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17 octobre 2006 2 17 /10 /octobre /2006 14:02

   Il ne se passe pas actuellement de mois, et parfois de semaine, où on ne parle dans les médias de manifestations artistiques organisées, ou du moins financées, par ceux que l'on appelle, à tort ou à raison, les "grands de ce monde"... Ainsi, en France, on assiste à une sorte d'émulation, pour ne pas dire de concurrence, entre deux "patrons" de l'économie, MM. Pinault et Arnault, qu'il s'agisse d'expositions ou de musées... Même s'il ne faut pas oublier que cette philanthropie en faveur de l'art permet d'appréciables dégrèvements fiscaux, on ne peut que se féliciter de cette utilisation de la richesse... On peut en déduire aussi qu'il y a décidément une relation entre l'art et la richesse...

   ... Car cette relation n'est pas nouvelle... Sans remonter plus loin dans l'histoire, on peut citer Mécène, le ministre de l'Empereur Auguste, qui aida les artistes de son temps et donna d'ailleurs son nom à la protection des arts... Il y eut aussi Laurent de Médicis à Florence au 15ème siècle, et bien sûr les Rois de France, notamment François 1er au 16ème siècle et Louis XIV au siècle suivant, et combien d'autres encore... Il y eut également des "collectionneurs" infâmes... comme Hermann Goering au 20ème siècle, qui s'était spécialisé dans la confiscation des oeuvres détenues par les Juifs arrêtés par la Gestapo... De tous temps, l'art a donc attiré les riches, surtout quand ils étaient puissants...

   Mais cela ne veut pas dire pour autant que l'art a créé la richesse... Certes, de tous temps, des artistes ont "bien vécu" grâce à leur art : Léonard de Vinci, Raphaël, Fouquet, Rigaud, Ingres, Watteau, Delacroix, etc... Certains artistes ont même organisé leur "production" en fonction de la clientèle, comme Rembrandt, qui avait de nombreux élèves et se contentait parfois de "mettre la dernière touche", ce qui a pu poser ensuite des problèmes d'authentification... D'autres ont certainement cédé, comme Picasso, à un goût contemporain pour l'anticonformisme... Mais combien d'artistes ont vécu dans la misère, comme Van Gogh... ou encore certains "impressionnistes" à leurs débuts, vendant "pour vivre" un tableau par ci ou par là.. avant que leurs oeuvres soient "reconnues" - souvent après leur mort - et atteignent désormais des prix "mirobolants"...

   Cette "cote" des oeuvres d'art pose d'ailleurs un 1er problème : les comptes-rendus de vente des Christies, Sotheby et autres Hôtel Drouot... évoquent souvent l'attribution à un "riche collectionneur" rarement connu, car l'intéressé a voulu "garder l'anonymat"... Certes, de temps à autre, une oeuvre a fait l'objet d'une "préemption" pour des Musées, mais la "cote" est telle que ceux-ci n'ont parfois pas les crédits nécessaires... et c'est ainsi que des oeuvres "disparaissent de la circulation" pour la seule satisfaction et la contemplation égoïste d'un "riche"... On en arrive à penser que toute oeuvre d'art ne devrait être acquise dans le monde qu' à la condition d'être présentée au "public" dans des musées, des expositions ou ailleurs..., le rôle des "riches" devant se limiter alors à obtenir la publicité de leur nom ou de leur entreprise en remerciement de leur "mécénat"...

   Mais le goût des "riches" pour les oeuvres d'art pose aussi un autre problème, qui est tout simplement celui de la "réalité" de l'art... Pour être passés au 19ème siècle...et au début du 20ème siècle "à côté" d'oeuvres qui ont été tardivement "reconnues" - parce qu'elles n'étaient pas dans le "goût de l'époque", les riches ont désormais une tendance certaine à acheter et protéger n'importe quoi : quand on voit certaines oeuvres  mises en valeur au Musée Pinault de Venise... ou encore quand on voit les "draps hideux" actuellement pendus à l'intérieur du Panthéon, on se pose des questions... On peut même se souvenir de l'anecdote célèbre de ces peintres qui, naguère, avaient accroché un pinceau à la queue d'un âne pour obtenir ...des effets de peintures sur un tableau, dont les "gogos" s'étaient ensuite extasiés devant les farceurs goguenards...

   Finalement, au delà des considérations de richesse, c'est la définition même de l'art qui est posée... et par conséquent le "moyen" - pour les "riches" comme d'ailleurs pour les "pauvres" - de le "reconnaître"... Le Dictionnaire affirme que "l'art est l'expression d'un idéal esthétique"... et que "l'esthétique est la science du beau"... Nous voilà bien avancés : pauvres de nous !...

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Published by Jean Daumont - dans Arts
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commentaires

Daumont Jean 21/10/2006 16:03

Tout à fait d'accord pour des dispositions simples concernant le commerce des oeuvres d'art... Mais ma principale préoccupation est que les riches ne gardent pas pour eux seuls les oeuvres d'art qui relèvent d'un patrimoine commun à l'humanité et ne doivent pas faire l'objet d'un "possession" strictement privée... Tout au plus la richeese doit leur permettre d'en être des "gardiens"...

Jacques Heurtault 21/10/2006 11:39

Ma proposition audacieuse de création, en substitution  de tous les autres impôts dont "l'assiette" est en rapport avec la propriété, d'un unique impôt sur le patrimoine, déclaratif, permet de régler une bonne partie du problème. Si, en outre, on institue la TVA sur le commerce des oeuvres d'art (comme sur tout commerce), on avance encore un peu plus ...  Trop de textes, trop d'exceptions de ceci ou de cela ... Mieux vaut des choses simples, facilement intelligibles ... C'est une bonne méthode pour obtenir un consensus!

Diatala 18/10/2006 11:21

L’Art a été dévoyé de sa création originelle par « certains créateurs (producteurs) et acheteurs » pour en faire « un produit de vente et de rapport ». Ils se font eux-mêmes coter ou par des mécènes, chez Christies, Sotheby et Drouot, pour donner une valeur commerciale et créer un nom. Sans cet artifice, ils n’auraient jamais été reconnus de personne. Heureusement que ce procédé, permet parfois, de faire connaître un véritable artiste.  La mode comme vous dites, fait le reste pour les autres. Sinon, de vrais artistes restent dans l’ombre, pour laisser une lumière artificielle éclairer tableaux et sculptures et, non plus : « D’œuvres émanant d’un réel talent et surtout, d’une profonde inspiration ». Le consumérisme devient roi, les grandes œuvres remplacent pour certains le « lingot d’or ». Les canons de l’Art ne sont certes plus, la référence suprême, dans un monde de business. Mais rien ni personne ne peut empêcher le talent de s’exprimer, même si il n’est et, ne sera reconnu qu’à titre posthume pour certains.