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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 18:05

   Le goût des Français pour les anniversaires les ont conduits cette fois à célébrer avec éclat le "trentenaire" de la suppression de la peine de mort dans leur pays le 18 septembre 1981, à l'instigation de Robert Badinter, alors Ministre de la Justice (*) ...Mais cet éclat ne doit pas dissimuler que cette suppression n'avait pas alors reçu leur accord, puisqu'environ 60 % d'entre eux y étaient alors hostiles, suite à divers crimes, il est vrai ....Il a fallu une évolution des mentalités, encouragée par la pression des organismes internationaux (ONU, Union Européenne) et la suppression ou la non-application de cette peine dans la majorité des pays du monde (140 sur 192 en 2009), pour que, désormais, une majorité des Français - soit environ 80 % - approuve son abolition ...Et il paraît peu vraisemblable que, sauf crise grave - extrêmisme politique ou guerre - cette abolition  soit remise en cause...

 

   Pour autant, la suppression de la peine de mort, comme auparavant et inversement la peine de mort elle-même, n'a jamais fait l'unanimité ...Il s'agit en effet d'un problème particulièrement difficile qui a préoccupé les sociétés humaines dès la plus haute Antiquité et certainement même avant, même si on n'en n'a pas gardé de preuve écrite ...La peine de mort, d'une façon générale, était infligée à ceux qui mettaient gravement en cause les règles de vie de la communauté, pour des raisons à la fois sociales et religieuses, car un crime n'était pas seulement une atteinte aux hommes, mais une offense aux dieux ...Et, à l'origine, cette peine était appliquée suivant le principe de la réciprocité appelée plus tard la "loi du talion", comme dans le Code d'Hammourabi en Mésopotamie (vers 2000 av.JC) où était exécuté celui qui avait tué, non seulement par meurtre volontaire, mais celui qui était responsable de la mort de ses semblables, comme un architecte dont une maison mal construite s'était écroulée sur ses habitants ...Mais dès l'Antiquité, aussi, l'application de la peine de mort était déjà contestée : Aristote lui préfère le principe d'indemnités pécuniaires ...et les Romains ne l'appliquaient pas, du moins pour les citoyens, car les étrangers et les esclaves pouvaient en être les victimes, à l'image de la crucifixion dont Jésus-Christ a été la plus célèbre victime ...

 

   En fait, pour comprendre ces réserves, il faut réfléchir à la notion même de "peine de mort" :

   - La "peine" elle-même doit être définie comme une "punition", c'est-à-dire la "sanction d'une faute", et, comme la faute peut être plus ou moins grave, la sanction a été dans la plupart des pays "codifiée" par des lois appliquées par la justice. Et cette codification peut aller, si la faute est prouvée,  de la simple réprimande ...à la mort.

   - La "mort" est, par sa nature même, la sanction extrême, puisqu'elle est "définitive" et donc sans appel. Elle exclut toute possibilité de rachat du condamné et peut être interprétée comme la volonté - sans "état d'âme" - de la société concernée de se débarrasser d'une personne jugée dangereuse et néfaste.

 

   Mais, si la "peine" peut être jugée "nécessaire", la question peut être posée de savoir si la "mort" est vraiment la solution "obligatoire" pour protéger la société du risque posé par un "criminel" , ...et la réponse n'est pas évidente :

   - D'abord, suivant l'axiome connu, "l'erreur est humaine", et il y a, en France comme dans d'autres pays, des exemples célèbres "d'erreurs judiciaires". Or

il va de soi que l'exécution d'une peine de mort est irréparable sur le plan moral, quand bien même sont prévues des indemnités financières...

   - Ensuite, l'exécution de la peine de mort n'a jamais eu de caractère exemplaire, non seulement parce qu'elle n'entraîne pas de réduction durable de la criminalité, mais parce qu'elle peut attiser la cruauté populaire, comme cela arrivait en France quand elle était publique avec la hideuse guillotine, ou  en Arabie avec la décapitation au sabre, ou encore en Iran ou Irak avec la pendaison-strangulation... 

   - Enfin et surtout, les hommes n'ont jamais su, ...de leur vivant, ce qu'est la mort ...Et condamner une personne à mort, c'est donc la condamner à ce qu'on ne connaît pas : le néant ?...Ce serait ...euh ...le moindre mal ...Mais s'il y a un au-delà ?...Dieu, s'il existe, ne sera pas tenu par la justice des hommes et il poura, à l'exemple de Jésus-Christ, pratiquer la rédemption ...Et, s'il y a, à l'image du bouddhisme, un Nirvana où baigne la béatitude, n'est-il pas paradoxal d'y envoyer un criminel ?...

