qu'on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que le pouvoir arrête le pouvoir" ...Mais le problème est qu'il a toujours été difficile de passer de la théorie à la pratique...

 

   En pratique - les hommes étant ce qu'ils sont - l'Histoire montre qu'il y a régulièrement eu des entorses à la règle, soit du fait des évènements, soit du fait des hommes eux-mêmes, soit du fait des deux raisons à la fois ...Ainsi Georges Clémenceau, assurant la réalité du gouvernement sous l'égide du Président Poincaré, outrepasse son pouvoir en 1917 "pour la défense de la Patrie" ...et Charles De Gaulle en fait de même à partir de 1958 pour résoudre le problème de l'Algérie   ...Quant à Nicolas Sarkozy, il a d'abord joué à partir de 2007 à "l'hyper-Président", se mêlant de tout, au point de mécontenter ses partisans, réduits au rôle de "godillots", ...avant de se reconvertir en "Président-arbitre" et de redonner des pouvoirs au Parlement, dans la perspective d'une candidature à sa ré-élection en 2012...

 

   Car, à l'exception de De Gaulle qui n'avait pas hésité à démissionner après le désaveu d'un référendum en 1969, et le cas de Pompidou étant à part en raison de son décès au cours d'un 1er mandat,  le problème de leur ré-élection a préoccupé tous les Présidents qui leur ont succédé : Giscard en 1981, ...Mitterrand en 1988, ...Chirac en 2002, ...et ...Sarkozy en 2012 ...Et ce souci a même conduit deux d'entre eux à dissimuler un état de santé qui aurait pu justifier leur démission : le cancer de Mitterrand devient un "secret d'Etat" à partir de1992 ... comme en 2005 les troubles de Chirac soignés à l'Hôpital Cochin ...Il est vrai qu'ils n'avaient aucune obligation de révéler leur état de santé, les médecins compétents n'ayant rien dit ...et que, d'autre part, aucune instance n'était en mesure de faire appliquer l'article 7 de la Constitution de 1958 prévoyant la procédure "d'empêchement" si le Président n'était plus à même d'exercer la plénitude de sa fonction ...Cet article relatif aux cas d'empêchement ne prévoit pas davantage s'il y a un âge à partir duquel il n'est plus possible d'exercer des fonctions publiques, et notamment celle de Président de la République ...De Gaulle, encore lui, avait dit dans ses Mémoires de Guerre, à propos de Pétain : "La vieillesse est un naufrage", ...mais, pour autant tous les "vieux" ne sont pas des ..."gâteux" ...et même, il est bon de rappeler à ce propos que, dès l'Antiquité, ils ont été généralement considérés commes des "sages" ...De là à vouloir "s'accrocher jusqu'au bout", comme le fait Abdoulaye Wade, le Président du Sénégal qui veut exercer un troisième mandat à plus de 80 ans ...Ou encore à contourner comme Vladimir Poutine en Russie l'interdiction d'un 3ème mandat consécutif en alternant la fonction de Président avec un 1er Ministre complaisant, tout en conservant la réalité du pouvoir ...Il est vrai que, pour certains commentateurs, cela est tout de même préférable au comportement de dictateurs comme Bachir-el-Assad, n'hésitant pas en Syrie à faire massacrer son propre peuple pour conserver "son" pouvoir ..."L'ivresse du pouvoir" ...Pire : "La folie du pouvoir" !...

 

 

 

 

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