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3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 00:00

   Il est certain que Nicolas Sarkozy n'a jamais obtenu l'unanimité des Français ...D'ailleurs aucun(e) homme ou femme politique ne l'a obtenue, sauf peut-être De Gaulle ...après sa mort ...Mais de là à s'acharner comme une meute de loups contre lui, il y a une marge à ne pas franchir ...Et à de titre on ne peut que se ranger à l'opinion exprimée par Yves Thréard dans son éditorial du 2 juillet 2014 du Figaro (extraits sous sa responsabilité) :

 

   " Certes, le choc est grand de voir un ancien Président de la République en garde à vue? Mais, après tout, n'est-il pas devenu un justiciable comme un autre ? Soumis, comme tout citoyen, à la loi ? ...Khadafi, Karachi, Tapie, Bygmalion ...et si, dans les affaires où il est cité, des preuves de son implication sont apportées, pourquoi n'en répondrait-il pas ?...


   Pourtant, on a le sentiment qu'un régime judiciaire très particulier lui est réservé. C'est même plus qu'une impression. Nicolas Sarkozy, traité comme n'importe quel justiciable, vraiment ?..

.

   Les dossiers s'empilent dans lesquels son nom est évoqué, parfois marginalement. Mais la déflagration médiatique est immédiate au moindre acte de procédure. Au mépris de la présomption d'innocence, au mépris, surtout, du secret de l'instruction, qu'on kui reproccherait lui-même de violer. Sarkozy, justiciable comme un autre, vraiment ?...

 

   Son avocat, ainsi qu'il est d'usage dans sa profession, cherche à connaître l'évolution des enquêtes, l'agenda des poursuites, la réalité des griefs. Mais son client et lui-même sont placés sous écoute téléphonique de très longs mois. Au mépris des règles de l'instruction, du respect de la vie privée de leurs provches et, surtout, des sacro-saintes règles de droits de la défense. Sarkozy, justiciable comme un autre, vraiment ?...

 

   Les juges travaillent suivant la technique du filet dérivant. Ils passent d'une affaire à l'autre, traquant la faille ...En vain. Mais se raccrochant aussitôt à une nouvelle branche. Sarkozy, justiciable comme un autre, vraiment ?...

 

   Ces juges d'instruction qui n'ont pas oublié que l'ancien Président de la République les a traités de "petits pois" et qu'il voulait supprimer leur fonction. Ces juges qui ont signé une tribune dans la presse pour souhaiter sa défaite. Sarkozy, justiciable comme un autre, vraiment ?...

 

   Nicolas Sarkozy est aujourd'hui dans un tourbillon judiciaire exceptionnel. Et dire que Christiane Taubira a affirmé qu'elle ne savait rien avant d'être prise en flagrant délit de mensonge à la télévision. Sarkozy, justiciable comme un autre, vraiment ?..."

 

   Certes, Nicolas Sarkozy a des torts et il aurait pu se dispenser d'expressions comme "petits pois" ou auparavant d'apostropher un  jour un contradicteur de "pauvre c..." ...Mais pour autant est-il un citoyen "comme un autre" ...Probablement pas ...Surtout si on redoute qu'il se présente à nouveau aux élections présidentielles en 2017 ...

 

 (Dactylographie du dernier paragraphe perturbée par un problème technique)

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Published by Jean Daumont - dans Personnalités
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13 avril 2014 7 13 /04 /avril /2014 14:20

   Il n'est pas d'usage courant de juger de l'action d'un homme politique, et à fortiori d'un Président de la République, avant qu'il ait terminé son mandat ...C'est pourtant le cas de François Hollande qui, avant même la moitié de son mandat, fait l'objet de toutes sortes d'interrogations, comme le prouve l'émission qui lui a été consacrée à la télévision sur France 3 le lundi 7 avril 2014 ; "Que se passe-t-il dans la tête de François Hollande ?"...

 

   Il est vrai que les élections municipales de la fin de mars 2014 sont passées par là et qu'elles ont donné lieu à une défaite cuisante des socialistes, à l'exception de quelques "places fortes" comme Lille et Lyon où ils ont néanmoins été en recul ..., ce qui ne peut être interprété, en raison du rôle fondamental de la fonction de Président de la République, même sur le plan local, que comme une conséquence de l'impopularité de François Hollande, tombé à moins de 20 % d'opinions favorables...

 

   L'homme, pourtant ne manque pas de qualités ...Né le 12 août 1954, étant donc âgé de 59 ans, il a fait des études primaires dans un pensionnat catholique de Rouen, puis des études secondaires au Lycée de Neuilly-sur-Seine - ville n'étant pas réputée pour être de gauche, et où on retrouvera ...Nicolas Sarkozy - enfin des études supérieures le menant à Sciences-Po, HEC et ENA, dont il est sorti comme auditeur à la Cour des Comptes ...C'est d'ailleurs lors de ses études à l'ENA qu'il a rencontré Ségolène Royal (Promotion Voltaire), dont il a eu 4 enfants ...Il était donc armé pour réaliser un mandat prestigieux, à l'image de son lointain prédécesseur et modèle, François Mitterrand...

 

   Alors, pourquoi en est-il arrivé à une telle impopularité ?...Il avait annoncé que tout allait changer, conformément à son opuscule du 22 avril 2012 intitulé "Le changement, c'est maintenant", où il avait pris "60 engagements pour la France"...Il était donc "dans le vent", puisque les Français sont réputés aimer lle changement ..."Peuple instable et querelleur", disait déjà jules César de leurs ancêtres les Gaulois...Et en l'occurrence les Français semblaient en avoir eu assez de son prédécesseur immédiat, plutôt "mêle-tout", Nicolas Sarkozy ...Mais, manifestement, rien ne s'est passé comme prévu ...

 

   D'abord, Il y a une donnée de base ...Quand on fait des promesses, on doit les tenir ...Or François Hollande n'a pas tenu - ou n'a pas pu tenir - la promesse la plus importante pour les Français, celle de "l'inversion de la courbe du chômage", celui-ci ayant continué sa progression, même s'il fait valoir que le ryhme de cette progression a été ralenti ...Par ailleurs, il n'a pas réssi à conjurer la crise économique - ce qui est compréhensible, car il s'agit d'un problème mondial, mais montre aussi l'imprudence de sa promesse : il ne devait pas, comme la grenouille de la fable, se faire plus gros que le boeuf ...De même, il a voulu s'en prendre aux hauts revenus des entreprises et de leurs dirigeants - objectif louable au nom de l'idéal égalitaire des socialistes - mais il a aussitôt suscité l'intérêt des pays voisins comme l'Angleterre se déclarant prête à accueillir les entreprises françaises ...Quant à la politique extérieure, même s'il a tiré un bénéfice moral justifié d'une opération pourtant coûteuse au Mali contre les djihadistes, ...il trouve le moyen de se brouiller avec la chancelière allemande, Angela Merkel, dont la collaboration avec la France est la base de l'équilibre européen ...Et on se pose des questions à propos de l'Ukraine et de la Turquie...

 

   Et puis, il y a les fameuses réformes dites "sociétales" inspirées de son 31ème engagement ; "J'ouvrirai le droit au mariage et à l'adoption aux couples homosexuels" ...Les Français sont peut-être révolutionnaires en paroles, mais ils restent conservateurs dans les actes ...L'homosexualité n'est certes plus un délit, et elle a d'ailleurs été pratiquée depuis la plus haute Antiquité, mais de là à en faire une base sociale avec ses compléments de MPA et GPA - oubliant la nécessité pour l'équilibre de tout enfant d'avoir un père et une mère, ...c'était oublier que les Français, même agnostiques ou athées, restent attachés aux traditions famliales...et que les "réformes sociétales" n'en déplaise à sa Ministre de la justice, ne sont pas "un progrès pour l'humanité" aux yeux de l'opinion ...La même opinion qui n'accepte pas de sa part la libération anticipée de prisonniers ...

 

   Enfin, et c'est peut-être le fond du problème, François Hollande manque certainement d'autorité, au point d'inquiéter même ses partisans de "gauche" ...Il est "celui qui flotte" ..."C'est", dit un commentateur, "un fruit mou à l'extérieur, même s'il est dur à l'intérieur" ...Comme dit aussi Mélenchon ,"il est l'homme du balancement circonspect"...Et quand il intervient, il fait souvent des gaffes, comme son intervention immédiate à la télévision pour défendre le maintien en France de la jeune Léonarda, qui s'est offert le luxe de le contredire ...et, donc, à le ridiculiser, comme si c'était la place d'un Président de la République d'intervenir au niveau d'un fait divers ...Qu'allait-il faire dans cette galère ?...Faut-il aussi citer l'affaire Cahuzac, où il avait pourtant tous les moyens de connaître le comportement d'un ministrable avant sa nomination éventuelle, et où son indignation vertueuse "après coup" est apparue comme un tardif remords ...