 

   L'incertitude de la réponse à ces réserves a conduit naturellement les "abolitionnistes" à trouver ce qu'ils appellent des "peines de substitution" ...et la plus grave peut évidemment être "l'emprisonnement à vie", encore appelé la "réclusion perpétuelle" ...Mais ces termes sont inappropriés, notamment en France, où la perpétuité n'est pas ...sans limite, contrairement à sa définition, mais dure au pire ...18 ans, et encore ...cette peine peut être réduite de moitié au terme de 9 ans ... si le juge d'application des peines considère que le condamné a eu une bonne conduite (en prison ...?! ) ...Robert Badinter  lui-même avait déclaré en 1981 que cette durée était suffisante car "la peine de mort est un supplice, et on ne remplace un supplice par un autre" ...On aurait aimé  qu'il déclare en même temps une sollicitude au moins égale pour les familles des victimes des criminels, ce qui n'a pas été le cas...(**)

 

   Que faire alors ?...Manifestement, il n'y a pas de "solution-miracle" qui puisse faire l'unanimité ...Les Etats doivent rechercher et mettre en oeuvre tous les moyens pour diminuer la criminalité, notamment  par la prévention en assurant une plus grande équité sociale et en procédant à une ré-éducation des jeunes délinquants en temps utile ...Mais la criminalité peut avoir des causes personnelles tenant à la personnalité des individus : S'il y a déficience mentale - celle-ci peut survenir pour des personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer -  il n'y a rien de choquant à maintenir ces personnes dans un établissement spécialisé si celui-ci assure des conditions convenables dûment contrôlées, ce qui n'est malheureusement toujours le cas ...S'il y a déviation sexuelle d'individus dont on dit qu'ils ont des "pulsions", et si les services hospitaliers n'ont pas la possibilité de contrôler les soins prévus dans ce cas, il n'y a pas d'autre solution que de garder ces individus sans attendre qu'ils fassent de nouvelles victimes en récidivant, à fortiori si un viol est suivi de mort ...D'ailleurs, il y a des cas où d'individus suffisamment conscients pour comprendre qu'ils peuvent être dangereux, et demandant eux-mêmes à être enfermés ...Un comble, dans une société qui se veut libérale et permissive ...


 

(*) En fait, il s'agit de la date du vote de l'Assemblée Nationale qui l'a alors adoptée par 369 voix contre 113. La loi elle-même a été promulguée le 9 octobre 1981. Elle a ensuite été inscrite dans la Constitution le 19 février 2007.

 

(**) Information incomplète : lire les commentaires n° 3 et 4 de Jacques.

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25 février 2007 7 25 /02 /février /2007 10:11

   Montesquieu, dans "L'Esprit des Lois" (1748), a énoncé le principe de la "séparation des 3 pouvoirs" - exécutif, législatif et judiciaire - qui est devenu le fondement du régime démocratique, notamment en France... En fait, il n'avait pas prévu l'importance que devait prendre un 4ème pouvoir, celui de la "communication" qui, sous des formes diverses sans cesse plus développées - presse, radio, télévision, internet...- est désormais désignée sous l'appellation de "médias"... Et pourtant, en son temps, Montesquieu, comme les autres "philosophes" Voltaire, Diderot, Rousseau, D'Alembert..., avait participé aux premières manifestations de la liberté de l'information, qu'il s'agisse de la discussion dans les "salons" à la mode ou de la rédaction de l'Encyclopédie... Certes, cette liberté n'était alors l'apanage que d'une "élite intellectuelle"..mais elle contribua néanmoins par la force des idées à la chute de l'Ancien Régime et marqua ainsi la naissance de ce qu'on appela, au 19ème siècle, après maintes péripéties, la "liberté de la presse" illustrée notamment par l'Affaire Dreyfus et le fameux "J'accuse" d'Emile Zola dans "L'Aurore"... Sauf pour l'intermède de Vichy (1940-44), elle n'a plus ensuite été remise en cause...

