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2 mars 2012 5 02 /03 /mars /2012 10:44

    L'homme est par nature un être social. Mais la vie en société nécessite une organisation, c'est-à-dire l'application de règles communes. Et cette application a toujours été assurée par une autorité - quelle qu'elle soit - ayant la fonction de la diriger...

 

    Même s'il n'y a pas de témoignages écrits sur  les temps préhistoriques, il paraît vraisemblable en effet qu'un  pouvoir politique a été exercé dès cette période ...Par analogie avec les sociétés primitives qui persistaient encore au 20ème siècle (Indiens de la forêt amazonienne, Papous de la Nouvelle-Guinée), on peut penser que les hommes vivant alors de la cueillette, de la chasse et de la pêche vivaient en 'tribus" ou "clans" sous la direction d'un "chef" censé agir au nom d'une puissance "surnaturelle" ...C'est certainement la raison pour laquelle les premiers "Etats" qui se constituent au seuil de l'Histoire - des cités aux empires du Moyen-Orient - sont dirigés par des hiérarques considérés comme les représentants des dieux dominant le monde...

 

    Néanmoins, au cours de l'Histoire,  le pouvoir politique n'a pas cessé d'évoluer, de façon très diverse suivant les régions du monde :

 

   - Le pouvoir "théocratique" - le plus ancien - s'est longtemps maintenu en raison de l'importance de la religion dans les sociétés : illustré pendant l'Antiquité par les "prophètes" plus ou moins légendaires de la Bible des Hébreux; il se retrouve au Moyen-Age avec la prétention des Papes à diriger toute la Chrétienté (Innocent III) et, dans une certaine mesure, il survit encore dans les pays de l'Islam, à l'image du "Guide Suprême" en Iran...

 

   -  Le pouvoir "aristocratique", confiant la direction des affaires publiques à une "élite" sociale dominant un peuple parfois asservi, a été pratiqué dès l'Antiquité, notamment au début de l'histoire romaine, où le pouvoir est assuré par les magistrats âgés du Sénat (senex = vieux), ...puis, au début du Moyen-Age, avec la prédominance des "seigneurs" de la Société féodale, ...et il persistait encore au seuil de l'histoire moderne dans les "républiques" italiennes (Gênes, Venise...)

 

   -  Le pouvoir "monarchique" est cependant de loin celui qui a été le plus pratiqué "dans l'espace et dans le temps", sous des noms divers (roi, prince, duc, tyran, dictateur, empereur...). Ce pouvoir est souvent d'abord "électif", le souverain étant choisi parmi les "éligibles" en fonction de ses aptitudes connues ou supposées (notamment à la guerre) ...Ainsi Clovis est "hissé sur le pavois", ...comme plus tard Napoléon Bonaparte est désigné comme "Consul" ... Mais ce choix est fréquemment prolongé "à vie", du fait de la volonté de l'intéressé ou de celle de ses électeurs en fonction des services rendus ...Car rares sont ceux qui, comme Cincinnatus à Rome (6ème siècle avant JC) retournent à leur charrue après avoir été le "chef" ...Au contraire, le monarque élu se soucie de conserver la fonction dans sa famille, la monarchie devenant alors "héréditaire", généralement au profit du descendant de sexe masculin par "primogéniture" : ainsi se sont multipliées dans l'Histoire les "dynasties" : à l'époque romaine, la dynastie julio-claudienne (Auguste, Tibère, Trajan, etc), la dynastie des Sévères ...Puis, au Moyen-Age, la dynastie des Hohenstaufen et la dynastie des Habsbourg dans le Saint-Empire Romain Germanique ...et, en France, bien entendu, la dynastie mérovingienne, la dynastie carolingienne et la dynastie capétienne...

 

   - Le pouvoir "démocratique" est devenu le plus courant à l'époque contemporaine ...Par définition, il est "le "gouvernement par le peuple", mais à l'exception des petits "territoires" (comme les cantons suisses), le peuple ne peut agir que par l'intermédiaire de "représentants" ou, plus rarement, par la réponse à des "référendums" (en France, la Constitution de 1793 avait prévu aussi le droit à l'insurrection, mais elle ne fut jamais appliquée) ... Toutefois, là encore, il y a eu une évolution diverse suivant les pays : en Angleterre, la monarchie héréditaire s'est maintenue, avec primogéniture mais sans distinction de sexe, en devenant "démocratique" ...En France, il y a eu depuis la Révolution de 1789 une dizaine de régimes, dont 5 républiques ayant balancé entre le "régime d'Assemblée"  - donnant la pré-éminence aux représentants et provoquant ainsi une grande instabilité gouvernementale en raison des fluctuations de l'opinion - et le "régime présidentiel" donnant l'essentiel du pouvoir au Président, d'abord avec la 2ème République où  le titulaire Louis-Napoléon Bonaparte en profite pour recréer un Empire héréditaire, ...puis avec la 5ème République, dont le fondateur Charles De Gaulle exerce la présidence sans limite réelle, surtout après avoir fait instituer en 1965 l'élection du Président au suffage universel...