 

   François Hollande se voulait "normal" ...On se souvient de son anaphore célèbre "Moi, Président de la République"... Il aurait du savoir et comprendre, lorsqu'il l'est devenu, qu'un Président de la République ne peut pas être "normal" ...Il en paie maintenant le prix...

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21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 15:16

   Le centenaire de l'année 1914 est, en cette année 2014, déclinée de toutes les façons ...Mais, jusqu'à présent, il a servi surtout à évoquer la 1ère Guerre mondiale qui avait commencé en 1914 ...C'est donc une excellente idée qu'a eue la revue L'Histoire, dans son numéro de Février 2014, de s'intéresser à un homme qui a été en France, au début du 20ème siècle, un apôtre de la paix et a tout fait alors pour éviter la guerre ...Jean Jaurès ...un homme qui, d'autre part, est considéré comme un des fondateurs du Parti Socialiste, créateur du journal L'Humanité, bien avant que ce journal ne soit, après sa mort, annexé par le Parti Communiste lors de sa scission avec le Parti Socialiste au Congrès de Tours en 1920...

 

   Rien ne prédestinait pourtant Jean Jaurès à ce rôle éminent ...Né le 3 septembre 1859 à Castres, il appartenait à une famille bourgeoise de province, à la fois laborieuse, honnête et patriote, et beaucoup de ses membres faisaient alors une carrière militaire ...Lui-même a été un brillant élève, admis, après des premières études à Castres, au Lycée Louis-le Grand à Paris, puis à l'Ecole Normale Supérieure, avant d'être reçu à l'agrégation de philosophie et d'enseigner au Lycée d'Albi, puis à la Faculté de Toulouse ..., C'est alors qu'il se lance dans la politique en 1885, étant élu comme le plus jeune député à 26 ans ...Mais il ne l'est que comme membre du Parti Républicain libéral dit "opportuniste" groupé autour de Jules Ferry, ...et il est même à cette époque rebuté par l'extrêmisme du groupe socialiste ...C'est aussi l'époque de l'Affaire Dreyfus et il est de ceux qui croient devoir dénoncer le comportement d'un officier félon...

 

   Ce n'est que dans les années 1890 qu'il se radicalise ...Façon de parler, puisque le "radicalisme" est alors un parti politique de tendance gauche modérée attachée à la propriété tout en voulant le progrès social ...Donc, plutôt, il se "socialise", mais ce n'est assurément pas pour se rallier au marxisme avec la notion de "lutte des classes" ...En fait, il devient, comme l'indique le sous-titre de la revue L'Histoire, le partisan d'un "socialisme du possible" ...Il s'indigne contre les mesures répressives qui suivent les attentats anarchistes, notamment celles consécutives à l'assassinat du Président Sadi Carnot (24 juin 1894), il s'élève contre le massacre des Arméniens par les Turcs dans un discours à l'Assemblée (3 novembre 1896) ...et il se range finalement avec les "Dreyfusards" après la parution du "J'accuse" d'Emile Zola dans le journal L'Aurore (13 janvier 1898) ...Sur le plan des idées, il est certes opposé au capitalisme et à ses méfaits apparaissant dans la situation misérable des ouvriers, mais il substitue à la notion de "lutte des classes" celle de la "Société fraternelle", autrement dit de la justice sociale ...Pas question de "dictature du prolétariat", ni du "grand jour" ! ... C'est dans ce but d'équité qu'il domine alors le parti socialiste unifié, appelé Section Française de l'Internationale Ouvrière (SFIO)...

 

   Pour lui, la Société fraternelle n'est concevable qu'avec la Paix dont elle ne peut être que la garante, et il engage donc toutes ses forces pour la défendre, ...dans un contexte où le nationalisme l'emporte, avec le désir de prendre sa "revanche"  après la Guerre de 1870 et de reprendre l'Alsace et la Lorraine (Moselle en fait) ...C'est un grand orateur, ce qui compte beaucoup à l'époque, et il est capable de parler pendant des heures à l'Assemblée comme devant les foules ...On l'appelle même "Saint-Jean-Bouche d'or", et  il parle autant avec sa bouche qu'avec ses gestes, le bras levé, le doigt accusateur ...Il devient alors pour certains esprits exaltés, qui ne supportent pas son pacifisme confondu avec la lâcheté, la "grande gueule" qu'il faut abattre ...Et il est abattu par Raoul Villain devant le café Le Croissant à Paris le 31 juillet 1914 ...Le 2 août 1914, la France mobilisait ...Jean Jaurès avait été à la fois le "dernier mort de la paix" et le premier mort de la guerre" ...Quant à Raoul Villain, il fut emprisonné pendant 5 ans, au grand scandale  de ...la Ligue des Droits de l'Homme ...et il sera jugé ...non coupable ...et acquitté le 29 mars 1919 ...il ménera alors une vie aventureuse ...et sera lui-même assassiné par un anarchiste espagnol à Ibiza en 1936 ...!?!...

 

   Il se produisit alors ce qui se passe souvent quand des personnalités en vue disparaissent tragiquement, comme le seront plus tard Gandhi et Martin Luther King ...On leur voue un culte ...Les cendres de Jean Jaurès furent transférées au Panthéon en 1924 ...Et on fait maintenant référence à lui depuis tous les horizons politiques ...De Gaulle "a salué sa mémoire" à Carmaux (25 mars 1960), Mitterrand a déposé une rose rouge sur sa tombe au Panthéon (21mai 1981), Sarkozy reproche à la gauche d'avoir renié Jaurès (12 avril 2007) ...Hollande, juste avant l'élection présidentielle, fleurit sa statue à Carmaux et rend hommage à "celui qui fut capable d'allier l'idéal et le réel" (mai 2012) ...Et en France, il y a 2354 voies portant le nom de Jean Jaurès...

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6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 23:26

   Les Français ont le culte des hommes illustres auxquels "la Patrie est reconnaissante" et, à ce titre, les restes de 70 d'entre eux sont hébergés sous le dôme du Panthéon, ...ce qui ne signifie pas que les restes de tous les hommes illustres s'y trouvent, parce que certains comme Mirabeau ou Marat y sont entrés et sortis ...et que d'autres ont expressément décliné cet honneur de leur vivant, comme De Gaulle ayant voulu être enterré dans sa chère Lorraine où sa "Croix" a d'ailleurs été édifiée ...Mais il y a un homme qui est resté à part, puisque ses restes reposent sous un autre dôme pour lui tout seul, le dôme de l'Hôtel des Invalides, où son tombeau dispute à la Tour Eiffel et à la Cathédrale Notre-Dame de Paris la curiosité des touristes ...C'est Napoléon 1er.

 

   Et les Français ont un autre culte, celui des anniversaires, et, en l'occurrence, celui des centenaires ...Et il se trouve que l'année 2014, qui a déjà inspiré de nombreuses publications sur la 1ère année de la Guerre 1914-1918, il y a un siècle, ...inspire aussi actuellement le souvenir de l'année 1814, il y a deux siècles, ...qui avait été celle de la 1ère abdication de Napoléon 1er et de son exil à l'Ile d'Elbe, avant son retour des Cent-Jours et la 2nde abdication entraînant son exil dans l'Ile de Sainte-Hélène perdue au sud de l'Océan Atlantique, mais où il dicta le "Mémorial" qui contribua largement à fonder la "Légende Napoléonienne" et à symboliser le "césarisme", c'est-à-dire le pouvoir fort opposé aux divisions politiques...

 

   Est-ce donc un hasard si la Revue Historia vient de publier un Numéro Spécial consacré à "Napoléon, la Gloire et la Honte" ? ...Faut-il y voir, en cette période actuelle faite d'incertitudes et de désillusions, la nostalgie d'un pouvoir fort, toujours latente quand l'opinion se lasse des atermoiements et des querelles politiques, comme elle l'a fait à diverses reprises et avec des fortunes diverses d'abord pour Napoléon III, le neveu de Napoléon 1er, le Général Boulanger, Clémenceau, Mendès-France, et bien entendu De Gaulle...