   Mais alors s'est posé le problème de l'utilisation de cette liberté, avec l'apparition de moyens ajoutant successivement à "l'écrit" de la presse, la "voix" de la radio et la force des "images" de la télévision et d'internet... Les responsables politiques le comprennent rapidement, à l'instar du Général De Gaulle lui-même qui, après son "Appel du 18 juin 1940 " à la radio de Londres, multipliera ses interventions et ses conférences de presse à la télévision entre 1958 et 1969... Et il faudra ensuite une multiplication des chaînes pour institutionnaliser, avec le CSA, une "ouverture" pratiquement sans limite... Au point que, désormais, les Français s'interrogent en sens inverse sur l'usage abusif qui peut être fait de cette liberté...

   A ce titre, il est utile de relever les conclusions d'un sondage effectué en commun par la SOFRES et le journal La Croix dans son numéro du 14 Février 2007 :

   - La 1ère conclusion est que la demande d'information reste forte : enregistrée à 62 % au 1er sondage de 1987, elles reste stable entre 70 et 75 % pendant les 20 éditions suivantes (à noter qu'elle est plus forte chez les hommes que chez les femmes ...et plus forte chez les "jeunes" que chez les "vieux"). Néanmoins, on peut s'étonner du maintien d'une minorité de 25 % - plus importante qu'un simple "noyau" - de gens indifférents aux médias...

   - La 2ème conclusion est que les Français n'ont qu'une confiance limitée dans les médias. En particulier 60 % doutent que les journalistes soient indépendants à l'égard des pouvoirs de la politique et des pressions de l'argent, et cette proportion a peu varié depuis 1987 où l'éditorialiste Noël Copin évoquait déjà "la crise de confiance envers les médias"... Dans le détail, en 2007, ils estiment que les médias ont trop parlé ...du "coup de boule de Zidane" (81 % !), de la Guerre en Irak (51 %), des caricatures de Mahomet (48 %), du CPE (48 %) et de l'Affaire Clearstream (43 %) ... et pas assez parlé ...du réchauffement climatique (52 %) ...et de l'entrée de la Bulgarie et de la Roumanie dans l'Union Européenne (49 %).

   Ces conclusions sont intéressantes parce qu'elles ne vont pas dans le sens des idées toutes faites prêtées aux Français par les médias... Alors même qu'on les assomme de certaines émissions de variétés plus ou moins racoleuses - pour cause "d'Audimat" ! - ils sont demandeurs d'émissions scientifiques et littéraires repoussées - quand elles existent - après 22 heures (sauf Arte)... Et alors que les médias veulent encore aller dans le sens du vent - toujours pour "l'Audimat" ! - à propos des élections présidentielles, ils estiment avec sagesse qu'on accorde une place trop importante à Nicolas Sarkozy (58 %) et Ségolène Royal (50 %) ...et pas assez importante à tous les autres candidats, de Corinne Lepage (43 %) à François Bayrou (51 %)... Façon très claire de refuser la manipulation ...et avertissement salutaire à ceux qui oublient qu'en 1995 et 2002 les résultats des élections n'ont pas du tout été conformes aux "prévisions" des médias...

   Il apparaît donc désormais nécessaire de tisser une nouvelle confiance entre les médias et le public... Et, à ce titre, les journalistes, en raison d'une compétence leur permettant d'exercer un rôle de "médiateurs", ont intérêt à revoir leur attitude dans le sens d'une plus grande rigueur envers les "puissants" et d'un plus grand respect pour un public pas aussi  "vulgaire" qu'ils peuvent le croire... A cet égard, le recours de Ségolène Royal à une "démocratie directe" auprès d'un public n'ayant pas pourtant toutes les compétences doit être pour eux une "sonnette d'alarme"...

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5 novembre 2006 7 05 /11 /novembre /2006 09:23

  Dans notre pays qui prétend être la "patrie des droits de l'homme", on affirme de plus en plus le souci de la "transparence", au nom d'une liberté conçue comme un principe absolu... Et on l'applique notamment aux institutions dans la mesure où, conformément à un propos récent du Président de la République, "la démocratie doit toujours progresser dans le sens de davantage de transparence, afin de satisfaire une aspiration légitime des Français à plus de participation à la vie publique"...

   Il est tout-à-fait légitime de souhaiter que les Français participent à la "politique" de leur pays, au sens noble du terme, et ils ont la possibilité de le faire dans les multiples élections qui leur sont proposées (présidentielles, législatives, régionales, cantonales, municipales...) ainsi que, le cas échéant, à des référendums... Et il est également légitime de regretter que leur participation aux divers scrutins soit parfois insuffisante...