 

   Autant dire que l'exercice du pouvoir politique n'est pas - et n'a jamais été - une chose simple ...Il a pourtant fait l'objet d'une réf lexion "théorique" qui n'a pas cessé de se renouveler depuis la fin du 17ème siècle, notamment dans le cadre de la "Philosophie des Lumières" : l'idée maîtresse était alors la "séparation des pouvoirs" ...d'abord prônée par l'Anglais John Locke dans son "Traité du Gouvernement" (1690), elle est reprise par le baron français Charles de Montesquieu dans "L'Esprit des Lois" (1748) ...Elle a pour principe d'éviter qu'aucun des éléments du pouvoir (exécutif, législatif et judiciaire) ne puisse l'emporter sur les autres, suivant la formule : "pour qu'on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que le pouvoir arrête le pouvoir" ...Mais le problème est qu'il a toujours été difficile de passer de la théorie à la pratique...

 

   En pratique - les hommes étant ce qu'ils sont - l'Histoire montre qu'il y a régulièrement eu des entorses à la règle, soit du fait des évènements, soit du fait des hommes eux-mêmes, soit du fait des deux raisons à la fois ...Ainsi Georges Clémenceau, assurant la réalité du gouvernement sous l'égide du Président Poincaré, outrepasse son pouvoir en 1917 "pour la défense de la Patrie" ...et Charles De Gaulle en fait de même à partir de 1958 pour résoudre le problème de l'Algérie   ...Quant à Nicolas Sarkozy, il a d'abord joué à partir de 2007 à "l'hyper-Président", se mêlant de tout, au point de mécontenter ses partisans, réduits au rôle de "godillots", ...avant de se reconvertir en "Président-arbitre" et de redonner des pouvoirs au Parlement, dans la perspective d'une candidature à sa ré-élection en 2012...

 

   Car, à l'exception de De Gaulle qui n'avait pas hésité à démissionner après le désaveu d'un référendum en 1969, et le cas de Pompidou étant à part en raison de son décès au cours d'un 1er mandat,  le problème de leur ré-élection a préoccupé tous les Présidents qui leur ont succédé : Giscard en 1981, ...Mitterrand en 1988, ...Chirac en 2002, ...et ...Sarkozy en 2012 ...Et ce souci a même conduit deux d'entre eux à dissimuler un état de santé qui aurait pu justifier leur démission : le cancer de Mitterrand devient un "secret d'Etat" à partir de1992 ... comme en 2005 les troubles de Chirac soignés à l'Hôpital Cochin ...Il est vrai qu'ils n'avaient aucune obligation de révéler leur état de santé, les médecins compétents n'ayant rien dit ...et que, d'autre part, aucune instance n'était en mesure de faire appliquer l'article 7 de la Constitution de 1958 prévoyant la procédure "d'empêchement" si le Président n'était plus à même d'exercer la plénitude de sa fonction ...Cet article relatif aux cas d'empêchement ne prévoit pas davantage s'il y a un âge à partir duquel il n'est plus possible d'exercer des fonctions publiques, et notamment celle de Président de la République ...De Gaulle, encore lui, avait dit dans ses Mémoires de Guerre, à propos de Pétain : "La vieillesse est un naufrage", ...mais, pour autant tous les "vieux" ne sont pas des ..."gâteux" ...et même, il est bon de rappeler à ce propos que, dès l'Antiquité, ils ont été généralement considérés commes des "sages" ...De là à vouloir "s'accrocher jusqu'au bout", comme le fait Abdoulaye Wade, le Président du Sénégal qui veut exercer un troisième mandat à plus de 80 ans ...Ou encore à contourner comme Vladimir Poutine en Russie l'interdiction d'un 3ème mandat consécutif en alternant la fonction de Président avec un 1er Ministre complaisant, tout en conservant la réalité du pouvoir ...Il est vrai que, pour certains commentateurs, cela est tout de même préférable au comportement de dictateurs comme Bachir-el-Assad, n'hésitant pas en Syrie à faire massacrer son propre peuple pour conserver "son" pouvoir ..."L'ivresse du pouvoir" ...Pire : "La folie du pouvoir" !...

 

 

 

 

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Published by Jean Daumont - dans Politique Intérieure
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commentaires

Lydihaut 09/03/2012 09:16


Oui, c'est pour ça que les vrais grands hommes sont ceux qui ont l'intelligence de partir au bon moment, quitte à revenir pour réparer les dégats...


Certain fumeurs pour justifier leur "addiction" ou vice vous disent "les gens qui fument sont souvent les gens les plus intéressant" A ça il faut leur répondre "Et bien les gens qui fumaient et
ont su s'arrêter sont encore plus intéressants!!!!"


Moi-même je suis un ancien fumeur et ai mis beaucoup d'efforts et de nombreuses tentatives pour m'arrêter. Mais je sais que maintenant après plus de 20 ans d'abstinence je ne recommencerai plus
et mon sevrage s'il a été dufficile, le résultat est solide. Comme quoi plus les choses sont sifficiles à obtenir plus elles sont solides et on plus de valeur. Les gens qui veulent tout tout de
suite et facilement me font bien rire...