 

   Il est certain que Napoléon 1er reste un exemple, même si sa "gloire" ne doit pas cacher la "honte", car, s'il a réalisé une oeuvre considérable, il n'en a pas moins suscité un cortège de malheurs ayant pesé sur les régimes qui lui ont succédé :


   - La "Gloire" ...oui ...A l'intérieur, en France, il a créé des institutions qui demeurent encore ...Il avait d'ailleurs lui-même déclaré : " La Nation, qu'est-ce ? des grains de sable ...Nous n'aurons pas la République, si nous ne jetons pas sur le sol quelques masses de granit" ...Et c'est ainsi qu'il a créé avec une commission de juristes le "Code Civil" réglementant les principes hérités de la Révolution de 1789 (liberté individuelle, droit de propriété, etc...) sans toutefois aller jusqu'au droit des femmes restant soumises à l'autorité du père de famille ...Il a créé aussi la "Légion d'Honneur", substituant ainsi à la noblesse acquise par hérédité la hiérarchie du mérite, avec l'intention initiale d'en faire un corps d'Etat au service du pays ...Et il a créé encore les "Lycées" destinés à former la jeunesse, du moins celle de la bourgeoisie, de façon d'ailleurs très militaire, sans aller jusqu'à la généralisation de l'école primaire pour tous pour laquelle il faudra attendre les lois de Jules Ferry de 1881...Enfin il créa un "Etat", moderne pour l'époque, avec une structure centralisée par l'intermédiaire de Préfets de département et de Sous-Préfets d'arrondissement, assistés de Conseils n'ayant qu'un pouvoir consultatif ...Par ailleurs, il rétablit l'économie en revoyant le système bancaire, en émettant une monnaie forte (le Franc Germinal) et en lançant de grands travaux (routes impériales, pont d'Austerlitz, Arc de Triomphe ...et même des villes comme Napoléon-Vendée, qui deviendra La Roche-sur-Yon, et Napoléon-Ville, qui deviendra Pontivy) ...Et il mit fin aux querelles religieuses par la signature du Concordat qu'il imposa au Pape Pie VII en 1801...

   ...A l'extérieur, en "général" averti n'ayant pas oublié la misère de l'armée d'Italie en 1796, il dota la France d'un appareil militaire qui va lui permettre de remporter, disent les chroniqueurs, plus de 200 batailles, petites et grandes, dont la plus célèbre est Austerlitz le 2 décembre 1805, compensée, il est vrai, par le désastre final de Waterloo le 18 juin 1815 (deux dates symboliques qui  reviendront dans l'histoire de la France...) ...Il faut convenir qu'il n'avait pas voulu faire une guerre sans fin et qu'il a dû faire face à des coalitions sans cesse renaissantes des monarques d'ancien régime de l'Europe, à l'instigation de son ennemie jurée, l'Angleterre, maîtresse des mers et ne voulant pas de l'unification de l'Europe espérée par Napoléon au nom des idées de la Révolution et pour laquelle il avait conclu la Paix d'Amiens le 27 mars 1802...

 

   - La "Honte" ...Hélas ! ...A l'extérieur, même s'il n'a pas voulu la guerre, il a assurément contribué à la mort de plus d'un million de soldats de ses rangs, et bien entendu d'un nombre inconnu de morts chez ses adversaires, sans compter les victimes civiles ...Et il n'a pas accordé d'attention particulière à l'enterrement des morts et aux soins aux blessés, ce qui n'apparaîtra qu'avec la "Croix Rouge" d'Henry Dunant sous le Second Empire de son neveu Napoléon III...

   A l'intérieur, alors qu'il se voulait le continuateur de la Révolutiuon, il a institué ue dictature de fait en voulant tout contrôler : l'imprimerie est un monopole d'Etat jugulant la presse ...La police est renforcée sous l'autorité de l"implacable Fouché ...L'opposition populaire est réprimée (émeutes de Caen 1812) et l'opposition monarchiste est brisée (exécution de Cadoudal, assassinat du Duc d'Enghien 1804 ..."Plus qu'un crime, une faute"...)...La justice rétablit la marque au fer rouge et l'amputation du poing ...Les communautés juives sont encadrées, des dispositions étant prévues pour qu'elles se limitent au commerce et au prêt à intérêt, comme sous l'Ancien régime ...Aucx colonies, l'esclavage aboli par la Convention en 1794 est rétabli, notamment aux Antilles après l'épisode du noir Toussaint-Louverture, où des populations sont déportées, même si cette mesure ne donne pas lieu à une politique d'extermination, comme certains historiens l'ont laissé entendre, faisant de Napoléon 1er un précurseur d'Hitler ...Il recrée une noblesse impériale, sous couvert de récompenser les mérites de ses subordonnés les plus éminents, avec des titres  ...Même sa famille, tout en bénéficiant de ses faveurs, devait être aux ordres, à l'exception de Lucien Bonaparte, qui, après l'avoir aidé dans son coup d'état du 18 brumaire, préféra s'exiler aux Etats-Unis...

 

   Alors, ...finalement, ...que penser de Napoléon 1er ?...Un homme illustre, certes !... Mais un grand homme ?...cela reste à voir ...Lui-même tire la leçon car, conscient d'avoir eu un destin extraordinaire où, parti de rien, il est monté au plus haut niveau pour retomber ensuite au plus bas dans une île lointaine, ...il a dicté dans le "Mémorial" la phrase suivante : "Le martyre me dépouille de ma peau de tyran ...Si Jésus n'était pas mort sur la croix, il ne serait pas Dieu !"...

 

 

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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 16:05

   Il n"est pas d'usage, dans l'histoire, s'agissant de personnalités, de les évoquer autrement qu'en citant leur nom et leur prénom, à l'exception des "princes" comme tous les Rois ( les 18 Louis et les 10 Charles...) et les Empereurs (les 3 Napoléons...) en France, désignés sous leurs seuls prénoms, ou des "papes" (Paul, Pie, Benoît, François ...) désignés sous des prénoms symboliques ...Evoquer par conséquent l'ancien archevêque de Paris et Cardinal Lustiger sous son seul nom peut paraître irrévérencieux...

 

   Ce n'est évidemment pas le cas, parce que Lustiger n'a pas un prénom mais deux, dont un double ...Il est en effet un exemple unique de dignitaire de l'Eglise qui a été juif et avait alors un prénom hébreu Aron, avant de devenir chrétien et d'être prénommé de façon évangélique Jean-Marie ...Quand on pense à ce qui sépare les juifs et les chrétiens, les premiers ayant persécuté les seconds avant que les seconds leur rendent la pareille, ...et les premiers attendant toujours le Messie tandis que les seconds le reconnaissent en Jésus-Christ, on ne peut donc à priori que s'étonner ...Et ceci d'autant plus que, pendant la 2ème Guerre mondiale, la famille Lustiger a été elle-même persécutée - la mère du futur cardinal ayant été déportée à Auschwitz où elle est morte en février 1943 - alors que l'Eglise de France, à cette époque, et à quelques exceptions près, pactisait avec Philippe Pétain...

 

   Car "Aron Jean-Marie" Lustiger est né en France le 17 septembre 1926, mais il n'était de souche française, puisque ses parents étaient d'origine polonaise, venant de la ville de Bendzin en Haute-Silésie, et avaient émigré en France, comme beaucoup d'autres Polonais avant la 2ème Guerre mondiale ...Il fait ses études au Lycée Montaigne de Paris, où il est l'objet de vexations de la part de certains condisciples "parce qu'il est juif", mais où il se crée aussi des amitiés fidèles ...Il a donc alors une éducation "laïque", mais c'est aussi un passionné de connaissances, et il lit tour aussi bien ...Tintin ...que la Bible ...protestante, où il découvre le Nouveau Testament qui, pour les Chrétiens complète et réalise les promesses de l'Ancien ...Il dira plus tard avoir été frappé par la similitude entre Jésus souffrant et Israël alors persécuté ...Et c'est ainsi qu'il se convertit au ...catholicisme, au grand mécontentement de son père pour qui un converti est un renégat ...ce qui explique que "Jean-Marie" Lustiger se justifiera en affirmant que son christianisme n'est pas un renoncement à son identité juive...