   Pour autant, il ne faut pas confondre "participation" et "voyeurisme", et considérer que tout doit être "montré" et "contrôlé" suivant l'adage que "toute vérité est bonne à dire"... A ce titre, l'actualité donne l'exemple d'excès où le "danger" confine avec le "ridicule" :

   - Les "jurys citoyens" de Ségolène Royal ont certes une apparence de démocratie. Dans un pays parfois accablé par des "affaires" et tenté par un certain "antiparlementarisme", il peut paraître utile de soumettre les élus à des "jurés tirés au sort" devant surveiller l'application de leurs promesses électorales et, plus largement, l'utilisation de leur mandat... Mais c'est oublier que l'élection "suivante" est le meilleur moyen de contrôle, assuré par le suffrage "universel" et non par un conseil "restreint" et aléatoire... C'est oublier aussi que, conformément à l'article 27 de la Constitution, un élu doit garder la liberté de son vote (et peut donc éventuellement se tromper et en répondre...), tout mandat impératif étant (théoriquement...) nul... C'est oublier enfin que la plus grosse partie du travail d'un élu est de recevoir ses électeurs et de tenir ainsi le plus souvent un rôle "d'assistant social"... pour appuyer des demandes de secours légitimes... mais aussi pour "pistonner" des demandes personnelles ou professionnelles... On imagine le "bazar" si ce travail était soumis à la curiosité populaire...

   - La "télévision du Conseil des Ministres" proposée par Dominique de Villepin est un autre "avatar" de cette transparence "clinquante"... Apparemment quoi de plus séduisant que de permettre au "bon peuple" de voir son gouvernement fonctionner... Mais en fait une telle publicité ne pourrait être que "formelle" et "partielle" : la 1ère partie du Conseil consacrée aux Lois et Décrets aurait vite fait de "raser le public"... La 2ème partie réservée aux décisions générales ne pourrait pas le plus souvent être publique, quand il s'agirait de "mesures de sécurité nationale" ou des "intérêts stratégiques de la nation", comme l'a d'ailleurs rappelé le Président de la République responsable... Enfin la 3ème partie se rapportant à la nomination à de "hauts postes" ne concernerait que les personnalités en cause ou, tout au plus les "corps" auxquels elles appartiennent...

   Malheureusement, il y a aussi des exemples où le "ridicule" n'amusera plus, mais pourra ..."tuer", conformément cette fois à l'adage... Il s'agit cette fois des excès des "médias" :

   - Puisque les responsables de la télévision (publique...) ont cru devoir présenter un film en 6 épisodes de l'affaire Vuillemin, il est bon de rappeler - 22 ans après le drame - que le "battage" des journaux avait alors pousser le père de l'enfant martyr à tuer son beau-frère... et qu'ensuite sa mère avait fait l'objet d'un "lynchage médiatique" qui persiste encore malgré son acquittement après emprisonnement... Et tout cela parce qu'à l'époque "l'affaire" était devenue un "business" où la soi-disant "vérité" n'était que du "vérisme" sans réelle "véracité"...

   - De même, on nous inflige actuellement le spectacle des autobus brûlés dans les banlieues de Paris.. et on nous refait même le coup des jeunes désoeuvrés que la "société" ne prend pas suffisamment en compte... En fait les "fauteurs de troubles" sont souvent des adolescents que la loi ne permet pas de garder en prison parce qu'ils sont encore "mineurs"...et rien ne peut les empêcher de continuer, sauf une forte emprise de la police qui ne manquera pas d'être rapidement dénoncée... Et alors les voyous seront ravis de voir le résultat de leurs "exploits" à la télévision qui les montrera complaisamment au nom d'un pseudo-devoir de "tout montrer" et parfois même de faire un "scoop"... Et ainsi d'autres voyous voudront en faire autant à Marseille, quitte à brûler une pauvre jeune fille...

   Il y a pourtant un proverbe ancien et fort simple affirmant que "la liberté de chacun s'arrête où commence celle des autres".. Rousseau parlait déjà de "Contrat social"... Quand, dans le domaine public, saura-t-on en France fixer enfin une "déontologie de la transparence" ?...

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26 janvier 2006 4 26 /01 /janvier /2006 14:32

   S'il est un domaine qui concerne désormais la quasi-unanimité des français,c'est bien la télévision, qui a largement supplanté la radio malgré les efforts méritoires de celle-ci, notamment pour la matinée...

