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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 23:59
   La France est certainement le pays du monde ayant le plus grand nombre de lois, mais elle n'est pas - tant s'en faut - le pays le plus discipliné ...et elle prend le chemin d'être aussi le pays le plus ridicule en légiférant sur une question de vêtement...

   Le port du vêtement est aussi ancien que l'humanité, et il est même un des éléments l'ayant distinguée du reste du monde animal ... Et longtemps il n'a été que le moyen de se protéger contre les excès du climat : "Lorsqu'avec ses enfants vêtus de peaux de bêtes ...", rappelle Victor Hugo... Et même si, dans l'Antiquité comme au Moyen-Age, le vêtement devient plus raffiné, - avec des pagnes, braies, toges et robes ... - il n'a qu'un but "utilitaire", et non pas de "décence", comme l'atteste l'usage de "bains collectifs" ...En fait, c'est l'Eglise qui, en Occident et surtout avec la Contre-Réforme et le Concile de Trente voulant "discipliner les moeurs" au 16ème siècle, a "culpabilisé" certaines parties du corps, qu'il s'agisse des organes sexuels ou, pour les femmes, de la poitrine ...Comme dit le Tartuffe de Molière : "Cachez ce sein que je ne saurais voir" ... Et la pudeur a même tourné à la pudibonderie, puisqu'il fut un temps où, en France comme dans d'autres pays, la femme ne devait pas montrer ses mollets, voire ses cheveux qu'il convenait de couvrir d'un fichu ou d'un voile ... Les prêtres, quant à eux, portaient des soutanes, ...et les moines et les nonnes des robes ...descendant de la tête aux pieds... Au début du 20ème siècle, même les militants les plus anticléricaux ne trouvaient rien à redire à de tels vêtements, ne serait-ce qu'en vertu (!) de la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat prescrivant de ne pas se mêler des affaires de l'Eglise, en contrepartie de la non-intervention de celle-ci dans les affaires publiques ...Et c'est finalement l'Eglise qui, à la suite de la libéralisation introduite par le Concile Vatican II en 1962, a eu le souci de rendre moins "ostensible" la tenue des membres du clergé, limité pour les hommes au costume de "clergyman" et pour les femmes à une petite robe et un foulard, avec une croix discrète... L'opinion s'était accommodée de cette situation et considérait même avec sympathie les vêtements "exotiques", comme le "boubou" des Sénégalaises ou le "sari" des Indiennes...

   Alors, pourquoi cette hostilité actuelle contre les vêtements des femmes Voiles-islamiques.jpgmusulmanes ?...ou, du moins, de certains d'entre eux, car il faut distinguer le "hijab", qui est un simple voile recouvrant la chevelure et le cou mais pas le visage, ...le "tchador ", d'origine iranienne, déjà plus fermé puisqu'il recouvre le front et le cou, ...le "niqab", surtout porté dans les pays arabes et asiatiques, ne laissant apparaître que les yeux, ...et la "burqa" ou "tchadri", utilisée à l'origine seulement en Afghanistan et couvrant complètement la tête et le corps, avec un grillage au niveau des yeux ...L'hostilité est manifestement proportionnelle à l'importance de la "dissimulation", et l'origine de celle-ci prête à discussion : certains affirment qu'elle perpétue une tradition "machiste", antérieure à l'Islam, faisant de la femme un être inférieur ...et se retrouvant d'ailleurs dans la tradition judéo-chrétienne, puisque la femme - même si elle a, tardivement, acquis la citoyenneté - n''accède toujours pas au rabbinat et à la prêtrise, sauf dans quelques courants minoritaires ...D'autres incriminent l'Islam, et il est vrai que, dans le courant "salafiste" très intégriste, le port du voile, et notamment de la "burqa" est imposé par le mari et justifie le reproche "d'abaissement" et "d'asservissement" invoqué par les responsables politiques de toutes tendances en France... Mais il faut savoir aussi que cette obligation est souvent consentie, voire souhaitée, par la femme elle-même, qui marque alors son attachement à une tradition de pureté religieuse ...Et inversement il faut reconnaître que les responsables du culte musulman, en France et ailleurs, soulignent qu'aucune sourate du Coran n'impose le port d'un voile à la femme, même s'il lui recommande une certaine réserve ...Finalement, on peut être amené à penser que le problème est lié à une certaine intolérance du "Français de souche" - de formation "judéo-chrétienne", même s'il n'est pas pratiquant - intolérance non sans rapport avec le "terrorisme" pratiqué par des extrêmistes islamiques...

   Ce n'est par hasard que cette intolérance s'est  manifestée d'abord à "l'école", profondément marquée par le principe de la "laïcité" conçue, non comme une ouverture à tous les courants philosophiques ou religieux, mais comme une interdiction de la religion, naguère seulement chrétienne, et maintenant également musulmane ... Elle a donné lieu à une longue période d'agitation, à partir de cette affaire du "tchador" dans un collège de Creil en 1989, qui s'est étendue à d'autres établissements, les militants de la laïcité oubliant d'ailleurs que la suppression de la blouse "uniformisatrice" - jugée après les évènements de 1968 "traumatisante" pour les élèves - avait permis l'utilisation de tenues diverses par les élèves et facilité ainsi l'expression de "différences " sociales ...et donc, aussi, religieuses ...Et c'est ainsi que le pouvoir politique s'est mêlé pour la 1ère fois de "vêtements", en promulguant la loi du 25 mars 2004 appelée la "loi  sur le voile islamique", même si elle est plus générale et proscrit dans les écoles, collèges et lycées le port de tout signe manifestant de façon "ostensible" une appartenance religieuse, et englobant donc la "kippa" des juifs et les "grandes" croix (?...) des chrétiens ...