 

   Il est néanmoins animé par la fougue des convertis, et c'est ainsi que, pénétré du pouvoir de Dieu, il entre au séminaire des Carmes de l'Institut Catholique de Paris en 1946 ...Esprit brillant, il y est remarqué et connaît une "carrière" relativement rapide : d'abord aumônier de la paroisse universitaire de Paris connue sous le nom de Centre Richelieu, puis curé dans le 16ème arrondissement en 1969, il est nommé évêque d'Orléans par le nouveau Pape Jean-Paul II en 1979, puis Archevêque de Paris en 1981 et Cardinal en 1983 ...Il est vrai qu'il a tissé des liens d'amitié avec Jean-Paul II qui est comme lui d'origine polonaise et il mène, comme lui, une acctivité très "engagée" : Il est en tête de la défense de l'Enseignement Libre contre le Service Public Unifié de l'Education Nationale (SPULEN) voulu par le socialiste François Mitterrand en 1981, et il va partir en guerre contre ce qu'il considère comme des dérives relatives à l'existence humaine, à savoir l'avortement, l'interruption volontaire de grosses scientifiques, la pratique de l'euthanasie, la procréation médicale assistée, la gestation pour autrui, ...et il milite par contre pour le développement des soins palliatifs, encourageant notamment la création de la maison médicale Jean-Garnier où il sera lui-même hospitalisé pour un cancer en phase terminale et décèdera le 5 août 2007 ...Auparavant, il avait été question de lui pour succéder à Jean-Paul II en 2005, mais ce choix ne se fit pas en raison de sa santé déclinante et peut-être aussi de son origine juive ...Inlassable, et féru d'histoire, il avait aussi été au combat pour empêcher la "panthéonasisation"du prêtre constitutionnel, l'abbé Grégoire, à l'occasion du 2ème centenaire de la Révolution de 1789 ...Et il est toujours là pour lutter contre les idées de Jean-Marie (?!) Le Pen sur le "détail" des chambres à gaz et le thème de l'inégalité des races ...Enfin il mène toutes sortes d'activités dépassant le cadre de son "ministère" : philosophie, littérature, musique, peinture, sculpture, architecture ...Il fréquente les expositions et assiste à toutes siortes d'inaugurations ...Il est d'ailleurs élu à l'Académie Française en 1994, contre son gré, car ce n'est pas son genre de pariciper à des séances du dictionnaire, et il ne fréquentera la Coupole que très peu ...

 

   On comprend qu'à sa mort un office ait rassemblé à la Cathédrale Notre-Dame de Paris des personnalitésq nationales et internationales de tous bords, et que de la terre israëlienne ait été déposée sur son cercueil, tandis qu'était récité en hébreu le psaume 113 en plus de la liturgie catholique...

 

 

Source : Henri Tincq - Jean-Marie Lustiger, le Cardinal prophète - Ed. Grasset 2012

 

NB : Le présent article est rédigé par un agnostique

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 14:44

   Charles De Gaulle est certainement la personnalité ayant suscité le plus grand nombre de publications en France au 20ème siècle, mais ces publications ont toujours concerné "l'homme public" qui se révèle au pays après son "Appel du 18 juin 1940" et acquiert alors une célébrité comme "Général De Gaulle",...un  titre militaire qui, pourtant, ne lui avait été donné par le dernier Président du Conseil de la 3ème République, Paul Reynaud, que comme "Général de Brigade" (2 étoiles) à titre temporaire, mesure rapportée peu après par le "Maréchal" Pétain, son ancien ...protecteur, et accompagnée le 2 août 1940 de la déchéance de la nationalité française et d'une condamnation à mort pour désertion ...Il faut préciser qu'envoyé à Londres pour y négocier une intervention de l'Angleterre, et averti de l'intention du Maréchal Pétain de demander à l'Allemagne un armistice - effectif le 22 juin 1840 - il avait alors obtenu l'accord du 1er Ministre britannique Winston Churchill - voyant en lui "l'homme du destin" - pour dénoncer cette intention, s'affirmant  comme le réprésentant de l'honneur de la France, à laquelle, dès lors, il s'identifiera jusqu'à sa mort...

 

   Il est donc intéressant, à propos du Général De Gaulle, de sortir des sentiers battus, et de lire l'ouvrage de l'historien Michel Tauriac intitulé "De Gaulle avant De Gaulle" , avec le sous-titre "La construction d'un homme" (*), révélant ce que fut sa jeunesse, au sens ...large, puisqu'il évoque "l'homme" de sa naissance le 22 novembre 1890 à ...son fameux Appel du 18 juin 1940, alors qu'il avait déjà ...50 ans !. ..

 

   - Première surprise dans ce récit ...A la sortie de l'enfance, le "petit Charles" n'est pas particulièrement attiré par les armes, car il se passionne pour la littérature et l'écriture ...Il lit les romans de l'époque : Sans Famille, Robinson Crusoë, Robinson Suisse, Le dernier des Mohicans, etc ...et il compose ...des poèmes !...Il est vrai qu'un jeune garçon suit souvent l'exemple de son père, et celui-ci; Henri De Gaulle, est Professeur de philosophie dans un collège privé de Paris ...Cette passion littéraire ne le quittera d'ailleurs pas, puisque non seulement il se tiendra toute sa vie au courant de la littérature, fréquentant volontiers des écrivains, mais il écrira aussi beaucoup - l'équivalent de deux mètres de "linéaire" en terme de libraire - surtout sur des sujets ...militaires...

 

   - Car, dès l'âge de 15 ans, il est attiré par le métier des armes ...L'anecdote est célèbre du jeune adolescent jouant avec ses soldats de plomb ....et se mettant en scène : "le Général De Gaulle" (déjà ...il ne doutait de rien !) ...Mais il faut rappeler qu'alors le nationalisme était très vif et que les Français aspiraient à la restitution de l'Alsace et de la Lorraine perdue à la fin de la Guerre de 1870 ...Ce sera même l'une des raisons du déclenchement de la Guerre de 1914-1918 ...Et ce n'est pas par hasard que le jeune Charles se passionne alors pour Maurice Barrès et Charles Péguy, dont il retiendra le patriotisme, le goût de l'ordre ("L'ordre seul fait en définitive la liberté"), ...mais aussi le style cadencé qui marquera, par exemple, son discours à l'Hôtel de Ville de Paris le 25 août 1944 ("Paris outragé, Paris brisé, Paris martyrisé, mais Paris ...libéré ! ...libéré par son peuple"...) ...En 1909, il n'en est pas encore là : reçu à l'Ecole de Saint-Cyr, il effectue une année de service obligatoire en 1912 comme soldat au 33ème RI à Arras, sous les ordres du Colonel ...Pétain. Il participe ensuite comme Lieutenant à la Guerre, où il est blessé trois fois, la dernière à Douaumont lui valant d'être ramassé par des Allemands et de finir le conflit comme prisonnier, ce qui le fera d'ailleurs enrager en raison de ses rêves de gloire, mais lui permettra de connaître un autre prisonnier célèbre, le Russe Toukachevsky ...Il se consolera en combattant celui-ci dans une campagne contre l'Armée Rouge en Pologne ( 1919-1921)...

 

   - Il devient alors Professeur à l'Ecole de Saint-Cyr, grâce à l'appui de Pétain devenu Maréchal  et Chef des Armées ...Mais il ne va tarder à y faire scandale ...Compte tenu de son expérience militaire, il a déjà publié divers ouvrages dont  "La Discorde chez l'ennemi "(1924), "Le Fil de l'épée" (1932) suivi plus tard de "Vers l'armée de métier" (1934) ...et il y enseigne en effet une théorie alors révolutionnaire consistant à organiser des divisions blindées chargées d'enfoncer le front ennemi pour permettre l'avancée ultérieure de l'infanterie, alors que, suivant la pratique suivie pendant la Guerre 1914-1918, la doctrine officielle était l'utilisation des chars seulement mêlés à l'infanterie ...De même, il ne cesse de dénoncer l'inutilité de la coûteuse Ligne Maginot, car il lui paraît évident que celle-ci, s'arrêtant à la Meuse, sera contournée par la Belgique ...Cela lui vaut l'hostilité de la hiérarchie militaire, dont la première conséquence sera pour lui un retard dans les promotions de grade, puisqu'il ne devient Général de brigade qu'en 1940 alors qu'il était déjà lieutenant en 1914, soit 26 ans auparavant, ce qui n'a rien d'éblouissant ... Et ceci alors que ses supérieurs estimaient en 1914 "qu'il avait l'étoffe d'un grand chef" ...pour ne pas dire "qu'il avait un bâton de Maréchal dans sa giberne" ...L'animosité de la hiérarchie sera telle que, même après sa mort , elle prétendra n'accorder qu'une pension de reversion de Colonel à sa veuve Yvonne, parce qu'il n'avait été que ...Général de brigade à titre temporaire !...