   Mais la télévision n'en est plus à cette époque héroïque où elle était un service "exclusif" d'Etat - parfois même au service de "l'Etat" - avec des journalistes (Sabbagh, Darget, Decaunes, Zitrone...), des présentatrices (Jacqueline Joubert, Catherine Langeais, Jacqueline Caurat, Denise Fabre...), et des émissions (La Caméra explore le temps, Cinq colonnes à la Une...), qui ont laissé un souvenir vivace...

   Il y a maintenant un grand nombre de chaînes, offrant un choix presque sans limite  aux téléspectateurs... Aux chaines "hertziennes" gratuites (1-2-3-5-6), se sont ajoutées en 2005 des chaînes "numériques" (TNT) également gratuites...Et, parallèlement, à la chaîne "hertzienne" cryptée (Canal +), sont venues se joindre des chaînes "numériques" payantes... sans oublier les chaînes cablées et les "bouquets" de satellites... Certes tous les téléspectateurs ne reçoivent pas toutes les chaînes, mais leur choix reste grand...

   ... Un choix tellement grand qu'on peut s'interroger sur la nécessité d'un choix entre télévision publique et télévision privée... En effet le téléspectateur "moyen" ne regarde les chaînes publiques que dans une proportion très minoritaire et actuellement en constante diminution (20 à 30%), et il peut non sans raison juger abusif le paiement d'une redevance... Et ceci d'autant plus que le "trou" financier des chaînes publiques commence à concurrencer celui de la Sécurité Sociale (frais de personnels - environ 50% - et contrats parfois mirobolants aux producteurs - 146 millions d'Euros en 2005 contre 77 en 2000...), et qu'il peut donc être tentant d'augmenter la redevance...

   Bien sûr, il y a la possibilité d'augmenter les plages publicitaires sur les chaînes publiques, mais le "marché publicitaire" est limité et les chaînes privées résisteront : déjà le Gouvernement Jospin avait eu des difficultés à faire passer la publicité de 5 à 8 minutes sur les chaînes publiques... Si, néanmoins, il y a un alignement - nécessité faisant loi - , l'argument de la qualité des chaînes publiques ( pas de coupure d'émission) ne tiendra plus, et alors il vaudra peut-être mieux n'avoir que des chaînes privées travaillant en libre concurrence avec le seul contrôle du Conseil National Audio-Visuel... et n'exigeant plus de redevance...

   Evidemment, c'est une "proposition audacieuse", comme dirait Jacques Heurtault (Cf. Liens )...

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11 novembre 2005 5 11 /11 /novembre /2005 00:00

   L'agitation des banlieues à l'automne 2005 pose à nouveau, dans le domaine de l'information, le problème de savoir si, suivant le dicton populaire, "toute vérité est bonne à dire"...

 

   - Sur le plan du principe, il ne semble pas y avoir de discussion possible : la "vérité" est, sur le plan de la "morale" - entendue au sens des règles de la vie en société - un droit imprescriptible, et les médias ne manquent pas de le rappeler pour justifier leurs textes et leurs images, criant à la "censure" dans le cas contraire...

 

   - Mais sur le plan de la pratique, on peut néanmoins concevoir des réserves : il peut en effet y avoir quelque chose de malsain à montrer n'importe quoi sans précaution, qu'il s'agisse d'une insistance complaisante sur le chagrin des gens ou, pire encore, de mettre en valeur des images d'incendies ou des déclarations de voyous, qui ne font qu'entraîner une surenchère... et apparaissent alors comme un manquement grave à un devoir élémentaire...

 

   Existe-t-il donc un moyen, pour l'information, de concilier le droit et le devoir  ?  Dans un tel domaine, il paraît difficile de "légiférer" car toute limite - même prise au nom du bien public par une Assemblée démocratiquement élue - serait ressentie comme une atteinte à la liberté de la presse... Par contre, il est tout à fait admissible que les "professionnels de l'information" élaborent d'eux-mêmes un Code sous l'égide d'un "Ordre des journalistes", à l'instar de la déontologie des médecins... Un tel code leur permettrait d'ailleurs d'éviter les débordements et excès divers, voire les publications scandaleuses, qui déshonorent parfois la profession. Et il serait d'autant plus facile à accepter que des règles de conduite sont déjà appliquées par une majorité de journalistes sérieux...

  

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