    Le problème est que, désormais, à propos de la "burqa", le pouvoir politique veut passer de l'interdiction dans un "lieu public" comme l'école - ayant ses propres règles dans un  cadre géographique précis ... à une interdiction dans tout "l'espace public", c'est-à-dire dans les rues ou  les places fréquentées par "tout le monde" ...où, par conséquent,  la liberté individuelle doit être respectée, à la seule condition de "ne pas troubler l'ordre public" ...A qui fera-t-on croire alors qu'une femme arborant une "burqa" trouble l'ordre public ?...C'est plutôt ceux qui s'attaqueraient à elle ...qui le troubleraient, et le prétexte d'être "provoqué" serait pour le moins contestable ...Et si l'on s'engage dans des considérations de tenue, faudra-t-il bientôt s'occuper des pantalons bouffants des hommes, ou de la taille de leur barbe ?... Et ceci alors que la mode "européenne" se livre parfois à des excès contestables, notamment pour les femmes, comme naguère la "mini-jupe" ...ou les "exhibitions" sur les plages ...sans parler des "publicités "aguichantes" ...

   Car il n'y aura pas de raison de se limiter au "vêtement" ...c'est-à-dire de la façon dont on s'habille ...Il faudra aussi se préoccuper de la façon  ...dont on se déshabille ... Naguère, il y avait la loi condamnant les "attentats à la pudeur", conformément à l'article 222-3 du Code Pénal, mais les cas restaient rares, dans une société ayant conservé du "savoir-vivre" ...Mais les moeurs ont évolué : depuis longtemps déjà, la loi tolère le "naturisme", s'il est pratiqué "dans un environnement particulier, aménagé à cet effet" et n'est donc pas "imposé à autrui" ...et la jurisprudence depuis 1989 souligne que "la nudité n'est pas un délit" et que, "sans attitude provocante ou obscène, elle ne constitue pas un outrage à la pudeur" ...Aussi le nudisme, d'abord pratiqué dans des camps isolés du regard des "voyeurs", commence à s'étendre sur les plages ordinaires en présence des "textiles", au moins en ce qui concerne le "haut" pour les femmes ...Et on peut donc prédire que, bientôt, le pouvoir politique devra réglementer la nudité, parallèlement à la réglementation du vêtement ...Selon les circonstances et suivant les personnes, les ...gendarmes de Saint-Tropez ...devront prier les gens "de se rhabiller" ou de se "déshabiller"...

   Finalement, ne peut-on pas tout simplement faire appel au bon sens qui est, suivant la formule de Descartes, "la chose au monde la mieux partagée" ?... En l'occurrence, est-il utile de promulguer une loi pour environ 3000 personnes portant une "burqa" alors qu'il y a 3.500.000 musulmans en France et que la population de celle-ci est de 62.500.000 habitants ?... Ne suffit-il pas de confier "l'affaire" aux responsables du culte musulman pour tempérer l'ardeur de femmes souvent "de bonne foi" ?...

 

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Published by Jean Daumont - dans Actualité
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commentaires

Jacques 30/01/2010 23:19


Le Jacques heurtault, toujours aussi...extrémiste !!!

Moi M. Daumont, j'approuve totalement la sagesse de votre billet !

Bien à vous.

jf.


Jean Daumont 30/01/2010 10:34


   Ce n'est pas si simple ...Certes, les voiles couvrant "la totalité de la femme", c'est-à-dire la "burqa", le "niqab" et le "tchador" ne peuvent que choquer un "occidental", habitué aux
excès inverses ...mais ils ne sont pas nécessairement la traduction d'un extrêmisme religieux, même si incontestablement il peut y avoir une exploitation par celui-ci...Lire sur ce point
l'excellent éditorial de Jean Daniel dans le Nouvel-Observateur du 28 jenvier 2010, dont la conclusion est la suivante :"...il ne s'agit pas d'une question de voile, mais de sa signification..
Rien n'est plus beau qu'un voile qui orne un visage, comme on le voit dans les tableaux des maîtres hollandais et italiens. Mais entre la tombe itinérante de ces inconnues et le voile qui
soulignait la beauté d'une Benazir Bhutto, il y a l'abîme qui sépare le secret des ténèbres et la générosité de la lumière"... 


Jacques Heurtault 29/01/2010 23:46


Je ne puis que marquer mon désaccord complet ...
Quand une femme porte un sari ou un boubou, elle le fait pour mettre en valeur ses atours ... Rien à voir avec la religion...
Quand une femme porte une burka, elle le fait sur une base religieuse intégriste et dans le but de provoquer des troubles de l'ordre public ... C'est complètement évident!
DONC, PAS DE BURKA au pays de la tolérance!Pas de liberté pour les assassins de la liberté!