 

   Car Charles De Gaulle s'était marié avec Yvonne Vendroux le 6 avril 1921, et avait eu ensuite avec elle trois enfants : Philippe, Elisabeth et Anne ...De Philippe, il s'occupera peu, refusant même d'intervenir dans la carrière militaire de celui-ci, qui deviendra Amiral par son seul mérite ...Il s'intéressera davantage à Elisabeth, qui se mariera avec son officier d'ordonnance Alain de Boissieu (**) ...Mais on retient surtout la tendresse qu'il manifestera pour sa cadette, Anne, née trisomique, et il y a une photographie émouvante où, en 1932, il est assis dans un transat sur une plage et chante une comptine à sa petite fille ...Par contre, on ne connaît pas grand-chose de la vie intime de Charles avec Yvonne, celle-ci ayant brûlé toutes ses affaires et correspondances après sa mort, ne voulant pas de "reliques" ...Lui-même, d'ailleurs, avait donné la consigne formelle de ne pas avoir de "funérailles nationales" et de ne pas être enterré au Panthéon ("Aux grands hommes, la Patrie reconnaissante"...), mais dans le petit village de Colombey-les-deux -Eglises ...

 

   Charles De Gaulle avait en effet acheté avec l'aide financière de son épouse un petit manoir en Lorraine en 1934 "pour être seul avec ceux qu'il aime" ...et "pour travailler dans le silence de la forêt voisine et celui de son bureau que ne troublera que le grincement de sa plume" ...car l'homme d'armes est resté un homme de plume, et c'est là qu'il rédigera plus tard ses "Mémoires de Guerre" ...et ses "Mémoires d'Espoir" interrompus par sa mort due à une rupture d'anévrisme le 9 novembre 1970 ...C'est là aussi qu'il fera sa "traversée du désert "...du 26 janvier 1946, où il démissionne de ses fonctions de Président du Conseil de la 4ème République, ... au 29 mai 1958, où il est rappelé par le Président Coty..., faisant adopter peu après par référendum le 4 octobre 1958 une Constitution accordant la primauté du pouvoir exécutif au Président de la République, qu'il devient le 21 décembre 1958...

 

   Mais on n'en est pas là ...On est en juin 1940 ...La France est envahie par les Allemands, fonçant, comme il l'avait prévu, par la Meuse avec les divisions blindées de Guderian, une émule de Charles De Gaulle... Paul Reynaud  - qui avait déjà dit en 1939 "Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts" a beau affirmer que "la poche de Sedan sera colmatée" ...C'est la débâcle et l'exode, sauf quelques poches de résistance, comme celle des cadets de Saumur sur la Loire ...et une victoire locale sans lendemain des blindés de Charles De Gaulle sur la Somme ...Appelé au gouvernement par Paul Reynaud comme Sous-Secrétaire d'Etat à la Guerre, il le suit dans son transfert à Bordeaux, où il est envoyé en mission à Londres pour y proposer une "union politique" ...Mais le Maréchal Pétain a pris le pouvoir en déclarant de sa voix chevrotante "J'ai fait à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur" et il signe un armistice le 22 juin 1940 qui, il faut en venir, est entendu à la radio nationale et salué par une majorité de Français, lesquels avaient été rares auparavant à entendre l'appel d'un général inconnu, averti des négociations prélables, le 18 juin 1940 sur les ondes de la BBC, avec l'accord de Winston Churchill ...On connaît la suite ...La suite d'une histoire remontant à la Guerre de 1870, que beaucoup de Français, un siècle et demi plus tard, ont oubliée ...Mais y-a-t-il lieu de s'en étonner ?... Comme l'a dit aussi le Général De Gaulle, "Les Français étant ce qu'ils sont, et la France étant ce qu'elle est"...


 

(*) Michel Tauriac De Gaulle avant De Gaulle - La construction d'un homme" Ed. Plon 2013

(**) Elisabeth vient de mourir le 3 avril 2013 à l'âge de 88 ans

 

Remarques complémentaires :

 

   - Les oeuvres de Charles De Gaulle , ré-éditées par son fils Philippe, comportent, outre  "La Discorde chez l'ennemi", "Le Fil de l'épée" et "Vers l'armée de métier" déjà citées dans l'article, "Les Mémoires de Guerre" (6 volumes), "Les Mémoires d'Espoir" interrompus (2 volumes), "Les Discours et Messages" (7 volumes), ainsi que "Le film d'une vie" (1 volume). S'y ajoutent de nombreux articles - Ci-après bibliographie :

 

   Œuvres de Charles de Gaulle

  • Une mauvaise rencontre, Imp. de Montligeon, 1906 (écrit à 15 ans)
  • La Congrégation, Hors de France, Revue du collège d'Antoing (no 6) 1908
  • Carnet de campagne d'un officier français, Revue de Paris (no 6) 1920
  • La Discorde chez l'ennemi, Berger-Levrault 1924
  • Le Flambeau (1re et 2e parties) Revue militaire, (no 69 et 70) 1927
  • La Défaite, question morale, 1927-1928
  • Philosophie du recrutement, Revue de l'Infanterie (no 439) 1929
  • La Condition des cadres dans l'armée, 1930-1931
  • Histoire des troupes du Levant, Imp. nationale 1931 (en collaboration avec le cdt Yvon, le col de Mierry collaborant à la préparation du texte final)
  • Le fil de l'épée, Berger-Levrault 1932
  • Combats du Temps de paix, Revue de l'Infanterie (no 476) 1932
  • Pour une politique de défense nationale, Revue Bleue (no 3) 1933
  • Le soldat de l'Antiquité, Revue de l'Infanterie 1933
  • Forgeons une armée de métiers, Revue des Vivants 1934
  • Vers l'armée de métier, Berger-Levrault 1934
  • Le problème belge, Revue Défense Nationale 1936
  • La France et son Armée, Plon 1938
  • Discours de guerre, Paris ; Fribourg : LUF (Librairie universelle de France) Egloff, 1944-1945, 3 vol. (Collection Le Cri de la France. Série 2 ; 1 ; 2 ; 3), imprimés à Genève.
  • Trois études, Berger-Levrault 1945 (Rôle historique des places fortes ; Mobilisation économique à l'étranger ; Comment faire une armée de métier) suivi par le Mémorandum du 26 janvier 1940.
  • Mémoires de guerre
    • Volume I - L'Appel, 1940-1942 Plon 1954
    • Volume II - L'Unité, 1942-1944 Plon 1956
    • Volume III - Le Salut, 1944-1946 Plon 1959
  • Mémoires d'espoir
    • Volume I - Le Renouveau, 1958-1962 Plon 1970
    • Volume II - L'effort, 1962… Plon 1971
  • Discours et Messages
    • Volume I - Pendant la Guerre, 1940-1946 Plon 1970
    • Volume II - Dans l'attente, 1946-1958 Plon 1970
    • Volume III - Avec le Renouveau, 1958-1962 Plon 1970
    • Volume IV - Pour l'Effort, 1962-1965 Plon 1970
    • Volume V - Vers le Terme, 1966-1969 Plon 1970
  • Lettres, Notes et Carnets
    • Tome 1 - 1905-1918 Plon 1980
    • Tome 2 - 1919-juin 1940 Plon 1980
    • Tome 3 - Juin 1940-juillet 1941 Plon 1981
    • Tome 4 - Juillet 1941-mai 1943 Plon 1982
    • Tome 5 - Juin 1943-mai 1945 Plon 1983
    • Tome 6 - Mai 1945-juin 1951 Plon 1984
    • Tome 7 - Juin 1951-mai 1958 Plon 1985
    • Tome 8 - Juin 1958-décembre 1960 Plon 1985
    • Tome 9 - Janvier 1961-décembre 1963 Plon 1986
    • Tome 10 - Janvier 1964-juin 1966 Plon 1986
    • Tome 11 - Juillet 1966-avril 1969 Plon 1987
    • Tome 12 - Mai 1969-novembre 1970 Plon 1988
    • Tome 13 - Compléments de 1924 à 1970 Plon 1997
  • Textes, allocutions déclarations et notes. La Documentation française no 216 (25 septembre 1967)
    • Voyage en Pologne du général de Gaulle, président de la République (6 - 11 septembre 1967)

 

   - La conclusion  ambigüe de l'article a été complétée (texte souligné) en tenant compte de la remarque faite par le 1er commentateur  : " "la suite d'une histoire remontant à la Guerre de 1870, que beaucoup de Français, un siècle et demi plus tard, ont oubliée ...(errare humanum est)

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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 23:25

   Les Grands Hommes ...avec des Majuscules ...Voilà bien une expression contestable en France !...D'abord, parce qu'elle peut apparaître, en évoquant seulement les "hommes", comme une provocation envers les femmes ...avec des minuscules ...au lendemain de la Journée des Femmes ...Et ensuite, parce qu'en qualifiant certains hommes de "Grands" - au moral, bien sûr, même s'ils peuvent être petits physiquement - on contredit la notion universellement reconnue d'égalité figurant dans la Déclaration des Droits de ...l'Homme !

 

   Certes, sur le 1er point, les experts en sémantique ne manqueront pas de souligner que le mot "homme" n'est pas utilisé seulement pour le genre "masculin" et qu'il désigne aussi plus largement "l'humanité", c'est-à-dire à la fois les hommes et les femmes ...Mais pour désigner leur ensemble, c'est le mot "humanité" qui est utilisé, et non celui de "féminité" qui reste strictement limité aux femmes ...Il est vrai que le mot "humanité" est du genre "féminin" ...Ah ! les paradoxes de la langue française !...

 

   Sur le 2ème point, les experts en histoire, cette fois, sont loin d'être d'accord, car, même en élargissant le mot "hommes" aux "femmes", ils divergent sur l'appréciation de la "grandeur" ...Quand, au cours de la Révolution de 1789, il fut décidé de dédier le Panthéon (*) - au nom significatif - "Aux Grands Hommes la Patrie reconnaissante", le corps de Mirabeau, entre autres, y fut d'abord placé ...pour en être retiré ensuite pour cause de découverte d'une correspondance avec les "ennemis de la France" ...Et, par ailleurs, jusqu'à maintenant, il n'y a pas de femmes, alors que certaines femmes "ont bien mérité de la patrie", comme Marie Curie, par exemple... Et il y a ceux qui auraient pu y être, mais qui n'y sont pas, parce que l'histoire les a finalement désavoués alors qu'ils ont eu leur temps de "reconnaissance", comme Philippe Pétain .. ou parce qu'ils ne l'ont pas voulu, comme Charles De Gaulle, en dépit de la "reconnaissance" qui lui est toujours portée ...ou encore de François Mitterrand, qui avait pourtant déposé une rose (rouge) au Panthéon, après son élection en 1981 ...D'autres ont eu un sort particulier, comme Napoléon 1er, dont le corps a été rapatrié de l'île de Sainte-Hélène à l'Hôtel des Invalides sur l'ordre du Roi des Français Louis-Phlippe, soucieux de se concilier les bonapartistes après 1830 ...Quant aux Rois de France, du moins à partir des Capétiens, leurs corps ont longtemps été placés dans l'Abbaye de Saint-Denis avant d'être retirés et entassés dans une fosse commune en 1793 ...De l'utilité des morts en politique ...S'ils ont été des "grands hommes", ils ne sont jamais totalement morts !...

 

   Mais justement, si le sort des "grands hommes" est finalement aussi incertain, est-il vraiment utile de les honorer comme tels  ?... En fait, il apparaît que c'est moins leur "personne" - pas toujours exemplaire - qui est honorée, mais la période qu'ils symbolisent ...On a fait état récemment de la momie du pharaon Ramsès II, parce qu'elle évoquait l'apogée de l'Egypte antique ...On a parlé du siècle de Périclès à Athènes, comme plus tard on parlera su siècle de Louis XIV ...Le temps viendra peut-être où on célébrera le 20ème siècle comme celui de Charles De Gaulle, puisque, déjà, les partis de "Droite" comme de "Gauche" - qu'il avait pourtant condamnés - en font le symbole de la "grandeur française ...et que ses successeurs - sans exception - se sont accommodés des institutions qu'il a ...imposées à la France sous le couvert de référendums ...Car il y a la "vox populi", mais celle-ci ne donne pas toutes garanties, si on fait le tour d'autres pays : ainsi, à en juger par une enquête récente (**) sont primés ...le cycliste Eddy Mercks en Belgique, l'ancien dictateur Salazar au Portugal, Reagan avant Lincoln, Martin Luther King et Kennedy aux Etats-Unis, Léonard de Vinci devant Verdi et Galilée en Italie, Adenauer devant Martin Luther et ...Marx en Allemagne, Winston Churchill devant ...Lady Diana en Angleterre ...Evidemment, on ne risque pas ...d'y trouver Adolf Hitler ou Bénito Mussolini ou encore Saddam Hussein ...Les sociétés ne peuvent-elles donc pas vivre sans "Grands Hommes" ?...Jésus, lui-même devenu  ...l'un des plus grands hommes de l'humanité ...au point que certains l'ont élevé au rang de "Dieu" alors qu'il avait été vilipendé ...et crucifié de son temps ...ne disait-il pas "Heureux les petits, le Royaume des Cieux est à eux !" ...Le bonheur de l'homme n'est-il pas d'être anonyme ? ...Un  proverbe dit : "Pour être heureux, vivons cachés !"..


(*) http://fr.wikipedia.org/wiki/Panth%C3%A9on_%28Paris%29

 

(**) Revue Historia N° 10 Spécial Mars Avril 2013 - Les Grands Personnages de l'Histoire de France

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16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 23:24

      Il a toujours été impossible d'avoir du passé une histoire objective, en dépit des efforts des historiens, car l'histoire est par définition une relation incomplète - ne pouvant tout retenir - et plus ou moins partiale, en raison du contexte de son évocation ...

 

   Il en est ainsi de l'histoire des grands hommes - ou réputés tels - de l'histoire de France et, à l'instar de Clovis, de Henri IV ou de Napoléon 1er, celle de Louis XIV comporte des aspects encore inconnus ou délibérément écartés jusqu'à maintenant ...Tel est le sujet d'un numéro spécial de la Revue Géo-Histoire de 2011 montrant quelle fut la part "d'ombre" dans la vie du "Roi-Soleil"...

 

   Louis XIV fut dénommé le "Roi-Soleil" dès le début de son règne personnel en 1661 quand il affirma qu'il ne prendrait pas de 1er Ministre, ce que l'histoire a retenu dans l'espression : "L'Etat, c'est moi !" ...Mais cette dénomination ne fut pas une invention de courtisans soucieux d'obtenir ses bonnes grâces, car lui-même s'était fait dès son adolescence une haute idée de sa fonction, se considérant en qualité de Roi "très chrétien" sacré à Reims comme le représentant de Dieu sur terre, et de façon  ...plus païenne comme le Soleil règnant sur l'univers, des médailles montrant l'effigie de son visage entouré de rayons, avec la devise "Nec potior, nec par" (Nul ne le dépasse, nul ne le vaut) ...Il se considérait lui-même comme un nouvel ...Alexandre, et se faisait appeler "Louis-le-Grand", expression désignant encore le lycée de Paris le plus célèbre de France ...Et pour les français comme pour les étrangers, le symbole de son règne "brillant" reste le Château de Versailles, qui est encore maintenant le plus prestigieux des châteaux, où des actes historiques ont été signés (la proclamation de l'Empire allemand après la défaite française de 1871, ...et sa capitulation en 1919 après la victoire alliée de 1918 ) ...et où des manifestations officielles sont encore tenues (ex : la réception de Kennedy par De Gaulle le 1er juin 1961) ...Enfin, il avait su s'entourer d'artistes et de musiciens en leur conférant subsides et honneurs, entre autres l'architecte Lansart, le peintre Le Brun, le sculpteur Coysevox, le musicien Lulli, les dramaturges Racine et Molière, le fabuliste La Fontaine...

 

   Mais le Roi-Soleil avait aussi sa part d'ombre ...D'abord, pour réaliser ses rêves de grandeur, il a sacrifié des milliers d'ouvriers et de soldats, qu'il s'ag isse de l'hécatombe des hommes s'étant échinés à acheminer l'eau de l'Eure pour les "Grandes Eaux" du Château de Versailles ...et surtout des nombreuses guerres contre les autres pays d'Europe (guerre de Hollande, guerre de la Ligue d'Augsbourg, guerre de succession d'Espagne...), sans parvenir à des avancées territoriales et en commettant même des horreurs (dévastation du Palatinat) ...D'autre part, il a fait preuve d'une intolérance que n'avait pas manifesté son ancêtre Henri IV, en révoquant en 1685 son Edit de Nantes qui avait accordé des garanties aux Protestants, contraignant ainsi 200.000 d'entre eux qui ne voulaient pas se convertir au catholicisme à s'exiler, ce qui contribua, avec des calamités naturelles (sécheresse), à appauvrir fortement la France ...Finalement, au terme de 72 ans de règne, le plus long de l'histoire de la monarchie française (1643-1715 : régence de sa mère Anne d'Autriche + règne pdrsonnel), il laissa la France dans une situation difficile que son successeur Louis XV, assez indifférent et résigné ne pourra redresser ("Après moi, le déluge") ... Enfin, sur un plan personnel, si on peut ironiser sur la succession des "favorites" (les plus connues étant Louise de La Vallière, Athénaïs de Montespan et Françoise de Maintenon), on ne peut que réprouver la condamnation et l'exil de Nicolas Fouquet, dont il avait jalousé le luxe au château de Vaux-le-vicomte, ainsi que l'exil moins célèbre de Bassy-Rabutin qui avait osé brocarder les vices de la Cour dans une "Histoire amoureuse des Gaules" ...Et on n'en finirait d'évoquer les répressions (celle de la révolte des esclaves aux Antilles, celle des Camisards par des "dragonnades" dans le Languedoc...), et les emprisonnements sans jugement sur simple "lettre de cachet", notamment à La Bastille qui acquiert alors une réputation détestable comme symbole de la tyrannie ...Car Louis XIV,, en véritable tyran, voulait que tous ses sujets lui obéissent au doigt et à l'oeil, et même sa "Cour"était règlée par une "étiquette" implacable, allant jusqu'à préciser le nombre des révérences et l'ordre des repas ...Ainsi a-t-il incarné la monarchie "absolue" ...

 

   Mais l'homme qui avait voulu imposer au monde une sorte de "paradis" personnel ne put imposer à sa propre destinée une fin conforme à cette image, car il mourut dans les plus grandes souffrances, atteint de la goutte et de la gangrène, le 1er septembre 1715...

 

 

NB :  Le présent article s'inscrit dans une série devant corriger l'image stéréotypée présentée dans les livres scolaires et le plus souvente reprise par l'opinion courante pour les personnalités célèbres de l'histoire de France.

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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 21:22

   Napoléon ?...Quel Napoléon ? ...Puisqu'il y en a trois pour défrayer la chronique historique de la France au 19ème siècle ...En remontant le temps, Napoléon, le neveu, appelé au pouvoir après son élection comme Président de la 2ème République en 1848 et devenant Président à vie par un 1er coup d'état le 2 décembre 1851 - écho du sacre de son oncle le 2 décembre 1804 - avant de créer le Second Empire par un 2ème coup d'état le 2 décembre 1852 ...Il est celui que Victor Hugo appellera Napoléon le Petit, non sans injustice car il avait voulu sincèrement le bien du peuple - auteur de "L'extinction du paupérisme" en 1846 - mais il ne sut pas s'en faire aimer par une politique autoritaire défendant la bourgeoisie d'affaires par la répression sans cesse renaissante de l'agitation ...Sa destinée fut finalement interrompue par sa défaite de Sedan le 2 septembre 1870 contre la Prusse, entraînant sa déchéance ...Alors, s'agit-il de Napoléon II, le fils ?...Celui-ci a une destinée tragique, puisqu'il vécut en exil à Vienne, en Autriche, sans jamais revoir son père, et fut surtout connu sous le titre de Duc de Reichstadt, mourant de la tuberculose à 21 ans (1811-1832), sans héritier ..., sa vie ayant inspiré Edmond Rostand dans son drame de 'l'Aiglon" ...

   Car, effectivement il y eut "l'Aigle", son père, dit Napoléon le Grand, celui qui a pris place parmi les grands personnages de l'Histoire de France, après Clovis, Charlemagne, François 1er, Henri IV, Louis XIV ...celui qui a donné au pays, alors désordonné après la Révolution de 1789 et les luttes d'influence l'ayant suivie, des structures qui persistent encore, les fameuses "masses de granit", dont les plus célèbres furent le Code Civil, la Légion d'Honneur et les Lycées, autrement dit en assurant la primauté du Droit, du Mérite et de l'Education ...mais aussi celui qui porta loin le prestige de la France - trop loin, car ce fut au prix de plus de 5 millions de morts, et son rêve prémonitoire d'une Europe unie autour des acquis révolutionnaires se fracassa contre la coalition des anciennes familles souveraines de la Sainte-Alliance finalement victorieuses à Waterloo le 18 juin 1815 ..."Waterloo, morne plaine" ...dira encore Victor Hugo ...Un 18 juin, date symbolique dans l'Histoire de France ...Il y avait déjà eu la victoire de Jeanne d'Arc - autre "icône nationale"- à Patay le 18 juin 1429 ...et il y aura à lépoque contemporaine l'appel du 18 juin 1940 du Général De Gaulle ...Toujours est-il que Napoléon 1er est alors définitivement écarté par un exil imposé par l'Angleterre dans son île inconnue de Sainte-Hélène au milieu de l'Atlantique sud ...écarté de l'actualité, ...mais pas de l'Histoire, car naît dès ce moment la "Légende napléonienne", qui aboutira sous le règne de Louis-Philippe au transfert de ses cendres dans la crypte des Invalides à Paris, ...celles de son fils Napoléon II y étant également transférées en 1940 sur l'ordre de ...Hitler...

 

   Bien entendu, il existe une littérature abondante concernant Napoléon 1er, à commencer par ses propres écrits souvent méconnus : "L'Histoire de la Corse", "Dialogues sur l'Amour", "le Souper de Beaucaire" ...ainsi que sa correspondance prolifique ...et ses "Mémoires" dictées à son compagnon Las Cases pendant son exil final ...textes d'un "écrivain remarquable", diront plus tard Thiers, Sainte-Beuve et Stendhal ...Et, justement, vient de paraître un dernier livre, inspiré directement de ses écrits, et n'étant ni une hagiographie ni un pamphlet, que l'auteur, Jean-Marie Rouart, de l'Académie Française, a intitulé de façon significative " Napoléon ou la destinée " (*), et où il présente Napoléon 1er "tel qu'en lui-même", comme un homme qui doute le plus souvent et s'étonne presque naïvement de la destinée qui est la sienne

   "Ce qui m'a toujours fasciné chez Napoléon, ce ne sont pas tant ses hauts faits qui flattent l'honneur national  (...), que l'homme, si souvent au bord du gouffre. Ses échecs me parlent beaucoup plus que ses succès (...) Sous la surface dorée de la gloire, comme d'une mer souterraine, jaillissent ça et là, des crises de désespoir (...) Ainsi sa tentation au suicide ...A 25 ans, à Paris, il voulait se jeter sous la première voiture qui se présenterait; en Italie, il appelait la mort pour échapper aux souffrances que lui causait l'infidèlité de Joséphine de Beauharnais ( épisode de la prise du Pont d'Arcole rendu célèbre par le tableau du peintre Gros) ...A Fontainebleau, lors de sa 1ère abdication, il a avalé du poison ...suicide manqué mais qui montre, dans ce caractère invincible, un faille noire"

   ...et il ajoute : " Napoléon éclaire cette énigme mieux que quiconque ...parce que lui-même avait le sentiment d'être un élu du destin" ...

 

   Pourtant le destin semble se refuser à lui quand il n'est encore qu'un adolescent : d'abord il ne doit d'être français qu'au fait d'être né a Ajaccio en 1769, soit seulement un an après le rattachement de la Corse à la France ...d'autre part des doutes subsistent sur cette naissance, en raison des liens de sa mère, l'ardente Laetizia, avec le Marquis de Marbeuf, gouverneur militaire de l'île ...et, plus tard, Napoléon 1er lui-même s'interrogera sur l'héritage de  ...ses propres qualités militaires ...Néanmoins, comme tout adolescent en cette période de promotion précoce de la jeunesse, il s'imaginera un destin, mais ce n'est alors qu'un destin ...corse ...Une Corse autonome, déjà ...Mais l'homme fort de la Corse est alors Pascal Paoli, et celui-ci le rejette : peut-être le "mâle dominant" sent-il en lui un futur rival...

 

   Toujours est-il que voilà le jeune homme en France, où il effectue sa formation militaire à Brienne et à Paris, non sans rebuffades en raison de son accent et de son origine modeste (Napoleone Buonaparte ..."la paille au nez") ...Il devient officier d'artillerie et, en 1793, il se pose en admirateur de Robespierre, ce qui aurait pu lui valoir un destin de ...guillotiné . Mais il se fait valoir par son action décisive au siège de Toulon, ...puis par la répression d'une insurrection royaliste près de l'église Saint-Roch à Paris ...Entre-temps, il s'est épris de la belle Joséphine de Beauharnais, femme volage amie du Directeur corrompu Barras, lequel n'a rien de plus pressé que d'en faire le général chargé d'une campagne militaire en Italie ...Et c'est ainsi que son destin encore quelque peu scabreux va devenir une destinée brillante ...Il va rêver alors d'autres horizons et il accepte de faire contre l'Angleterre une campagne en Egypte, car elle lui ouvre la possibilité d'un destin en Orient, sur les pas d'Alexandre ...En fait, après le désastre naval d'Aboukir, il réussit à rentrer en France, échappant par miracle (ou par un nouveau coup du destin...) à la flotte anglaise, car des députés, las de l'anarchie du Directoire, cherchent un "sabre" pour remettre de l'ordre, et, après les refus successifs des généraux Hoche et Moreau, se tournent vers celui qui n'est encore que le général Bonaparte ...Cette fois, çà y est, il a trouvé sa destinée !... Non !...Pas encore ...Car le général Bonaparte est nommé au commandement de la garnison de Paris le 9 novembre 1799 (18 brumaire an VIII), mais le lendemain, lui-même et son destin bafouillent dans un discours fumeux devant le Conseil des Cinq Cents, où il est accueilli par des cris : "A bas le dictateur ! ...Hors la loi ! ...Vive la Constitution !..." Et il ne doit son salut qu'à son frère Lucien, Président du Corps Législatif, qui fait expulser avec sa garde "les factieux qui menaçaient la République ...et la vie de Napoléon Bonaparte"...Cette fois sa destinée est en marche ...On connaît la suite ...Elle le mènera finalement à Sainte-Hélène...

 

(*) Jean-Marie Rouart - Napoléon ou la destinée - Ed. Gallimard  Juin 2012

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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 17:42

   Il y a 4 ans, Obama était élu Président des Etats-Unis d'Amérique, ...suscitant un espoir considérable dans ce pays alors entraîné dans une crise économique suscité en son sein pat l'affaire des "subprimes" ...De surcroît, c'était un "noir" ou plutôt un "métis" né d'un père noir venu du Kénya et d'une mère blanche, mais pour les Américains il n'en était pas moins un "homme de couleur" ...et son élection avait valeur de symbole dans un pays qui avait vécu successivement au 19ème siècle la Guerre de Sécession à propos de la suppression de l'esclavage des noirs et le combat pour les Droits civiques au 20ème siècle ...Enfin était réalisé le rêve du pasteur Martin Luther King, qui sera pourtant assassiné : "I've a dream !"...Je fais un rêve...

 

   4 ans se sont écoulés, et le 6 novembre 2012 Obama est ré-élu ...Sa ré-élection est saluée avec joie, certes, mais sans l'enthousisme de 2008 ...Obama était conscient du problème : au début de son 1er mandat, il avait déclaré que "la chose la plus importante est de se souvenir des espoirs et des rêves que les Américains ont mis en vous" ...et, à la fin de son mandat, il reconnaissait "qu'il n'avait pas pu réaliser toutes ses promesses" ...Le rêve a-t-il donc été brisé ?...

 

   Après son élection en 2008, Obama semblait pourtant "être touché par la grâce" et toutes ses actions étaient saluées ...Ses promesses de désengagement de l'Afghanistan tranchent avec les "années Bush" ...et le jury d'Oslo lui décerne même le Prix Nobel de la Paix, témoignant d'une véritable "Obamania" dans le monde ...Mais bien vite il envoie des troupes supplémentaires et renonce à fermer la prison de Guantanamo où les conditions lamentables d'emprisonnement des terroristes avaient auparavant défrayé la chronique ...Et finalement, malgré le "coup de maître" de l'exécution de Ben Laden le 2 Mai 2011 - réponse tardive à la destruction des "twin towers" de New-York le 11 septembre 2001 - la décision de retrait signe l'échec américain en Afghanistan ...Et le reste de sa politique extérieure manque d'efficacité : il ne parvient pas à arrêter la marche forcée de l'Iran vers la bombe nucléaire, ni a à apporter une solution au problème palestinien en raison de la persistance des implantations israêliennes en Cisjordanie ...et si, à l'occasion du "printemps arabe", il paricipe à l'opération victorieuse de l'OTAN contre Khadafi en Libye, il n'a toujours pas réussi à obtenir l'éviction d'Assad en Syrie ...Avec la Russie, en dehors de la ratification du traité "Start", les relations ne sont qu'épisodiques ...Et avec la Chine, la politique de conciliation est d'autant plus vaine que les Etats-Unis sont largement débiteurs envers ce pays sur le plan économique ...Car ils se sont enfoncés dans une dette abyssale (16 milliards de dollars, soit 12 milliards 500 millions d'euros) en raison de la facilité offerte par l'utilisation du dollar comme monnaie d'échange dans le monde ..., ce qui a justifié une action commune dans le cadre du G 20 - avec la participation de l'Union Européenne, et notamment de l'Allemagne d'Angela Merkel et de la France de Nicolas Sarkozy - afin d'éviter une crise financière à l'image de celle de 1929 ...Il en est résulté aux Etats-Unis une ruine de certains secteurs industriels comme celui de l'automobile (exemple : les "friches" de Detroit) et une montée record du chômage (8 % de la  population "active")...

 

   Par contre Obama a mené à bien sa réforme de la couverture médicale, avec l'obligation de souscrire une assurance -maladie, ce qui lui a d'ailleurs valu une accusation de "communisme" de la part de ses adversaires républicains, défenseurs acharnés du "libéralisme" ...De même, il a promulgué une loi sur la parité des salaires en faveur des femmes, défendant aussi pour elles le droit à l'avortement et le remboursement des moyens de contraception ...Et il a favorisé l'insertion des "minorités" (surtout les "afro-américains" noirs et les "latino-américains"en constante progression) ...Plus incertaine a été son action pour l'environnement, car sa promesse de réduction du pétrole avant ...2030 ne l'a pas empêché d'encourager l'utilisation du gaz de schiste, et le recours aux énergies renouvelables (notamment éolienne) est loin de compenser une réduction éventuelle de l'énergie nucléaire ...

 

   Manifestement, une majorité des électeurs américains a estimé que les réussites ont été plus importantes que les échecs ...et Obama a donc été ré-élu en 2012, ne rejoignant pas le camp des anciens "gouvernants" du monde chassés par la crise (Brown en Angleterre, Berlusconi en Italie, Aznar en Espagne ...et Sarkozy en France) ...Bien sûr sa ré-élection a été beaucoup plus difficile que son élection en 2008 : d'abord, la participation est tombée de 62 % à environ 50 %, signe de désaffection ...d'autre part l'écart avec son rival républicain s'est réduit à 50,2 % contre 48 % au lieu de 52,9 % contre 45,6 % en 2008, soit pour lui une perte de 8 millions de voix ...Et le Congrès est toujours divisé entre un Sénat à majorité Démocrate et une Chambre des Représentants à majorité Eépublicaine, ce qui ne peut que lui compliquer la tâche pour son prochain mandat ...Il est vrai qu'en vertu de la limitation constitutionnelle à deux mandats, il est maintenant libre d'agir sans préoccupation électoraliste, et il ne manquera pas de travail : réduction de la dette, ce qui suppose des économies budgétaires et un alourdissement des impôts nécessairement impopulaires ...Redressement de l'industrie, notamment dans les secteurs de pointe porteurs d'avenir ...Baisse du chômage ...Intégration des étrangers ...Lutte contre la drogue et la criminalité ...Et, à l'extérieur, une politique plus ferme dans le Moyen-Orient ... et une collaboration plus active avec la Chine dans le "pôle" du Pacifique appelé à relayer le "pôle" ancien de l'Atlantique , et ceci sous peine d'une marginalisation des Etat-Unis ...Car le temps n'est plus où les Etats-Unis étaient , après l'implosion de l'URSS en 1989, la seule "grande puissance" mondiale ...Désormais, le monde est éclaté entre plusieurs grandes puissances, avec l'Europe - si elle assume son unité - la Chine, l'Inde, le Brésil, ...bientôt l'Afrique du Sud, le Nigéria ...et la Rusie renaissante ...Le temps n'est plus au "rêve", et Obama joue sa réputation historique dans une confrontation aux réalités ...

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